Quand des intellectuels iraniens parlent du « danger kurde »
« Le nationalisme kurde n’est pas une menace, il est une nécessité »
À l’heure où le mot nationalisme est souvent brandi comme une injure dans les débats politiques contemporains, il est crucial de rappeler qu’il ne s’agit pas d’un concept homogène. Tous les nationalismes ne se valent pas. Il existe une distinction fondamentale entre un nationalisme de domination et un nationalisme de libération. Et dans ce contraste, le cas kurde mérite une attention toute particulière.
Deux nationalismes, deux logiques
Le nationalisme de domination est celui des grandes puissances centralisatrices. Il se définit par le rejet de la différence, l’obsession de l’uniformisation et une volonté d’expansion territoriale. C’est le nationalisme du plus fort : celui qui nie les identités, efface les langues, falsifie les mémoires. Les nationalismes turc, persan ou arabe, dans leur version étatique et non-étatiques, en sont des exemples historiques et contemporains. Tous ont, à des degrés divers, nié jusqu’à l’existence même du peuple kurde.
À l’opposé, le nationalisme de libération ne naît pas d’un rêve impérial, mais d’un besoin vital : celui d’un peuple privé de droits, de reconnaissance, de souveraineté. C’est un nationalisme de survie, de résistance, parfois de désespoir. Il ne cherche pas à écraser l’autre, mais à préserver ce qui reste d’une dignité menacée.
Le nationalisme kurde s’inscrit pleinement dans cette seconde catégorie. Il est l’expression d’une lutte pour l’existence et pour libération d’un peuple. Ni expansionniste, ni hégémonique, ni agressif, il ne vise pas à redessiner les frontières aux dépens des autres, mais à mettre fin à un siècle de déni.
Pourquoi le nationalisme kurde est aujourd’hui indispensable
Il faut le dire clairement: les Kurdes sont l’un des plus grands peuples sans État au monde. Dispersés entre la Turquie, l’Iran, l’Irak et la Syrie, ils ont été marginalisés, réprimés, assimilés de force ou tout simplement niés. Leur langue a été interdite, leur culture censurée, leurs villages détruits, leurs activistes emprisonnés ou exécutés leurs musiques volées etc.
Face à cette réalité, le nationalisme kurde n’est pas un projet de conquête, mais un instrument de préservation. Il n’est pas dirigé contre un autre peuple, mais contre l’effacement. Et c’est précisément là que réside sa singularité: il ne revendique pas la grandeur, il réclame la justice et la préservation.
Un nationalisme de survie, pas de suprématie
Dans un monde qui célèbre les indépendances, qui soutient l’Ukraine, qui consacre le droit à l’autodétermination comme pilier de la démocratie, pourquoi continuer à refuser ce droit aux Kurdes ? Pourquoi tolérer que des régimes autoritaires définissent à leur place ce qu’ils sont censés être ?
Tant que les Kurdes n’auront pas obtenu la garantie de leurs droits collectifs fondamentaux; culturels, politiques, linguistiques, territoriaux ou, tout simplement, leur souveraineté, leur nationalisme demeurera non seulement légitime, mais essentiel.
Conclusion
On peut et l’on doit critiquer les dérives de certains nationalismes. Mais il est irresponsable de mettre sur le même plan un nationalisme oppresseur et un nationalisme de libération. Celui qui les confond, consciemment ou non, choisit le camp du plus fort. Aujourd’hui, le nationalisme kurde est l’expression d’une résistance.
*La publication des textes de la Plume de la montagne ne signifie pas nécessairement que le site Kurdistan au féminin partage systématiquement l’avis exprimé
KURDISTAN. Commémoration du génocide kurde al-Anfal
KURDISTAN – Les Kurdes commémorent les victimes du génocide kurde ce 14 avril, Journée de commémoration du génocide d’Anfal* commis par le dictateur irakien Saddam Hussein au Kurdistan d’Irak en 1988.
Ce lundi, la présidence irakienne a appelé le Parlement à adopter une loi visant à indemniser les survivants d’Anfal et leurs familles à l’occasion du 37e anniversaire de la campagne brutale menée par l’ancien régime irakien, qui a entraîné le massacre de plus de 182 000 civils kurdes.
Le génocide al-Anfal
Entre février et septembre 1988, le régime irakien a massacré plus de 182 000 Kurdes, dont des femmes, enfants et vieillards, par des armes chimiques et dans des camps de concentration, tout en détruisant 5 000 villages.
Le plus connu de ces massacres à eu lieu à Halabja où plus de 5000 civils kurdes ont péri le 16 mars.
Il y a 37 ans, la ville d’Halabja, au Kurdistan du Sud, était bombardée à l’arme chimique sur ordre de Saddam Hussein. Cette attaque au gaz a fait plus de 5.000 morts kurdes, dont de nombreux enfants qui sortaient de chez eux au cri de « Ça sent la pomme » (odeur du gaz chimique)…
La ville d’Halabja était sous la protection des forces Peshmerga de l’Union patriotique du Kurdistan et des habitants de la ville contre le règne de l’occupation baathiste du Kurdistan en mars 1988 et à l’approche de la guerre Iran-Irak à partir de la fin du conflit. À cette époque, le régime baathiste, dirigé par Saddam Hussein, a bombardé la ville de roquettes et d’artillerie sous la supervision d’Ali Hassan al Majid (surnommé Ali le chimique), le 15 mars 1988 et les forces de Peshmerga se sont retirées dans les montagnes, où les femmes et les enfants sont restés dans la ville.
Le 16 mars 1988, le régime baathiste jeta des gaz chimiques depuis des avions de combat sur la ville, qui abritait plus de 40 000 civils, pour commettre le massacre le plus flagrant de l’histoire de l’humanité, qui s’est déroulé à l’aide de gaz toxiques. L’attaque a tué plus de 5 000 civils kurdes dans cette ville et contraint des dizaines de milliers de personnes à être déplacées de force dans des camps situés de l’autre côté de la frontière avec l’Iran.
La nouvelle du massacre s’est répandue aussi vite que ces armes avaient volé la vie de milliers de personnes en quelques heures ou moins, pour entrer dans la ville dans un calme terrible et paralysant devant le génocide silencieux qui a tué des milliers d’enfants, femmes et hommes sans une goutte de sang ni blessures.
Tous ont été tués sur place, dans les rues de la ville et dans des hameaux remplis de martyrs, sur les routes, devant des maisons et à l’intérieur, dans des écoles, des mosquées et des marchés, les corps gisant sans une goutte de sang ni blessure, et peut-être que la plupart des images qui sont restées dans la mémoire du monde en général et du peuple kurde en particulier sont celles d’Omar Hawar embrassant son nouveau-né et de la famille qui a perdu la vie ensemble.
Vingt ans plus tard, le général Ali Hassan al-Majid a été pendu en 2010 pour avoir ordonné les attaques au gaz toxique. Il a été condamné à quatre condamnations à mort mais a insisté sur le fait qu’il a agi dans l’intérêt de la sécurité irakienne et qu’il n’exprimait aucun remords.
En 2012, le gouvernement irakien a remis aux autorités d’Halabja la corde utilisée pour sa pendaison.
Saddam Hussein lui-même sera pendu en 2006, trois ans après l’invasion de l’Irak par les États-Unis.
*Saddam Husein a donné le nom Anfal, qui signifie « butin » en arabe et qui est une sourate du Coran, à la campagne de bombardements systématiques, de gazages et de massacres de masses commis par les forces irakiennes dans plusieurs régions kurdes d’Irak entre février et septembre 1988.
CULTURE. Le 15e Festival culturel de Dersim en Europe aura lieu à Francfort
ALLEMAGNE – L’équipe organisatrice du 15e Festival culturel de Dersim a lancé un appel à participer à l’événement sous le slogan « Coulons comme le Munzur ! ».
Le 15e Festival de Dersim en Europe, organisé par la Fédération démocratique alévie (FEDA), la Fédération européenne des associations démocratiques du Dersim (ADEF) et le Congrès de reconstruction du Dersim (DIK), aura lieu les 30 et 31 mai 2025 à Francfort (Rebstockpark).
Le festival vise à rassembler une large participation dans le cadre de l’appel à embrasser l’histoire, la culture et l’identité de la province kurde de Dersim, au Kurdistan du Nord.
Organisé sous le slogan « Nous ne sommes ni Khorasan ni Tunceli ! Nous sommes Dersim ! » (en dialecte zazakî: « Ma ne Xorasan me, ne ki Tunceli ! Ma Dersim me ! »), l’événement vise à préserver l’existence culturelle et sociale de la province kurde de Dersim face à l’assimilation, au déni et à la destruction écologique par l’État turc.

Les institutions organisatrices ont attiré l’attention sur les politiques répressives de l’État turc visant la population de Dersim, affirmant que le festival vise à relier les luttes historiques et contemporaines.
La déclaration critique les politiques de déplacement forcé de l’État turc, les tentatives d’effacement de l’identité et de la mémoire collective, la dévastation écologique et l’assimilation culturelle, et appelle à une participation vigoureuse au festival comme forme de résistance.
La déclaration souligne que l’État turc déploie une version moderne du « Plan de réforme orientale » par des méthodes telles que la promotion de la drogue, des jeux d’argent et de la prostitution auprès des jeunes du Dersim. Elle attire également l’attention sur le pillage de l’environnement naturel du Dersim par la construction de barrages et l’exploitation minière.
Dans le cadre du festival, l’accent sera mis sur les valeurs historiques et culturelles du Dersim. Artistes, écrivains et intellectuels sont attendus, et le patrimoine culturel du Dersim sera transmis à travers des chants, des complaintes et des hymnes sacrés interprétés en langue maternelle.
Le comité du festival a appelé tous les habitants de Dersim et leurs amis à se joindre à la solidarité, en déclarant : « Coulons comme le Munzur, retrouvons-nous à Francfort. » (ANF)
SYRIE. Le massacre des Alaouites se poursuit

SYRIE. Arbres forestiers et oliviers abattus dans la campagne d’Afrin
LIVRE. Histoire des Kurdes des origines à nos jours
PARIS – Cet après-midi, une foule a assisté à la Conférence / dédicace avec Hamit Bozarslan, à l’occasion de la publication de l’ouvrage collectif « Histoire des Kurdes des origines à nos jours » (éditions du Cerf).

Hamit BOZARSLAN, Directeur d’études à l’EHESS, Paris, est le co-auteur et coordinateur de l’ouvrage collectif « Histoire des Kurdes des origines à nos jours », dont le préface a été écrit par Kendal NEZAN, président de l’Institut kurde de Paris.

Après la présentation du livre, Bozarslan a répondu aux questions du public avant de dédicacer les exemplaires (en nombre insuffisant) qui se sont vendus comme des petits pains.
Résumé d’« Histoire des Kurdes des origines à nos jours »
« En guerre pour sa survie, en lutte pour son avenir, voici l’histoire d’un peuple vivant, déterminé à prendre son destin en main. L’histoire d’un peuple deux fois millénaire. L’histoire de son génie et de ses gloires, de son martyre et de ses espoirs.
D’où viennent les Kurdes ? Quel est leur passé ? Quel est leur avenir ? Hamit Bozarslan a réuni, pour cet ouvrage sans précédent, les meilleurs spécialistes internationaux. Ensemble, ils présentent l’histoire du peuple kurde, depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours, depuis ses origines préislamiques jusqu’à la lutte héroïque contre Daesh, depuis la naissance des premiers émirats jusqu’au combat pour l’indépendance.
Cette histoire, c’est l’arrivée de l’islam, c’est l’épopée du général kurde Saladin, c’est le déferlement des hordes venues de la steppe, c’est la querelle des dynasties concurrentes et la lutte des empires rivaux. C’est le partage d’un pays entre Perses et Ottomans. Et l’actuel éclatement entre Syrie et Turquie, Irak et Iran d’une nation qui se nomme Kurdistan.
Voici, pour la première fois, une histoire de deux mille ans.
Une somme monumentale. Un livre incontournable. »
TURQUIE. Les mères du Samedi demandent justice pour Ömer Ölker
TURQUIE – Pendant leur 1046e veillée sur la place Galatasaray, les Mères du Samedi ont exigé la justice pour Ömer Ölker, un jeune Kurde retrouvé mort à Şırnak / Idil le 17 avril 1994, deux jours après avoir été porté disparu dans une zone fortement militarisé.
ROJAVA. Kongra Star reçoit une délégation de femmes d’Amérique latine
SYRIE / ROJAVA – Le Mouvement des femmes du Rojava Kongra Star a reçu une délégation de femmes d’Amérique latine venue connaître l’expérience des organisations de femmes du Rojava / Syrie du Nord et d’Est et les mécanismes de défense qu’elles ont mis en place pour se défendre et défendre leurs communautés dans les régions sous contrôle des forces arabo-kurdes.
Dans le cadre de l’invitation de Kongra Star aux délégations internationales, une délégation d’Amérique latine, en particulier du Mexique et d’Argentine, a visité le centre Kongra Star à Qamishlo pour observer de près l’expérience des femmes et de la communauté dans le nord et l’est de la Syrie.
Cette visite représente le soutien de la délégation à la Révolution du 19 juillet (2012), connue sous le nom de Révolution des femmes.
La délégation a exprimé sa solidarité avec cette expérience unique et est venue constater la réalité de ses propres yeux, dans le but de la transférer dans leurs pays respectifs. Les membres de la délégation travaillent dans leurs pays respectifs à la création d’institutions dédiées aux droits et aux questions des femmes. Leur objectif principal était de comprendre comment les femmes de cette région s’organisent et se protègent, elles et leurs communautés, afin de contribuer au développement de leurs sociétés.
La visite comprenait également des discussions sur l’attaque de 2018 contre Afrin par l’État occupant turc et ses mercenaires, en plus de la situation de la région avant sa libération des mercenaires de l’EI et des souffrances de son peuple sous leur contrôle. (ANHA)
KURDISTAN. Deux combattants kurdes tués par une frappe turque
IRAK / KURDISTAN – L’armée turque poursuit ses attaques contre le QG de la guérilla kurde, malgré le cessez-le-feu déclaré par cette dernière. Deux guérilleros ont perdu la vie lors d’un bombardement mené par un drone turc dans la région de Garê, au nord de l’Irak.
Malgré un cessez-le-feu déclaré unilatéralement par le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), l’armée turque continue d’intensifier ses attaques contre les zones de défense de Medya, tenues par la guérilla, dans le sud du Kurdistan (nord de l’Irak).
Le centre de presse des Forces de défense du peuple (HPG) a annoncé que l’armée d’occupation turque continuait de cibler les zones de guérilla.
Le Centre de liaison avec la presse du HPG a déclaré que l’armée d’occupation turque poursuit ses attaques et ses bombardements aériens et terrestres contre nos forces en position de cessez-le-feu, ajoutant que deux de leurs combattants ont été tués lors d’une attaque de drone à Garê.
Le HPG a déclaré ce qui suit concernant les détails des attaques menées par l’armée turque d’occupation et la réponse des forces de guérilla à ces attaques :
Attaques d’ avions de guerre
Deux de nos camarades sont tombés martyrs dans la zone de Çirav dans la région de Garê à la suite de deux bombardements effectués par un drone de l’armée d’occupation turque à 11h28 et 11h29 le 7 avril. Les informations d’identité de nos camarades martyrs seront annoncées ultérieurement.
Les 8 et 9 avril, les zones d’Ergenê et de Yekmalê dans la région de Garê ont été bombardées à deux reprises, la zone de résistance de Bêşîlî dans la région de Metîna a été bombardée une fois et la zone de résistance de Girê Bahar dans la région de Şehîd Delîl Western Zap a été bombardée une fois.
Attaques avec des armes lourdes, de l’artillerie et des obus
Le 9 avril, l’armée d’occupation turque a lancé une opération d’invasion à proximité du village de Kanî Mezinê, dans la région de Metîna. Au cours de l’opération, les vignes et les jardins appartenant aux villageois ont été incendiés et brûlés par les envahisseurs.
Entre le 9 et le 12 avril, l’armée turque a mené un total de 1 026 attaques à l’arme lourde, à l’artillerie et aux obus, ciblant à 33 reprises les zones de Berê Zînê, Sinînê, Lolan dans la région de Xakurkê ; les zones de Kanî Sarkê, Dêreşê, Mijê, Girê Sîser, Zêvkê, Girê Kun, Girgaşê dans la région de Garê 127 fois ; les zones de Serê Metîna, Şêlazê, Bêşîlî dans la région de Metîna 272 fois ; les zones de Girê Amediyê, Girê Bahar dans la région Şehîd Delîl Western Zap 594 fois.
Interventions de nos forces contre les attaques
Le 9 avril à 10h30, nos forces ont répondu à deux reprises avec des armes individuelles et automatiques aux envahisseurs qui ont attaqué nos tunnels de résistance dans la zone de résistance de Şêlazê dans la région de Metîna.
Le 10 avril à 12h40, nos forces ont répondu à deux reprises avec des armes automatiques aux envahisseurs qui ont attaqué nos tunnels de résistance dans la zone de résistance de Şêlazê dans la région de Metîna.
Le 12 avril à 6h15, un véhicule blindé qui bombardait nos tunnels et nos positions avec des armes lourdes dans la zone de résistance de Sergelê, dans la région de Şehîd Delîl, dans le Zap occidental, a été touché par un drone kamikaze. (ANF)
Clôture du Festival des Films Kurdes de Paris
PARIS – Du 8 au 11 avril, la 4e édition du Festival des Films Kurdes de Paris (FFKP), au Centre Wallonie-Bruxelles, a fait vivre des moments forts aux cinéphiles à travers dizaines de films en tout genre (fictions, documentaires, courts et longs métrages…) réalisés par des cinéastes des quatre coins du Kurdistan mais aussi par celles et ceux de la diaspora. Binevşa Berivan, Diayo Yazdani, Mehmet Ali Konar… plusieurs cinéastes et quelques acteurs étaient invité-e-s par l’équipe de FFKP pour échanger avec le public après la projection de leurs films.

Guerre, occupation, condition féminine, génocide yézidi (êzdî), interdiction de la langue kurde, femmes en exil ou sur les routes de l’exil ayant subi des violences sexuelles, homosexualité dans la société kurde… l’équipe du Festival des Films Kurdes de Paris a de nouveau privilégié les films ayant pour sujet des sujets émouvants ou tabous qui touchent les Kurdes pendant la 4e édition du FFKP.
En film d’ouverture, nous avions pu admirer « La Vierge à l’Enfant », de Binevşa BERÎVAN, un film poignant qui raconte la lutte pour justice d’Avesta, une jeune Yézidie qui arrive en Europe enceinte d’un jihadiste belge dont elle espère se venger pour tout le mal qu’il a fait à elle, à sa soeur et à son bébé, à sa mère…

Hier soir, lors de la clôture du Festival des Films Kurdes de Paris, l’avant dernier film du FFKP avait également pour sujet les femmes et filles yêzidies (êzdî) ayant été sauvées de DAECH. En effet, le documentaire Daughters of the Sun (Les filles du Soleil) de Reber Dosky suivait un groupe de jeunes femmes capturées par DAECH lors du génocide yézidi commis par les jihadistes en août 2014. Assurément, pour Mohammad Sheiko, coorganisateur du FFKP, la situation des femmes yézidies ayant vécu l’horreur est d’une urgence absolue qu’on doit solutionner. Il disait d’ailleurs son désarroi devant l’inaction de la communauté internationale devant le drame des Yézidis, plus de 10 ans après le génocide!

Plusieurs films du FFKP avaient pour thème les femmes kurdes en exil ou sur la route de l’exil, comme Zerya – L’Ombre de la ville, un court-métrage poignant réalisé par Zagros Cetinkaya, inspiré de faits réels. Dans ce poignant film (Zehra jouée par l’excellente comédienne franco-kurde-êzdî Jiyan Armanc), on suit une femme kurde violée sur les routes de l’exil qui croise son violeur dans un camp de réfugiés en Norvège et qui cherche à obtenir justice…

Comme autre sujet tabou, l’homosexualité dans la société kurde a également été présentée lors du festival à travers le film Toutes les vies de Kojin de Diyako Yazdanî (cinéaste kurde d’Iran réfugié en France) le jeudi soir.
Lors de la clôture du 4e FFKP, l’équipe nous a promis que la cinquième édition du festival des films kurdes de Paris aura lieu en avril 2025, toujours au Centre Wallonie-Bruxelles…

Contacts du FFKP:
Site: https://www.ffkp.fr/
Instagram :https://www.instagram.com/festivalfilmskurdesdeparis/
Facebook : https://www.facebook.com/festivalfilmskurdesparis/
Twitter : https://twitter.com/FilmsKurdes
Le Qatar et la Turquie vont installer des Palestiniens dans le Nord de la Syrie
SYRIE / ROJAVA – Le Qatar et la Turquie vont installer des Palestiniens chassés de Gaza dans deux villes de tentes d’al-Bab et d’Azaz, autrefois construits pour les réfugiés syriens, signale l’agence kurde ANF qui site i24NEWS. Ce n’est pas la première fois que la Turquie opère un changement démographique dans des zones du Nord de la Syrie qu’elle a envahies avec l’aide des mercenaires islamistes.
Deux immenses villes de tentes dans le nord de la Syrie, près de la frontière turque, sont en train d’être réaménagées pour réinstaller des centaines de milliers de Gazaouis grâce aux efforts turcs et qataris, ont déclaré jeudi des sources syriennes à i24NEWS.
Les deux camps, l’un entre Al-Bab et Akhtarin, et l’autre à l’est d’Azaz, ont été construits à l’origine pendant la guerre civile syrienne pour empêcher les Syriens déplacés d’entrer sur le territoire turc.
« Maintenant que la Syrie devient plus stable et que de nombreux Syriens déplacés commencent à rentrer chez eux, comme le rapporte SANA, le Qatar et la Turquie sont engagés dans des efforts, en coordination avec le nouveau gouvernement syrien, pour redéfinir les camps pour les Gazaouis déplacés », indique le rapport.
Selon une source syrienne, deux organisations turques, Avaaz et IHH, superviseraient la mise en œuvre du plan. Aucune des deux organisations n’a répondu aux demandes d’information d’i24NEWS concernant ce rapport.
Le rapport souligne que : « Cette information intervient alors que des informations non confirmées indiquent que la réinstallation des Gazaouis dans ces camps fait partie d’un accord plus large conclu avec les États-Unis pour reconnaître la nouvelle administration syrienne en échange de la levée des sanctions contre Damas, bien que les sources n’aient pas pu le corroborer. » (ANF)