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SYRIE. Des gangs de la Turquie ont abattu une famille kurde près d’Alep

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SYRIE – Les mercenaires de l’occupation turque ont tiré à balle réelle sur une famille kurde d’Afrin, tuant deux civils et blessant deux autres personnes.
 
Une famille kurde a été abattue à bord de sa voiture par des mercenaires de l’occupation turque près du rond-point « Al-Shihan », à Alep. Selon des témoins oculaires, les victimes étaient des Kurdes d’Afrin qui tentaient de se réfugier à Alep.
 
Deux des occupants du véhicule sont morts. Il s’agit de Jamal Marsal et de son fils Hassan (24 ans). La mère de famille et une jeune grièvement blessées ont été transférées à l’hôpital Yassin dans le quartier de Sheikh Maqsoud, à Alep.
 

LYON. Inauguration du Parc Jîna Mahsa Amini

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LYON – Ce lundi 2 décembre, Nadine Georgel, maire du 5ème arrondissement et Sonia Zdorovtzoff, adjointe aux relations, à la coopération, à la solidarité internationales de la Ville de Lyon ont inauguré le parc Jîna Mahsa Amini* (verger de la Passerelle).

Le parc / verger Mahsa Jîna Amini se trouve au 14 rue Edmond Locard (accès par le Parc de la Mairie du 5e arrondissement)

*Jina Amini est une jeune femme kurde tuée par la police des mœurs iranienne en septembre 2022 pour une tenue « non conforme » à la loi islamique. Son meurtre barbare a provoqué des manifestations populaires à travers tout l’Iran, y compris au Kurdistan sous occupation iranienne.

Le CDK-F appelle les Kurdes à descendre dans la rue pour défendre le Rojava

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PARIS – S’exprimant lors d’une conférence de presse tenue à Mantes La Jolie, le coprésidente du Conseil démocratique kurde en France (CDK-F), Şahin Polat, a invité les Kurdes, leurs amis et la communauté internationale à se lever et à descendre dans la rue pour le Rojava attaqué par les gangs turco-jihadistes.
 
Une manifestation a eu lieu à Mantes La Jolie, en région parisienne, pour protester contre les attaques de gangs djihadistes affiliés à l’État turc sur le Rojava.
 
S’exprimant lors de l’événement, le co-président du CDK-F, Şahin Polat, a déclaré : « C’est notre appel urgent à notre peuple patriote. Les gangs sous le contrôle de la République turque, les gangs de l’EI, ont recommencé à attaquer le Rojava. Le système fasciste qui veut détruire tous les acquis du peuple kurde et qui a construit toute son existence sur le génocide kurde a maintenant commencé à attaquer le Rojava.
(…)
Nous appelons toutes nos assemblées, notre peuple, nos amis et la communauté internationale à se lever et à descendre dans la rue dans un esprit de mobilisation. (…) Tout comme nous avons enterré les gangs de l’EI dans le passé et mené à bien la révolution du Rojava, aujourd’hui nous défendrons notre révolution. Dans le processus que nous menons actuellement, nous appelons tout notre peuple à être actif 24 heures sur 24 et à être en alerte contre ces attaques. C’est notre appel à tous les Kurdes partout dans le monde. »
 
Co-président du CDK-F, Şahin Polat prenant la parole lors du rassemblement à Mantes La Jolie

SYRIE. Les mercenaires de la Turquie ont assiégé les réfugiés kurdes à Tall Rifaat

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SYRIE / ROJAVA – Des dizaines de milliers de Kurdes chassés d’Afrin par la Turquie en 2018 et réfugiés à Tell Rifaat (Shahba), dans la campagne d’Alep, fuient de nouveau les gangs armés d’Erdogan en plein hiver.
 
Les autorités kurdes exhortent la communauté internationale à instaurer un couloir sécurisé pour le passage des réfugiés kurdes assiégés à Tal Rifat alors qu’on signale des rafles de civils par les mercenaires de la Turquie à des points de contrôle érigés à la sortie de la ville.
 

 
Près de 38 familles d’Afrin piégées à Tall Rifat
 
Près de 38 000 réfugiés d’Afrin installés à Tal Rifat, attendent un couloir sûr après l’arrivée des mercenaires de la Turquie dans le nord d’Alep. Les civils ont passé la nuit dehors, dans un froid glacial.
 
Les factions de l’Armée Nationale Syrienne (ANS / SNA) sous commandement de la Turquie ont lancé une campagne d’arrestations parmi les déplacés d’Afrin qui espèrent quitter la zone par un corridor sûr. On craint des exécutions des civils sur le terrain.

Un barrage des mercenaires de la Turquie bloquant les réfugiés kurdes à Tall Rifat
 
Le commandant des Forces Démocratiques Syriennes (FDS) a déclaré que leurs forces « travaillent pour assurer l’évacuation en toute sécurité de nos populations (les déplacés internes d’Afrin) vers le nord-est. La résistance continue dans les quartiers kurdes d’Alep pour protéger notre peuple. »
 
Voici la déclaration complète de Mazloum Abdi publiée sur son compte X (ancien Twitter) : « Les événements dans le nord-ouest de la Syrie se sont intensifiés et nos forces sont soumises à d’intenses attaques. Après le retrait de l’armée syrienne, nous sommes intervenus pour établir un couloir humanitaire entre nos régions orientales, Alep et Tel Rifaat, afin de protéger les civils. Cependant, des groupes soutenus par la Turquie ont coupé cette route.
 
Nos forces défendent Alep, Tel Rifaat et Shahba [ou Şehba] tout en œuvrant pour assurer l’évacuation en toute sécurité de notre peuple vers le nord-est. La résistance se poursuit dans les quartiers kurdes d’Alep pour protéger notre peuple ». 

Les gangs de la Turquie préparent une attaque d’envergure contre le Rojava

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SYRIE / ROJAVA – Les mercenaires sous commandement turc préparent une attaque d’envergure contre le Rojava. Les autorités kurdes ont appelé à la mobilisation générale contre l’invasion turco-jihadiste annoncée tandis que les forces armées (YPG, YPJ et les FDS) sont en état d’alerte maximal.
 
Actuellement, les mercenaires de l’Armée nationale Syrienne (ANS / SNA) dirigée par la Turquie attaquent Shehba et Tel Rifaat, contrôlées par les Forces démocratiques syriennes (FDS). S’ils parviennent à avancer, une catastrophe humanitaire est imminente. Depuis 2018, cette région abrite des dizaines de milliers de déplacés internes, majoritairement kurdes, chassés d’Efrin par l’invasion turque, et qui vivotent dans 5 camps (Serdem, Berxwedan, Vegere, Efrin et Shehba) et dans les villages environnants.
 
L’AANES décrète la mobilisation générale face aux attaques turco-jihadistes
 
Des responsables d’AANES annonçant la mobilisation générale
 
L’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie (AANES) a annoncé la mobilisation générale et a souligné que l’attaque de l’État d’occupation turc et de ses mercenaires sur le territoire syrien est la continuité du plan que la Turquie n’a pas réussi à réaliser à travers l’EI, et son objectif est d’occuper la Syrie et d’anéantir les espoirs des Syriens.
 
l’Administration autonome démocratique du nord-est de la Syrie a fait une déclaration à l’opinion publique, dans son centre de la ville de Raqqa, lue par la co-présidence de l’Administration autonome.
 
« Nous condamnons d’emblée avec force l’attaque lancée par l’État turc et ses mercenaires sur le territoire syrien, et saluons la résistance historique dont fait preuve notre peuple à Alep et à Shahba..
 
Cette attaque, menée par l’État turc, représente la continuation du plan que la Turquie n’a pas réussi à réaliser à travers l’EI, et son objectif est d’occuper la Syrie et d’atteindre les limites du « pacte national » [Misakî Milli] que l’État turc a cherché à plusieurs reprises à mettre en œuvre.
 
Cette agression vise à occuper et à diviser la Syrie, la transformant en un foyer du terrorisme international, l’offensive qui a commencé à Alep et Hama ne se limite pas à une zone spécifique, mais menace toute la Syrie.
 
Par conséquent, nous appelons toutes les composantes de notre peuple dans le nord-est de la Syrie à comprendre que l’un des objectifs de cette agression est de détruire les espoirs des Syriens de vivre dans la liberté et la dignité, de cibler le projet d’administration autonome démocratique et de tenter d’annexer de nouveaux territoires à la Turquie..
 
Nous, Arabes, Kurdes, Syriaques, Assyriens et Turkmènes, devons unir nos forces et renforcer notre unité pour faire face à cette agression flagrante, et nous appelons nos jeunes hommes et femmes à se rallier aux Forces démocratiques syriennes..
 
Nous annonçons la phase de mobilisation générale et appelons notre peuple à être en alerte constante.
 
Toutes nos institutions doivent être en alerte maximale et chaque institution doit agir comme une cellule de crise pour faire face aux défis résultant de cette agression..
 
Nous appelons la communauté internationale à mettre un terme à cette agression qui entraînera des catastrophes humanitaires majeures, car elle représente une menace pour la Syrie, une nouvelle forme de terrorisme de Daesh qui aura de graves répercussions régionales et mondiales ».
 

La haine kurde de la Turque menace la paix syrienne

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SYRIE / ROJAVA – Alors que des islamistes radicaux de Hayat Tahrir Al-Cham (Organisation de libération du Levant, HTC ou HTS en anglais) ont pris le contrôle d’Alep abandonnée par le régime d’Assad et qu’ils se dirigent vers la ville de Hama, au sud d’Idlib, la Turquie colonialiste tente une fois de plus de diriger l’attention des mercenaires sur les Kurdes syriens pour mettre fin à la révolution du Rojava. Une stratégie perdante pour les Syriens car au début de la révolution syrienne, les groupes armés dupés par le régime turc, ont attaqué les Kurdes au détriment de la lutte contre Assad. Le journaliste Seth Frantzman rappelle les dangers qui guettent les opposants syriens qui risquent d’être piégés par la Turquie une deuxième fois.
 
Voici le texte de Seth Frantzman publié sur X (ancien Twitter):
 
« La différence entre ceux qui s’opposent à Assad et ceux qui sont uniquement pro-Ankara se mesure à la façon dont ils perçoivent l’avancée du HTS. Les voix anti-Assad se concentrent sur la défaite du régime ; les pro-Ankara se concentrent sur la nécessité d’amener l’Armée nationale syrienne ou le HTS à combattre les FDS [Forces Démocratiques Syriennes dirigées par les forces kurdes YPG / YPJ*].
 
C’est important parce que le lobby pro-Ankara a souvent été mobilisé, non pas pour aider les rebelles syriens, mais pour les saboter, les affaiblir et les utiliser contre les FDS ou les YPG.
 
On peut voir les commentaires qui tentent de faire croire que les FDS agissent comme des « réserves » pour Assad, ou prétendent qu’ils veulent que la Russie intervienne pour aider le régime ; ils essaient de créer des tensions artificielles afin de faire des FDS un bouc émissaire plutôt que de se concentrer sur le régime. Ils ont toujours agi de manière hypocrite pour essayer de dépeindre les FDS ou les YPG comme étant liés au régime, afin d’inciter les groupes rebelles à combattre les Kurdes. Il s’agit d’une stratégie de division et de conquête qui vise uniquement à amener Ankara à s’impliquer davantage en Syrie et à mettre à l’écart les groupes rebelles ou d’opposition indépendants. L’objectif est principalement axé sur le nettoyage ethnique des Kurdes ; il n’est jamais question de combattre le régime. Ces gens ne plaident jamais pour que HTS et les FDS travaillent ensemble contre le régime.
 
Vous pouvez toujours tester cela. Le principal objectif de cette personne après la libération d’Alep du régime est-il d’essayer d’amener le HTS et l’ANS à combattre les FDS, en gros d’amener les Syriens à s’entretuer pour aider Ankara et le régime, ou son objectif est-il de concentrer la colère sur le régime ? Le principal objectif de cette personne après la perte d’Alep du régime est-il de concentrer les commentaires négatifs sur une conspiration au sujet des FDS ou des YPG… ou est-il heureux de voir le HTS avancer sur Hama ? Quel est son véritable objectif ? Est-ce de nettoyer ethniquement les Kurdes et de créer une diversion à la lutte contre le régime ?
 
Depuis 2016 environ, l’objectif de cette foule a été de trahir les rebelles syriens et de les amener à combattre les Kurdes. En 2018, ils ont réussi à envahir Afrin. Puis ils ont convaincu Ankara d’envahir Sere Kaniye. Avant cela, leur objectif était de créer un conflit civil autour de Manbij. Leur objectif n’a jamais été de faire en sorte que tout le monde travaille ensemble pour renverser le régime et créer une Syrie qui soit la somme de ses parties. La question était toujours : ‘Comment pouvons-nous utiliser cela pour créer davantage de guerre civile et d’attaques contre les Kurdes ?’ »
 
*YPG : Unités de protection du peuple, en kurde : Yekîneyên Parastina Gel – YPG
 YPJ : Unités de protection de la femme ou Unités de défense de la femme, en kurde : Yekîneyên Parastina Jin – YPJ

ROJAVA. Les gangs de la Turquie attaquent les Kurdes sur plusieurs axes

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SYRIE / ROJAVA – De violents affrontements ont éclaté entre les Forces de libération d’Afrin (en kurde: Hêzên Rizgariya Efrînê – HRE) et les mercenaires de la Turquie colonialiste sur plusieurs fronts de la campagne d’Afrin et du canton de Shahba.
 
 
Les environs des localités d’Harbel, Ziwan Radar, Shaala et Smouqa dans la campagne d’Afrin et du canton de Shahba sont le théâtre de violents affrontements entre les forces de libération d’Afrin et les mercenaires d’occupation turque, après la tentative de ces derniers de s’infiltrer et d’attaquer, couverts par l’artillerie d’occupation turque.
 
Depuis l’aube de mercredi dernier, les tentatives des mercenaires d’occupation turque, sous couvert d’artillerie et de bombardements aériens lancés par l’armée d’occupation turque, d’infiltrer les villages de la campagne d’Afrin et du canton de Shahba, où ils sont confrontés aux forces de libération d’Afrin.
 
Hier, les mercenaires de l’occupation turque ont tenté d’infiltrer les villages de Kalutiya et Burj al-Qass dans la ville de Sherawa dans le canton d’Afrin et Shahba, et ont lancé une attaque sur les 2 villages.
 
Les forces de libération d’Afrin, sous la protection de leurs villages, ont repoussé l’attaque et ont réussi à la contrecarrer, et les forces ont pu capturer des mercenaires.
 
Les attaques coïncident avec le début de l’attaque d’Alep et de sa campagne par les mercenaires du Front al-Nosra (HTC ou HTS), branche syrienne d’al-Qaïda, qui contrôlent la majeure partie d’Alep, après le retrait des forces du régime syrien. 

LYON. Conférence sur la situation actuelle au Kurdistan

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LYON – Ce premier décembre, la communauté kurde de Lyon organise une conférence sur la situation militaire et politique au Kurdistan. Rdv dès 14 heures, au 44 Rue Saint Georges, dans le 5e arrondissement de Lyon.
 
Le PKK, le Parti des Travailleurs du Kurdistan, était créé il y a 46 ans. C’est le moment de naissance d’un parti qui lutte pour la libération du peuple kurde et du monde entier. Aujourd’hui, le PKK est l’organisation révolutionnaire la plus forte dans le monde qui s’organise sur les bases de la libération de la femme, de l’écologie sociale et le confédéralisme démocratique.
 
 

PKK, sa fondation et sa réalité aujourd’hui

Le 27 novembre 1978, le congrès de fondation du PKK (Partiya Karkerên Kurdistanê) a lieu dans le village de Fis, dans la région d’Amed au nord du Kurdistan. Un groupe de 22 délégués sont présents, parmi eux, Abdullah Öcalan et Sakine Cansız (Sara). Ils prennent la décision historique de créer un parti, comme une réponse à l’assassinat de leur ami et camarade Haki Karer, une des personnes au cœur du groupe qui se fait appelé « Apocî » (apoïste). Au lieu de se limiter à une revanche physique, Abdullah Öcalan décide de prendre une revanche révolutionnaire par l’organisation. La fondation du parti est alors un hommage de Haki Karer qui est considéré en tant que membre fondateur.
 
Le panel parlera de la lutte du peuple kurde qui est menée par la suite, avec la détermination de libérer le monde entier.
Un moment de discussion sur la situation du peuple kurde en Kurdistan ainsi qu’en Europe aura lieu. C’est également le moment de revenir sur les attaques de l’Etat turc sur les villes kurdes et la résistance de la société dans les rues de Dersim et Êlih qui a lieu en ce moment.
 
L’événement se déroulera en kurde et turc avec la possibilité de traduction en français.
Rdv à 14h, au 44 Rue Saint Georges, 69005 LYON.

SYRIE. Les FDS tentent de protéger les chrétiens et les Kurdes d’Alep

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SYRIE – Les Forces démocratiques syriennes dirigées par les Kurdes sont entrées dans plusieurs quartiers chrétiens d’Alp pour protéger les civils des attaques djihadistes. Elles avancent maintenant vers le quartier d’Al Assyrian.
 
Les mercenaires de l’armée d’occupation turque (SNA ou ASL) et ceux d’Hay’at Tahrir al-Cham (anciennement Jabhat al-Nusra), branche syrienne d’Al-Qaïda occupent la quasi totalité de la ville d’Alep . Pour le moment, les forces arabo – kurdes contrôlent l’aéroport international d’Alep et tentent de protéger Cheikh Maqsoud et d’Achrafieh et les quartiers chrétiens d’Alep, face à un génocide annoncé.
 
De nombreux chrétiens d’Alep se sont réfugiés dans les quartiers contrôlés par les Kurdes qui sont également menacés par les jihadistes.
 
Un chrétien originaire d’Alep a écrit sur les réseaux sociaux :
 
« J’ai parlé avec nos proches à Alep il y a quelques temps. Tous ceux qui installaient un sapin de Noël, ils allaient le détruire. J’ai 58 ans et chaque année en Syrie, nous décorions les balcons et les rues, nous installions un sapin de Noël et la télévision syrienne diffusait nos services religieux en direct. Dès qu’ils sont entrés à Alep, ils ont commencé à détruire les sapins de Noël. Et j’aurais aimé qu’ils ne détruisent que ça. »
 
 
 

« Nous ne serons pas les ‘journalistes dociles’ »

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TURQUIE / KURDISTAN – Suite à l’arrestation de dix journalistes kurdes, dont Erdoğan Alayumat, la semaine dernière, le journaliste Hayri Tunç, ami et collègue d’Alayumat, a déclaré : « Nous ne sommes pas les ‘journalistes dociles’ que l’État veut, et nous ne le serons pas. »

Ces derniers jours, plus de 230 personnes issues de la société civile, dont des personnalistes politiques kurdes et dix journalistes, ont été arrêtées par l’État turc. Parmi elles, le journaliste Erdoğan Alayumat, accusé en raison de ses articles dans le quotidien kurde Yeni Özgür Politika. Dans une interview à ANF, son ami et collègue Hayri Tunç a commenté la répression contre la presse et a déclaré : « Avec ces arrestations et ces représailles, l’État envoie le message aux journalistes que s’ils sont ‘du côté de la vérité’, alors ils sont contre lui [l’État]. »

 

Le journaliste Hayri Tunç

 

Tunç a déclaré qu’Alayumat a travaillé pendant 15 ans et a été humilié, notamment en étant soumis à des fouilles corporelles. Il a déclaré avoir souvent travaillé avec Alayumat dans différentes régions de Turquie et du Kurdistan du Nord. En tant que journaliste connu et intègre, il a été à plusieurs reprises la cible de répression. Les poursuites politiques engagées par le parquet général d’Eskişehir ne sont donc pas une coïncidence. Alayumat avait déjà été arrêté et détenu de la même manière il y a plusieurs mois, mais il avait déclaré qu’aucune procédure ne le dissuaderait de dire la vérité.

« L’État veut créer un prototype du ‘journaliste docile’ »

Selon Tunç, « Le signal envoyé par l’État avec ces arrestations est clair : « Si vous êtes journalistes, vous devez être comme nous voulons que vous soyez. » Cette idée est au cœur du problème. L’État tente de créer un prototype du « journaliste docile », a déclaré Tunç, avant de poursuivre : « Nous ne sommes pas les journalistes raisonnables de l’État. Nous ne nous laisserons pas mettre au pas par l’État. Nous ne sommes liés à aucun centre de pouvoir. Notre profession est le journalisme et nous exerçons cette profession selon les principes que nos professeurs nous ont enseignés. Le principe de toujours rechercher la vérité. Nous sommes la voix des sans-voix. Lorsque des actes de torture sont perpétrés, lorsque des droits sont violés, nous le dénonçons. C’est ce qu’ont fait Erdoğan Alayumat et nos autres collègues arrêtés. Ils sont régulièrement pris pour cible parce qu’ils ne sont pas des « journalistes raisonnables » au sens de l’État. »

Au cours de l’enquête, aucune autre accusation n’a été formulée à l’encontre des personnes arrêtées, hormis leur activité journalistique.

« Soit du côté du gouvernement, soit du côté du peuple »

Tunç a souligné que le journalisme doit prendre parti : « Soit vous êtes du côté du gouvernement et vous ignorez les violations des droits, soit vous êtes du côté du peuple et vous en parlez. Erdoğan [Alayumat] a pris le parti du peuple. Il était la voix des gens dont les maisons de Fikirtepe ont été démolies à cause de la gentrification, il était la voix des vendeurs de moules, il était la voix des gens d’Ikizköy, où la forêt a été détruite. Il était la voix des ramasseurs de papier. »

Nous avons passé un mois ensemble à Hatay, une des villes les plus touchées par le séisme. Nous avons vu la souffrance des gens là-bas. Devions-nous voir cette souffrance et nous contenter de répéter les déclarations de l’État ? Nous ne pouvions pas le faire. Nous l’avons vécue, nous avons vu la douleur, la colère et l’abandon des gens dans la zone du séisme. Comme je viens de le dire, soit on accepte les explications du gouvernement et on rapporte en conséquence, soit on écrit ce que l’on voit de ses propres yeux, même en contradiction avec les explications de l’État. Pendant que nous faisions notre reportage dans la zone du séisme, nous étions affamés. Nous avons connu les mêmes conditions, le même froid, le même manque d’installations sanitaires que ces gens-là. Nous ne pouvions pas les ignorer. Ni notre humanité ni notre attitude ne nous le permettaient.

C’est précisément pour cela que nous sommes aujourd’hui pris pour cible. Nous sommes d’un côté et l’État nous envoie le message suivant : « Si vous n’êtes pas de mon côté, vous serez punis ». Nous ne céderons pas sur ce sujet, car nous avons appris cela de ceux qui sont nos professeurs. Nous n’avons pas appris cela de ceux qui font l’actualité à leur bureau. Nous n’avons pas appris cela de ceux qui régurgitent les déclarations de l’État comme une prétendue vérité. L’État prétend quelque chose, mais nous sommes allés voir ce que les gens disaient dans la rue. Nous avons pris le parti de la vérité. L’État considère cela comme une opposition ».

« Échec de la politique et du gouvernement »

Hayri Tunç a conclu en déclarant : « La répression, les arrestations et les détentions ne peuvent pas dissuader les journalistes. Moi aussi, j’ai été en prison, mais quand j’en suis sortie, j’ai continué mon travail. La répression de l’État n’est rien d’autre qu’un échec politique, un échec gouvernemental. Cette opération n’est qu’une forme d’intimidation. » (ANF)

TURQUIE. Arrestation de Birsen Orhan, maire destituée de la ville kurde de Dersim

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TURQUIE / KURDISTAN – Maire destituée de la ville kurde de Dersim, Birsen Orhan a été arrêtée par le régime colonialiste turc.

Birsen Orhan, co-maire de Dersim, qui avait été assignée à résidence après l’usurpation de la municipalité de Tunceli (Dersim) et assignée à résidence le 24 novembre, a été arrêtée ce matin à son domicile dans le district de Pertek (Pêrtag).

Orhan a posté sur son compte de X (ancien Twitter) : « Je suis en état d’arrestation. »

La co-maire sera emmenée à Dersim. Birsen Orhan a été arrêtée pour « opposition à la loi sur les manifestations et les marches » et « résistance à la police ».

Orhan s’était rendue au commissariat de police le 24 novembre pour être auditionnée. Elle a d’abord été déférée devant un tribunal, puis devant le tribunal pénal de Tunceli, avec une demande d’arrestation pour « incitation à la haine et à l’hostilité » et « insulte à un agent public ». Après avoir été auditionnée par un juge, elle a été libérée dans la soirée sous contrôle judiciaire et placée en résidence surveillée. Les accusations portées contre Birsen Orhan concernent ses déclarations contre la nomination d’un administrateur (kayyim ou kayyum) à la municipalité de Dersim.

Birsen Orhan avait qualifié la nomination du gouverneur d’« occupation » lors d’un rassemblement de protestation et avait qualifié le gouverneur d’« instrument d’occupation ». Elle a critiqué la décision de justice contre Konak, la qualifiant de politiquement motivée et de résultat d’un système judiciaire politisé qui fait le jeu du gouvernement AKP d’Erdoğan dans sa campagne contre ses opposants. 

SYRIE. Les mercenaires islamistes contrôlent la quasi totalité d’Alep

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SYRIE – Les événements se sont rapidement intensifiés depuis hier soir jusqu’à ce matin dans la ville d’Alep, avec l’avancée rapide des mercenaires de l’armée d’occupation turque, Hay’at Tahrir al-Cham (anciennement Jabhat al-Nusra), branche syrienne d’Al-Qaïda, suite à l’effondrement des forces gouvernementales de Damas. Pour le moment, les forces arabo – kurdes contrôlent l’aéroport international d’Alep et tentent de protéger Cheikh Maqsoud et d’Achrafieh et les quartiers chrétiens d’Alep, face à un génocide annoncé.

Les mercenaires de Hay’at Tahrir al-Sham ont pris le contrôle de dizaines de quartiers d’Alep sans résistance significative de la part des forces gouvernementales de Damas.

Les quartiers saisis par les mercenaires de « Hay’at Tahrir al-Sham » (HTC ou HTS, branche syrienne d’al-Qaïda), et ceux réunis sous le nom de l’« Armée Nationale Syriennes » (ANS ou NSA) sous commandement de l’État turc, comprennent Bustan al-Qasr, Kallaseh, Al-Fardous, Al-Qusaila, la Citadelle et ses environs, Jamilia, Salah al-Din, Bustan al-Zahra, Al-Faydh, Nouvel Alep, Al-Rashideen. (quatrième et cinquième quartiers), la zone industrielle de Ramouseh, Al-Hamdaniya, Al-Miridian, Al-Furqan, et des parties de Bab Al-Nayrab, Al-Aziziya et Al-Seryan, entre autres zones.

Parmi les sites les plus importants repris par les mercenaires de Hay’at Tahrir al-Sham figurent le quartier général de la police d’Alep, l’académie militaire, les installations de recherche scientifique, le bâtiment du gouvernorat d’Alep, l’école d’artillerie, le bâtiment de l’immigration et des passeports, la place Saadallah Al-Jabiri, le bâtiment de la direction des communications, la direction de l’éducation d’Alep et l’université d’Alep. Cependant, leur contrôle total du siège de la compagnie d’électricité de la ville n’est pas encore confirmé.

Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux ont confirmé la saisie par les mercenaires de grandes quantités de munitions dans des points militaires, indiquant un scénario possible de transfert entre les mercenaires et le gouvernement de Damas, aucun coup de feu n’ayant été tiré à de nombreux endroits.

De plus, les insignes de l’État Islamique (EI / DAECH / ISIS) apparaissaient sur les vêtements et l’équipement militaire des mercenaires, indiquant l’implication directe des éléments étrangers restants de l’EI aux côtés des mercenaires de l’occupation turque et de Hay’at Tahrir al-Sham (HTS / HTC) dans les attaques d’Alep.

De nombreuses sources ont confirmé que les mercenaires, en raison de leur dispersion non organisée, ont atteint plusieurs quartiers par des rues secondaires, seuls ou en petits groupes, en filmant leur présence sans contrôler totalement ces zones. Cela a contribué à la circulation de rapports contradictoires.

Ce matin, le silence régnait dans la ville, aucun coup de feu n’a été entendu dans les quartiers. Des avions de guerre ont été observés survolant la ville, lançant plusieurs frappes aériennes sur des rassemblements dans la Nouvelle Alep.