À la mémoire de Taybet Inan: C’est l’humanité qui est morte à Silopi

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TURQUIE / BAKUR – Elle a été abattue par les forces armées turque et son cadavre est resté dans la rue, sous les yeux de ses enfants, pendant 7 jours. Elle était mère de 11 enfants et le nombre de balles trouvées dans son corps était de 10. Elle avait 57 ans lorsqu’elle a été tuée. Taybet Inan, ou Taybet ana comme on l’appelle… 4 ans se sont écoulés depuis son meurtre resté impuni.
Une cérémonie commémorative en hommage à Taybet Inan a eu lieu à Silopi. Inan, une femme kurde de 57 ans, a été abattue le 19 décembre 2015 par les forces armées turques qui ont empêché pendant sept jours ses proches de prendre son corps resté dans la rue.
 
Le 14 décembre 2015, un couvre-feu a été déclaré dans le district de Silopi, dans la province de Şirnak, dans le nord du Kurdistan. Taybet Inan, 57 ans, a été abattue le cinquième jour de l’interdiction. Son corps a été laissé pourrir dans la rue pendant sept jours et n’a pas pu être récupéré en raison du siège des forces turques qui a empêché les secouristes d’atteindre les lieux. Des proches et des voisins ont été abattus alors qu’ils tentaient de récupérer le corps de la mère d’onze enfants.
 
Quatre ans après son assassinat, Taybet Inan et son beau-frère Yusuf Inan, également tué par les forces de l’État, ont été commémorés dans leur ville natale de Silopi.
 
La commémoration, organisée par le Parti démocratique des peuples (HDP), a commencé par une marche silencieuse du bâtiment du parti de l’association de district à la maison de la famille Inan. Dans le jardin de la famille, Zeki Irmaz, coprésident HDP Şırnak a déclaré : « Nous n’oublierons pas Mère Taybet et tous les autres qui ont perdu la vie. Ce n’est pas seulement le corps sans vie de Mère Taybet qui est resté dans la rue pendant sept jours. C’était aussi la dignité et la conscience de l’humanité. Nous ne l’oublierons jamais. »
 
Des mois de siège militaire dans les villes du Kurdistan du Nord
 
Un mois après les élections législatives de juin 2015, le président Recep Tayyip Erdoğan a annoncé la fin du processus de paix entre le gouvernement turc et le PKK. L’AKP est rapidement revenu à la stratégie de terreur de l’État contre la population kurde. Cela a été suivi d’un siège militaire de plusieurs mois dans plusieurs villes et villages dont Amed (Diyarbakir), Şırnak, Cizre, Silopi et Nusaybin, qui ont coûté la vie à des centaines de civils. Même quatre ans plus tard, le nombre exact de victimes du terrorisme d’État n’est toujours pas clair.
 

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