ALLEMAGNE. Mobilisation pour la musicienne kurde Hozan Cane et sa fille

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BERLIN – Une veillée de solidarité avec l’artiste kurde Hozan Cane et sa fille Dilan Örs qui sont emprisonnées en Turquie, s’est tenue à Berlin devant le ministère fédéral des Affaires étrangères pour protester contre leur détention illégale.
 
Outre les institutions kurdes telles que HDK Berlin, Navenda Civak Kurdistaniyen Azad, les partis politiques allemands au Parlement fédéral, Die Linke (Parti de gauche), SPD (Parti social-démocrate), CDU (Parti démocrate-chrétien) The Die Grüne (Verts) ainsi qu’une foule de législateurs et de citoyens a rejoint la veillée.
 
Des portraits d’Hozan Cane et de Dilan Örs ont été accrochées au stand d’information ouvert lors de la veillée et des orateurs ont expliqué comment la chanteuse et sa fille (toutes deux également des ressortissantes allemandes) étaient détenues illégalement en prison par le régime fasciste Erdoğan.
 
Les militants ont soumis un dossier au ministère fédéral allemand des Affaires étrangères sur la situation des deux femmes de nationalité allemande tenues en otage en Turquie.
 
Le député du SPD, Frank Schwabe, le député des Verts Margit Stumpp et le fils d’Hozan Cane, Adem Örs, ont informé le public de l’affaire concernant sa mère et sa soeur tenues dans une prison turque. (Via ANF)
 
Arrêtée le 24 juin 2018 à Edirne, dans l’ouest de la Turquie, Saide İnaç, alias « Hozan Cane », a été condamnée à 6 ans et 3 mois de prison pour « être membre d’une organisation terroriste [PKK] » car elle a joué une scène dans le film «Le 74ème génocide de Shengal», dans lequel elle joue le rôle principal et pour lequel elle a écrit le scénario. Dans le film, qui traite du génocide des Yézidis à Shengal par Daesh en 2014, la chanteuse porte une arme.
Depuis le putsch « avorté » du 15 juillet 2016 en Turquie, les Kurdes et des critiques du pouvoir turc en Europe sont surveillés et arrêtés « pour propagande terroriste » ou pour « terrorisme » si jamais ils ont le malheur de mettre les pieds en Turquie.
 
Il ne faut pas grand chose aux autorités turques pour arrêter ces méchants terroristes : Une phrase publiée sur Facebook ou un « j’aime » sous une publication ou une photo, un post sur Twitter… pour peu qu’ils parlent de l’injustice faite aux Kurdes en Turquie ou qu’ils disent soutenir la lute de libération kurde.
 
En plus de la surveillance, voire des tentatives d’infiltration des organisations kurdes et turques d’opposition en Europe, une armée de trolls turcs pullule sur les réseaux sociaux. Certains de ces trolls n’hésitent même pas à se faire passer pour des Kurdes, avec des faux profils et parfois avec des photos de jeunes femmes censées attirer les hommes kurdes… Ils font des captures d’écran des commentaires ou publications critiquant l’Etat turc ou favorables aux Kurdes sur les réseaux sociaux. Ces éléments sont ensuite envoyés aux autorités turques pour le fichage de ses personnes. Imaginez ensuite ce qui arrive à ses gens là une fois qu’ils arrivent à un poste de contrôle en Turquie.
 
Il arrive aussi que les téléphones portables et ou les ordinateurs des Kurdes ou d’opposants soient fouillés à leur arrivée en Turquie par les autorités à la recherche de « preuves » de culpabilité.

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