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ROJAVA. Une bibliothèque installée dans le parc Havrin Khalaf à Raqqa

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SYRIE / ROJAVA – L’Union des jeunes femmes kurdes a ouvert une bibliothèque dans le parc Hevrîn Xelef de Raqqa, dédiée à la martyre Ronahî Yekta (Arşin Hisên), commandante des Unités de protection des femmes (YPJ) tombée martyre le 25 décembre 2024.

L’Union des Jeunes Femmes a inauguré une bibliothèque dans le parc de la Martyre Hevrîn Xelef, à Raqqa, en hommage à l a Martyre Ronahî Yekta. La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence de jeunes femmes et de membres d’organisations féminines.

Lors de l’événement, une représentante du Bureau des femmes du Comité de la jeunesse et des sports du nord et de l’est de la Syrie a souhaité la bienvenue aux participants et a déclaré que la bibliothèque avait été créée à la mémoire de la martyre Ronahî Yekta.

La bibliothèque abrite environ 300 livres, dont la plupart sont des œuvres du leader Abdullah Öcalan et des écrits sur les martyr-e-s de la liberté.

La cérémonie s’est conclue par une performance d’un ensemble affilié au Mouvement culturel et artistique des femmes Hîlala Zêrîn.

La martyre Ronahî Yekta (Arşin Hisên), commandante des Unités de protection des femmes (YPJ), est tombée au combat le 25 décembre 2024, alors qu’elle résistait aux attaques des forces d’occupation turques et de leurs mercenaires alliés.

Le Congrès américain invité à protéger les journalistes de l’USAGM contre leur expulsion

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Par un décret publié le 14 mars 2025, le président américain Donald Trump a ordonné le démantèlement de l’Agence des États-Unis pour les médias mondiaux (United States Agency for Global Media ou USAGM), qui diffuse depuis plus de 80 ans et proposait des services dans plusieurs langues, y compris en kurde.
 
 
Après le démantèlement par Donald Trump de l’USAGM, plusieurs organisations de défense des journalistes se sont mobilisées pour protéger l’ensemble des journalistes de l’USAGM qui risquent l’expulsion alors qu’au moins neuf journalistes de l’USAGM sont actuellement emprisonnés à l’étranger pour leur travail.
 
Le CPJ et ses partenaires exhortent le Congrès à protéger les journalistes affiliés à l’USAGM contre l’expulsion
 
Le Comité pour la protection des journalistes s’est joint mardi à PEN America et à d’autres organisations partenaires dans une lettre conjointe exhortant le Congrès à prendre des mesures immédiates pour protéger les journalistes affiliés aux médias de l’Agence américaine pour les médias mondiaux (USAGM) – tels que Voice of America (VOA), Radio Free Asia et Radio Free Europe/Radio Liberty – du risque d’expulsion.
 
Les journalistes affiliés à l’USAGM sont confrontés à de graves menaces, à l’emprisonnement et à la persécution dans leur pays d’origine en raison de leurs reportages sur des sujets politiquement sensibles. La situation a été exacerbée par la décision de l’administration Trump de démanteler l’USAGM et par les retards dans les procédures d’immigration. La lettre appelle le Congrès à faire pression sur le Département d’État et les services américains de citoyenneté et d’immigration pour empêcher les expulsions et garantir le statut juridique de ces journalistes. Leur protection, souligne la lettre, est une obligation morale et un engagement vital pour la liberté de la presse et les valeurs démocratiques. (l’intégralité de la lettre à lire  ici)
 
De son côté, directeur général de RSF, Thibaut Bruttin déclarait le 17 mars 2025 qu’« En mettant fin aux activités de l’USAGM et de ses médias, l’administration Trump envoie un signal désastreux : les régimes autoritaires comme Pékin et Moscou ont désormais les mains libres pour imposer leur propagande sans entrave. Cette décision est d’autant plus scandaleuse qu’elle trahit l’engagement des neuf journalistes actuellement détenus pour leur collaboration avec l’agence et qu’elle laisse des milliers d’autres sans emploi dans le monde. Nous exhortons les autorités américaines, ainsi que la communauté internationale, à agir pour garantir la sécurité des journalistes. Ceux qui sont détenus doivent être libérés sans délai ».
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Où en sont les pourparlers de paix engagés entre Erdogan et la guérilla kurde?

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PARIS – Le journaliste belge récemment refoulé d’Istanbul où il avait atterri pour couvrir le Newroz (nouvel-an kurde) à Diyarbakir, Chris Den Hond déclare que le processus de paix engagé entre le gouvernement turc et le PKK est gelé.

 

Voici l’article de Chris Den Hond:

 

Le PKK et Erdoğan : à peine né, le processus de paix est gelé

 

Le 19 mars 2025, Ekrem Imamoğlu, le maire d’Istanbul du parti CHP (Parti républicain du peuple), principal candidat de l’opposition pour les prochaines élections présidentielles prévues en 2028, a été arrêté sur ordre de Recep Tayyip Erdoğan. Le but : le rendre inéligible. Les importantes mobilisations de protestation ont presque fait oublier que l’État turc est aussi à la manœuvre pour neutraliser le PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan.

En octobre 2024, lors de l’ouverture de l’année parlementaire en Turquie, le dirigeant ultranationaliste Devlet Bahçeli serre la main des élu·e·s du parti de gauche pro-kurde DEM (Parti de l’égalité et de la démocratie des peuples, anciennement HDP). Son message est adressé à Abdullah Öcalan, le chef du PKK, qui est emprisonné à vie sur l’île d’Imrali depuis 1999 : « Si le chef terroriste sort de son isolement, qu’il vienne parler au parlement. Qu’il dise que le terrorisme est terminé et que son organisation est démantelée. » Le PKK mène une guerre de guérilla depuis 1984. Après le coup d’État de 1980, et le régime autoritaire instauré par les militaires, l’espace politique est réduit à néant. Le PKK ne voit d’autre issue que la lutte armée pour la libération du peuple kurde. Depuis lors, ce parti a fait plusieurs propositions de solution politique, incluant un cessez-le-feu. Elles sont toutes restées sans réponse positive de la part de l’État turc. En sera-t-il autrement cette fois-ci ?

Après un isolement total de presque dix ans, Abdullah Öcalan a reçu à plusieurs reprises la visite d’une délégation du parti DEM. Cette délégation s’est par la suite concertée avec les principaux partis politiques en Turquie, mais aussi avec les partis kurdes en Irak (PDK et PUK), l’Administration autonome (AANES) et les Forces Démocratiques Syriennes (FDS) dans le nord et l’est de la Syrie. Il s’agissait de discuter de l’impact du message d’Öcalan en Turquie, en Irak et en Syrie. Le message sera finalement rendu public le 27 février 2025. Retransmis sur des écrans géants, le message d’Öcalan, lu par des membres de la délégation DEM, a été entendu au Kurdistan de Turquie, en Syrie et en Irak. « Tous les groupes doivent déposer les armes et le PKK doit être dissout ». Beaucoup fondent en larmes. « Le PKK, c’est mon parti, c’est ma vie », me dit une ancienne élue à l’assemblée turque[1]. Öcalan explique dans son message que la création du PKK en 1978 et l’insurrection armée depuis 1984 étaient justifiées par « le déni explicite de la réalité kurde et la restriction des droits et des libertés fondamentaux ». Le monde a changé, dit-il, et « la lutte armée a fait son temps. Il faut y mettre un terme. »

Suit alors une phrase pour le moins ambigüe : « La création d’un État-nation séparé, une fédération, une autonomie administrative ou des solutions culturalistes ne répondent pas à la sociologie historique de la société. » Pas un mot donc sur la revendication d’un enseignement en langue kurde, une demande des quelques 26 millions de Kurdes de Turquie pour qui l’enseignement en langue kurde est vital pour la survie de celle-ci, vieille de quelques milliers d’années. Mehmet Ekinci, enseignant à Batman, à 60 kilomètres à l’est de Diyarbakir ne décolère pas : « Ça fait 40 ans qu’on se bat, qu’on perd des gens, que des proches sont emprisonnés, on ne va pas abandonner la lutte sans contrepartie. Que la lutte soit politique, c’est une bonne chose, mais la balle est maintenant clairement dans le camp de l’État turc qui doit faire des gestes très concrets. »

La phrase qui change tout

Dans son message Öcalan n’évoque pas de contrepartie pour la dissolution du PKK. Des mauvaises langues suggèrent qu’il y aurait un « deal » avec l’État turc pour qu’Öcalan obtienne une assignation à résidence, ou que le parti DEM aide Erdoğan à changer la constitution pour qu’il puisse se présenter à un troisième mandat présidentiel. Ce serait sous-estimer le sérieux du mouvement kurde. Quand, dans la prison d’Imrali, Öcalan avait remis le message à la délégation DEM à la fin de la visite, il avait rappelé la délégation et lui avait dit : « Évidemment, il faut qu’il y ait les conditions juridiques et politiques pour appliquer ce message. » Lors de la dernière visite, tenant le message à la main, il a dit aux représentants de l’État turc en face de lui, avec la délégation du DEM à ses côtés : « Si vous (l’État turc) ne faites rien avec cette déclaration, on la jette à la poubelle ».

La contrepartie : une feuille de route

Il ne peut donc y avoir de désarmement et de dissolution du PKK sans contrepartie. Mais laquelle ? Ce n’est pas explicité dans le message d’Öcalan, ce qui peut inquiéter, mais ce n’est pas la première fois qu’Öcalan utilise un langage très modéré pour ouvrir des portes à une solution négociée de la question kurde. Il avait fait pareil en 1999-2000 quand il a été emprisonné. Loin de « capituler », il a de nouveau envoyé la balle dans le camp de l’État turc.

Selahettin Demirtas, le très populaire dirigeant du HDP, lui aussi emprisonné, a publié une lettre soutenant le message d’Öcalan, mais demandant qu’il soit accompagné d’une « feuille de route ». Tuncer Bakirhan, l’actuel co-président du parti DEM (qui échappe pour l’instant à la prison…) soutient également le processus tout en condamnant la politique d’Ankara : « Le gouvernement continue de réprimer le parti DEM. Depuis les élections municipales de mars 2024, dix maires démocratiquement élu·e·s de DEM ont été remplacé.e.s par des administrateurs de l’AKP. Rien qu’en février, plus d’une douzaine de journalistes pro-kurdes ont été arrêtés. Il faut libérer tous les prisonniers politiques. »

Pendant la fête du Newroz à Cizre et à Nusaybin, au Kurdistan de Turquie, pas loin de la frontière irakienne et syrienne, trois hommes nous livrent leurs impression du processus de paix. Mehmet, 60 ans, originaire de Cizre :

  • « Nous avons une confiance absolue en Abdullah Öcalan, et nous savons qu’il ne nous trahira jamais. Mais nous avons besoin de garanties, et nous n’en avons aucune. Comment imaginer que notre région, rongée par des décennies de guerre, pourrait trouver la paix grâce à Erdoğan qui a mis tant de nos enfants en prison ? Comment vivre en paix si Apo est toujours derrière les barreaux ? Il n’y a pas une seule famille dans notre région qui n’a pas été endeuillée par la sale guerre des Turcs, malgré toutes nos tentatives afin d’en finir avec ce conflit. Alors notre méfiance est logique, je crois. »

Abdulrahman, 78 ans :

  • « J’ai été très heureux quand j’ai entendu l’annonce d’Öcalan. Je vis à Cizre depuis que mon village a été brûlé par l’armée turque dans les années 1990. Aujourd’hui, ma famille est écartelée entre le Rojava, le Kurdistan irakien et l’Allemagne. J’espère que nous serons un jour tous réunis, mais je crois que le chemin sera long. Nous n’avons, de toute façon, pas d’autre choix. »

Ferhat, Nusaybin, 25 ans

  •  : « Je ne crois absolument pas qu’une paix est possible si nous n’obtenons rien en échange. Nous ignorons tout de ce qu’il se joue en coulisses, et c’est très déstabilisant. J’espère que nous obtiendrons des droits, que la Turquie arrêtera de se déchaîner contre nous, nous avons assez souffert, mais pour être honnête je n’y crois pas vraiment ».

Les FDS en Syrie ne sont pas concernés

Ankara interprète le message d’Öcalan comme un désarmement et une dissolution du PKK sans contrepartie et qui devrait aussi inclure les YPG, les forces armées kurdes en Syrie, ainsi les FDS (Forces Démocratiques Syriennes). Celles-ci devraient, selon Erdoğan, être dissoutes et intégrées dans l’armée syrienne sur la base de l’adhésion individuelle. Mais les choses ne se passeront pas de cette façon. Dans le nord et l’est de la Syrie, l’alliance kurde, arabe, syriaque a obtenu une autonomie de facto, après avoir sacrifié 12 000 jeunes dans sa lutte contre Daesh. Le commandant des FDS, Mazloum Abdi a tout-de-suite déclaré que celles-ci ne sont pas concernés par l’appel d’Öcalan : « Cet appel ne concerne que le PKK » a-t-il précisé. Saleh Muslim, un des principaux dirigeants politiques du PYD en Syrie m’avait confié dans un interview début février : « Si la Turquie discute avec Öcalan et prend cela au sérieux, qu’elle arrête alors de nous attaquer, de lancer des bombes tous les jours sur le barrage Tishrin [dans le nord de la Syrie]. Le PKK a souvent essayé d’entamer un processus de paix avec le gouvernement turc : en 1993, en 1998, en 2007 et encore en 2013. À chaque fois le côté turc a fait défaut. Ils ont continué avec leurs destructions. Nous espérons que, cette fois-ci, c’est sérieux et qu’une solution sera trouvée, parce que nous ici, en Syrie, nous ressentirons certainement les effets positifs d’une éventuelle solution politique dans le Kurdistan du Nord. »

A Qandil, dans la haute montagne irakienne, la direction du PKK a également adhéré à l’appel, en demandant qu’Öcalan soit en mesure de diriger lui-même le congrès et de déclarer le cessez-le-feu. Mais le régime turc poursuit la répression : l’actrice Melisa Sozen est poursuivie au motif « propagande terroriste » pour son rôle dans la série « Bureau des légendes », où elle joue le rôle d’une combattante kurde syrienne du YPJ. Le 18 février 2025, plus de 300 Kurdes, écrivains, avocats, journalistes, ont été arrêtés pour « terrorisme » au Kurdistan de Turquie. La plupart d’entre eux sont des sympathisants du parti pro-kurde DEM. Le 24 février, un dixième maire kurde élu a été suspendu et remplacé par un administrateur envoyé par Ankara. Le 20 février, c’est Orhan Turan, le président du patronat turc, qui a été placé sous contrôle judiciaire. Turan avait critiqué les « atteintes à l’État de droit en Turquie ». Erdoğan s’en prend même à son propre patronat. Il est donc loin d’être certain qu’il acceptera de s’assoir à une table pour négocier avec les Kurdes.

 

[1] L’auteur de cet article étant banni pour 10 ans du territoire turc, la plupart des citations ont été récoltées par téléphone.

 

 

 

DEM Parti souhaite un joyeux Akitu aux peuples assyro-chaldéens

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TURQUIE / KURDISTAN – Le parti politique kurde, DEM a souhaité un joyeux Akitu, le Nouvel An Assyro-Chaldéen, qui symbolise la nouvelle année et l’arrivée du printemps.
 
 
Yüksel Mutlu, vice-président de la Commission des peuples et des croyances du Parti de l’égalité des peuples et de la démocratie (DEM Parti), a publié une déclaration écrite à l’occasion de la fête d’Akitu, connu comme la plus ancienne fête du monde, qui symbolise la nouvelle année et l’arrivée du printemps pour les peuples assyrien, syriaque et chaldéen.
 
 
Le communiqué rappelle que la fête d’Akitu – « Akitu » ou « Kha b’Nisan », en soureth, évoquant l’une des célébrations religieuses les plus emblématiques de l’antique Mésopotamie – est célébrée cette année pour la 6 775e fois et déclare : « Joyeux Festival d’Akitu aux peuples assyrien et syriaque qui ont embrassé leur foi, leur identité et leur culture malgré les nombreux massacres qu’ils ont subis au cours de l’histoire. Puisse le Festival d’Akitu, qui coïncide également avec le Ramadan cette année, être un vecteur de paix et de fraternité entre les peuples et les croyances. Bien que la population de Turquie, d’Irak, de Syrie et du Liban ait diminué en raison des conflits et des guerres au Moyen-Orient, les peuples assyrien et syriaque continuent de célébrer la fête d’Akitu, dans leurs pays d’origine et dans le monde entier. »
 
La déclaration affirme que la lutte pour protéger la langue maternelle, la culture et les croyances de tous les habitants de Turquie se poursuivra et ajoute: « Nous célébrons une fois de plus la Journée Akitu et espérons qu’elle apportera la paix et la liberté à toute l’humanité. » (Agence Mezopotamya)

Pourparlers de paix avec les Kurdes. l’État doit libérer les prisonniers politiques

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TURQUIE / KURDISTAN – Des défenseurs des droits humains de la province kurde d’Urfa (Riha) ont appelé l’État à répondre à « l’appel à la paix et à une société démocratique » en libérant les dizaines de milliers de prisonniers politiques dans le cadre des pourparlers de paix engagés entre le gouvernement turc et le PKK.

Trente et un jours se sont écoulés depuis que le leader du peuple kurde Abdullah Ocalan, avec la délégation d’Imrali, a lancé l’« Appel à la paix et à une société démocratique » le 27 février. Malgré l’attention mondiale que cet appel a reçue, l’État n’a pris aucune mesure concrète en réponse.

Les sections d’Urfa (Riha) de l’Association des avocats pour la liberté (OHD) et de l’Association des droits de l’homme (IHD), ainsi que le Centre des droits de l’homme du Barreau d’Urfa, ont qualifié cet appel de source d’espoir. Ils ont souligné que pour que le processus produise des résultats tangibles, l’État doit agir immédiatement.

La liberté physique d’Öcalan doit être garantie

Yasin Aktas, coprésident de la branche d’Urfa de l’OHD, a déclaré qu’en réponse à l’appel au cessez-le-feu lancé par le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans un contexte militaire, la Turquie devrait faire le premier pas en déclarant un cessez-le-feu et en retirant ses forces de la Région fédérée du Kurdistan. Malgré le processus en cours et ses exigences, Aktas a noté que l’isolement persistait et a ajouté : « Pour que le processus progresse de manière plus saine et plus constructive, la première étape doit être de permettre à M. Öcalan de rencontrer physiquement ses avocats et sa famille. Par la suite, sa liberté physique doit être garantie. La prochaine étape nécessaire est d’obtenir la libération des prisonniers malades en détention. Ensuite, des réformes juridiques doivent être adoptées pour aborder les peines des autres prisonniers. Un dispositif juridique global doit être mis en place pour garantir la liberté physique de tous les prisonniers politiques. »

Appel à une réforme juridique des peines de prison

Serdil Izol, représentant de la branche d’Urfa de l’IHD, a qualifié le message d’Öcalan de précieux. Il a déclaré : « L’appel d’Öcalan est clair et direct. Les réponses du gouvernement et des autres partis politiques ont également été significatives. Les prisonniers politiques, en particulier ceux qui sont gravement malades, doivent être libérés grâce à une réforme judiciaire. Les graves injustices commises par le système judiciaire doivent être corrigées. Pour ce faire, un nouveau processus de rédaction constitutionnelle doit être lancé. De plus, les personnes condamnées pour « appartenance à une organisation » ou pour ce que l’on appelle des « délits d’opinion », et auparavant exclues des protections prévues par le principe constitutionnel d’égalité, doivent désormais être incluses dans ces réformes. »

L’État n’a pris aucune mesure

Ferhat Oldurur, représentant du Centre des droits de l’homme du barreau d’Urfa, a déclaré qu’après l’appel d’Ocalan, le PKK a déclaré un cessez-le-feu, mais malgré le temps qui s’est écoulé, l’État n’a pris aucune mesure.

Oldurur a déclaré : « L’État doit d’abord garantir la liberté physique de M. Öcalan. Pour ce faire, la première étape doit être une réforme juridique. La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a déjà rendu un arrêt à ce sujet. Dans sa deuxième décision, la Turquie elle-même fait référence au « droit à l’espoir ». Si l’État recherche véritablement la paix, il doit agir en conséquence. Deuxièmement, il y a la réalité des nominations de curateurs. L’État doit également prendre des mesures urgentes pour y remédier. »

Oldurur a ajouté : « La constitution doit être restructurée autour du principe de citoyenneté inclusive. Elle doit désormais devenir une constitution civile fondée sur le consensus. De plus, la demande d’un enseignement en langue maternelle kurde doit être satisfaite. Il est essentiel que le public soit impliqué dans ce processus. Les avocats peuvent jouer un rôle dans la rédaction de la nouvelle constitution, car ils servent d’intermédiaires entre l’État et la population carcérale. Par conséquent, nous devons être associés à toute réforme potentielle du système pénitentiaire. » (ANF)

Unité kurde : revendication historique et appels à surmonter les divisions partisanes

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SYRIE / ROJAVA – Des personnalités politiques intellectuelles de la ville de Hasaka ont réitéré leur appel aux partis politiques kurdes pour qu’ils transcendent les conflits partisans étroits et œuvrent à la réalisation de l’unité kurde, une aspiration que le peuple kurde attend depuis un siècle.

Dans le contexte des développements politiques en cours en Syrie et au Moyen-Orient en général, la nécessité d’unifier les rangs kurdes est devenue de plus en plus urgente pour garantir et défendre leurs droits légitimes, qui leur sont refusés depuis des décennies.

Ramadan Fattah, coprésident du Bureau des affaires organisationnelles à Hassaké, a souligné que « l’unité kurde à ce stade est une question d’une importance existentielle, en particulier compte tenu des transformations qui façonnent le Moyen-Orient, où de nouvelles dynamiques régionales prennent forme. »

Il a également noté que la fragmentation des partis kurdes affaiblit leur position collective et affecte directement le sort de milliers de Kurdes, ce qui rend impératif d’accélérer les efforts vers l’unité et d’éviter les agendas extérieurs.

 Mettre de côté les intérêts partisans au profit de la cohésion nationale

 Fattah a souligné que les partis kurdes devaient mettre de côté leurs désaccords passés et s’engager dans une nouvelle phase de coopération et de solidarité. Il a insisté sur la nécessité de tenir pour responsable tout parti qui entrave la voie de l’unité pour des intérêts partisans étriqués.

 L’unité kurde comme garantie des droits politiques et constitutionnels

 Mohammed Zeido, membre de l’Institut de la langue kurde, a affirmé que le peuple kurde attendait avec impatience l’annonce de l’unité, affirmant que « la réalisation de l’unité kurde garantira les droits politiques et constitutionnels légitimes des Kurdes en Syrie et renforcera leur position dans tout futur règlement politique ».

 De même, Mohammed Ashraf, membre du Parti de l’Union démocratique, a soutenu que la racine des divisions ne réside pas parmi le peuple kurde lui-même, mais plutôt parmi les partis politiques, qui ont donné la priorité aux intérêts partisans plutôt qu’à la cause kurde.

 Il a déclaré : « Après un siècle d’oppression et de déplacements, parvenir à l’unité est devenu une nécessité urgente. Le peuple kurde reconnaît qu’il s’agit d’une opportunité historique qu’il doit saisir en sa faveur. »

 Le rôle de la société dans la pression exercée sur les partis politiques pour parvenir à l’unité

 La militante sociale Sherin Abbas a souligné l’importance de rassembler les Kurdes pour dialoguer afin d’unifier leurs revendications et leurs droits dans toute négociation avec Damas concernant une nouvelle constitution syrienne.

 Elle a également appelé à « une pression populaire sur les partis politiques pour qu’ils séparent les intérêts personnels et partisans du chemin vers l’unité ».

 Les espoirs reposent sur l’unité historique

 Au milieu de ces appels, l’opinion publique kurde reste dans un état d’anticipation et d’espoir que les discussions en cours mèneront à un accord global, mettant fin aux divisions et jetant les bases d’une nouvelle phase d’action politique unifiée qui réponde aux aspirations du peuple kurde à la liberté et aux droits légitimes. (ANHA) 

Les Assyriens célèbrent leur nouvel-an Akitu

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SYRIE / ROJAVA – Ce premier avril, les Assyriens d’Irak et de Syrie célèbrent leur Nouvel An « Akitu » qui marque notamment le retour du printemps, un peu comme le Newroz kurde.
 
 
Akitu : Célébration de la liberté et de l’identité
 
Akitu est l’une des plus anciennes fêtes de l’histoire de l’humanité (selon le calendrier d’Akitu, nous sommes en l’an 6775), marquant le début de la nouvelle année selon le calendrier babylonien. Symbolisant le renouveau, la fertilité et la renaissance de la vie, elle continue d’être célébrée par les descendants des Sumériens, des Babyloniens, des Assyriens, des Syriaques et des Chaldéens.
 
Origines historiques d’Akitu
 
Célébré le 1er avril de chaque année, Akitu remonte à plus de 4 000 ans et plonge ses racines dans les anciennes civilisations de Mésopotamie, notamment sumériennes, babyloniennes et assyriennes. Ce festival est étroitement lié au renouveau de la nature, à la fertilité et au début d’un nouveau cycle annuel.
 
À Babylone et en Assyrie, Akitu était célébrée comme une fête printanière de renouveau, reflétant la philosophie des civilisations antiques selon laquelle le printemps représentait le début d’un nouveau cycle de vie. Les cérémonies commençaient dans les temples dédiés aux dieux, notamment celui de Marduk à Babylone, et comprenaient des rituels religieux, des danses festives et des processions publiques pour marquer l’avènement de la nouvelle année.
 
Au sein de la civilisation assyrienne, les célébrations duraient douze jours, rythmées par des cérémonies religieuses, des offrandes aux dieux et la reconstitution du mythe babylonien de la création. La fête symbolisait le triomphe de l’ordre sur le chaos et le renouvellement de l’alliance entre les dieux et l’humanité.
 
Que signifie Akitu pour le peuple syro-assyro-chaldéen ?
 
Pour les peuples syriaques-assyro-chaldéens, Akitu n’est pas seulement une fête traditionnelle, mais un élément essentiel de leur identité culturelle, religieuse et nationale. Elle symbolise la continuité et la résilience malgré les épreuves historiques que ces communautés ont endurées, notamment les invasions et les déplacements forcés. Aujourd’hui, la célébration d’Akitu témoigne de leur engagement à préserver leur patrimoine et à affirmer leur lien profond avec leur héritage historique.
 
Célébrations d’Akitu dans le nord et l’est de la Syrie
 
Les régions du nord et de l’est de la Syrie abritent une riche diversité culturelle et religieuse, la communauté syriaque-assyrienne-chaldéenne faisant partie intégrante de ce tissu social. Avec la création de l’Administration autonome du nord et de l’est de la Syrie (AANES), ces communautés ont eu une occasion sans précédent de célébrer librement leur identité et leur patrimoine culturel.
 
Au cours des dernières décennies, les Syriaques-Assyro-Chaldéens de Syrie ont été confrontés à de sévères restrictions sur leurs expressions culturelles et religieuses sous le régime baasiste, qui imposait des limites strictes aux célébrations nationales. L’Akitu était célébrée soit de manière limitée, soit en secret. Cependant, aujourd’hui, avec l’instauration de l’Administration autonome – où les Syriaques-Assyro-Chaldéens ont joué un rôle essentiel aux côtés d’autres communautés de la région –, l’Akitu est célébrée ouvertement et avec une large participation.
 
Festivités dans le nord et l’est de la Syrie
 
Des villes comme Qamishli, Derik, Tirbespi, Hasaka et Tel Tamr sont le théâtre de grandes célébrations d’Akitu. Les cortèges publics rassemblent des participants vêtus de costumes traditionnels et portant des drapeaux représentant leur patrimoine ancestral. Les places publiques deviennent le centre des festivités, accueillant des spectacles folkloriques, des danses traditionnelles et des reconstitutions théâtrales de récits historiques assyriens et chaldéens.
 
Les chants traditionnels jouent un rôle important dans les célébrations, avec des groupes musicaux interprétant des mélodies transmises de génération en génération. Des cérémonies religieuses ont également lieu dans les églises, où prêtres et évêques prient pour la paix, l’amour et la coexistence entre toutes les communautés.
 
Un autre aspect clé de la célébration est la préparation de plats assyriens traditionnels, reflet de traditions culinaires remontant à l’Antiquité. Les familles se réunissent autour de tables festives pour célébrer l’arrivée de la nouvelle année.
 
Le rôle de l’AANES dans la promotion des libertés religieuses et culturelles
 
L’administration autonome a joué un rôle crucial dans la promotion de la pluralité culturelle et religieuse, en reconnaissant officiellement le droit de toutes les communautés à pratiquer leurs rituels religieux et à célébrer leurs fêtes nationales. Cet environnement inclusif a permis au peuple syriaque-assyro-chaldéen de revitaliser Akitu à une échelle jamais vue depuis des décennies.
 
Malgré les défis politiques et économiques de la région, l’Administration autonome assure la sécurité et le soutien de ces célébrations, réaffirmant son engagement à préserver la diversité culturelle et religieuse.
 
La reconnaissance d’Akitu comme faisant partie du patrimoine culturel de la région renforce la cohésion sociale, car des personnes d’origines ethniques diverses participent aux festivités, reflétant les valeurs d’unité et de coexistence.
 
Tentatives d’effacement de l’identité et de marginalisation des communautés autochtones
 
Si le peuple syriaque-assyro-chaldéen jouit de la liberté d’exprimer sa culture et son identité dans les régions contrôlées par l’Administration autonome, des inquiétudes subsistent quant aux politiques d’exclusion appliquées par le gouvernement de Damas. La récente déclaration constitutionnelle du gouvernement central ne reconnaît ni l’existence des diverses communautés du nord et de l’est de la Syrie, notamment le peuple syriaque-assyro-chaldéen, ni leurs identités nationales et culturelles.
 
Cette exclusion délibérée reflète une politique continue visant à effacer la riche pluralité de la Syrie. Le gouvernement central continue de considérer ces communautés uniquement comme des minorités religieuses, et non comme des peuples autochtones dotés de droits culturels et politiques distincts. Les dirigeants de diverses régions du nord et de l’est de la Syrie ont exprimé leur mécontentement face à cette politique, soulignant que toute future constitution qui ne reconnaîtrait pas toutes les communautés syriennes ne serait ni légitime ni juste.
 
Le message d’Akitu à la société et au monde
 
Akitu véhicule de puissants messages de paix, de liberté et d’identité. C’est l’occasion pour le peuple syriaque-assyro-chaldéen d’exprimer son héritage culturel à un moment où la région s’efforce de consolider les principes de coexistence et de respect mutuel.
 
Samuel Marouki, membre du Parti de l’Union syriaque
 
Samuel Marouki, membre du Parti de l’Union syriaque, souligne qu’Akitu est l’une des plus anciennes fêtes religieuses de l’histoire, profondément ancrée dans le patrimoine mésopotamien. Il souligne que célébrer Akitu témoigne d’un attachement aux traditions historiques et religieuses.
 
Les célébrations d’Akitu dans le nord et l’est de la Syrie envoient un message au monde selon lequel cette région est capable d’embrasser sa diversité culturelle et religieuse, offrant un modèle positif au milieu des conflits qui affligent le Moyen-Orient.
 
La nécessité d’une constitution qui reflète la diversité de la Syrie
 
Akitu n’est pas seulement une commémoration du Nouvel An assyro-babylonien ; c’est un symbole de résilience, de renouveau et de liberté culturelle. Dans le nord et l’est de la Syrie, le peuple syriaque-assyro-chaldéen le célèbre comme partie intégrante de son identité, grâce au climat pluraliste favorisé par l’administration autonome, au sein de laquelle il a joué un rôle fondateur aux côtés d’autres communautés. Cependant, les politiques d’exclusion du gouvernement de Damas menacent cette identité, soulignant la nécessité d’une constitution qui reflète véritablement la diversité du tissu syrien et garantisse les droits de toutes ses composantes sans discrimination.
 
Célébrations d’Akitu en 2025
 
Cette année, le 1er avril 2025, la fête d’Akitu marquera l’année assyro-babylonienne 6775. Trois célébrations majeures auront lieu dans les régions du nord et de l’est de la Syrie contrôlées par l’Administration autonome :
 
Dans le village de Gri Shiran près de Tirbespi
 
Dans le village de Tel Wardiyat près de Tel Tamr
 
Dans le village de Hukmiyah à Derik, dans le canton de Jazira.
 
ANHA

TURQUIE. Ocalan reçoit la visite de sa famille après des années d’isolement total

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TURQUIE. Le leader kurde Abdullah Öcalan et ses 3 codétenus de l’île d’İmralı ont reçu aujourd’hui la visite de leurs familles après des années d’isolement total. Cette rencontre intervient dans un contexte de pourparlers de paix engagés entre le gouvernement turc et le PKK.
 
Abdullah Öcalan et les trois autres prisonniers politiques kurdes d’Imrali, Ömer Hayri Konar, Hamili Yıldırım et Veysi Aktaş, ont rencontré leurs proches à l’occasion de la fin du Ramadan.
 

Le neveu d’Abdullah Öcalan, Ömer Öcalan, et son frère Mehmet Öcalan, le frère de Konar, Ali Konar, le frère de Yıldırım, Polat Yıldırım, et la sœur d’Aktaş, Sabiha Aslan, se sont rendus à Imrali pour voir leurs proches.

Öcalan et d’autres prisonniers sont empêchés de voir leurs familles et leurs avocats depuis 2021.

 

Lors de la rencontre, Ocalan a envoyé un message au peuple kurde

Abdullah Öcalan a transmis un message lors de sa visite familiale. Il a déclaré : « Je salue le soutien enthousiaste de notre peuple à l’appel à la paix et à une société démocratique pendant le Newroz. Je vous adresse mes vœux pour le Newroz et l’Aïd el-Fitr. »

 

Le leader du peuple kurde Abdullah Öcalan et ses codétenus, Ömer Hayri Konar, Hamili Yıldırım et Veysi Aktaş, ont rencontré aujourd’hui leurs proches dans la prison de haute sécurité de type F d’Imrali. La visite a été accordée pour la fin du Ramadan, l’Aïd al-Fitr. Le neveu d’Öcalan, Ömer Öcalan, et son frère Mehmet Öcalan, le frère de Konar, Ali Konar, le frère de Yıldırım, Polat Yıldırım, et la sœur d’Aktaş, Sabiha Aslan, ont pu rencontrer leurs proches.

Message d’Öcalan

Ömer Öcalan, député d’Urfa (Riha) du Parti pour l’égalité des peuples et la démocratie (DEM), a partagé les détails de sa visite sur les réseaux sociaux. Il a déclaré : « Le 31 mars, nous, les familles de MM. Abdullah Öcalan, Hamili Yıldırım, Veysi Aktaş et Ömer Hayri Konar, avons visité l’île pénitentiaire d’Imrali à l’occasion de l’Aïd el-Fitr. »

À l’heure où des événements importants se produisent en Turquie, au Moyen-Orient et dans le monde, je souhaite partager le message de M. Abdullah Öcalan avec le public : « Je salue le soutien enthousiaste de notre peuple à l’appel à la paix et à une société démocratique pendant le Newroz. Je vous adresse à nouveau mes vœux pour le Newroz et l’Aïd el-Fitr. » (ANF)

La Turquie ne peut connaitre la démocratie sans la résolution de la question kurde

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TURQUIE / KURDISTAN – La députée du DEM Parti, Kezban Konukçu, a déclaré que le gouvernement turc se trouvait dans une impasse politique et économique, ajoutant qu’en Turquie, « la démocratie ne peut être instaurée sans la résolution de la question kurde ».

Les manifestations déclenchées par l’arrestation du maire de la municipalité métropolitaine d’Istanbul, Ekrem Imamoğlu, se poursuivent depuis plusieurs jours. Depuis le 19 mars, 1 418 personnes ont été placées en garde à vue. Rien qu’à Istanbul, 575 personnes ont été arrêtées : 178 d’entre elles, dont sept journalistes, ont été incarcérées et 38 personnes ont été assignées à résidence. Le gouvernement a réagi aux manifestations par une répression féroce, déployant à la fois la justice et la police dans une démonstration de force.

Kezban Konukçu

Kezban Konukçu, députée d’Istanbul du Parti pour l’égalité des peuples et la démocratie (DEM) et porte-parole de la Plateforme de solidarité socialiste (SODAP), a déclaré que le gouvernement se trouvait dans une impasse politique et économique. Il a ajouté : « Pour comprendre la situation actuelle, il faut examiner le processus que nous avons appelé la construction du régime d’un seul homme. Après le 7 juin, le gouvernement a refusé d’accepter les résultats des élections et a déclenché une vague de massacres qui a ouvert la voie à de nouvelles élections. Puis sont arrivés les décrets et l’état d’urgence. Nous sommes désormais à un tournant critique de la consolidation de ce régime. Par exemple, la nomination de syndics dans les municipalités des provinces kurdes a toujours suscité des réactions. Pourtant, il y a quelques mois encore, certains pensaient qu’une telle chose serait impossible à Istanbul. Mais il est clair aujourd’hui que le régime de palais est acculé. En revanche, il n’a quasiment plus aucune option pour obtenir le consentement des citoyens. »

Konukçu a également souligné que la crise économique était indissociable de l’effondrement politique et a déclaré que le gouvernement n’avait aucune solution viable : « Par exemple, ils sont incapables de mettre en œuvre leur prétendu plan économique à moyen terme en raison de la détérioration de la situation. Ils ne peuvent tout simplement pas redresser l’économie. La part du revenu national revenant aux travailleurs et aux retraités, qu’ils soient salariés ou non, diminue de jour en jour, car le système de pillage qu’ils ont mis en place ne le permet pas. Le régime d’un seul homme a une dimension à la fois politique et économique. Sur le plan économique, nous assistons à l’enrichissement rapide des groupes capitalistes alliés au gouvernement. Les biens publics, la nature, les forêts et les ressources en eau sont confisqués par le biais de privatisations dans le cadre de soi-disant « plans d’effondrement ». Si l’on considère tout cela dans le cadre d’un ordre de pillage plus large, il devient clair : le gouvernement n’a aucune issue. Il n’y a plus d’autre voie ! »

Konukçu a déclaré que tout espoir subsistant de voir le gouvernement prendre des mesures de démocratisation est irréaliste, compte tenu de la profondeur de sa crise politique et morale : « On espère encore que le gouvernement s’oriente vers la démocratisation, qu’il prenne certaines mesures ou, d’une certaine manière, qu’il « assouplisse sa position ». Mais à mon avis, ce n’est plus une option. L’accumulation de crimes, les vols et la corruption endémiques ont atteint un point où ils ne peuvent plus être dissimulés. Et comme le gouvernement peine également à susciter le consensus populaire, le contexte vers lequel il pousse le pays pourrait évoluer vers quelque chose de totalement différent, par exemple des élections qui ne se dérouleraient plus dans les conditions habituelles. Il pourrait même envisager un scénario sans élections du tout. Nous verrons bien sûr. »

Ils ne veulent pas que nous nous battions ensemble

Kezban Konukçu a souligné que, malgré la pression du gouvernement, une réponse vigoureuse a émergé, portée par les jeunes. Elle a également noté que des discours de division sont délibérément mis en avant afin de nuire à l’unité des forces d’opposition : « Face à toute cette pression, la réaction est très vive, et nous la considérons comme profondément significative. Ce sont les jeunes qui mènent cette réaction. Oui, nous observons des discours de division et certaines approches qui en témoignent. Quand on regarde qui est actuellement en prison – prenez Ümit Özdağ [président du parti ZAFER ultra-fasciste], par exemple – je pense que, politiquement, il n’est pas seulement un nationaliste, mais un fasciste. Dans d’autres circonstances, oui, le fascisme est un crime, et sa promotion est un crime. Ce serait une autre affaire, une autre évaluation. Mais même au sein de ce camp, nous devons reconnaître qu’une réaction se développe contre ce gouvernement. 

Parallèlement, des efforts sont déployés pour créer un fossé entre la base élargie avec laquelle le DEM Parti s’engage et ceux qui descendent actuellement dans la rue, comme les partisans du Parti républicain du peuple (CHP) ou leurs proches. Cela a toujours fait partie de la stratégie du gouvernement, et c’est pourquoi il a directement ciblé le consensus urbain. Nous avons constaté le 31 mars que lorsque l’opposition s’unit, ce gouvernement prend fin. Sachant cela, ils s’en prennent désormais aux forces démocratiques issues du consensus urbain et construisent un discours autour de contradictions internes fabriquées de toutes pièces, que ce soit au sein du Parti démocrate-chrétien ou du CHP. Ce qu’ils veulent, c’est empêcher les forces démocratiques de s’unir. Ils mettent tout en œuvre pour empêcher ceux qui s’opposent à ce gouvernement, à ce régime unipersonnel, à cette construction du fascisme, de s’unir. Prenons l’exemple de la récente déclaration de Mansur Yavaş. Certes, il a ensuite présenté ses excuses. Mais l’intention est claire : ils ne veulent pas que le Parti démocrate-chrétien ou les forces socialistes jouent un rôle actif dans ce processus. Ils ne veulent pas que nous prenions les devants. Ils ne veulent pas que nous combattions ensemble.

Nous n’avons pas d’autre choix que de soutenir la démocratie.

Konukçu a souligné les raisons des tentatives du gouvernement de diviser l’opposition et a insisté sur le fait que, pour le parti DEM, défendre la démocratie n’est pas seulement une position, c’est une nécessité : « Ces réactions ont le potentiel de grandir et d’évoluer vers quelque chose de plus grand. Dans un environnement où les syndicats sont réprimés, les organisations démantelées et les jeunes emprisonnés, nous gardons espoir : l’espoir de reconquérir notre culture démocratique, longtemps érodée, et notre capacité collective à résister par la lutte unie. Et c’est précisément ce qu’ils tentent d’éliminer. »

Soyons clairs : au sein du Parti DEM, nous sommes un mouvement politique doté d’une longue tradition de résistance et d’une structure interne diversifiée. Malgré cette diversité, nous prenons des décisions collectivement et agissons en conséquence. Notre priorité absolue est la démocratie. Mais dans ce pays, la démocratie ne peut être instaurée sans la résolution de la question kurde. La revendication d’égalité des travailleurs, la revendication de liberté des femmes et des jeunes, la revendication d’égalité citoyenne de la communauté alaouite : nous savons que toutes ces revendications peuvent être satisfaites ensemble. Aucune ne peut se faire au détriment d’une autre. Notre parti politique en est pleinement conscient et possède l’expérience et la détermination nécessaires pour mener ce combat. Nous évaluons chaque évolution avec le sérieux qu’elle mérite. Nos instances prennent des décisions et expriment leurs positions. Et pour nous, il n’y a pas d’autre alternative : nous n’avons d’autre choix que de défendre la démocratie. »

ANF

TURQUIE. Au moins 42 journalistes ont accueilli l’Aïd el-Fitr en prison

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TURQUIE / KURDISTAN – La présidente de l’association des femmes journalistes MKG, Roza Metina, a déclaré qu’au moins 42 journalistes (essentiellement des journalistes kurdes et des médias d’opposition) étaient actuellement en prison alors qu’on célèbre la fête de l’Aïd el-Fitr qui marque la fin du mois du Ramadan dans le monde musulman.

 

Des dizaines de journalistes détenus en raison de leurs activités professionnelles ont célébré la fête du Ramadan en prison. Selon les données de l’Association des journalistes de Dicle-Fırat (DFG) et de l’Association des femmes journalistes de Mésopotamie (MKG), 42 journalistes, dont 10 femmes, sont détenus dans des prisons.

 

Alors que la pression sur les journalistes augmente de jour en jour, les journalistes qui ont couvert les protestations déclenchées par l’arrestation de la municipalité métropolitaine d’Istanbul Ekrem Imamoglu le 19 mars ont été pris pour cible. Entre le 19 et le 23 mars, les domiciles de 13 journalistes ont été perquisitionnés, 12 journalistes ont été détenus.

 

Roza Metina, présidente de l’Association des femmes journalistes de Mésopotamie (MKG), a fait des évaluations sur la pression exercée sur les journalistes.

 

Roza Metina, qui a déclaré que l’une des journalistes arrêtés était la directrice de l’information de JINNEWS, Öznur Değer, a rappelé que la première audience de la journaliste, qui a été arrêtée à la suite du raid sur sa maison le 7 février, aura lieu le 22 mai. 
Exprimant que l’AKP use de la force judiciaire contre les employés de Free Press depuis des années, Roza Metina a déclaré : « On demande aux journalistes de se retirer, on les empêche de travailler librement. Ce sont en réalité des techniques de soumission et de retrait. Nous répondons au mieux à ces méthodes en ne déposant ni nos stylos ni nos caméras. » 

Rappelant que les femmes journalistes ont célébré la fête de l’Aïd el-Fitr entre quatre murs, Roza Metina a poursuivi : « Pourtant, les journalistes auraient dû être dehors. Elles auraient dû avoir le droit de faire leur travail en toute liberté, avec leurs stylos et leurs caméras. Selon le rapport de février de notre association, dix femmes journalistes sont actuellement détenues injustement. Elles sont entre quatre murs pour avoir dénoncé la corruption, l’injustice et l’oppression. Nous pouvons répondre aux attaques en renforçant notre organisation et en défendant le journalisme. Plus récemment, nous avons été témoins de violences et de détentions contre des journalistes lors des manifestations d’Ekrem İmamoğlu à Istanbul. Les journalistes qui n’ont pas dénoncé les attaques contre les journalistes kurdes sont désormais victimes de violences de la part du régime AKP à Istanbul. Par conséquent, en tant que journalistes, nous devons renforcer notre organisation et ne pas transiger sur la vérité. Nous sommes convaincus que nous répondrons aux attaques en nous encourageant mutuellement. Nous voulons la liberté pour tous les journalistes emprisonnés. » 

Agence Mezopotamya

 

ROJHILAT. Des agents du gouvernement abattent un civil kurde à Urmîyê

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IRAN / ROJHILAT – Le samedi 29 mars 2025, des agents du gouvernement ont abattu un jeune Kurde du mon Mohammad (Mammad) Hosseinzadeh dans la ville de Tarzilu, à Ourmia.
 
 
Selon une source bien informée, des agents du gouvernement auraient ouvert le feu sur la voiture de cet homme sans sommation préalable.
 
Cette source informée a ajouté : Les agents du gouvernement ont ouvert le feu directement sur le véhicule de ce civil kurde soupçonné de transporter des marchandises de contrebande.
 
Mohammad (Mammad) Hosseinzadeh était originaire du village de Qeshlaq Tarzilo, à Urmiya.

TURQUIE. Au moins 14 journalistes arrêtés en lien avec les protestations Imamoglu

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TURQUIE – Le régime turc a procédé à des arrestations massives en lien avec les protestations déclenchées par l’emprisonnement du maire d’Istanbul. Malgré la répression policière et les arrestations, les manifestations se poursuivent, avec la participation officielle du parti kurde DEM.

 

Les journalistes locaux et étrangers, dont le suédois Joakim Medin, font également partie des personnes détenues.

 

Sept personnes, dont une journaliste, ont été arrêtées le 27 mars lors d’une manifestation à Ayvalık, un district de la province de Balıkesir, au nord-ouest du pays.

 

Les personnes arrêtées ont été accusées d’avoir violé la loi sur les réunions et les manifestations et d’avoir « insulté le président ». Le magazine politique 1+1 Express a confirmé que l’un des membres de son équipe, la journaliste et traductrice Çiğdem Öztürk, figurait parmi les personnes arrêtées.

 

Malgré la demande d’arrestation du procureur, les sept individus ont été libérés sous contrôle judiciaire hier.

 

Le magazine a publié une déclaration appelant à la libération de toutes les personnes détenues pendant les manifestations : « Liberté pour tous ceux qui ont été détenus ou arrêtés depuis le 19 mars pour avoir exercé leurs droits constitutionnels et démocratiques. »

 

Les manifestations

 

Les manifestations se sont propagées dans toute la Turquie depuis l’arrestation, le 19 mars, du maire d’Istanbul, Ekrem İmamoğlu, figure emblématique de l’opposition au Parti républicain du peuple (CHP). Les manifestations ont été particulièrement intenses à Istanbul, où le CHP a organisé des rassemblements nocturnes devant le bâtiment municipal pendant sept jours consécutifs. Des manifestations étudiantes ont également eu lieu dans plusieurs villes du pays.

 

Selon le ministère de l’Intérieur, plus de 1 800 personnes ont été arrêtées dans tout le pays entre le 19 et le 27 mars en lien avec les manifestations, dont 260 ont été officiellement arrêtées.

 

Au moins 14 journalistes figurent parmi les personnes arrêtées.

 

Des dizaines de personnes ont également été placées en garde à vue pour leurs publications sur les réseaux sociaux liées aux manifestations. De plus, des décisions de justice ont bloqué l’accès à de nombreux comptes X (anciennement Twitter).

 

İmamoğlu a été officiellement arrêté le 23 mars pour corruption et suspendu de ses fonctions de maire. Le même jour, le CHP a organisé une primaire initialement prévue, à l’issue de laquelle İmamoğlu a été déclaré candidat du parti à l’élection présidentielle de 2028. Suite à sa suspension, le conseil municipal métropolitain d’Istanbul, où le CHP est majoritaire, a nommé un membre du CHP maire par intérim. (Bianet)