Que valent les souffrances des Kurdes aux yeux de l’Amnesty International ?

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L’ONG internationale, l’Amnesty International (AI) dit avoir comme missions la défense des droits humains et le respect de la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Elle « milite notamment pour la libération des prisonniers d’opinion, le droit à la liberté d’expression, l’abolition de la peine de mort et de la torture et l’arrêt des crimes politiques, mais aussi pour le respect de l’ensemble des droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels. » (Wikipedia)
 
Dans les faits, concernant les Kurdes notamment, on a eu de nombreux cas où l’AI a agi en total contradiction avec les valeurs qu’elle est sensée défendre.
 
En effet, ces dernières années, Amnesty a été critiquée par les Kurdes pour son silence concernant les violations des droits des Kurdes, notamment en Turquie, et pour ses allégations non fondées qui accusaient les Kurdes syriens d’opérer un nettoyage ethnique dans le nord de la Syrie. (Ces allégations ont été démenties officiellement par l’ONU en mars 2017. Malgré cela, l’AI n’a jamais présenté des excuses aux Kurdes syriens.*)
 
Récemment, Amnesty a de nouveau attiré la colère des Kurdes quand, devant son refus de parler des violations des droits des prisonniers kurdes, dont ceux d’Abdullah Ocalan, leader du PKK – en isolement carcéral aggravé depuis des années – en Turquie, les Kurdes ont appelé l’AI a se prononcer sur ce sujet, en vain. En dernier recours, un groupe de militants kurdes se sont introduits dans le siège d’AI à Londres le 25 avril dernier.
 
Les militants kurdes demandaient à Amnesty International de :
 
« Appeler le gouvernement turc à respecter les droits fondamentaux de ses citoyens, en particulier des prisonniers, dont plus de 7 000 sont en grève de la faim.
 
Appeler à la fin de l’isolement carcéral de prisonniers politiques, y compris Abdullah Öcalan, ce qui constitue une torture et une violation des droits de l’Homme au regard du droit international.
 
Lancer un appel mondial urgent à l’action contre le gouvernement turc dans ces domaines. » (Publié par ANF)
 
Dans un premier temps, l’AI a interdit aux militants kurdes d’utiliser ses WC en espérant que les militants quitteraient ses locaux rapidement. Mais au bout de 2 jours, l’AI a fait évacuer par la police les militants kurdes, dont 15 avaient était mis en garde-à-vue pendant plusieurs heures.
 
Suite à cet incident, les militants kurdes ont accusé l’AI d’hypocrisie et qui « ignore délibérément les demandes de millions de Kurdes en refusant de défendre les droits humains et le droit international en raison de l’isolement continu d’Abdullah Ocalan ».
 
Ils ont souligné que l’ONG avait auparavant « honteusement refusé de faire campagne pour le leader sud-africain Nelson Mandela », ajoutant que l’AI avait violé aujourd’hui leurs droits humains en leur refusant l’eau, l’air frais et même l’accès aux toilettes.
 
Les militants ont ajouté : « Si l’on veut croire les affirmations d’Amnesty International en faveur des droits humains, il faut qu’ils écoutent nos demandes et prennent des mesures urgentes sans délai. Cela soulève la question : Les défenseurs des droits humains d’Amnistie sont des abuseurs des droits humains ou des défenseurs des droits humains ? »
 
*L’ONU a déclare en mars 2017 qu’il n’y avait pas eu de nettoyage ethnique de la part des Kurdes dans le nord de la Syrie
 
La Commission d’enquête internationale indépendante de l’ONU sur la République arabe syrienne a publié un rapport en mars 2017 qui réfutait les allégations d’Amnesty International et de la Turquie selon lesquelles les Kurdes auraient participé à un nettoyage ethnique dans le nord du pays.
 
Bien que des allégations de « nettoyage ethnique » aient continué d’être reçues au cours de la période à l’examen, la Commission n’a trouvé aucune preuve à l’appui des allégations selon lesquelles les YPG [Les unités de protection du peuple] ou les FDS [Forces démocratiques syriennes] auraient visé des communautés arabes en raison de leur appartenance ethnique, ni que les autorités cantonales YPG auraient cherché à changer la composition démographique des territoires sous leur contrôle par des violations commises contre un groupe ethnique donné, » a indiqué l’ONU.
 
« Notre dernier rapport de la Commission syrienne de l’ONU indique que les déplacements temporaires effectués par les FDS ou les YPG dans le nord de la Syrie l’ont été par nécessité militaire », a déclaré la Commission Syrie de l’ONU.
 
« Dans tout le nord de la Syrie, les FDS ou les YPG ont déplacé les communautés afin de nettoyer les zones minées par DAESH pendant son retrait », selon le rapport de l’ONU.
 
Pour les responsables kurdes syriens, le rapport de l’ONU a été une preuve que les allégations antérieures d’Amnesty International et de la Turquie étaient fausses et politisées. (publié par ARA news)
 
Malgré ce rapport sans équivoque de l’ONU, l’Amnesty International n’est jamais revenu sur ses allégations, ni présenté des excuses aux Kurdes injustement accusés par elle.
 

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