Accueil Blog Page 146

TURQUIE. Les mères du Samedi demandent justice pour Ali Karagöz

0
TURQUIE – Pendant leur 1044e veillée sur la place Galatasaray, les Mères du Samedi ont exigé la vérité sur la disparition forcée d’Ali Karagöz le 27 décembre 1993 dans la province kurde de Şırnak.
 
Né en 1950, à Şırnak, Cizre, Ali Karagöz a été arrêté par l’armée turque le 27 décembre 1993 dans a ville natale. Depuis, ses proches ne savent toujours pas ce qui lui est arrivé tandis que les responsables de sa disparition restent à l’abri des poursuites.
 
Ali Karagöz était enregistré à Şax (Çağlayanköy) dans le district de Cizre à Şırnak. Il vivait avec sa famille dans le quartier de Cudi, dans le centre de Cizre.
 
Il avait 42 ans et était père de six enfants. Il gagnait sa vie en faisant le commerce d’animaux.
 
En 1993, une attaque à la roquette a été menée contre la maison de Kamil Atak, alors chef de la garde du village de Cizre. Environ 15 jours après cette attaque, le matin du 27 décembre 1993, des soldats et des gardes d’Atak ont ​​fait irruption au domicile de la famille Karagöz aux premières heures du matin, ont sorti Karagöz de son lit et l’ont arrêté.
 
Lorsque sa femme leur a demandé ce qu’ils allaient lui faire, on lui a répondu : « Nous allons l’emmener, lui poser une question, puis le laisser repartir. »
 
Sa femme a suivi les soldats qui l’ont emmenée de force. Après un certain temps, elle a rencontré Şevkiye Aslan, l’épouse d’İskan Aslan, sur la pente où son mair avait été emmené.
 
Şevkiye Arslan lui a dit qu’ils avaient attaché les mains d’Ali Karagöz et de son mari İhsan Arslan ensemble et les avaient emmenés au sous-sol sous la maison de Kukel Atak.
 
Ayşe Karagöz s’est d’abord rendue à la maison d’Atak et a exigé que son mari soit libéré et a essayé d’obtenir de ses nouvelles. Là, elle a été menacée par le frère de Kamil Atak et on lui a dit que s’elle continuait à poser des questions sur son mari, elle aussi serait tuée.
 
Par la suite, N’ayant pas de nouvelles de son marie, elle a quitté les lieux et s’est adressé au parquet avec une requête demandant que son mari soit retrouvé. Cependant, ces requêtes écrites pour connaître le sort de son marie n’ont pas été mises en pratique.
 
Le procureur a dit à Ayşe Karagöz : « Vous me causez des ennuis, rentrez chez vous. » Lorsque Ayşe Karagöz a demandé plus tard s’il y avait eu des développements concernant la requêtes qu’elle avait soumise au bureau du procureur, on lui a répondu qu’elle n’avait pas de pétition.
Malgré tous ses efforts, depuis 1993, Ayşe Karagöz n’a toujours pas pu obtenir justice pour son mari disparu de force. Mais son cas n’est pas isolé… 
 
 
Depuis plus de 29 ans, les mères du samedi demandent justice pour leurs disparu.e.s
 
Le samedi 27 mai 1995, les Mères du Samedi (en kurde: Dayikên Şemiyê, en turc: Cumartesi Anneleri) descendaient pour la première fois sur la place Galatasaray, à Istanbul, pour exiger la fin des disparitions forcées et demander qu’on leur rende leurs proches portés disparus.
 
Les « mères du samedi » reproche à l’État turc de ne pas avoir enquêté sérieusement pour établir la vérité sur ceux qui ont disparu après leur mise en détention par les autorités turques.
 
Selon l’Association des droits de l’Homme (IHD), entre 1992 et 1996, 792 disparitions forcés et meurtres (de journalistes, syndicalistes, médecins, enseignants, enfants ou simples paysans) par l’État ont été signalés dans les régions kurdes de Turquie.

 

PARIS. Réception du Newroz à l’hôtel Lauzun

0
PARIS – Le jeudi 27 mars, le Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F) a organisé une réception du Newroz à l’hôtel de Lauzun, en présence de nombreuses personnalités politiques et associatives.
 
 
 
Pour le Newroz 2025, le Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F) a organisé une réception à l’hôtel de Lauzun (ou hôtel Pimodan), sur l’île Saint-Louis à Paris.
 
   
 
Danielle Simonnet, Lamya Kirouani, Pierre Laurent, Laurence Cohen, Laurence Patrice, Francois Bechieau, Julien LÉGER, Geneviève Garrigos, Dylan Boutiflat, Claude Posternak, François Devedjan, Patrice Franceschi, Sylvie Jan et Pascal Torre de l’Association France-Kurdistan… plusieurs élu-e-s, des avocats ou encore des personnalités issus de la société civile étaient présentes à la soirée organisée par le CDK-F à l’occasion du Newroz (Nouvel-an kurde), symbole de renouveau, de résistance et de liberté, célébré autour du 21 mars chaque année.
 
 
Les convives du CDK-F ont pu déguster des spécialités culinaires kurdes et danser au son de la musique kurde.
 
 
 
 

« Karihomen : être kurde au Japon »

0
Environs deux mille de Kurdes réfugiés au Japon pour échapper aux persécutions subies des mains de l’État turc sont victimes d’une campagne raciste menée par l’extrême-droite japonaise en lien avec les Loups Gris turcs selon plusieurs sources kurdes. L’écrivain Irfan Aktan qui a enquêté sur les Kurdes du Japon vient de sortir un livre dans lequel il décrit la souffrance des Kurdes du Japon qui vivent sans existence légale dans le pays (seul un des 2 000 Kurdes réfugiés au Japon a obtenu l’asile politique et ce peut-être grâce à son mariage avec une Japonaise), en plus de subir la haine des fascistes japonais…
 
İrfan Aktan
 
« Comment pourrions-nous savoir ; Tout comme les sakuras, les Kurdes sont obligés de « parler en chuchotant » dans ce pays. Combien d’entre nous auraient pu deviner que l’« amitié » historique entre la Turquie et le Japon depuis l’époque du sultan Abdulhamid jusqu’à nos jours, basée sur les récits des Kurdes qui ont été forcés de vivre dans ce pays et les expériences qu’ils ont subies, pourrait se transformer en hostilité envers une communauté de seulement 2 000 personnes dans un pays insulaire situé à 8 937 kilomètres de là [Turquie], avant de lire le livre d’Irfan Aktan « Karihomen : être kurde au Japon ? [livre écrit en turc] », souligne le journaliste Abdurrahman Gök qui a interviewé Aktan.
 
Voici l’entretien que Gök a mené avec Irfan Aktan:
 
Le Japon, pays insulaire d’Asie de l’Est, est situé au nord-ouest de l’océan Pacifique ; De la mer du Japon à l’est de la Chine, de la Corée du Nord, de la Corée du Sud et de la Russie ; Elle s’étend de la mer d’Okhotsk au nord jusqu’à la mer de Chine orientale et à Taïwan au sud. Sa capitale et plus grande ville est Tokyo. Ce pays, avec une population de 125 millions d’habitants, est connu dans le monde entier pour ses innovations technologiques, sa richesse culturelle et sa profondeur historique. Elle possède des marques géantes, notamment dans la robotique, l’industrie automobile et les appareils électroniques ; les arts traditionnels tels que la cérémonie du thé ; arts martiaux tels que le judo, le karaté, le kendo et vêtements traditionnels tels que le kimono ; des plats tels que des sushis, des ramen, des tempuras ; Séries animées populaires telles que Pokémon, Naruto, Dragon Ball ; Presque tout le monde connaît le mont Fuji et les sakura (fleurs de cerisier). Nous savons également par ouï-dire que le pays a un niveau de vie élevé et un système éducatif solide. La plupart d’entre nous connaissent la culture samouraï, le système féodal et les éléments historiques de ce pays, qui a une longue histoire, comme l’Empire japonais, à travers les films, voire les livres.
Alors, le Japon se résume-t-il à cela ? Relations humaines; Comment se présente l’approche de ce pays insulaire envers les réfugiés, où ceux qui fuient leur « propre enfer » trouvent refuge parce que vivre sur leurs propres terres est devenu un tourment insupportable, leur approche envers ceux qui ne leur ressemblent pas, leur passé avec les pays voisins ? Ici, nous apprenons du livre « Karihomen Être Kurde au Japon » d’İrfan Aktan, publié par les éditions İletişim, que le Japon n’est pas seulement un pays avec une économie géante, un pionnier de la technologie, travailleur et discipliné comme une « fourmi ».
Je ne pense pas qu’il y ait quelqu’un parmi nous qui n’ait pas vu de temps à autre des messages racistes contre les Kurdes vivant au Japon sur Internet. Nous avons peut-être pensé qu’il s’agissait d’un phénomène local, que de telles approches racistes pouvaient se produire dans tous les pays, et peut-être que dans le prochain article nous nous serions perdus avec une photo mettant l’accent sur les fleurs roses et blanches dans un vaste champ unique du Festival Sakura. Mais lorsque la pression du ministère turc des Affaires étrangères pour mettre fin aux cours de langue kurde à l’Université des études étrangères de Tokyo au Japon en 2019 est devenue le sujet de l’actualité, et que les événements de Newroz [nouvel-an kurde] et les concerts de solidarité ont été ciblés, cela nous a amenés à nous interroger sur le fait que l’approche envers les Kurdes qui sont là depuis des années n’est peut-être pas locale, mais peut-être une exigence de « l’amitié » entre les deux pays.
Comment une communauté qui représente 0,072 % de la population du Japon peut-elle être un danger?
Avec son livre « Karihomen Être Kurde au Japon » (en turc: « Karihomen Japonya’da Kürt Olmak »), dans lequel il raconte les informations, les documents et les témoignages qu’il a obtenus en menant des recherches et des examens dans une perspective large et en étant témoin sur place des expériences des Kurdes, qui constituent 0,072 pour cent du total de 2 millions 760 mille habitants étrangers vivant au Japon depuis 2021, İrfan Aktan révèle que les approches que nous rencontrons dans les médias virtuels ne sont pas du tout innocentes et locales.
Aktan met en lumière l’oppression et les conditions de vie de plus en plus insupportables auxquelles sont confrontés au Japon les Kurdes, principalement de la tribu Mahkan, qui ont dû quitter leurs terres dans le triangle de Semsûr (Adıyaman), Mereş (Maraş) et Dîlok (Antep) en raison de l’oppression depuis les années 1990 et dont le nombre atteint aujourd’hui environ 2 000. Ce faisant, bien qu’il se concentre sur la politique du pays envers les Kurdes qui y vivent, il examine également en profondeur le contexte historique de l’approche du pays envers les « étrangers », qui remonte à près de 300 ans.
C’est une torture dont vous ne savez pas quand elle prendra fin
Au Japon, où un seul Kurde a obtenu le statut de réfugié depuis 35 ans, les Kurdes dont les demandes d’asile ont été systématiquement rejetées ont été soumis au fil du temps à la Karihomen [La Karihomen, en japonais: 仮放免, désigne un crime commis et un emprisonnement ultérieur. La Karihomen est appliqué également aux étrangers entrés illégalement au Japon et à leurs enfants, même ceux nés au Japon.], ou libération surveillée. Une personne Karihomen ne peut pas obtenir le droit de travailler, d’accéder à une éducation et à des soins de santé appropriés, ni d’ouvrir un compte bancaire. Il n’est même pas possible d’obtenir une ligne de téléphone portable. En d’autres termes, son « existence » aux yeux de l’État est ignorée. L’un des Kurdes avec qui Aktan s’est entretenu décrit ainsi sa condition de Karihomen : « Vous connaissez l’estrapade palestinienne ? Être Karihomen est une véritable torture. On doit porter tout le poids de son corps sur ses orteils qui touchent à peine le sol. Je l’appelle « l’estrapade japonaise ». Être Karihomen, c’est être détenu sans savoir quand on sera libéré. ​​La plupart d’entre nous sommes dans le hangar japonais depuis des années. On demande l’asile et on est rejeté. On dit : « Si je retourne dans mon pays, j’irai en prison » et on vous jette ici. Si vous refusez toujours de rentrer dans votre pays, vous payez une caution, on vous nomme Karihomen et on vous emprisonne à Saitama. »
Il a aussi une dimension raciste 
Comme si tout cela ne suffisait pas, les Kurdes vivant ici sont également confrontés au fléau du racisme. À la suite de ses recherches, Aktan constate également que les racistes au Japon interagissent avec les racistes en Turquie. Lorsque les discours de haine racistes s’ajoutent au traitement des immigrants, Aktan, qui a mentionné le suicide de Hüseyin, de la tribu Mahkan, en 2011, de Mustafa en 2015 et d’İbo K. le 11 octobre 2024, a déclaré : « Il est clair que chaque publication raciste sur les réseaux sociaux visant les Kurdes a des conséquences bien plus graves sur leur corps et leur âme que la violence physique. Autrement dit, les Kurdes sont quotidiennement victimes de violences dont les traces ne seront probablement jamais effacées, mais le gouvernement japonais légitime la violence de ces discours racistes sous le nom de « liberté d’expression » car elle n’est « pas physique » et détourne le regard. Cependant, considérer les discours de haine racistes comme de la « liberté d’expression » revient à leur accorder la liberté de torturer les Kurdes… »
Les Japonais aiment-ils les Kurdes ?
Dès qu’il met le pied au Japon avec le musicien kurde Serdar Canan, Irfan Aktan monte dans un minibus et pose la question « Aimes-tu les Kurdes ? » à un jeune Japonais. La réponse à cette question – donné à la fin du livre – nécessiteront des recherches approfondies et l’étude de l’histoire du Japon, son approche envers les étrangers et les expériences des réfugiés ici, et après avoir fait des observations intensives. Malgré le groupe nationaliste, raciste, xénophobe, anti-immigrés et violent « Netto uyoku** », qui constitue environ 1,2 million des 125 millions d’habitants du Japon, y compris ses membres actifs et passifs, la question « Les Japonais aiment-ils les Kurdes ? » Le lecteur trouvera la réponse à la question à la toute fin du livre.
« Une communauté qui parle en chuchotant comme les sakuras »
Comment pourrions-nous savoir ; Tout comme les sakuras, les Kurdes sont obligés de « parler en chuchotant » dans ce pays. Combien d’entre nous auraient pu deviner que l’« amitié » historique entre la Turquie et le Japon depuis l’époque du sultan Abdulhamid jusqu’à nos jours, basée sur les récits des Kurdes qui ont été forcés de vivre dans ce pays et les expériences qu’ils ont subies, pourrait se transformer en hostilité envers une communauté de seulement 2 000 personnes dans un pays insulaire situé à 8 937 kilomètres de là, avant de lire le livre d’Irfan Aktan « Karihomen : être kurde au Japon » ?
Photo de la Une est un assemblage d’une affiche du Newroz 2025 et un Japonais portant un kimono lors des célébrations du Newroz au Japon il y a quelques années.
 
* Sakura est le nom des cerisiers ornementaux du Japon
**Netto uyoku (ネット右翼, littéralement « droite d’Internet ») est un terme japonais servant à désigner les internautes japonais qui, par le biais de blogs ou de communautés virtuelles, émettent des messages à caractère nationaliste. On trouve souvent l’abréviation neto uyo ou encore, plus rarement, ne uyo. (Wikipedia)

TURQUIE. Deux autres journalistes détenues lors de rafles politiques

0

TURQUIE – Les femmes journalistes, Nisa Sude Demirel et Elif Bayburt ont été détenues lors de rafles policières menées ce matin à Istanbul et Ankara qui ciblaient les manifestants et les journalistes qui couvrent les protestations pro-Imamoglu, Maire d’Istanbul emprisonné la semaine dernière. La Turquie est un enfer pour les journalistes des médias kurdes et d’opposition. 

Les opérations de police ciblant les journalistes couvrant les récentes manifestations en Turquie se sont poursuivies avec l’arrestation de deux autres reporters lors de raids matinaux aujourd’hui.

Nisa Sude Demirel, journaliste du quotidien Evrensel, et Elif Bayburt de l’agence de presse Etkin (ETHA) ont été emmenées à la branche antiterroriste de la direction de la sécurité d’Istanbul après avoir été appréhendées, selon les informations de leurs médias respectifs.

À Demirel, des manifestations de jeunes et des boycotts universitaires ont eu lieu depuis plusieurs jours, a déclaré Hakkı Özdal, rédacteur en chef d’Evrensel . « Nisa est une jeune journaliste très compétente qui a documenté cette résistance historique de la jeunesse. Nous allons récupérer Nisa », a-t-il écrit sur les réseaux sociaux.

Le syndicat des travailleurs de la presse DİSK (Basın-İş) a critiqué ces raids, les qualifiant d’attaque contre la liberté de la presse et le droit du public à savoir.

« On ne peut pas taire la vérité en réduisant les journalistes au silence. Les journalistes détenus doivent être libérés immédiatement », a déclaré le syndicat.

Des journalistes arrêtés lors des manifestations d’İmamoğlu

Plusieurs journalistes couvrant les manifestations ont été arrêtés depuis le début des manifestations le 19 mars, suite à l’arrestation du maire d’Istanbul, Ekrem İmamoğlu.

Le 25 mars, sept journalistes ont été arrêtés pour violation de la loi n° 2911 sur les réunions et manifestations, un jour après avoir été interpellés lors de perquisitions à leur domicile. Les journalistes – le photojournaliste de l’AFP Yasin Akgül, le reporter de Now Haber Ali Onur Tosun, le photojournaliste Bülent Kılıç, la journaliste Zeynep Kuray, le photographe de la municipalité métropolitaine d’Istanbul Kurtuluş Arı, le photographe de la municipalité de Bakırköy Gökhan Kam et Hayri Tunç – ont été libérés le 27 mars après le dépôt de recours en justice.

Un autre journaliste, Zişan Gür, reporter de Sendika.Org, a été arrêté alors qu’il couvrait les manifestations de Saraçhane dans la nuit du 25 mars. Gür, qui a subi une fracture du nez pendant sa détention, a été libéré le lendemain sous contrôle judiciaire.

À Izmir, trois journalistes ont également été arrêtés pour avoir couvert des manifestations. Barış İnce, chroniqueur pour BirGün, et le photojournaliste Murat Kocabaş ont été placés en garde à vue lors de perquisitions domiciliaires le 24 mars et libérés le 27 mars. Yağız Barut, journaliste et membre du conseil d’administration de l’Association des journalistes d’Izmir, arrêté le 25 mars, a également été libéré le 27 mars.

Un autre journaliste ayant couvert les manifestations d’Istanbul / Saraçhane, Emre Orman, a également été pris pour cible par les opérations policières. Son domicile a été perquisitionné le 24 mars, mais il n’était pas présent et n’a pas été arrêté. Un mandat d’arrêt a ensuite été émis à son encontre. Orman s’est rendu à la police le 27 mars, a fait une déclaration et a été libéré le jour même.

Par ailleurs, l’autorité turque de régulation des médias a imposé des sanctions sévères aux chaînes de télévision pro-opposition pour leur couverture des manifestations. Sözcü TV a été suspendue de 10 jours, tandis que Halk TV , Tele 1 et Now TV ont été condamnées à des amendes et à des interdictions d’épisodes pour certains programmes.

Par ailleurs, un tribunal a ordonné le blocage de centaines de comptes X, dont celui du média indépendant Bianet, bien que la décision n’ait pas encore été appliquée.

Bianet

TURQUIE. Le régime criminalise les journalistes qui couvrent les manifestations Imamoglu

0

TURQUIE – Aujourd’hui, le correspondant de la BBC Mark Lowen a été expulsé de Turquie où il couvrait les manifestations en cours déclenchées par l’arrestation du maire d’Istanbul Ekrem Imamoglu la semaine dernière. De nombreux journalistes locaux ont été incarcérés pour avoir couvert les protestations pro-Imamoglu. Tour d’horizon de la persécution des journalistes et de la censure des médias en lien avec les protestations pro-Imamogu.

Le 24 mars 2025, nombreux journalistes ont été arrêtés lors de perquisitions à leur domicile à Istanbul et à Izmir. Les journalistes Zeynep Kuray, Bülent Kılıç, Gökhan Kam et Hayri Tunç, ainsi que le reporter de l’AFP Yasin Akgül, le reporter de NOW Ali Onur Tosun, l’écrivain de BirGün Barış İnce, le journaliste de Sendika.org Zişan Gür et le reporter photo de la municipalité métropolitaine d’Istanbul, Kurtuluş Arı ont été arrêtés lors de perquisitions à leur domicile. Quand au photojournaliste Murat Kocabaş, il a été arrêté à son domicile d’Izmir.

De son côté, l’Association des journalistes kurde Dicle Fırat (DFG) a publié le bilan des attaques contre la liberté de la presse dans le contexte de la répression continue des manifestations contre le gouvernement.

 

Près de deux mille personnes ont été arrêtées ces derniers jours en lien avec les manifestations qui ont débuté après l’arrestation du maire de la municipalité métropolitaine d’Istanbul (IBB), Ekrem İmamoğlu. Parallèlement à la répression contre les citoyens, les arrestations et les agressions contre les journalistes se poursuivent.

L’Association des journalistes Dicle Fırat (DFG) a dressé le bilan des atteintes à la liberté de la presse sur une journée. Soulignant l’augmentation des atteintes à la liberté de la presse, à la liberté de pensée et à la liberté d’expression, la DFG a déclaré : « Aucun pouvoir ne peut masquer la vérité, le journalisme ne peut être jugé. »

Le bilan journalier partagé par DFG est le suivant :

* Trois journalistes ont été placés en garde à vue.

* Un correspondant de la BBC a été expulsé pour avoir couvert les manifestations de Saraçhane.

* La journaliste Nuray Mert a été poursuivie en justice pour une photo qu’elle a prise en 2024 et s’est vu interdire de voyager à l’étranger.

* Le Conseil supérieur de l’audiovisuel turque (RTÜK) a imposé 7 amendes distinctes à 4 chaînes de télévision.

* Trois journalistes ont été interdits de voyage à l’étranger.

* La chaîne de télé, Sözcü TV sera hors service pendant 10 jours.

* Les journalistes se sont vu refuser l’accès aux campus universitaires.

Conseil de l’Europe à la Turquie : Libérez İmamoğlu et les autres maires

0

EUROPE – Le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe a appelé la Turquie à mettre fin aux poursuites et aux arrestations de maires élus des partis d’opposition, rappelant qu’environ 150 maires (essentiellement des Kurdes) ont été démis de leurs fonctions depuis 2016 et que des millions de citoyens ont été privés de représentation démocratique.

Le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe a adopté aujourd’hui une déclaration lors de sa session d’urgence, appelant la Turquie à mettre fin aux procédures judiciaires et aux arrestations de maires élus des partis d’opposition.

La déclaration exigeait la libération des maires détenus, dont le maire de la municipalité métropolitaine d’Istanbul, Ekrem İmamoğlu. Il a également été souligné que les droits de la défense doivent être garantis et que les pratiques de détention prolongée sans preuves claires fondées sur des soupçons raisonnables doivent être évitées.

Le Congrès a attiré l’attention sur le fait que les pratiques de destitution des maires de l’opposition, de leur arrestation et de leur nomination par des administrateurs à leur place se sont accélérées en Turquie, et a déclaré que cela est contraire à la Charte européenne de l’autonomie locale.

Soulignant qu’Ekrem İmamoğlu est sous pression judiciaire depuis 2019, la déclaration a qualifié l’arrestation qui a eu lieu le 23 mars d’attaque contre la démocratie. Il a été déclaré qu’environ 150 maires ont été démis de leurs fonctions depuis 2016 et que des millions de citoyens ont été privés de représentation démocratique.

Il a également été noté que les interdictions de manifester étaient généralisées dans les régions où les maires étaient arrêtés ou démis de leurs fonctions, et que la liberté d’expression et de réunion était sévèrement restreinte.

Le Congrès a souligné que les gouvernements locaux sont des acteurs clés dans la protection de la démocratie, des droits de l’homme et de l’État de droit. Il a souligné que les administrateurs locaux, quelles que soient leurs opinions politiques, devraient pouvoir exercer leurs fonctions sans crainte de pressions et de représailles.

Enfin, il a été déclaré que le processus de dialogue politique constructif avec la Turquie se poursuivrait et il a été annoncé qu’une visite était prévue avec la participation de la direction du Congrès et des rapporteurs pour examiner l’état de la démocratie locale. Dans ce contexte, il a été rapporté que des rencontres en face à face étaient prévues avec les maires arrêtés, en particulier Ekrem İmamoğlu. (Evrensel) 

TURQUIE. Décès d’une journaliste kurde

0
TURQUIE / KURDISTAN – La journaliste kurde ayant passé 10 ans dans les geôles turques dans sa jeunesse, Azê Keskin nous a quitté à l’âge de 54 ans des suites d’une maladie grave. Elle a laissé deux enfants orphelins derrière elle.
 
 
L’association des journalistes Dicle – Firat (Dicle Fırat Gazeteciler Derneğ, DFGD) a rendu hommage à leur collègue Azê Keskin en ces termes:
 
 
« Nous avons appris avec une profonde tristesse qu’Azê Keskin, qui a travaillé pendant de nombreuses années au journal Azadiya Welat et a contribué à la lutte pour la liberté de la presse, est décédée.
 
Nous présentons nos condoléances à sa famille et aux travailleurs de la presse libre.
 
Aze Keskin est née en 1971. En 1992, elle a été acceptée au département d’orientation et de conseil psychologique de l’Université d’Istanbul. Elle a pris sa place dans la lutte active à l’université. Elle a été emprisonnée à Konya en 1994. Elle a passé 10 ans dans les prisons d’Uşak et de Muş. Après sa peine de prison, elle a travaillé au journal Azadiya Welat. Elle a dû s’exiler à l’étranger en 2008.
 
En raison de la maladie dont elle souffrait, elle est retournée dans son pays natal, laissant derrière elles ses enfants Arin et Mirana Zin. Elle est décédée à Diyarbakır le 25.03.2025 des suites d’une maladie qui a duré 4 ans. »

Programme du Festival des Films Kurdes de Paris

0

PARIS – Le Festival des Films Kurdes de Paris (FFKP) retrouve les cinéphiles pour sa quatrième édition qui aura lieu du 8 au 11 avril 2025, au Centre Wallonie-Bruxelles, à Paris.

La quatrième édition du Festival des Films Kurdes de Paris (FFKP) aura lieu du 8 au 11 avril 2025, au Centre Wallonie-Bruxelles à Paris. Les organisateurs du festival nous promettent des beaux moments cinématographiques avec des dizaines de films en tout genre (fictions, documentaires, courts et longs métrages…) en présence de réalisatrices et de réalisateurs invité.e.s.

 

Voici le programme du Festival des Films Kurdes de Paris (en kurde: Festîvala Fîlmên Kurdî ya Parîsê)

Mardi 8 avril 2025 à 19h00
 
La Vierge à l’Enfant
Binevşa BERÎVAN
Fiction / 2025 / long métrage
 
Synopsis
Tout juste rescapée de l’enfer de Daech, Avesta, jeune Yézidie kurde débarque à Bruxelles et n’a qu’une chose en tête : se venger de l’homme qui l’a réduite en esclavage. Entre une quête effrénée de justice qui la pousse à revenir sur les souffrances qu’elle a subies et l’obligation d’être mère d’un enfant non désiré, Avesta tente de se faire entendre, à tout prix.
Séance suivie d’un débat avec la réalisatrices et les actrices du film
 
 
Mercredi 9 avril 2025 à 17h
 
Transient Happines (Bonheurs éphémères)
De Sina Mohammed
Fiction / 2023 / long métrage
 
Mercredi 9 avril 2025 à 20h
 
When the Walnut Leaves Turn Yellow (Quand les feuilles du noyer jaunissent)
Mehmet Ali Konar

Fiction / 2024 / long métrage

 
Synopsis
 

Civan, un jeune père gravement malade, tente d’enseigner à son fils Feyzi comment gérer sa vie et subvenir à ses besoins après sa mort, sans jamais lui révéler qu’il est en train de mourir. Alors que le petit Feyzi essaie de comprendre ce qui se passe, les conflits politiques, les interdictions, les disparitions et les morts qui frappent leurs proches et leurs voisins transforment leur quotidien en véritable enfer. Une histoire bouleversante entre un père et son fils, dans un Kurdistan turc ravagé par la guerre.

Séance suivie d’un débat avec le réalisateur et l’acteur du film Korkmaz Arslan
 
Jeudi 10 avril 2025 à 17h
 
 
Winners (Les Gagnantes)
De Soleen Yusef
Fiction / 2025 / long métrage

Synopsis :

Mona, 11 ans, et sa famille kurde ont fui la Syrie pour s’installer à Berlin. Tout est différent ici, et Mona regrette sa maison, ses amis du football de rue et surtout sa tante Helin. Lorsqu’un enseignant repère son talent pour le football et l’intègre à l’équipe féminine, Mona se heurte à de nouveaux défis. Rejetée par ses coéquipières et confrontée aux difficultés de l’intégration, elle découvre qu’elles ne peuvent gagner qu’en jouant ensemble.

 
Jeudi 10 avril 2025 à 20h
 
Toutes les vies de Kojin
De Diako Yazdani
Documentaire / 2019
Toutes les vies de Kojin est un documentaire puissant qui interroge la place de l’homosexualité au sein de la société kurde irakienne. Kurde iranien et réfugié politique en France, le réalisateur retourne voir sa famille au Kurdistan irakien et leur présente Kojin, un jeune homme homosexuel de 23 ans. Issus de la classe moyenne et profondément religieux, ses proches réagissent à cette rencontre, mettant en lumière une réalité où l’homosexualité est niée ou réprimée.
 
Vendredi 11 avril 2025 à 14h
 
Le vendredi 11 avril 2025, le Festival des Films Kurdes commencera la journée pour une séance de Court-Métrages à 14h
 
Avec :
 
Garan
De Mahsum Taskin
Court-Métrage / 2024
 
Home Made (Fait maison)
De Rojda Ezgi Oral
Court-Métrage / 2024
 
There was tree in our house (Il y avait un arbre dans notre maison)
De Miral KILO
Court-Métrage / 2024
 
Duvar (Mur)
De Yusuf ÖLMEZ
Court-Métrage / 2023
 
Synopsis:
 
Murat est un ouvrier du bâtiment consciencieux, engagé dans la construction d’un gigantesque mur pour un patron que personne parmi les ouvriers n’a jamais vu. Après le départ de son collègue Ali et son transfert de l’autre côté du mur sur ordre de Yavuz, le bras droit du patron, Murat sombre peu à peu dans une spirale de tension. Cette situation le pousse à vouloir affronter l’inconnu : l’homme pour qui il construit ce mur.
 
Zerya
De Zagros ÇETİNKAYA
Court-Métrage / 2023
 
Les mots qui restent
Jowan ROUSSEAU
Court-Métrage / 2025
 
Vendredi 11 avril 2025 à 17h
 
Daughters of the Sun (Les filles du Soleil)
De Reber DOSKY
Documentaire / 2025
 
Vendredi 11 avril 2025 à 20h
 
A Happy Day (Un jour heureux)
De Hisham ZAMAN
Fiction / 2023 / Long-métrage

Billeterie sur place :

Centre Wallonie-Bruxelles
46 Rue Quincampoix
75004 Paris

Mail: info@ ffkp.fr

Site: https://www.ffkp.fr/

Instagram :https://www.instagram.com/festivalfilmskurdesdeparis/

Facebook : https://www.facebook.com/festivalfilmskurdesparis/

Twitter : https://twitter.com/FilmsKurdes

FDS: La Turquie construit de nouvelles bases militaires en Syrie

0

SYRIE / ROJAVA – Les forces arabo-kurdes contrôlant le Nord et Est de la Syrie signalent que la Turquie continue la construction de nouvelles bases militaires en Syrie en profitant du vide du pouvoir et de la faiblesse des autorités de Damas.

Les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont rappelaient que l’occupation turque construisait secrètement des bases militaires sur la colline de Qereqozaqê, sur la rive occidentale de l’Euphrate, et au sud-est de la ville de Manbij. Les FDS ont déclaré : « Ils évitent de hisser des drapeaux et des bannières turcs sur ces bases. »

 

Le centre des médias des FDS a publié un communiqué dénonçant l’occupation coloniale turque renfoncée actuellement, alors que le régime islamiste qui a pris le pouvoir à Damas garde le silence sur les agissement de la Turquie colonialiste sur le territoire syrien.

Le communiqué souligne que malgré les efforts internationaux visant à instaurer un cessez-le-feu sur l’ensemble du territoire syrien, l’occupation turque continue d’intensifier ses attaques dans le nord et l’est de la Syrie. Parallèlement, elle cherche à étendre et à construire de nouvelles bases militaires en Syrie, profitant du vide du pouvoir et de la faiblesse des autorités de Damas.

Le centre des médias a déclaré : « Dans les zones au sud et à l’est de Manbij et autour de Kobani, l’armée d’occupation turque transfère secrètement du matériel et des fournitures militaires la nuit pour construire de nouvelles bases sur la colline de Qereqozaqê, ainsi que sur la rive ouest de l’Euphrate et dans le village de Hassan Agha au sud-est de Manbij.

Comme d’habitude, malgré l’existence de bases d’occupation turques antérieures, estimées à plus de 200 bases et points militaires, abritant des dizaines de milliers de soldats, du matériel de renseignement, des radars avancés, des chars modernes, ainsi que des dispositifs de surveillance et d’écoute, l’occupation turque continue de suivre des méthodes secrètes pour construire de nouvelles bases d’occupation et évite de hisser des drapeaux et des bannières turcs sur ces bases.

Des images prises par drone montrent les nouvelles bases d’occupation turques sur une vaste zone géographique, où la construction de tours de guet, de fortifications pour chars et artillerie, et de casernes est en cours. Ces images confirment que la construction est toujours en cours sur certains sites, tandis que d’autres bases semblent entièrement achevées. »

Le communiqué souligne également que l’État d’occupation turc utilise ces bases pour occuper des territoires syriens et lancer des attaques contre le nord et l’est de la Syrie. Il vise à étendre son influence à de nouvelles zones, en pénétrant plus profondément en territoire syrien afin d’établir une infrastructure d’occupation militaire à long terme en Syrie. (ANHA) 

Le Parlement européen accueille la Conférence internationale sur « L’UE, la Turquie, le Moyen-Orient et les Kurdes »

0

BRUXELLES – Depuis hier, le Parlement européen accueille la 19e Conférence internationale sur « L’Union européenne, la Turquie, le Moyen-Orient et les Kurdes » organisée par la Commission civique UE-Turquie (CCUE). Cette année, la résolution pacifique de la question kurde est réclamée avec d’avantage de force par les intervenant-e-s dans la continuité du message d’Abdullah Ocalan divulgué par la délégation d’Imrali en février 2025.

La 19e conférence de la Commission civique Union européenne-Turquie (EUTCC), intitulée « L’Union européenne, la Turquie, le Moyen-Orient et les Kurdes », s’est ouverte mercredi après-midi au Parlement européen à Bruxelles. Elle se poursuit aujourd’hui.

Kariane Westrheim, présidente de l’EUTC, a déclaré que l’« Appel à la paix et à une société démocratique » d’Abdullah Öcalan avait été accueilli avec une grande satisfaction par le Parlement européen et le Conseil de l’Europe. Elle a poursuivi : « L’espoir s’est transformé en force. La parole des Kurdes renforce les efforts collectifs. Nous l’avons constaté de manière bien plus tangible lors du Newroz. Une force jamais vue auparavant a envahi les rues. Nous espérons que cette opportunité de paix sera utilisée à bon escient et mènera à une Turquie démocratique. »

 

Le coprésident du parti DEM, Tuncer Bakırhan,

Quand au coprésident du parti DEM, Tuncer Bakırhan a déclaré que la solution à la question kurde n’était pas un choix mais une nécessité.

 

Lors de la présentation de la conférence de cette année, l’EUTCC a indiqué qu’elle « intervient à un moment où les guerres et l’incertitude politique se multiplient dans le monde. De plus, la conférence revêt une importance particulière en cette période historique où le Moyen-Orient est en reconstruction et où des mesures importantes sont prises et débattues en vue d’une solution politique à la question kurde en Turquie. Dans un processus aussi crucial, il sera crucial de discuter de ce que le grand public, et en particulier l’UE, devrait ou pourrait faire pour la paix et la démocratie. Un processus régional pacifique et démocratique n’est possible qu’avec un large soutien. C’est pourquoi votre participation à notre conférence et votre expertise seront particulièrement importantes. »

La conférence sera organisée par la Commission civique UE-Turquie (EUTCC) en coopération avec La Gauche, les Verts-Alliance libre européenne et les groupes de l’Alliance libre des socialistes et démocrates.

Depuis 19 ans, l’EUTCC organise des conférences internationales annuelles au Parlement européen, axées sur la question kurde et les processus démocratiques en Turquie. Avec la participation d’organisations de la société civile, d’universitaires, de responsables politiques, de décideurs et de militants européens, turcs et kurdes, ces conférences ont bénéficié d’une attention internationale, tant politique que médiatique.

Le programme de la 19e Conférence internationale sur « L’UE, la Turquie, le Moyen-Orient et les Kurdes »

Mercredi 26 mars, 17h00-18h00

SÉANCE D’OUVERTURE, Salle SPAAK 04B01

Discours d’ouverture 

Mme Kariane Westrheim, présidente de l’EUTCC, Université de Bergen, Norvège

M. Andreas Schieder, député européen, Alliance progressiste des socialistes et démocrates, Autriche

Mme Jody Williams, lauréate du prix Nobel, États-Unis

Mme Shirin Ebadi, lauréate du prix Nobel, Royaume-Uni

Mercredi 26 mars 2025, 18h00-20h00

Conférence I – Salle SPAAK 04B01

Le Moyen-Orient en ébullition : interactions et défis Modérateur : M. Cahit Mervan, journaliste, Belgique

Discours d’ouverture

Mme Ilham Ehmed, Représentante des relations extérieures de l’Administration autonome démocratique du nord et de l’est de la Syrie, Syrie

Table ronde :

M. Michael Gunter, Secrétaire général de l’EUTCC, Université technologique du Tennessee, États-Unis (en ligne)

Mme Czarina Golda S. Musni, avocate spécialisée dans les droits de l’homme, Philippines

M. Ali Duran Topuz, journaliste, Turquie

Mme Hannah Neumann, députée européenne, Les Verts/ALE, Espagne

M. Vladimir Prebilic, député européen, Les Verts/ALE, Slovénie

Mme Melissa Camara, députée européenne, première vice-présidente de la commission parlementaire mixte UE-Turquie, Les Verts/ALE, France

M. Thijs Reuten, député européen, Alliance progressiste des socialistes et démocrates, Pays-Bas

M. Pernando Barrena, député européen, La Gauche, Espagne

Questions / discussions

Jeudi 27 mars 2025, 09h30-11h00

Conférence II – Salle SPINELLI 1G2

Un nouveau chapitre en Turquie : obstacles et opportunités pour la paix et la réconciliation Modératrice : Mme Dersim Dagdeviren, membre du conseil d’administration de l’EUTCC, Kurd-Akad, Allemagne

M. Tuncer Bakirhan, député du Parti de l’égalité des peuples et de démocratie (DEM), membre de la délégation d’Imrali, Turquie

M. Cengiz Yürekli, cabinet juridique Asrin, Turquie

Questions / discussions

Jeudi 27 mars 2025, 11h00-13h00

Conférence III – Salle SPINELLI 1G2

La Turquie dans le nouvel ordre mondial

Modératrice : Mme Latife Akyüz, Europa University Viadrina, Allemagne

M. Sezgin Tanrikulu, député du CHP, Turquie (en ligne)

M. Ferda Cetin, journaliste, Belgique

M. Hüseyin Cicek, Université de Vienne, Autriche

Questions / discussions

Jeudi 27 mars 2025, 15h00-16h30

Conférence IV – Salle SPINELLI 1G2

L’Union européenne, les Kurdes et la Turquie dans le contexte du progrès et de la démocratie Modératrice : Mme Arzu Yilmaz, Université du Kurdistan Hewler, Région du Kurdistan d’Irak

M. Joost Jongerden, Université de Wageningen, Pays-Bas

Mme Meral Danis-Bestas, députée du parti DEM, Turquie

Mme Evin Incir, députée européenne, Alliance progressiste des socialistes et démocrates, Suède

M. Jonas Sjöstedt, député européen, La Gauche, Suède

Mme Li Anderson, députée européenne, The Left, Finlande

M. Per Clausen, député européen, La Gauche, Danemark

Mme Leila Chaibi, députée européenne, La Gauche, France

M. Leoluca Orlando, député européen, Verts/ALE, Italie

Questions / discussions

Jeudi 27 mars 2025, 16h30-18h00

Conférence V – Salle SPINELLI 1G2

Promouvoir la démocratie – Façonner l’avenir Modératrice : Mme Christine Löw, Université de Gießen, Allemagne à confirmer

Mme Shilan Fuad Hussain, Institut de la violence domestique, de la religion et des migrations, Royaume-Uni

Mme Nilüfer Koc, porte-parole des relations extérieures du Congrès national du Kurdistan, Belgique

Questions / discussions

Jeudi 27 mars 2025, 18h00-18h30

Séance de clôture – Salle SPINELLI 1G2

Conclusions, recommandations et résolution finale

 

Le drapeau du Kurdistan fait enrager les fachos turcs

0

ANKARA – Le drapeau kurde, comme tout symbole représentant le peuple kurde, est constamment attaqué par les fascistes turcs, qu’il s’agisse de personnalités politiques ou militaires. Le dernier exemple nous a été donné par le maire CHP d’Ankara qui a qualifié de « torchon »  le drapeau kurde devant une foule rassemblée à Istanbul lors des protestations pro-Imamoglu.

 

L’homme politique kurde et député du DEM Parti, Sirri Sakik a défendu le drapeau du Kurdistan au parlement turc après que le Maire fasciste d’Ankara (Mansur Yavas) l’ait qualifié de « torchon » lors d’un rassemblement sur la place Saraçhane d’Istanbul en soutien à Ekrem imamoglu (maire emprisonné d’Istanbul).

Sirri Sakik portant un drapeau du Kurdistan

 

Sırrı Sakık, qui a été attaqué verbalement par des députés fascistes turcs lors de son discours avec un drapeau du Kurdistan à la main, a demandé à ce qu’on respecte le drapeau du Kurdistan*, comme n’importe quel autre drapeau national.

 

*Retour sur les origines du drapeau du Kurdistan

 

Alors que le drapeaux du Kurdistan continue à faire enrager les fascistes turcs, l’historien Sedat Ulugana a écrit une brève résumé de l’histoire du drapeau du Kurdistan que nous partageons avec vous ici.

 

Une brève histoire du drapeau kurde

 

Nous savons avec certitude que le drapeau kurde, que les Kurdes appellent « ala rengîn » ou « kesk û sor û zer » (drapeau coloré / vert, rouge et jaune), a une histoire de 105 ans. Au cours de cette période, ce drapeau a acquis des significations symboliques et imaginatives qui ont pénétré l’âme du peuple kurde dans des centaines de chansons, poèmes, romans, pièces de théâtre et films. À tel point que même les feux de circulation, partout dans le monde, rappellent à un Kurde son drapeau ! Depuis que l’État turc a compris cela, il a commencé à remplacer la lumière verte des feux de circulation par la lumière bleue, à commencer par Batman dans les années 1990 !

 

Certaines affirmations irréalistes ont été faites concernant le drapeau kurde. Bien qu’il soit affirmé que ce drapeau a été conçu par le major nazi Gottfried Johannes Müller, qui avait pour mission d’inciter les Kurdes vivant dans l’actuelle région du Kurdistan contre les Britanniques, avec le célèbre nationaliste kurde Remzi Nafi à Berlin en 1943, cette affirmation est loin d’être vraie. Français Parce que ce drapeau a été dessiné par l’Organisation sociale kurde (Ligue Kurde) à Istanbul en 1920. En fait, Kadri Cemil Pacha exprime clairement cette question dans son livre Doza Kurdistan : « L’Organisation sociale a déterminé la couleur et la forme du drapeau kurde, qui se compose de trois couleurs longitudinalement, rouge en haut, blanc au milieu, un soleil en haut et vert en bas, et l’a déclaré comme le drapeau national. »

 

Une copie du drapeau dessiné au stylo noir dans la lettre envoyée par Memduh Selim Bey à İhsan Nuri Pacha

 

Jusqu’à aujourd’hui, la seule source connue sur l’histoire de la conception du drapeau était la phrase citée de Kadri Cemil Pacha. Une lettre des archives de Dashnaktsutyun prouve définitivement que le drapeau a été dressé en 1920. Cette lettre a été envoyée de Bey par Memduh Selim Bey à Ihsan Nuri Pacha, nom de code « Cemşid », le représentant militaire de Hoybun sur le mont Ararat. Dans la lettre datée du 21 janvier 1928, on voit à la fois l’aventure de la préparation du drapeau et un dessin hâtif du drapeau réalisé au crayon noir. Memduh Selim Bey déclare que le drapeau kurde a été dessiné pour la première fois à Istanbul en 1920, exige la fin des débats sur le drapeau kurde et exige que ce drapeau soit accepté sans condition par le comité de résistance du mont Ararat :

Le premier congrès kurde, dans sa décision sur le drapeau national kurde, a accepté le drapeau établi au sein de l’organisation kurde à Istanbul en 1920. La raison en est la suivante : le drapeau en question a été accepté à Istanbul et par tous les Kurdes de l’époque. Il a été officiellement présenté aux consulats et représentants spéciaux des grandes puissances à Istanbul et a été reconnu comme drapeau kurde par ces États. Par ailleurs, ce drapeau a été envoyé à divers endroits en Europe et en Amérique accompagné d’une lettre, et son statut officiel a été accepté par ces endroits de la même manière. Il a également été imprimé et distribué par de nombreux Kurdes. Ainsi, le drapeau kurde diffusé et accepté à cette époque a une histoire de huit ans. Sur la base de cette question, qui est très importante et qu’il serait probablement judicieux de ne pas négliger, le congrès a accepté ledit drapeau sans aucune discussion. Bien que les décisions du congrès soient celles de la nation tout entière, il n’y a plus aucune possibilité de discussion sur la question du drapeau et ledit drapeau a été accepté comme drapeau national. Kurdes. La forme du drapeau est : rouge, blanc, vert, en alternance. Ces trois couleurs apportent de l’espoir au mât du drapeau. C’est un cercle parfait avec un soleil jaune au milieu sur un fond blanc. Sur le drapeau, le soleil brille intensément d’en haut vers le rouge et d’en bas vers le vert. Pour l’instant, un échantillon préparé à la hâte vous a été envoyé.

Cependant, le drapeau en question était très similaire au drapeau iranien de l’époque. On peut dire que le mouvement kurde de l’époque s’est efforcé d’établir une similitude avec l’Iran, envers lequel il n’a pas hésité à exprimer sa forte sympathie dans le contexte du thème « aryen », également à travers le symbole national. À cet effet, nous ne devons pas ignorer la possibilité de concevoir un drapeau similaire au drapeau iranien de l’époque. Car, en décrivant le drapeau, Memduh Selim Bey a déclaré : « Si nous construisons un lion sur ce drapeau, on peut dire que c’est le drapeau de l’Iran . »

Une différence entre le drapeau kurde et le drapeau iranien avec le lion derrière le soleil était que les couleurs rouge et verte étaient inversées. Néanmoins, les significations attribuées aux couleurs et au symbole solaire de ces deux drapeaux similaires étaient basées sur l’ancienne croyance zoroastrienne et une doctrine mythologique commune dont le contexte historique était les empires médo-perses. Car entre 1925 et 1979, l’Iran utilisait un drapeau tricolore composé de rouge, de blanc et de vert, avec un lion tenant une épée au milieu et un symbole solaire. Le lion symbolisé sur le drapeau était Rustam Zal, l’un des héros légendaires de la mythologie iranienne. On pensait que le Soleil représentait « Iranzemin » (une région centrale qui a survécu à l’Empire perse historique) et le légendaire Shah d’Iran, Jamshid. Les Kurdes ont attribué différentes significations à ces couleurs et au soleil : pour les Kurdes, le « rouge » représente le sang des martyrs et la couleur de la révolution, le « vert » représente la fertilité des terres kurdes, le « blanc » représente la paix et le « soleil » représente le bien-être et l’ancienne religion du zoroastrisme.

 

Le drapeau qu’İhsan Nuri a imaginé pour l’administration qu’il a établie à Ağrı avait un thème islamique intense. Dans une lettre datée du 1er août 1928, adressée au représentant du parti à Hoy, Ardeşir Muradyan, représentant de la résistance du Dachnaktsoutioun dans le mont Ararat, décrit ainsi le drapeau en question : « Un drapeau en tissu de qualité doit être préparé. Le fond du drapeau sera noir. Le soleil dans le coin, ses rayons et l’inscription seront blancs. Le soleil et l’inscription seront brodés à la main. La couleur et la forme du drapeau ont été spécialement choisies pour attirer l’attention des foules. Le noir symbolise, avant tout, le drapeau de leur prophète et aussi la situation politique actuelle, plongée dans le noir absolu, du peuple kurde, tandis que le rayon de soleil symbolise l’avenir et la victoire de la cause kurde. »

 

Alors que les témoins de l’époque ont mentionné le drapeau de couleur « blanc », selon la presse turque de l’époque, le drapeau agité par les combattants de la résistance dans la zone mentionnée et la région de Zilan à partir de 1930 avait un fond vert et le premier verset de la sourate Al-Fath ( اِنَّا فَتَحْنَا لَكَ فَتْحًا مُب۪ينًاۙ – İnnâ fetahnâ leke fethan mubînâ(n) / En vérité, Nous vous avons accordé une victoire évidente) et ( إنَّ الْجَنَّةَ تَحْتَ بَارِقَةِ Le hadith السُّيُوفِ / « El-cennetü tahte zılâle’s-süyûf / Le paradis est à l’ombre des épées » était écrit. Toujours selon la presse susmentionnée, les drapeaux furent retirés des mains des résistants blessés et envoyés au corps pour examen. Cependant, le fanion mentionné comme le drapeau de la République du Mont Ararat était en réalité un emblème porté sur les coiffures des forces kurdes participant à la rébellion. Cet emblème était le devant de la médaille d’or ou d’argent qu’İhsan Nuri offrait à certains combattants pour leurs succès militaires. İhsan Nuri l’indique également clairement dans les listes de commandes.

 


Guerrier sans bras montant la garde devant le drapeau sur le mont Ararat… Malgré la description de Memduh Selim Bey, on peut voir que les couleurs du drapeau sont conçues verticalement et non horizontalement.

 

Après que la description et le dessin du drapeau kurde aient été envoyés au mont Ararat, le comité de résistance a commandé de grandes quantités de tissu vert, rouge, blanc et jaune au bureau de Dashnaktsutyun à Hoy. Lorsque nous examinons les listes de commandes de l’administration de la rébellion d’Ağrı en 1928, nous pouvons voir des tissus dans les couleurs en question dans presque toutes les listes. D’après ce que nous savons des documents, le drapeau kurde a été fabriqué et arboré à l’été 1928, comme stipulé par Hoybun. Cependant, lorsque vous regardez la seule photographie prise sur le mont Ararat où l’on voit le drapeau, vous verrez que les couleurs ont été conçues verticalement et non horizontalement, malgré la description de Memduh Selim Bey. En effet, après un certain temps, un échantillon du drapeau envoyé de Beyrouth est parvenu à Ağrı et l’erreur a été corrigée.

 

Le drapeau kurde, conçu à Istanbul en 1920 et qui projette une ombre concrète ou imaginaire sur les Kurdes, a une telle histoire.

TURQUIE. Une ancienne élue kurde condamnée à 8 ans de prison

0

TURQUIE / KURDISTAN – Ceylan Aslan, membre du conseil municipal kurde d’Ergani démise de ses fonctions, a été condamnée à huit ans de prison pour « terrorisme » et « violation de la loi sur les réunions et manifestations ».

Membre du Conseil municipal d’Ergani, Ceylan Aslan avait été destituée par le Ministère de l’Intérieur turc en 2023. La justice turque lui reprochait d’avoir participé à des conférences de presse, des réunions, des actions et des événements organisés à l’occasion de la grève de la faim lancée par Leyla Güven, co-présidente du Congrès pour une Société Démocratique (DTK), en 2018-2019, ainsi qu’à d’autres actions et événements organisés par son parti.

L’audience finale dans l’affaire de Ceylan Aslan, ancienne conseillère municipale d’Ergani (Erxenî), s’est tenue devant la 11e Cour pénale de Diyarbakır. Aslan était poursuivie pour « appartenance à une organisation [terroriste] » et « violation de la loi n° 2911 sur les réunions et manifestations » pour avoir participé à des déclarations, actions et événements organisés par son parti en lien avec la grève de la faim initiée par Leyla Güven, coprésidente du Congrès pour une société démocratique (DTK).

Ceylan Aslan, démise de ses fonctions par le ministère de l’Intérieur, n’a pas assisté à l’audience, contrairement à son avocate, Me Seda Zengin. Réitérant l’avis rendu lors de la précédente audience, le procureur a requis la condamnation de Ceylan Aslan.

Le tribunal a ensuite annoncé son verdict, condamnant Aslan à 7 ans et 6 mois de prison pour « appartenance à une organisation terroriste [PKK] », plus 6 mois supplémentaires pour « violation de la loi n° 2911 sur les réunions et manifestations ».