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FRANCE. Les femmes kurdes seront dans la rue contre les violences faites aux femmes

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PARIS – Les femmes kurdes participeront aux manifestations prévues à l’occasion de la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes du 25 novembre.

La plupart des manifestations féministes auront lieu le samedi 22 novembre et le 25 novembre.

Le cortège parisien du samedi 22 novembre partira de la Place de la République à 14 heures.

ROJAVA. Des hommes manifestent contre les violences faites aux femmes

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SYRIE / ROJAVA – À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, des hommes ont participé aux manifestations organisées contre les violences masculines à travers la région autonome arabo-kurde du Nord et d’Est de la Syrie. Ils ont exigé des efforts accrus contre la violence patriarcale et ont souligné leur responsabilité partagée au sein de la société.

Dans la région autonome du Nord et de l’Est de la Syrie, des hommes ont participé à des manifestations contre les violences patriarcales dans le cadre des semaines d’action entourant la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, le 25 novembre. Ces marches de protestation, organisées par le mouvement féministe kurde Kongra Star, se sont déroulées à Girkê Legê et Tirbespiyê. Des personnes originaires de Dêrik, Çil Axa et Til Hemîs y ont également pris part.

« Pas de société démocratique sans la protection des femmes »

À Girkê Legê, la manifestation a débuté sur la place des Morts et s’est poursuivie dans les rues principales de la ville. Les participants brandissaient des pancartes avec des slogans tels que « Non à la violence faites aux femmes » et « Pour une société démocratique – Halte à la violence patriarcale ». Sur la place du marché central, ils ont observé une minute de silence en hommage aux victimes de la révolution du Rojava.

 

Dans son discours, Nûzhê Seîfeddîn, représentante de Kongra Star, a souligné que la lutte contre les violences patriarcales n’est pas uniquement une affaire de femmes. « Le soutien des hommes aux droits des femmes n’est pas une option, mais une obligation morale, et cela commence au sein du foyer », a-t-elle déclaré. Aucune société ne peut se développer sans protéger la dignité des femmes. « Le patriarcat est profondément ancré dans nos structures ; le vaincre exige un travail quotidien et un respect véritable des femmes. »

«Les hommes doivent assumer leurs responsabilités»

Fayez Xelîl, militant du PYD, a souligné que les hommes ne doivent pas se contenter d’être observateurs, mais aussi participer activement à la construction d’une société non violente et juste. « La prise de conscience démocratique commence par la reconnaissance, par les hommes, de leur rôle et de leur responsabilité en matière de droits des femmes », a déclaré Xelîl. Il a ajouté que le soutien des hommes est un élément crucial dans la lutte contre la violence et contribue à l’instauration de la justice et du vivre-ensemble.

La manifestation s’est terminée par le slogan : « Jin, Jiyan, Azadî » (Femme, Vie, Liberté).

« Désapprendre les schémas de pensée patriarcaux »

La manifestation à Tirbespiyê a rassemblé des hommes issus de diverses organisations de la société civile. Le cortège est parti du Kongra Star Center, à l’est de la ville, et a traversé le bazar central. Les participants s’y sont réunis pour observer une minute de silence.

Dans son discours, Galiya Mihemed El-Xidir, militante pour les droits des femmes, a déclaré que les tensions politiques, sociales et militaires persistantes dans la région ont des répercussions directes sur la vie des femmes. Celles-ci continuent de subir diverses formes de violence. « Nous devons adopter une position ferme contre tout ce qui menace la liberté et la dignité des femmes », a-t-elle souligné.

Hisên Omer, membre de la section locale du PYD, a appelé les hommes à défendre activement les principes de la libération des femmes. « La protection des droits des femmes commence par un changement de mentalité. Les hommes doivent se défaire des schémas de pensée patriarcaux et assumer pleinement leur responsabilité dans la prévention des violences faites aux femmes. »

Les manifestations se sont terminées par des slogans appelant au renforcement des droits des femmes et à la reconnaissance de leurs réalisations. (ANF)

Résultats des élections parlementaires irakiennes

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PARIS – Nous partageons avec vous le compte-rendu des récentes élections parlementaires irakiennes qui englobaient également le Kurdistan du Sud publié hier par l’Institut Kurde de Paris.

Résultats des élections parlementaires irakiennes

Le 11 novembre, des élections parlementaires ont été organisées dans toutes les provinces et régions de l’Irak, y compris au Kurdistan.

Les citoyens irakiens ont été appelés à élire pour un mandat de quatre ans 329 députés pour le Parlement fédéral unicaméral de Bagdad.

Le premier enseignement du scrutin : le taux de participation a été de 56,11 %, contre 41 % aux élections de 2021. Le taux, souvent inférieur à 50 % dans les provinces chiites et à Bagdad, s’est élevé au Kurdistan à 77,4 % à Duhok, à 71,65 % à Erbil, à 65,02 % à Kirkouk et à 60,15 % à Suleimanieh. Dans la province mixte kurde-arabe de Nineveh (Mossoul), il a été de 65,9 %. L’électorat arabe sunnite s’est également largement mobilisé dans les provinces à majorité sunnite avec des taux dépassant les 65 %.

Au total, sur les 21.404.291 électeurs enregistrés, 12.003.143 se sont rendus aux urnes. Plus de 9 millions d’Irakiens en âge de voter ont omis de s’inscrire sur les listes électorales. Si l’on tient compte des non-inscrits, pour la plupart chiites, seuls 38 % des Irakiens en âge de voter ont pris part au scrutin. On ne sait pas quel a été l’impact sur les taux d’abstention et de non-inscription de l’appel au boycott de l’influent leader chiite Moqtada al-Sadr, dont la liste était arrivée en tête lors des élections parlementaires de 2021.

Plus de 7 000 candidats et près d’une centaine de partis et de coalitions de partis étaient en lice pour 329 sièges de députés. Selon les résultats annoncés le 17 novembre par la Haute Commission Électorale Indépendante, la liste de la Coalition de reconstruction et du développement du Premier ministre est arrivée en tête avec 1.317 446 voix, soit 11,08 % des suffrages exprimés. Elle obtient 46 sièges, contre 2 sièges aux élections de 2021 pour le petit parti d’al-Soudani.

Arrive en seconde position, le Parti démocratique du Kurdistan (PDK) avec 1.099.826 voix, soit 10,09 % des suffrages, et s’affirme en fait comme le premier parti d’Irak et du Kurdistan, la coalition de M. al-Soudani n’étant qu’un regroupement de plusieurs partis chiites. Malgré sa belle performance en voix par rapport aux élections de 2021, où elle avait obtenu 781.670 voix, le PDK n’obtient que 26 sièges contre 33 sièges en 2021, en raison du nouveau mode de scrutin défavorable aux Kurdes. Ainsi, un député chiite de la coalition du Premier ministre irakien est, en moyenne, élu avec 28.640 voix, tandis qu’un candidat kurde du PDK a besoin de 42.301 voix pour décrocher un siège de député.

Le PDK est arrivé premier à Duhok où il a obtenu 9 sièges (sur 12), à Erbil où il a obtenu 9 sièges (sur 16), et à Nineveh (Mossoul) 5 sièges (sur 34). À Suleimanieh, il n’a gagné que 2 sièges et 1 seul siège à Kirkouk.

L’Union patriotique du Kurdistan (UPK), autre formation historique kurde, a obtenu 548 296 voix, soit la moitié des voix du PDK. Elle a obtenu 15 sièges, contre 16 en 2021, dont 8 sièges (sur 18) dans la province de Suleimanieh, 4 à Kirkouk et 3 à Erbil.

En 3e position arrive une nouvelle formation issue du Parti Gorran (Changement), appelée Halwest (Position), qui est créditée de 5 sièges, dont 3 à Suleimanieh et 2 à Erbil. Suit l’Union islamique du Kurdistan (Yekgirtû), qui, avec 166 904 voix, obtient 4 sièges, comme en 2021, dont 2 à Duhok et 2 à Suleimanieh. Un autre parti islamique, Komal, obtient un siège dans le gouvernorat de Suleimanieh. La Nouvelle Génération, qui en 2021 avait créé la surprise en obtenant 9 sièges, n’obtient cette fois-ci que 3 sièges, souffrant sans doute du discrédit consécutif aux démêlés judiciaires de son leader.

Dans la province hautement symbolique de Kirkouk, les Kurdes, en raison de leurs divisions, ont totalisé 251 945 voix mais obtenu seulement 5 sièges (contre 6 en 2021), dont 4 pour l’UPK et 1 pour le PDK. Les deux listes turkmènes obtiennent ensemble 98 896 voix et 2 sièges. Les 3 listes arabes totalisent 180 687 voix et 5 sièges, dont 3 pour la coalition al-Taqaddum (Le Progrès) de l’ex-président du Parlement, Mohamed al-Halboussi, 1 pour la coalition arabe et 1 pour la coalition Azim.

252 candidats s’étaient en lice pour les 13 sièges du gouvernorat de Kirkouk, dont 1 siège de quota réservé aux chrétiens. Pour la première fois, une liste étiquetée Alliance pour la cause yézidie s’est présentée dans le gouvernorat de Nineveh (Mossoul) et elle a obtenu 49 197 voix et 1 siège.

Dans le système électoral irakien, sur les 329 sièges à pourvoir, 83 sont réservés aux femmes, qui dans le cadre de ce quota de 25 %, peuvent être élues avec bien moins de voix que leurs collègues masculins. 9 sièges sont réservés aux minorités religieuses, dont 5 pour les chrétiens, 1 pour les yézidis, 1 pour les shabaks, 1 pour les mandéens et 1 pour les Kurdes feylis.

Les listes des partis kurdes totalisent ensemble 54 sièges auxquels pourraient s’associer les 2 députés kurdes yézidis, 1 député kurde feyli élu sur quota et les 5 députés chrétiens élus sur quota soit au total 62 députés.

Sur le plan irakien, la liste de la coalition chiite menée par le Premier ministre, arrivée en tête, obtient 46 sièges. Elle est suivie par la coalition al-Taqaddum (Le Progrès) de l’ex-président du Parlement Mohamed al-Halboussi, qui obtient 27 sièges.

On remarque la percée électorale des partis issus de milices chiites pro-iraniennes. Parmi les membres de ces factions regroupées au sein du Cadre de coordination pro-iranien, la coalition État de droit dirigée par l’ancien Premier ministre Nouri al-Maliki a remporté 29 sièges ; la faction Asaïb Ahl al-Haq, organisation de Qais al-Khazali (désignée comme terroriste par les États-Unis), 28 sièges ; et l’organisation Badr, dirigée par Hadi al-Amiri, 21 sièges. (AFP, 17 novembre)

Les dirigeants du Cadre de coordination se sont réunis dès l’annonce des résultats officiels. Ils affirment être en position de force pour nommer le nouveau Premier ministre, qui selon l’usage doit être un chiite, tandis que le poste, plutôt honorifique, de président de la République est réservé à un Kurde et celui de président du Parlement à un Arabe sunnite.

Dans la matinée du 18 novembre, au cours d’une conférence de presse à Duhok, au Kurdistan, où il se trouvait pour un colloque, le Premier ministre al-Soudani a annoncé que sa coalition de reconstruction, disposant de 46 sièges, allait rejoindre le Cadre de coordination, lui assurant ainsi une nouvelle majorité des sièges au Parlement suffisante pour former le prochain gouvernement. Il affirme que sa volonté d’être candidat n’était pas une question d’ambition personnelle mais de responsabilité « pour mener à bien sa mission ».

Ces négociations pourraient durer des semaines, voire des mois, pour trouver un compromis global entre chiites, sunnites et Kurdes.

Mazloum Abdi : Le Moyen-Orient a désespérément besoin de paix et de stabilité

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IRAK / KURDISTAN – Deux hauts cadres de l’administration arabo-kurde du Rojava participent aujourd’hui au Forum sur la paix et la sécurité au Moyen-Orient qui a lieu à Duhok, au Kurdistan du Sud.

Le commandant en chef des Forces démocratiques syriennes (FDS), Mazloum Abdi a déclaré lors du forum que le « Moyen-Orient a désespérément besoin de paix et de stabilité ».
 
« Nous sommes impliqués dans des conflits depuis longtemps et nous avons constaté que chaque guerre est suivie d’un dialogue. Les problèmes peuvent être résolus par le dialogue. Même si l’on sort vainqueur d’une guerre, il faut continuer à dialoguer. Nous l’avons constaté de manière très claire en Syrie. 
 
La principale raison de la chute du régime de Bachar al-Assad est son rejet du dialogue et son insistance sur un système centralisé. Par conséquent, les Syriens se sont soulevés contre cela et se sont révoltés, provoquant son effondrement ».
 

Mazloum Abdi a déclaré que les Syriens étaient désormais bien familiarisés avec la guerre et que l’absence de dialogue était l’une des principales causes de l’effondrement du régime baasiste. Il a souligné que les FDS et l’Administration autonome n’avaient jamais choisi la guerre ; elle leur avait été imposée. Il a expliqué que ce dont la Syrie a besoin aujourd’hui ne peut être obtenu par les combats, mais par des négociations nationales approfondies.

L’accord du 10 mars… empêche la partition et la guerre civile

Abdi a révélé que l’accord du 10 mars a marqué un tournant décisif, bloquant les tentatives de partition de la Syrie et empêchant le pays de sombrer dans la guerre civile. Il a souligné que cet accord garantissait la reconnaissance constitutionnelle des droits des Kurdes, malgré la médiation partielle et les circonstances complexes dans lesquelles il a été conclu.

Il a noté que la phase de dialogue actuelle se heurte à des obstacles majeurs, les plus importants étant le manque de confiance entre les deux parties, les risques persistants dans les quartiers de Sheikh Maqsoud et d’Achrafieh à Alep, et les mesures gouvernementales qui ont exclu diverses parties, créant des inquiétudes supplémentaires, ainsi que l’incapacité à assurer le retour des personnes déplacées de force de leurs foyers, comme celles d’Afrin, de Tal Abyad et de Serê Kanye.

Malgré cela, il s’est dit confiant que la volonté politique de mettre en œuvre l’Accord du 10 mars puisse aboutir, affirmant que le nord et l’est de la Syrie possèdent cette volonté et soutiennent sa poursuite, tout en appelant le gouvernement de transition en Syrie et les pays voisins à faire preuve de mesures tout aussi claires.

Message à la Turquie : Nous ne représentons pas une menace pour vous.

Abdi a souligné que l’Administration autonome et les FDS, avec toutes leurs institutions dans le nord et l’est de la Syrie, ne représentent aucune menace pour aucune partie. Il s’est adressé directement à la Turquie en déclarant :

« Nous demandons à notre voisin turc de ne pas considérer nos institutions militaires, administratives et de sécurité comme une menace. Ce sont des institutions de paix et de sécurité. »

Il a expliqué que la communauté internationale est encline à offrir à la Syrie « une nouvelle chance de dialogue » et que l’Administration autonome est prête à exploiter pleinement cette opportunité. Il a appelé toutes les parties, en particulier la Turquie, à accorder la même chance au dialogue entre le nord et l’est de la Syrie et le gouvernement de transition afin de résoudre les problèmes par la négociation.

Des progrès ont été réalisés sur les dossiers militaires et de sécurité… et l’accord sera bientôt annoncé.

Concernant l’état d’avancement des négociations sur l’accord du 10 mars, Abdi a déclaré que les travaux se poursuivaient malgré leur complexité et leur lenteur, et que les dossiers militaires et de sécurité avaient connu des progrès importants, seuls les « derniers détails » restant à régler avant l’annonce officielle, écrite et signée de l’accord par les deux parties.

Quant aux dossiers relatifs à l’administration et à la forme de gouvernement, ils restent en cours de négociation. Il a affirmé que la Syrie ne retournerait pas à un régime centralisé après 15 ans de guerre et que cette question était réglée pour les populations du nord et de l’est du pays.

Un appel à l’unité kurde et à un rôle actif dans la reconstruction

Abdi a appelé les acteurs politiques du Kurdistan du Sud à jouer un rôle plus important dans le soutien à l’unité kurde et la promotion du processus de paix en Turquie, en plus de soutenir le dialogue entre le nord et l’est de la Syrie et le gouvernement de transition.

Il a également exhorté les Kurdes du Kurdistan du Sud, du Kurdistan du Nord et de l’étranger à contribuer activement à la phase de reconstruction de la Syrie, soulignant que les Kurdes ont un rôle central à jouer dans l’instauration de la stabilité et de la paix dans la région.

Abdi a conclu en affirmant que les FDS et les peuples du nord et de l’est de la Syrie, soutenus par la Coalition internationale, ont consenti de grands sacrifices pour vaincre Daech, et que la nouvelle phase nécessite un large soutien politique pour progresser vers un avenir plus stable et pacifique pour la Syrie et la région.

 

De nombreuses personnalités politiques, universitaires, chercheurs et écrivains d’Amérique du Nord, d’Europe et du Moyen-Orient participent à ce forum pour discuter des défis sécuritaires et des transformations politiques dans la région, dans le cadre d’une série de sessions et de dialogues qui se dérouleront sur les trois jours de l’événement.

 
Le Forum sur la paix et la sécurité au Moyen-Orient est une conférence annuelle organisée par l’Université américaine du Kurdistan du Sud depuis sa création en 2019. Cette année marque la cinquième édition, qui se déroule sur deux jours.

KURDISTAN. Deux cadres du Rojava participent au Forum sur la paix et la sécurité au Moyen-Orient

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IRAK / KURDISTAN – Deux hauts cadres de l’administration arabo-kurde du Rojava participent aujourd’hui au Forum sur la paix et la sécurité au Moyen-Orient qui a lieu à Duhok, au Kurdistan du Sud.

Le commandant en chef des Forces démocratiques syriennes, Mazloum Abdi, et la coprésidente du département des relations étrangères de l’administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie, Ilham Ahmed, participent au Forum sur la paix et la sécurité au Moyen-Orient (MEPS), qui a lieu à Duhok, au Kurdistan du Sud.

Le Forum sur la paix et la sécurité au Moyen-Orient (MEPS 2025) a débuté ce matin à l’Université américaine de Duhok, dans le sud du Kurdistan, sous le thème : « Chaos géré : un nouveau Moyen-Orient ».

De nombreuses personnalités politiques, universitaires, chercheurs et écrivains d’Amérique du Nord, d’Europe et du Moyen-Orient participent à ce forum pour discuter des défis sécuritaires et des transformations politiques dans la région, dans le cadre d’une série de sessions et de dialogues qui se dérouleront sur les trois jours de l’événement.

Le commandant en chef des Forces démocratiques syriennes et Ilham Ahmed, coprésident du département des relations étrangères de l’administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie, sont arrivés hier à Duhok pour participer à la deuxième journée du forum d’aujourd’hui.

Le Forum sur la paix et la sécurité au Moyen-Orient est une conférence annuelle organisée par l’Université américaine du Kurdistan du Sud depuis sa création en 2019. Cette année marque la cinquième édition, qui se déroule sur deux jours. (ANHA) 

ROJAVA. Les gangs de la Turquie volent les olives et sèment la terreur à Afrin

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SYRIE / ROJAVA – Des mercenaires de l’occupation turque ont pillé des dizaines de tonnes d’olives des Kurdes d’Afrin, en plus de faire des raids sur les maisons et de tirer sur leurs habitants.

Les crimes contre la population d’Afrin occupée se poursuivent avec le début de la saison des récoltes d’olives, les mercenaires et colons turcs ayant intensifié leurs pillages de récoltes et leurs attaques contre les civils dans diverses villes et agglomérations d’Afrin.

Pillage généralisé des récoltes d’olives à Rajo, Bulbul et Shara

Dans la ville de Rajo, des mercenaires ont pillé la récolte de 100 arbres appartenant à Amin Rashid et de 200 arbres appartenant à la famille du défunt Bilal Bilal dans le village d’Atmana.

Dans le village de Sheikh Bilal, des mercenaires ont également pillé environ 150 sacs (13,5 tonnes) d’olives appartenant à plusieurs familles qui attendaient l’approbation du soi-disant « Comité économique ».

Dans la ville de Bulbul, des colons ont volé la récolte de 50 arbres appartenant à Mustafa Ahmad Ma’moush et de 60 arbres appartenant à Muhammad Issa Ma’moush dans le village de Kutana.

Nihad Madwar Omar, habitant du village de Bileh, a signalé que des mercenaires du « Bureau économique », connus sous les noms d’Abu Bakri et d’Abu Khalid, ont pillé 250 sacs (22 tonnes) de la récolte de 900 arbres près du village de Darwish. Ce pillage a eu lieu malgré le fait qu’il ait soumis son dossier au « Comité économique » et qu’il attende son approbation. Il a confirmé avoir porté plainte, mais n’avoir reçu aucune réponse.

Dans un incident similaire, Haider Ba’aj, un chef des mercenaires de la « 9e division » soutenus par la Turquie, a empêché Ahmad Sido Ali de récolter les olives de 100 arbres près du village de Diki, affirmant qu’il les avait déjà vendus.

De plus, la récolte de 300 arbres appartenant à Farouk Hussein dans le village de Sa’rinjak, dans la ville de Shara, a été pillée, malgré le fait qu’il ait obtenu l’autorisation officielle de récolter.

Plusieurs villages de Shara et Bulbul, dont Bileh, Qizilbash, Darwish, Aljia, Daraqliya, Sa’riya, Zaytunak, Umar Samu, Haftar, Shikhurziya et Abudan, ont été le théâtre de pillages généralisés perpétrés par des mercenaires. Ces derniers ont organisé des ateliers de travail forcé pour s’emparer des récoltes de dizaines de champs appartenant aux habitants d’Afrin.

Parmi les oliveraies volées figuraient :

– 1 000 arbres appartenant à Faiq Ahmad Sheikh Ismail Zadeh.

– 200 arbres appartenant à la famille de feu Anwar Muhammad Sheikh Ismail Zadeh dans le village de Zaytunak.

Une maison a été cambriolée et son contenu volé à Bulbul.

Dans la nuit du 10 novembre, des mercenaires turcs, accompagnés de colons, ont pillé la maison de l’avocat Bayram, dans le village de Kila. Ils ont emporté la porte d’entrée, les fenêtres, les autres portes, le mobilier.

Un civil a été blessé par balle près de Midanki.

Dans un incident distinct, Mahmoud Shukri Mohammed, 50 ans, connu sous le nom de « Khoja », du village de Damliya à Rajo, a été abattu par des hommes armés qui ont tenté de forcer la porte de l’atelier de réparation automobile sur la route du village de Midanki aux premières heures du dimanche 16 novembre.

Selon des témoins oculaires, les hommes armés ont ouvert le feu après avoir été repérés, ce qui a entraîné des blessures et des fractures aux jambes pour Khoja. (ANHA)

TURQUIE. La police confisque des photos de 7 femmes kurdes assassinées

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TURQUIE / KURDISTAN – La police turque a mené un raid nocturne contre une exposition d’art qui rendait hommage aux femmes kurdes tombées martyres dans la lutte pour la liberté.

Lundi soir, lors d’une descente de police nocturne dans une exposition d’art à Van (en turc : Van), grande ville kurde, plusieurs photographies ont été confisquées. L’exposition était organisée par le mouvement féministe kurde Tevgera Jinên Azad (TJA) à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.

Selon les informations recueillies, la police a perquisitionné les locaux de la galerie d’art Atatürk, située dans le quartier de Rêya Armûşê (Ipekyolu), et a saisi sept photographies. Celles-ci représentaient des femmes ayant appartenu au mouvement de libération kurde et assassinées. L’une d’elles montrait également la révolutionnaire Sakine Cansız, tuée à Paris en 2013 avec deux de ses camarades sur ordre de l’État turc.

Les organisatrices souhaitent que l’exposition rende hommage aux femmes qui ont résisté à la violence patriarcale, à la répression politique et à la guerre. Les œuvres photographiques visent à documenter diverses formes de résistance et d’affirmation de soi.

Des manifestations sont attendues de la part des organisations de femmes.

Aucune explication officielle n’a été initialement fournie concernant l’intervention policière. Les observateurs considèrent cette opération comme une nouvelle atteinte à la liberté d’expression culturelle et au travail politique des organisations de femmes dans la région. Plusieurs organisations de femmes de Van ont annoncé qu’elles feront une déclaration publique pour dénoncer l’attaque policière. (ANF)

IRAN. Une adolescente victime d’un mariage forcé assassinée par le mari

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IRAN – L’ONG kurde de défense des droits humains, Hengaw présente de nouveaux éléments dans l’affaire du féminicide de Maryam Taghavi, une adolescente de 16 ans mariée de force.

Suite à un rapport publié par Hengaw sur le meurtre de Maryam Taghavi, une adolescente victime d’un mariage forcé et assassinée par son mari à Ajabshir, Hengaw a maintenant obtenu des informations supplémentaires qui clarifient davantage les circonstances du crime et les antécédents de violence de l’auteur.

D’après les informations recueillies par l’organisation Hengaw pour les droits humains, Taghavi, âgée de 16 ans, a été violemment agressée par son mari de 27 ans le dimanche 16 novembre 2025. Ce dernier l’a frappée à plusieurs reprises avec un bâton. Transportée à l’hôpital Khomeini d’Ajabshir, elle y est décédée quelques heures plus tard des suites de ses blessures.

Selon une source bien informée, l’agresseur avait déjà été marié et ce mariage s’était terminé en raison de violences conjugales. Il avait également des antécédents de comportements abusifs et de violences physiques durant son mariage avec Taghavi.

L’auteur des faits a pris la fuite après avoir commis le crime, mais a été arrêté quelques heures plus tard.

Les médias affiliés au gouvernement iranien ont tenté de présenter le meurtre de cette jeune fille de 16 ans comme un simple « différend familial », un récit qui s’inscrit dans la lignée des politiques misogynes de l’État et de ses efforts plus généraux pour minimiser les violences structurelles faites aux femmes.

La mort de Taghavi révèle un problème systémique. En l’absence de protection juridique et de contrôle efficace, elle a été victime de violences mortelles perpétrées par son mari de 27 ans. Ce meurtre n’est pas un simple différend familial, mais un féminicide manifeste, conséquence directe du mariage d’enfants et des violences systémiques profondément enracinées à l’encontre des femmes dans le cadre juridique discriminatoire de la République islamique d’Iran, où les violences sexistes demeurent normalisées et généralisées.

Le mariage d’enfants demeure légal et répandu dans de nombreuses régions d’Iran. La législation actuelle fixe l’âge minimum du mariage pour les filles à 13 ans, voire plus jeune grâce à l’autorisation judiciaire, ce qui entraîne de graves violations des droits de l’enfant et l’expose à la violence domestique, à l’exploitation et aux sévices physiques et psychologiques. (Hengaw) 

Les Yézidis d’Allemagne demandent une véritable protection

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ALLEMAGNE – Malgré la reconnaissance du génocide perpétré par l’État islamique, de nombreux Kurdes yézidis (Êzdîs) en Allemagne continuent de lutter pour leur protection. Lors des débats au Bundestag, des voix comme celles de Düzen Tekkal et Layla Mirza ont été claires : la politique symbolique ne suffit pas ; des actions concrètes sont nécessaires.

Le débat au Bundestag sur le projet de loi des Verts visant à protéger les réfugiés yézidis d’Irak a suscité à la fois espoir et vives critiques de la part des membres de cette minorité religieuse. Un groupe de Yézidis a suivi les débats au Bundestag jeudi dernier, parmi lesquels l’écrivaine et militante des droits humains Düzen Tekkal, et Layla Mirza, mannequin, militante et rescapée du génocide perpétré par l’État islamique contre la communauté yézidie.

Les deux femmes ont souligné que pour de nombreux Yézidis en Allemagne, cette initiative politique était attendue depuis trop longtemps. Bien que le génocide perpétré par l’organisation terroriste « État islamique » (EI ou DAECH) ait été officiellement reconnu par le gouvernement allemand en janvier 2023 , des mesures de protection concrètes pour de nombreuses victimes faisaient encore défaut.

Tekkal : « Le gouvernement fédéral doit assumer son devoir de protection. »

« Après deux ans, ce projet de loi représente une lueur d’espoir pour les Yézidis en Allemagne », a déclaré Tekkal à l’issue du débat. Le fondateur de l’organisation de défense des droits humains HÁWAR.help a également alerté sur une réalité dramatique : « Nous recevons quotidiennement des appels à l’aide de Yézidis qui ont reçu un ordre d’expulsion. »

Onze ans après les massacres et la réduction en esclavage perpétrés par Daech, nombreux sont ceux qui vivent encore dans la peur et l’incertitude. « Dispersés de toutes parts, ils n’aspirent qu’à une chose : vivre enfin en paix. Au lieu de cela, ils sont ballottés d’un destin incertain à l’autre », a déclaré Tekkal. Le gouvernement allemand doit désormais tenir ses engagements : la reconnaissance du génocide lui a clairement imposé l’obligation de les protéger.

Mirza : « On a l’impression que notre douleur n’a aucune importance. »

Layla Mirza, dont le frère n’a toujours pas obtenu de statut de résident permanent, a décrit le fardeau psychologique qui pèse sur de nombreux survivants. « La situation des Yézidis sans statut permanent n’est pas seulement difficile, elle est profondément douloureuse », a-t-elle déclaré.

 

Nombre de ces personnes ont vécu des massacres, perdu des êtres chers, survécu à des violences sexuelles ou ont été enlevées enfants. « Ces blessures ne guérissent pas. Et aujourd’hui, ces mêmes personnes se retrouvent à nouveau confrontées à l’incertitude, voire au danger », a déclaré Mirza. Les expulsions ou l’incertitude quant à leur avenir professionnel engendrent de nouveaux traumatismes pour des personnes « qui aspirent simplement à vivre en paix ».

Elle a remercié l’Allemagne pour la reconnaissance officielle du génocide, mais a souligné : « Si les survivants doivent aujourd’hui mendier une protection, c’est que la politique échoue au moment crucial. »

Incertitude malgré la reconnaissance

Mirza bénéficie depuis d’une protection en Allemagne. Elle trouve d’autant plus douloureux que ce statut ne soit pas acquis pour beaucoup d’autres. « Ce projet de loi me montre à quel point notre sécurité reste fragile, même pour les personnes ayant survécu à un génocide », a-t-elle déclaré. « C’est déchirant de devoir encore se battre pour que notre humanité soit reconnue. »

Appel aux politiciens : La protection doit durer.

Les deux militants ont exigé que la reconnaissance politique se traduise enfin par des actions concrètes, notamment l’octroi d’un statut de protection permanent aux survivants du génocide perpétré par l’État islamique. Les expulsions, les permis de séjour temporaires et l’insécurité juridique sont contraires à toute forme de dignité humaine, a souligné Tekkal. 

« Ceux qui reconnaissent le génocide ne doivent pas abandonner ses survivants », a déclaré Layla Mirza. (ANF)

 

Newroz Ahmed : L’objectif des YPJ est la révolution sociale

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SYRIE / ROJAVA – La commandante des Unités de protection des femmes (en kurde : Yekîneyên Parastina Jin, YPJ), Newroz Ahmed, a déclaré : « Notre combat au sein des Unités de protection des femmes ne vise pas seulement à intégrer l’armée en tant que force officielle, mais à créer une révolution sociale. Que l’intégration ait lieu ou non, les YPJ auront toujours pour objectif d’atteindre toutes les femmes syriennes, d’établir l’autodéfense et de parvenir à une organisation solide. »

L’agence ANHA a mené une interview avec Newroz Ahmed, commandante des YPJ, sur la violence à l’égard des femmes, l’autodéfense, les organisations féminines, la situation des femmes en Syrie et le rôle des YPJ dans la protection des femmes.

• Du point de vue des Unités de protection des femmes, comment évaluez-vous la situation des femmes dans le monde en matière de protection et d’organisation ?

 

Le progrès scientifique était censé bénéficier à la société et aux femmes. Or, c’est l’inverse qui s’est produit, car le savoir reste entre les mains des puissants. Tous prétendent publiquement lutter contre les guerres, mais ce n’est qu’une façade médiatique. En réalité, ils les attisent pour servir leurs propres intérêts. Le système exacerbe délibérément les conflits entre les peuples et les communautés, ce qui est contre nature.

Malheureusement, la situation des femmes se détériore de jour en jour. On dit qu’elles participent au marché du travail, y compris aux forces de défense nationale, mais cela ne sert pas nécessairement leurs intérêts. Malgré leur présence visible, les autorités n’ont pas réduit les violences dont elles sont victimes. Nous, les femmes, ne devons pas nous leurrer : les violences faites aux femmes sont en augmentation, qu’il s’agisse de violences physiques (agressions, suicides) ou de violences virtuelles sur les réseaux sociaux.

Parallèlement, la prise de conscience des femmes s’est développée. Elles comprennent désormais la nécessité de se protéger et de se défendre, et elles investissent tous les domaines de la vie. C’est un progrès, mais il ne peut rester isolé. Il faut s’organiser et s’unir. Les progrès et l’organisation des femmes ne sont pas encore à la hauteur des attentes, ce qui signifie qu’une lutte plus intense est nécessaire.

• Après le changement de pouvoir en Syrie le 27 novembre 2024, comment évaluez-vous la situation des femmes sous ce gouvernement ?

La lutte des femmes a progressé dans nos régions, mais c’est insuffisant. L’année dernière, le gouvernement s’est effondré et un nouveau a pris sa place. On attendait de lui qu’il résolve les problèmes du pays, mais nous avons été témoins des événements survenus sur la côte et à Soueïda. Et ces violences ne se sont pas limitées à ces zones : elles sont présentes dans toutes les villes syriennes.

Les femmes sont victimes d’enlèvements, de disparitions, de viols et de meurtres. Elles sont également attaquées sur les réseaux sociaux. Cette mentalité destructrice sévit aussi bien en Syrie qu’à l’étranger. Nous avons maintes fois insisté sur l’importance de l’autodéfense et de l’organisation. Les événements récents ont démontré que l’autodéfense et l’organisation sont indispensables pour tous. Sans organisation et sans mise en place d’un système d’autodéfense, il sera très difficile de changer cette mentalité qui détruit l’égalité.

• Quel rôle jouent les unités de protection des femmes dans tout cela, et que faites-vous actuellement ?

Nous avons déjà œuvré dans ce sens, mais il est désormais nécessaire de redoubler d’efforts pour renforcer notre organisation et notre lutte. Notre combat au sein des Unités de Protection des Femmes ne se limite pas à l’intégration dans l’armée en tant que force officielle ou à l’obtention d’une reconnaissance formelle. Nous avons besoin d’une lutte sociale. La liberté et l’égalité ne peuvent être atteintes sans la participation des femmes. La liberté des hommes est elle-même indissociable de celle des femmes.

Des progrès ont été réalisés dans ce domaine, mais ils sont insuffisants ; il faut faire davantage. L’objectif principal est d’atteindre toutes les femmes. Nous devons mener un combat commun.

• Dans son dernier manifeste, le leader Abdullah Ocalan a qualifié la mentalité patriarcale de « tueur violet ». Selon vous, dans quelle mesure les femmes sont-elles conscientes de cette attaque idéologique ?

L’attaque du « tueur violet » se poursuit depuis des millénaires. Aujourd’hui, pourtant, l’accès au savoir, notamment à la connaissance de soi, est plus aisé. La société peut accéder à ces informations. Mais le système oppose une violente contre-attaque et empêche la société et les femmes de voir cette vérité. Il la déforme.

La violence est omniprésente au quotidien : publicités, émissions de télévision, documents écrits, médias, et même dans la rue. Les femmes ont été conditionnées à croire que c’est leur destin. Il faut briser ce schéma. Elles ont désormais compris qu’elles peuvent le surmonter grâce à la prise de conscience et au savoir.

Les femmes ont progressé dans une certaine mesure, mais cela reste insuffisant. Nombre de Syriennes avec lesquelles nous communiquons affirment ignorer l’existence de telles idées. Le système met tout en œuvre pour empêcher les femmes de voir et de comprendre la vérité. Pourtant, une femme informée peut transformer sa famille et son environnement.

• En Syrie, l’intégration des Forces démocratiques syriennes (FDS) fait l’objet de discussions. Quel rôle joueront les Unités de protection des femmes dans ce contexte, et organiserez-vous la participation des femmes syriennes ?

La question de l’intégration est toujours en discussion et n’a pas encore été clarifiée. Mais nous avons toujours affirmé que les femmes doivent s’organiser partout. Nous assumerons nos responsabilités où que nous soyons, et pas seulement en matière d’intégration.

Que l’intégration ait lieu ou non, l’autodéfense et l’organisation des femmes demeureront un objectif essentiel. C’est la raison d’être des Unités de protection des femmes. Il est indispensable de lutter pour changer la mentalité des « tueurs en uniforme », dans nos régions et dans toute la Syrie, afin de parvenir à la liberté et à l’égalité. (ANF)

TURQUIE. Deux adolescents travailleurs morts sur un chantier d’Urfa

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TURQUIE / KURDISTAN – Sedat Kurt (15 ans) et Yakup Güneş (16 ans) ont perdu la vie quand le chantier en construction où ils travaillaient s’est écroulé. Trois autres ouvriers ont été blessés lors de l’accident qui a eu lieu dans la province kurde d’Urfa.

Deux adolescents travailleurs ont perdu la vie hier dans l’effondrement du chantier en construction, dans le district de Haliliye à Şanlıurfa, dans le sud-est de la Turquie. Les causes de l’effondrement restent inconnues.

Cinq ouvriers étaient piégés sous les décombres de béton et de fer. Les équipes de secours sont arrivées sur les lieux suite aux appels des riverains. Les premiers secours ont été prodigués par des personnes présentes, puis les équipes de secours ont dégagé les ouvriers blessés des décombres.

Les ouvriers ont été transportés en ambulance à l’hôpital de formation et de recherche Mehmet Akif İnan. Deux d’entre eux, Sedat Kurt, âgé de 15 ans, et Yakup Güneş, âgé de 16 ans, ont été déclarés morts.

Une enquête a été ouverte suite à cet incident.

D’après les données de l’Observatoire turc de la santé et de la sécurité au travail (İSİG), au moins 81 enfants travailleurs sont décédés dans des accidents du travail en Turquie depuis le début de l’année. (Bianet) 

TURQUIE. Les Kurdes manifestent pour les femmes emprisonnées

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TURQUIE / KURDISTAN – Le 25 novembre, des organisations kurdes de défense des droits humains ont manifesté dans plusieurs villes au sujet de la situation des femmes emprisonnées. Elles ont exigé la fin des violations des droits des prisonniers, un renforcement des droits des prisonniers politiques et une réforme en profondeur du système judiciaire.

À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, le 25 novembre, des organisations de défense des droits humains et des groupes de femmes de plusieurs villes kurdes ont attiré l’attention sur la situation des prisonnières politiques dans les prisons turques. Les manifestations visaient notamment le mépris systématique des droits des femmes incarcérées.

À Amed (tr. Diyarbakır), Êlih (Batman), Sêrt (Siirt), Colemêrg (Hakkari) et Wan (Van), mais aussi dans la province de Mersin, les organisations de solidarité avec les prisonnières MED TUHAD-FED et TUAY-DER ont réclamé plus de visibilité et de protection pour les prisonnières politiques sous le slogan « Jin, Jiyan, Azadî » (Femme, Vie, Liberté).

« La résistance derrière les murs des prisons »

À Amed, une cérémonie commémorative a été organisée en hommage à toutes les femmes tuées en prison ou décédées dans des circonstances troubles, notamment Garibe Gezer, décédée en détention en 2021. Les discours ont souligné que les violences faites aux femmes persistent même derrière les murs des prisons, en particulier contre les militantes kurdes, dont l’identité politique les rend doublement vulnérables.

Les cas d’Aysel Tuğluk, de Nudem Durak et d’autres femmes emprisonnées, malades mais toujours privées de soins médicaux, ont également été évoqués. La situation des prisonniers politiques dans les prisons iraniennes a aussi été abordée.

 

« Sans liberté pour les prisonniers, il n’y a pas de paix. »

Dans toutes les villes, on a souligné que le mouvement féministe est lié aux histoires de prisonnières comme Sakine Cansız, Leyla Qasim et Makbule Özbek. Cette tradition se perpétue aujourd’hui, non seulement dans les prisons, mais dans tous les domaines de la vie sociale.

Les principales revendications incluaient la libération de tous les prisonniers politiques, la fin de l’isolement du représentant kurde Abdullah Öcalan et des mesures politiques concrètes pour la justice et l’égalité. Chaque manifestation s’est conclue par des spectacles culturels, des sit-in et le slogan : « Sans la libération des prisonniers, il ne peut y avoir de paix. » (ANF)