La guerre de la Turquie au Rojava : où, quand et pourquoi la Turquie menace-t-elle d’envahir ?

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SYRIE / ROJAVA – Depuis que la Turquie a occupé Afrin en mars 2018, la situation dans le canton le plus à l’ouest du Rojava a continué de se détériorer. Les milices soutenues par la Turquie ont commencé à imposer la charia, à kidnapper, à assassiner et à torturer des civils et à commettre des violations des droits humains qui pourraient constituer un crime de guerre, selon Amnesty International [1].
 
Malgré la détérioration rapide de la sécurité et des conditions humanitaires à Afrin, le président turc Recep Tayyip Erdoğan a depuis longtemps proclamé son intention de prolonger l’occupation.
 
Son objectif déclaré est de « sécuriser » la région frontalière qui abrite toutes les principales villes du Rojava à majorité kurde, au motif que le Rojava est un point de passage pour les attaques sur le territoire turc. Une enquête de la BBC a révélé que le gouvernement turc avait grossièrement gonflé les chiffres cités pour justifier ses incursions en Syrie, faisant état de 700 incidents transfrontaliers en provenance d’Afrin alors qu’en réalité, la Turquie n’avait subi que 26 attaques transfrontalières de l’ensemble de la Syrie. [2]
 
Depuis le jour où ses troupes ont envahi Afrin, le président Erdoğan a lancé des menaces à l’encontre des villes de Manbij et Kobanê. Manbij a été libérée du contrôle de l’Etat islamique par les Forces démocratiques syriennes (FDS) et a depuis établi son propre conseil indépendant en alliance avec le Rojava, tandis que Kobanê était le site de la résistance historique des YPG / YPJ au siège de l’Etat islamique en 2014-2015.
 
Contrairement à Afrin, ces deux villes abritent actuellement des bases de l’armée américaine et des troupes au sol, créées à la suite de la collaboration entre les FDS et la coalition dirigée par les États-Unis dans la lutte en cours contre DAESH.
 
Les bombardements transfrontaliers ciblant Kobanê et des villes frontalières comme Tel Abyad (Gire Spi) se sont multipliés ces derniers mois, faisant plusieurs victimes parmi les civils. À l’instar de l’invasion d’Afrin, ces attaques ont parfois obligé les FDS à suspendre leur combat en cours contre FDS.
 
Des milices soutenues par la Turquie ont été déployées à la frontière au cours des dernières semaines. Vers la fin de 2018, le président Erdoğan a annoncé que l’invasion à l’est de l’Euphrate dans les derniers cantons du Rojava commencerait « dans les prochains jours » [3].
 
Le président américain Donald Trump a annoncé avec une nouvelle urgence que les troupes américaines se retireraient du nord-est de la Syrie dans les semaines ou les mois à venir, ouvrant ainsi la porte à une invasion turque.
 
Le président Erdoğan a lancé plusieurs frappes aériennes contre Shengal, la patrie des Yézidis que les YPG / J ont sauvé de nouveaux génocides, viols et asservissements aux mains de l’Etat islamique en 2014. Des avions turcs ont également frappé un camp de réfugiés kurdes à Makhmour, en Irak, tuant quatre civils femmes dont une de 14 ans et sa grand-mère de 73 ans [4].
 
Comme à Afrin, toute attaque au sol sera menée par les mercenaires de « l’armée nationale » soutenue par la Turquie, accompagnée par des frappes aériennes et des bombardements des blindés turcs.
 

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