« Le révisionnisme des faits en Syrie par Erdogan »

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ETATS-UNIS – Le 7 janvier, le New York Times a publié un article du président turc Recep Tayyip Erdogan que l’écrivain et enseignant américain, Brian Glyn Williams, considère comme « un chef-d’œuvre du révisionnisme historique mieux adapté aux médias contrôlés par l’Etat turc, Erdogan se fonde sur le manque de conscience de la plupart des Américains de la situation sur le terrain en Syrie et affirme avec assurance que c’est un faux »

Par exemple, Erdogan commence par dire : « En 2016, la Turquie est devenue le premier pays à déployer des troupes de combat terrestre pour combattre l’État islamique en Syrie. »

Le journaliste déclare : « C’est faux à deux niveaux. Premièrement, les États-Unis ont déployé des forces spéciales pour aider les Kurdes désarmés du nord de la Syrie à repousser les combattants de l’État islamique en octobre 2015 et sont largement soupçonnés d’avoir envoyé des forces secrètes pour combattre Daesh en Syrie dès octobre 2014.

Deuxièmement, lorsque Erdogan a déployé des troupes en Syrie, l’ennemi que les Turcs combattaient en août 2016 était principalement les alliés kurdes de l’Amérique, qu’Ankara définit comme des « terroristes ». Ces Kurdes syriens venaient d’exaspérer la Turquie en capturant la ville de Manbij ».

Il poursuit : « Pourtant, Erdogan affirme bizarrement que ce sont les forces turques qui « ont entravé la capacité de Daesh de mener des attaques terroristes en Turquie et en Europe ». La conquête kurde de Manbij a fait vibrer la CIA, qui a gagné un trésor d’informations sur Daesh  mais malheureusement elle a aussi donné à la Turquie un prétexte pour lancer une guerre contre les Kurdes syriens. »

Et note les déclarations scandaleuses d’Erdogan sur les droits de l’homme, en donnant l’exemple de la ville d’Al-Bab, dévastée, contrairement aux Etats-Unis et à ses alliés, les Forces Démocratiques Syriennes (FDS) et l’armée irakienne ont évité les pertes civiles :  « Al-Bab, un ancien fief de l’Etat dit islamique ». La réalité est qu’al-Bab a été conquise par les Turcs uniquement à cause de l’appui aérien rapproché des États-Unis et des combats sanglants qui ont transformé de nombreux quartiers en ruines. »

Il poursuit :  « L’objectif de l’invasion turque d’al-Bab était de créer une zone tampon qui empêcherait les Kurdes du nord de la Syrie d’unir leurs trois cantons démocratiques en une seule patrie qui s’appelle le Rojava. »

Notant les revendications d’Erdogan sur la stabilité de la ville d’al-Bab : « Cela pourrait tout aussi bien décrire la situation dans la Fédération démocratique syrienne du Nord, libérée de Daesh par les Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par des Kurdes. Là-bas, ce sont des conseils organiques et démocratiques qui gouvernent. La sécurité est maintenue, les écoles et les hôpitaux sont reconstruits avec l’appui des États-Unis, et l’harmonie entre les peuples est rare. La réalité est que des conseils ont été élus pour gouverner dans les zones libérées par les FDS. Il n’est pas nécessaire que la Turquie envahisse cette terre stable, détruise les conseils populaires par des arrestations massives, comme cela s’est produit à Afrin dans le nord-ouest de la Syrie, et mette au pouvoir des combattants djihadistes pro-turcs ».

Il ajoute : « Il est clair qu’Erdogan veut que le président Trump respecte sa décision du 19 décembre de retirer 2 000 soldats américains de Syrie afin que la Turquie puisse lancer une attaque planifiée contre les Kurdes. Erdogan promet « La Turquie propose une stratégie globale pour éliminer les causes profondes de la radicalisation ». Pourtant, l’invasion d’Afrin par la Turquie (où il n’y avait pas de présence de Daesh) a entraîné un nettoyage ethnique des habitants kurdes. Ce genre de répression brutale anti-kurde conduira à la radicalisation que l’on observe chez les Kurdes en Turquie. »

« Erdogan a essentiellement promis de transformer la patrie des solides alliés de l’Amérique en cimetière. Il se dépeint lui-même comme un leader au-dessus du lot d’un pays qu’il dépeint faussement comme un joueur inoffensif en Syrie. La sinistre réalité est que la Turquie a promis d’enterrer les Kurdes « dans leurs tranchées ».  (…).

Brian Glyn Williams conclut son article comme : « Les Kurdes apatrides, le groupe ethnique le plus important au monde sans leur propre nation, ont combattu loyalement aux côtés des États-Unis depuis la guerre du Golfe de 1991. Ils ont un dicton amer qui exprime leur sentiment de trahison par le monde : « Nous n’avons d’amis que les montagnes. » Il semble qu’ils aient au moins un ami en Bolton, qui est prêt à se mettre en quatre pour réfuter la campagne de désinformation du dirigeant turc et à établir honorablement les conditions préalables pour les protéger de la catastrophe du retrait des troupes américaines ».

ANHA

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