Sauvons Leyla Guven et tous ceux qui résistent dans les prisons de la Turquie !

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Le mouvement des femmes kurdes en Europe (TJA-E) a publié un communiqué pour attirer l’attention sur la grève de la faim illimitée menée par la députée kurde Leyla Guven, depuis 78 jours, ainsi que celle des centaines d’autres prisonniers politiques en Turquie.
 
Voici le communiqué de TJA-E :
 
BRISONS LES MURS ! SOYONS LA VOIX DE CELLES ET CEUX QUI RÉSISTENT DEPUIS LES PRISONS !
 
Leyla Güven, députée du Parti démocratique des Peuples (HDP) pour la province de Hakkari, Coprésidente du Congrès des Sociétés démocratiques DTK et membre du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe (CPLRE) est en grève de la faim depuis le 8 novembre, dans la prison de Diyarbakir en Turquie pour attirer l’attention de l’opinion publique internationale sur le régime d’isolement imposé au Leader kurde Abdullah Öcalan, régime qui s’étend à tous les prisonniers politiques en Turquie. Les motifs de la grève de la faim de Leyla Guven sont clairs : l’isolement carcéral est inacceptable au niveau étique, humain et politique.
 
Cette situation d’isolement total constitue une violation de la Convention des Nations Unies contre la torture que la Turquie à ratifiée en 1988. Elle est par ailleurs contraire à la Convention européenne des Droits de l’Homme (CEDH) ratifiée par la Turquie en 1954.
 
Sous l’ombre de l’Etat d’urgence, plus de 20 000 prisonniers politiques, dont des co-présidents du HDP, des élues, 16 députés, 93 maires, représentant.e.s de mouvements associatifs, journalistes exilé.e.s, féministes et activistes et environ 2800 enfants (entre 0 à 6 et 12 à 17 ans) sont incarcérés, souvent sans procès ou avec des parodies de « procès ». Le HDP a annoncé que 226 prisonniers politiques se trouvaient actuellement en grève de la faim dans les prisons turques. Ce système dictatorial s’est imposé à l’ensemble des prisonniers politiques détenus en Turquie ainsi qu’à toute la société civile et les violences de l’Etat Turc s’aggravent chaque jour.
 
Toutes les associations de femmes, maisons des femmes, agences de presse des femmes « JINHA » et les coopératives des femmes ont été fermées. Actuellement, plus de 9000 femmes sont en prison, dont 3502 détenues dans un état de santé grave. 57 détenues ont été assassinées dans des crimes classés comme des suicides.
 
Selon le rapport du 20 mars 2018 du HCDH, les conditions de détention dans les prisons turques comprennent des « privations et tortures ».
 
Le rapport de l’ONG Human Right Watch fait état de nombreux actes de tortures et de mauvais traitements infligés aux prisonniers politiques.
 
Cette violation internationale des droits humains n’épargne pas le sort des enfants mineurs qui subissent le même système de détention arbitraire et de torture. Le taux de décès d’enfants imputable aux forces de l’Etat a considérablement augmenté : les récits de vie d’enfants assassinés dans les prisons ont été recueillis par le biais d’entretien avec leurs familles.
 
Le système judiciaire tente de légitimer tous les incidents relatifs à la violence et au harcèlement sexuel sur les enfants au-delà de 12 ans. Les crimes sont déqualifiés, les violences déconsidérées sous prétexte d’un prétendu consentement des victimes.
 
Leyla Güven représente la voix de la résistance et, par sa détermination, brise les murs des prisons et devient une figure importante de la lutte contre la répression et l’isolement arbitraire de tous les prisonniers politiques.
 
Nous devons briser l’isolement d’Imrali et dénoncer le système fasciste envers les détenu.e.s politiques. Briser ce système est indispensable pour assurer le développement de la liberté et de la démocratie en Turquie, mettre fin aux massacres du régime d’Erdoğan au Kurdistan, promouvoir la liberté et l’égalité entre les peuples.
 
Nous exigeons des Nations Unis, des institutions Européennes, la Cour Européenne des droits de l’homme, Comité pour la Prévention de la torture (CPT) qu’ils :
 
– exigent de la Turquie d’appliquer la convention européenne des droits de l’homme
 
– garantissent et évaluent le respect des droits fondamentaux des prisonniers politiques notamment dans la prison d’Imrali
 
– mettent en place une délégation internationale indépendante pour une mission d’observation afin de rendre visite aux prisonniers politiques.
 
Nous appelons toutes les organisations, personnalités civiles et politiques, en particuliers les femmes, à apporter leur soutien dans cette lutte pour la liberté, l’égalité et la démocratie.
 
Les premiers signataires :
 
Femmes Solidaires
Marche Mondiale des Femmes
Coordination pour le Lobby Européen des Femmes (CLEF)
Réseau Féministe « Ruptures »
Ligue des Femmes Iraniennes pour la Démocratie-LFID
Annie SUGIER- Présidente de la Ligue du Droit International des Femmes (LDIF)
Anne ZELENSKY- Présidente de la Ligue du Droit des Femmes
Le Collectif National pour les Droits des Femmes (CNDF)
Union des Femmes Socialistes (SKB)
Inclusief en Democratisch Comité-Gent / Belgique
Féministes pour une Autre Europe (FAE/Italie)
Femme en Noir, Genève
 
Laurence Cohen- Sénatrice du Val de Marne et vice présidente de la délégation aux droits des femmes
Danielle Simonnet -Coordinatrice du Parti de Gauche
Hélène BIDARD-Adjointe à la Maire de Paris en charge de l’Egalité Femmes-Hommes
Christine POUPIN et Olivier BESANCENOT-porte parole du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA)
Jean François PELLISSIER co-porte parole nationale « ENSEMBLE »
Jean-Marc TAGLIAFERRI-Membre du conseil staturaire d’EELV
Marie Noel LIENEMANN-sénatrice de Paris
Marie Pierre Vieu députée européenne PCF/GUE
Caroline FIAT-députée nationale de la France Insoumise
Laurence LYONNAIS, Ensemble Insoumis, candidate aux élections européennes
Clémentine AUTAIN-Députée de la France Insoumise
Manon Mathilde PANOT députée nationale France Insoumise
Corinne Morel Darleux, Conseillère régionale Auvergne Rhône Alpes
Nathalie Dinner- Vice-présidente du Conseil départemental du Val-de-Marne, Maire adjointe et Présidente de l’OPH de Villeneuve Saint-Georges
Halima MENHOUDJI- Adjointe au Maire en charge de la Coopération décentralisée, de la solidarité internationale de l’Europe et des populations migrantes
Fabienne LEFEBVRE- Membre du Comité exécutif du PCF, Conseillère municipale et territoriale de Vitry-sur-Seine
Le Mouvement Jeunes Communistes de France (MJCF)
L’Association initiatives DIonysiennes
Gilles HOUDOIN-Conseiller régional de Normandie
Rose-Marie Lagrave, sociologue, directrice d’études à l’EHESS
Florence Cerbaï, conseillère régionale Auvergne Rhône Alpes, EELV/rassemblement citoyen écologiste et solidaire (RCES)
Raphaëlle Primet Conseillère de Paris , Parti communiste français
Catherine PIAT- La présidente de l’association Résister Aujourd’hui
Laurence Pache ex conseillère régionale du Limousin
Janie Arnéguy Conseillère Municipale Nîmes
Laura Greaume militante de l’association de solidarité France-Kurdistan
Emmanuelle ESCAL- auteure-compositrice-Interprète
Jaet BIEHL écrivaine
Johanna Bouchardeau- féministe
Rudy Chaulet-écrivain (Institut des Sciences et Techniques de l’Antiquité)
Pierre Lieutaghi écrivain
Marie Ducaté Artiste
Isabelle ATTARD-ex députée écologiste
Caroline Sakine Brac de la Perrière- historienne et psychologue de formation
Marguerite ROLLINDE-militante des droits humains

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