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« Le peuple kurde réclame l’unité »

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SYRIE / ROJAVA – Les membres du Conseil exécutif du Congrès national du Kurdistan (KNK), Hakim Abdul Karim et Sherko Hama Amin, ont déclaré qu’une guerre génocidaire internationale avait été lancée contre les Kurdes, soulignant que le peuple kurde appelait à l’unité face à cette menace. Ils ont affirmé que le Congrès national du Kurdistan avait rempli son devoir national en jetant les bases de l’unité entre les partis kurdes.

« Le peuple kurde réclame l’unité »

Hakim Abdul Karim a expliqué qu’après les attaques contre le Rojava, il est devenu évident qu’un plan international visait la région. Il a déclaré : « Il est devenu clair que le peuple kurde a un besoin urgent de force et d’unité. Le peuple kurde s’est soulevé à travers le Kurdistan et dans le monde entier, et le Congrès national du Kurdistan a considéré le soutien à son peuple comme un devoir national. Une fois de plus, nous avons constaté que le peuple kurde réclame l’unité ; par conséquent, les partis politiques sont contraints de répondre à la volonté populaire. Il est devenu évident que l’unité kurde est la seule force capable de contrer les plans visant à anéantir les Kurdes. »

Il a ajouté : « Malgré les grands dangers qui menacent le peuple kurde, de grandes opportunités s’offrent à lui, notamment l’unité nationale. Nous ne devons pas placer nos espoirs dans des puissances extérieures ; notre seule force réside dans l’unité kurde. Au Rojava, nous avons constaté le moral élevé de notre peuple. Il est du devoir de chacun d’être prêt et de participer à la résistance du Rojava. L’espoir de notre peuple repose sur la tenue d’un congrès national. »

« Les activités de soutien au Rojava doivent se poursuivre. »

Pour sa part, Sherko Hama Amin a déclaré qu’ils étaient venus soutenir la résistance au Rojava, ajoutant : « Il est de notre devoir d’être aujourd’hui aux côtés de notre peuple, victime d’un génocide international. Il est de notre responsabilité de préserver l’unité qui s’est forgée au sein de notre communauté. Des pourparlers sont actuellement en cours entre les Forces démocratiques syriennes et le gouvernement intérimaire de Damas, et nous devons renforcer la position et le pouvoir de notre peuple. Nous devons continuer à soutenir notre peuple au Rojava par tous les moyens possibles, afin de défendre la cause légitime du peuple kurde. » (ANHA)

SYRIE. Appel à l’ONU pour une reconnaissance des droits kurdes en Syrie

SYRIE / ROJAVA L’Union des Femmes Kurdes* a lancé une campagne de signatures adressée au secrétaire général des Nations unies et aux organisations internationales, appelant à une reconnaissance internationale de la question kurde en Syrie. Le texte souligne que le peuple kurde est confronté depuis des décennies à des politiques de négation et de privation de droits, situation aggravée par la guerre syrienne.
 
L’appel met particulièrement en avant le rôle historique des femmes kurdes dans la lutte contre le terrorisme et la protection des valeurs démocratiques. L’organisation demande à l’ONU de soutenir une solution démocratique et décentralisée, de garantir les droits constitutionnels des Kurdes et de prendre des mesures urgentes pour protéger les civils et assurer l’acheminement sans entrave de l’aide humanitaire.
 
Pétition à signer sur Change ORG : c.org/YBJsLpSk5D
 
*Yekîtiya Jinên Kurd
 
#DefendRojava #worldrojavaday #kurdishgenocide

PARIS. Manifestation en soutien aux Kurdes du Rojava

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PARIS – Cet après-midi, la diaspora kurde de Paris a manifesté pour dénoncer le massacre des Kurdes du Rojava attaqués par les gangs djihadistes de Damas, avec la complicité de la communauté internationale.

La foule a scandé des slogans en faveur de la défense du Rojava et de l’unité kurde, ainsi que le célèbre « Jin, jiyan, azadî » (femme, vie, liberté) saluant la place centrale des femmes dans la lutte du peuple kurde.

Plusieurs personnalités politiques et associatives kurdes et françaises ont pris la parole lors de l’événement pour exhorté la communauté internationale à ne pas jeter les Kurdes en pâture aux gangs djihadistes de Damas, DAECH / ISIS et de Turquie.

La manifestation parisienne organisée dans le cadre de la semaine d’actions de soutien au Rojava, s’est élancée de la place de la République en direction de la place de la Bastille.

 

Sous le slogan « Défendons le Rojava », les participants ont exigé la fin immédiate de l’agression et des tentatives d’isolement politique de l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie (AANES). Des organisations kurdes et des partis politiques français ont souligné que l’accord récemment conclu entre les Forces démocratiques syriennes (FDS) et le gouvernement central syrien n’offrait pas une protection suffisante. « Tant que l’autonomie ne sera pas protégée par le droit national et international, le Rojava et sa population resteront vulnérables aux attaques », ont déclaré plusieurs intervenants.

Parmi les orateurs réunis place de la Bastille figurait Murat Ceylan, membre du conseil d’administration du KCDK-E, la principale organisation européenne regroupant les institutions kurdes. Il a souligné que la lutte politique se poursuivrait jusqu’à ce que le Rojava et l’ensemble du Kurdistan obtiennent un statut juridique clair. « Notre peuple doit rester inébranlable, car nous connaissons l’histoire de nos ennemis », a déclaré Ceylan. La région est marquée par les luttes de pouvoir coloniales, aujourd’hui comme il y a un siècle.

Dans un autre discours, la révolution du Rojava a été décrite comme un projet qui dépasse largement les frontières du Kurdistan : un modèle de démocratie, d’égalité et d’autodétermination pour tout le Moyen-Orient. Il a été affirmé que la protection de ces acquis est une responsabilité partagée par toutes les forces démocratiques. Concernant d’éventuelles nouvelles opérations militaires et une répression politique, les participants ont souligné leur détermination à ne pas rester silencieux.

 

L’événement a été marqué par des slogans tels que « Bijî Mahabad », « Bijî Qamişlo », « Bijî Rojava » et « Kurdistan yek e » (« Le Kurdistan est un »). Des appels à la solidarité internationale avec les populations du nord et de l’est de la Syrie ont été lancés à plusieurs reprises, notamment dans des messages lus à haute voix par diverses organisations de migrants et de gauche. « Nous sommes prêts à nous défendre », tel était le message clair qui s’est dégagé à la fin du rassemblement.

De nombreuses manifestantes portaient des tresses en soutien aux femmes kurdes du Rojava tuées, mutilées et dont les tresses sont coupées par les gangs de Damas…

TURQUIE. Le fascisme turc a encore frappé le club kurde Amedspor

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TURQUIE / KURDISTAN – Le club kurde de football, Amedspor a été condamné à une amende de 15 400 euros à cause d’une vidéo publié sur X et Instagram qui montrait une femme se faire tresser ses cheveux dans les tribunes d’Amedspor en soutien aux femmes kurdes tuées et dont les corps sont mutilés, les tresses coupées…

La Fédération turque de football a infligé une amende de 802 500 livres turques (environ 15 400 euros) à Amedspor pour des publications sur les réseaux sociaux montrant des cheveux tressés, invoquant une « propagande idéologique » et des actions destinées à « nuire à la réputation du football et de ses institutions ».

La fédération a également suspendu le président d’Amedspor, Nahit Eren, pour une durée de 15 jours en raison des mêmes publications. Cette décision, annoncée le 22 janvier, fait suite à la diffusion, sur le compte Instagram officiel du club, de contenus relatifs à une vidéo de tressage de cheveux.

La protestation a débuté au début du mois après qu’un combattant des forces liées au gouvernement intérimaire syrien a partagé sur les réseaux sociaux une vidéo montrant les tresses d’une combattante kurde tuée à Raqqa. Des personnalités politiques pro-kurdes ont également apporté leur soutien à cette campagne sur les réseaux sociaux.

L’interdiction qui frappe le président du club l’empêche de participer aux activités administratives, de représenter officiellement le club, ou d’accéder aux abords du terrain et aux vestiaires pendant les matchs. Il lui est également interdit de faire des déclarations à la presse ou d’exercer son pouvoir de signature au nom du club durant cette période.

Amedspor est actuellement en tête de la deuxième division du football turc.

Le Rojava accueille plus de 150 000 civils chassés par les gangs de Damas

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SYRIE / ROJAVA – Depuis début janvier, plus de 150 000 civils chassés par les gangs de Damas ont été accueillis dans les zones kurdes libres qui manquent de tout : nourritures, hébergement, chauffage, médicaments, couvertures, vêtements…

Depuis le 20 janvier, de nombreuses organisations ont envoyé de la nourriture, des couvertures, des médicaments, des articles pour femmes et enfants, ainsi que du carburant à plus de 150 000 personnes déplacées qui ont fui vers le Rojava pour échapper aux crimes des mercenaires du gouvernement syrien, soutenus par l’occupation turque.

Le 6 janvier, ces mercenaires ont lancé des attaques contre les quartiers de Sheikh Maqsoud et d’Achrafieh à Alep. Suite à ces attaques, ainsi que contre des zones de Deir Hafer, Raqqa, Tabqa et Deir Ezzor, environ 150 000 personnes déplacées des camps d’Afrin, de Serekaniye et d’Aïn Issa ont fui vers l’Euphrate et le canton de Jazira, au Rojava.

La plupart des personnes déplacées n’ont rien pu emporter de leurs maisons et ont voyagé dans un froid extrême. Grâce au soutien des populations du Kurdistan du Sud et du Nord, la communauté kurde et la diaspora ont envoyé une aide massive au Rojava.

Depuis le 20 janvier, de nombreuses organisations apportent leur aide au Rojava. Le Croissant-Rouge kurde et le Conseil des personnes déplacées d’Afrin-Shahba coordonnent la distribution. Les fournitures sont rassemblées au parc Azadi de Qamishlo et dans les centres du Croissant-Rouge de Qamishlo et d’Amuda. Un comité conjoint veille à une distribution équitable.

De nombreuses familles d’Afrin se sont installées dans des maisons laissées vacantes lors de l’évacuation de Shahba (8 décembre 2024). Dans la région de Jazira, 123 centres (écoles, mosquées, académies, jardins d’enfants, associations) ont ouvert leurs portes pour accueillir les personnes déplacées. Beaucoup de familles vivent encore dans leur voiture et l’aide au logement se poursuit. Après avoir distribué l’aide dans les centres, les associations acheminent les fournitures directement à domicile.

Organisations fournissant de l’aide humanitaire :

Acted (France), CARE (International), Blumont (International en Syrie), Solidarités International (France), Barzani Charity, Bahar, My Fram, Nations Unies, Semi, Médecins Sans Frontières, Organisation Rojava, AWAT, Hana, Association (Kurdistan du Sud), Organisation de Protection de l’Enfance (Kurdistan du Sud), Rcell, Medico (Allemagne), Village de la Paix Allemand, Croissant-Rouge Kurde, Programme Alimentaire Mondial, Syndicat des Médecins Kurdes en Allemagne, Croissant-Rouge Kurde en Europe, Chaînes de télévision du Kurdistan du Sud, Initiative Nationale du Kurdistan et initiatives personnelles.

À ce jour, plus de 365 camions d’aide et 20 camions-citernes ont franchi la frontière de Semalka pour entrer au Rojava. L’aide est distribuée à Qamishlo, Amuda et dans les zones environnantes. Rcell a distribué 1 000 paniers d’aide. Cette aide comprend des denrées alimentaires, des produits de première nécessité pour les femmes et les enfants, de la literie, des couvertures et des médicaments.

Une aide financière a également été envoyée par des habitants du sud du Kurdistan et des organisations européennes. Les habitants de Qamishlo, Rumelan, Derik, Amuda et Tirbespi apportent leur soutien aux personnes déplacées dans leurs quartiers.

L’Administration autonome distribue du carburant aux centres et a ouvert les portes des hôpitaux pour les personnes déplacées. Le Croissant-Rouge kurde a également déployé trois cliniques mobiles (une à Derik et deux à Qamishlo) qui se rendent dans les centres accueillant les personnes déplacées. Les numéros de téléphone des cliniques mobiles sont le +963996877447 et le +963932125933.

Après avoir distribué l’aide dans les centres, les organisations la livrent directement aux familles déplacées à leur domicile.

À Kobani, l’ONU n’a envoyé qu’une seule aide jusqu’à présent. La ville étant assiégée par des mercenaires du Gouvernement provisoire soutenus par la Turquie, les organisations humanitaires cherchent des moyens d’acheminer l’assistance. À Al-Hasakah, 30 camions de l’ONU sont arrivés mardi dernier. Les organisations s’efforcent également d’atteindre Kobani. (ANHA)

ROJAVA. Les gangs de Damas pillent les villages de Kobanê

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SYRIE / ROJAVA – Les gangs djihadistes d’al-Sharaa (Jolani) pillent les villages du canton kurde de Kobanê malgré l’accord conclu entre Damas et les FDS.

L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) a rapporté des pillages généralisés visant des biens civils dans la campagne de Kobané, en dépit d’un accord récemment conclu entre les Forces démocratiques syriennes (FDS) et le gouvernement intérimaire syrien.

Profitant du déplacement forcé des populations et du vide sécuritaire, les assaillants ont ciblé le mobilier, le matériel agricole, le bétail ainsi que les réserves alimentaires, privant les habitants de l’ensemble de leurs moyens de subsistance.

 

Toujours selon l’OSDH, ces exactions ont eu lieu alors même qu’un accord devait entrer en application dans les deux jours suivants. Toutefois, cela n’a pas empêché la poursuite des attaques contre les biens civils, poussant les habitants à fuir vers la ville de Kobané sous l’effet de l’escalade militaire et des bombardements intensifs, abandonnant derrière eux des années de travail et de vie.

Les personnes déplacées vivent aujourd’hui dans des conditions humanitaires catastrophiques, dans une ville soumise à un siège imposé par des forces affiliées au gouvernement intérimaire. Elles font face à de graves pénuries de produits de première nécessité, à l’effondrement des services de base et à une augmentation inquiétante de la pauvreté et des maladies, touchant particulièrement les enfants et les personnes âgées.

L’OSDH souligne que ces pillages constituent non seulement une violation flagrante du droit de propriété, mais aggravent également les traumatismes psychologiques et sociaux des populations, compromettant toute perspective de retour et de reconstruction.

L’Observatoire appelle enfin la communauté internationale et les organisations humanitaires à intervenir d’urgence afin de lever le siège de Kobané, garantir le retour sécurisé des habitants et protéger leurs biens contre les saisies et les pillages. (Maxime Azadî)

Iran secoué par plusieurs explosions

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IRAN / ROJHILAT – Aujourd’hui, une série d’explosions, dont la cause est encore inconnue, ont touché plusieurs villes d’Iran, signale une source kurde qui ajoute que des explosions similaires s’étaient produites avant la guerre de 12 jours entre Israël et l’Iran en juin 2025.

Des explosions ont eu lieu dans plusieurs villes d’Iran. Parmi celles-ci, on compte des explosions à Parand, au sud de Téhéran ; à Bandar Abbas, dans la province d’Hormozgan, où un immeuble de huit étages a été touché ; à Shiraz ; près d’un cimetière à Karaj ; à Qeshm ; et plus récemment, à Tabriz.

Les villes frappées par les explosions sont :

1. Explosion à Parand (sous-district de Téhéran)
2. À Bandar Abbas, une explosion a détruit un bâtiment ; on ignore encore s’il s’agissait d’un bâtiment gouvernemental ou résidentiel.
3. Explosion dans la charia
4. Explosion dans la région de Karaj (près du cimetière)
Par ailleurs, des informations non confirmées font état d’une tentative d’assassinat contre le commandant de la marine du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI).
 
Comme dans les jours précédant la « guerre des 12 jours » entre l’Iran et Israël, d’importantes explosions ont été signalées à l’intérieur de l’Iran. Il a été confirmé par la suite qu’Israël avait des agents en Iran.
 
Veuillez noter : il est tout à fait possible que toutes ces explosions soient de pures coïncidences et sans lien avec une éventuelle attaque contre l’Iran et le Corps des gardiens de la révolution islamique.

ROJAVA. La Turquie bloque l’aide humanitaire destinée à Kobanê

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SYRIE / ROJAVA – La situation humanitaire de la ville kurde de Kobané, sous blocus, se détériore de jour en jour. Plus de 600 000 habitants de cette ville du nord de la Syrie vivent depuis treize jours sous un siège sévère, marqué par de graves pénuries de nourriture et de médicaments.
 
Le manque de traitements met particulièrement en danger les personnes atteintes de cancers et de maladies cardiaques, tandis que le froid intense et l’absence de biens essentiels exposent les enfants, les personnes âgées et les malades à de sérieux risques sanitaires.
 
Les boulangeries continuent de fonctionner, mais la pénurie imminente de carburant et de farine menace d’interrompre la production de pain, aliment vital pour la population.
 
Malgré l’annonce d’un cessez-le-feu entre les Forces démocratiques syriennes et le gouvernement intérimaire de Damas, le blocus de Kobanê se poursuit.
 
Les routes restent fermées, empêchant les agriculteurs d’accéder à leurs terres et provoquant une raréfaction des produits alimentaires sur les marchés locaux.
 
Les organisations locales et humanitaires tentent de répondre aux besoins urgents, accueillant les personnes déplacées dans des écoles, des mosquées et des habitations.
 
Cependant, la Turquie continue de refuser l’ouverture du poste-frontière, bloquant l’acheminement de l’aide humanitaire envoyée depuis Amed (Diyarbakir) et d’autres villes kurdes.
 
Cette entrave aggrave une situation déjà critique et place des centaines de milliers de civils dans une urgence humanitaire extrême.
 
Maxime Azadî

« Les menaces contre le Rojava persistent »

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SYRIE / ROJAVA – Le coprésident du KNK, Ahmet Karamus, a déclaré que le danger qui menace les Kurdes du Rojava persiste et a appelé à la poursuite des actions visant à protéger les acquis obtenus au Rojava.

Commentant l’évolution de la situation en Syrie, Ahmet Karamus, coprésident du Congrès national du Kurdistan (KNK), a souligné qu’il était impératif de préserver les acquis obtenus au Rojava.

S’adressant à ANF, Karamus a déclaré :

« Bien qu’un accord semble avoir été conclu avec Damas, de nombreux dangers et risques persistent. Les menaces contre le Rojava se poursuivent. Les attaques de ces groupes et forces contre le Rojava continuent. C’est pourquoi une délégation du KNK se trouve actuellement au Rojava (Kurdistan occidental). L’objectif de cette délégation est de manifester ouvertement son soutien au Rojava. Nous sommes solidaires de notre peuple et de ses réussites. Nous voulons informer le public de la situation de la population, de ses revendications, de ses attentes et du type de soutien dont elle a besoin.

Nous appelons à la poursuite des actions et des manifestations dans les quatre régions du Kurdistan et à l’étranger.

Afin de consolider les acquis du peuple du Rojava et de l’ensemble du peuple kurde, le 1er février a été déclaré Journée de solidarité avec le Rojava Kurdistan par décision du Congrès national du Kurdistan et de tous les partis kurdes. Chaque Kurde est invité à participer aux actions menées le 1er février, car des millions de Kurdes manifesteront une fois de plus leur soutien au Rojava et à ses réussites. »(ANF)

L’Occident et les Kurdes ; de l’accord Sykes-Picot à la loi « Sauver les Kurdes »

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KURDISTAN – L’Occident et les Kurdes ; de l’accord Sykes-Picot qui a acté la colonisation du Kurdistan à la loi « Sauver les Kurdes ». Explications avec le site The Amargi.

Le sénateur américain Lindsey Graham a récemment annoncé sur son compte X qu’il présenterait le « Save the Kurds Act », un projet de loi visant à protéger les Kurdes et à sanctionner ceux qui les prennent pour cible. Cette initiative a suscité un large soutien en ligne au sénateur Graham et une pétition signée par des Kurdes de tous bords politiques, dont des personnalités comme l’homme d’affaires kurde et général peshmerga Sirwan Barzani, qui a partagé une pétition de soutien sur les réseaux sociaux.

Ce soutien politique américain s’inscrit dans une histoire centenaire et tumultueuse des relations kurdes avec les puissances occidentales, une histoire de promesses, de soutien et de protection, de trahison, d’alliance et d’abandon qui a façonné à la fois les aspirations kurdes et le Moyen-Orient moderne.

1. Les promesses non tenues de l’après-Première Guerre mondiale

À la fin de la Première Guerre mondiale, l’Empire ottoman s’effondra et les puissances européennes redessinèrent les frontières. Le traité de Sèvres (1920) offrit initialement aux Kurdes la possibilité d’une autonomie, voire d’un État, mais cette promesse fut annulée par le traité de Lausanne (1923), qui créa la Turquie moderne et  ignora les revendications territoriales kurdes . Aucun État kurde ne fut reconnu. Nombre de Kurdes eurent le sentiment d’avoir été sacrifiés au profit d’intérêts européens plus vastes. 

2. La République du Kurdistan de 1946

En janvier 1946, des dirigeants kurdes du nord-ouest de l’Iran proclamèrent la République du Kurdistan à Mahabad, un État kurde indépendant éphémère soutenu par l’Union soviétique mais auquel s’opposait le gouvernement iranien. Figurant parmi les premiers États kurdes modernes, il devint un puissant symbole d’identité nationale. La république s’effondra moins d’un an plus tard, suite au retrait des forces soviétiques sous la pression internationale, et ses dirigeants furent exécutés. 

3. Les insurrections du milieu du XXe siècle

Les décennies suivantes furent marquées par des révoltes kurdes répétées contre les gouvernements d’Irak, d’Iran et de Turquie. En Irak, le mollah Mustafa Barzani mena des soulèvements pour les droits et l’autonomie des Kurdes. Au début des années 1970, les Kurdes bénéficièrent d’un soutien clandestin des États-Unis (souvent acheminé par le Shah d’Iran), mais cette alliance s’effondra en 1975  lorsque les responsables politiques américains, notamment Henry Kissinger, acceptèrent un accord entre l’Iran et l’Irak qui laissa les Kurdes sans défense. Nombre d’entre eux considèrent cet événement comme une profonde trahison. 

4. Saddam Hussein et les attaques chimiques (années 1980)

Durant la guerre Iran-Irak (1980-1988), le dirigeant irakien Saddam Hussein lança la campagne Anfal, qui comprenait des attaques chimiques, dont la plus tristement célèbre eut lieu à Halabja en mars 1988 et fit des milliers de victimes civiles kurdes. La brutalité de ces actes choqua le monde entier, mais les puissances internationales tardèrent à intervenir.  

5. La guerre du Golfe de 1991 et la zone d’exclusion aérienne

La guerre du Golfe de 1991, déclenchée par l’invasion du Koweït par l’Irak, a ouvert une nouvelle ère. Après le retrait des forces irakiennes, les Kurdes se sont soulevés dans le nord de l’Irak, mais ont de nouveau été brutalement réprimés. L’indignation internationale a conduit les États-Unis et leurs alliés à instaurer une zone d’exclusion aérienne afin de protéger les régions kurdes. Une résolution des Nations Unies, soutenue par la France et d’autres pays, a permis la mise en œuvre de cette mesure, donnant ainsi aux Kurdes d’Irak l’opportunité de se doter d’institutions semi-autonomes. Les progrès réalisés aujourd’hui dans la région du Kurdistan irakien seraient inconcevables sans le soutien des États-Unis et des pays européens. 

 

6. Accord de Washington et politique kurde

Entre 1994 et 1998, les conflits internes kurdes entre le PDK de Massoud Barzani et l’UPK de Jalal Talaban ont dégénéré en guerre civile. La diplomatie occidentale a contraint les deux camps à signer l’Accord de Washington en 1998, mettant fin aux combats et permettant au Gouvernement régional du Kurdistan (GRK) de consolider son autonomie au sein de l’Irak.

7. Inscription du PKK sur la liste des organisations terroristes

Dans les années 1990, la Turquie a fait pression sur les États-Unis et ses alliés européens pour que le PKK soit désigné comme organisation terroriste. Cette décision a criminalisé le mouvement de libération kurde en Turquie. Par la suite, cette désignation a préparé le terrain et justifié l’arrestation du chef du PKK, Abdullah Öcalan, au Kenya en 1999, après que les pays européens  lui eurent refusé l’asile – une décision que les militants kurdes ont perçue comme une preuve d’hypocrisie de la part de l’UE.

8. L’invasion de l’Irak en 2003 et au-delà

L’invasion de l’Irak en 2003, menée par les États-Unis, a renversé le régime de Saddam Hussein et transformé le paysage politique kurde. Les Kurdes ont acquis une influence considérable au sein du nouvel ordre politique irakien, et beaucoup pensaient que cela leur ouvrirait la voie à une pleine indépendance. Cependant, leurs espoirs d’un État souverain ne se sont jamais pleinement concrétisés, en raison des pressions régionales et des luttes politiques internes à l’Irak.

Dans le même temps, l’Union européenne a conditionné le processus d’adhésion bloqué de la Turquie à des réformes sur les droits des minorités, mais cela a engendré des changements lents, et de nombreux Kurdes en Turquie sont toujours confrontés à une discrimination systémique et à une répression culturelle.

 9. L’EI, le Rojava et les champs de bataille

En 2014, l’État islamique (EI) a conquis de vastes territoires en Irak et en Syrie. Les forces kurdes, les Peshmergas irakiens et les YPG/YPJ syriennes, sont devenues des partenaires essentiels de la coalition internationale dirigée par les États-Unis. Ces derniers ont rompu le silence lorsque leurs frappes aériennes ont déjoué des attaques de l’EI contre les Yézidis et ont permis aux YPG/YPJ de vaincre l’EI à Kobané. Ainsi, les États-Unis ont marqué l’histoire en aidant les Kurdes à remporter leur plus grande victoire de l’histoire moderne. Leur rôle a été crucial dans la chute des bastions de l’EI. Cependant, les aspirations kurdes à un soutien plus large ont été de nouveau compromises par l’évolution de la politique américaine et l’hostilité de la Turquie.

Au Rojava (nord-est de la Syrie), les mouvements politiques kurdes ont établi des administrations autonomes. La Turquie a réagi par des offensives militaires, notamment en 2018 à Afrin et en 2019 dans d’autres régions kurdes, où la communauté internationale a adopté une position discrète. Nombre de Kurdes se sont sentis abandonnés, même s’ils ont continué à combattre Daech et à défendre l’autonomie civile. 

10. Référendum kurde irakien et frustrations contemporaines

En 2017, les Kurdes d’Irak ont ​​organisé un référendum sur l’indépendance qui a révélé un soutien massif à la création d’un État. Cependant, ce résultat a entraîné des répercussions diplomatiques et la perte de territoires stratégiques comme Kirkouk et Sinjar, lorsque Bagdad a repris le contrôle par la force. Cette situation a exacerbé la frustration des Kurdes envers les puissances occidentales qui, bien que les aient soutenus militairement, se sont abstenues de soutenir pleinement l’indépendance. Néanmoins, le soutien occidental s’est maintenu pour la région du Kurdistan irakien en tant que région fédérale et demeure d’actualité. 

11. L’abandon des FDS

Une dure leçon sur  l’espoir sans illusions  est survenue début janvier 2026, lorsque les États-Unis ont de facto abandonné les FDS. Pour les Kurdes, cela a été perçu comme l’effondrement de leur dernière garantie de sécurité et a confirmé une conviction de longue date : les États-Unis ne sont pas un allié fiable.

Après le retrait des FDS, les forces gouvernementales syriennes et les forces soutenues par la Turquie ont rapidement progressé. Dans un premier temps, Sheikh Maqsoud, Achrafiyah et une partie d’Alep ont été prises. Puis Raqqa et Deir ez-Zor sont tombées sous le contrôle des forces de Damas. Alors que ces forces commençaient à avancer vers les villes kurdes, la situation a de nouveau évolué. Cette fois, suite aux protestations des alliés kurdes dans les pays occidentaux, notamment au Congrès américain, les États-Unis et l’Europe, et plus particulièrement la France, sont intervenus, jouant un rôle de médiateur auprès de Damas et œuvrant pour stopper les offensives.

Un cessez-le-feu est actuellement en vigueur pour dix jours supplémentaires. Cette période devrait influencer davantage la position des Kurdes vis-à-vis des pays occidentaux, notamment quant à la possibilité d’obtenir de véritables garanties de sécurité, étant donné qu’il demeure quasiment impossible pour les Kurdes de se protéger au sein des États hostiles de la région.

12. La loi d’aujourd’hui « Sauver les Kurdes »

Des décennies d’alliances changeantes ont engendré un héritage complexe : si le soutien occidental s’est souvent révélé décisif sur le plan militaire, les espoirs kurdes de reconnaissance politique et d’autonomie, sans parler de souveraineté, sont constamment contrariés par des impératifs géopolitiques plus vastes. La  loi « Sauver les Kurdes »  et le large soutien kurde qu’elle a suscité témoignent à la fois d’un désir de protection et de reconnaissance, et d’une longue mémoire de l’influence des rapports de force mondiaux sur le destin des Kurdes.

Le haut diplomate du Rojava, Ilham Ahmed, a exprimé sa profonde gratitude aux États-Unis et à la France pour leur rôle de médiateurs qui a permis de parvenir à l’accord entre les FDS et Damas, qualifiant leur rôle de vital pour promouvoir la stabilité et soutenir un processus d’intégration réussi.

Les semaines à venir détermineront si l’adage kurde « pas d’amis sauf les montagnes » se vérifie une fois de plus, ou si les Kurdes finissent par comprendre qu’au-delà des montagnes, ils peuvent également compter sur des puissances occidentales comme alliées, prêtes à garantir leurs droits politiques dans l’avenir de la Syrie. 

The Amargi

ONU. Guterres déclare que les Kurdes sont « victimes de l’histoire », mais élude la question de l’autodétermination

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NEW YORK – António Guterres a qualifié les Kurdes de « victimes de l’histoire » à l’ONU, mais a esquivé une question directe sur leur droit à l’autodétermination notamment au Rojava, invoquant les priorités syriennes et des contextes régionaux différents.

Lors d’un point de presse à New York, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a décrit le peuple kurde comme « victime de l’histoire », tout en évitant de répondre directement à une question sur leur droit à l’autodétermination soulevée par Sinan Tuncdemir, correspondant du journal The Amargi.

Se référant à l’article 1, paragraphe 2, de la Charte des Nations Unies et à l’article 3 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et des peuples autochtones, Tuncdemir a demandé pourquoi les dirigeants de l’ONU n’avaient jamais pris position clairement sur le droit à l’autodétermination des quelque 40 millions de Kurdes vivant en Turquie, en Syrie, en Irak et en Iran. Il s’est interrogé sur le point de savoir si les pressions exercées par les États concernés avaient dissuadé les autorités de prendre une telle position.

Guterres a réagi en recentrant le débat sur la Syrie, affirmant que la priorité de l’ONU était de créer les conditions permettant à toutes les composantes de la société syrienne de sentir que leurs droits sont respectés et qu’elles appartiennent pleinement à la nation. Il n’a pas abordé la question juridique de l’autodétermination.

Interrogé à nouveau sur la question kurde dans son ensemble, au-delà de la Syrie, le Secrétaire général a reconnu que « le peuple kurde a été victime de l’histoire ». Il a souligné les différents contextes politiques de la région, notant que les Kurdes sont représentés au sein des institutions démocratiques en Irak, tandis que la situation en Iran est différente. Il a également suggéré que les divisions internes au sein de la communauté kurde ont contribué aux difficultés qu’elle rencontre.

Guterres a conclu en déclarant que les Nations Unies s’engageaient à défendre les intérêts du peuple kurde « où qu’il se trouve », sans préciser en quoi cet engagement se rapporte au droit à l’autodétermination internationalement reconnu.

Cet échange a mis en évidence la tension entre la reconnaissance par l’ONU de l’injustice historique subie par les Kurdes et sa réticence persistante à aborder directement la question de leurs droits politiques en vertu du droit international. (Tha Amargi) 

Accord entre les FDS et Damas : une avancée fragile qui impose vigilance et engagement international (CDK-F)

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PARIS – Le Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F) a publié un communiqué suite à l’annonce d’un accord entre Damas et les FDS, le qualifiant d’« une avancée fragile qui impose vigilance et engagement international ».

Voici le communiqué du CDK-F :

 

« Le Conseil démocratique kurde en France (CDK-F) prend acte de l’annonce officielle d’un cessez-le-feu entre les Forces démocratiques syriennes (FDS) et le gouvernement syrien, rendue publique le 30 janvier 2026 par le centre médiatique des FDS.
 
 
 
Selon cette déclaration, un accord global a été conclu prévoyant l’arrêt des combats, le retrait des forces militaires des lignes de contact, l’entrée des forces de sécurité relevant du ministère syrien de l’Intérieur dans les centres des villes de Hassaké et Qamishlo, ainsi qu’un processus progressif d’intégration militaire et administrative. L’accord inclut également l’intégration des institutions de l’administration autonome au sein des structures étatiques syriennes, le maintien des employés civils, la garantie du retour des personnes déplacées et la reconnaissance de droits civils et éducatifs pour le peuple kurde.
 
 
 
Le CDK-F espère que cet accord permettra de mettre fin au siège étouffant imposé au Rojava, d’éviter de nouvelles effusions de sang et d’ouvrir la voie à une stabilisation durable de la région.
 
 
 
Cet accord constitue une avancée politique significative, en ce qu’il reconnaît implicitement l’existence du peuple kurde en Syrie et la nécessité de traiter ses droits dans un cadre politique. Toutefois, cette avancée demeure fragile et ne saurait être considérée comme définitivement acquise.
 
 
 
Le CDK-F tient à saluer l’implication personnelle du Président de la République, Monsieur Emmanuel Macron, ainsi que les efforts diplomatiques de la France et particulièrement la cellule diplomatique de l’Elysée, qui ont contribué à rendre possible cet accord et à éviter une escalade militaire aux conséquences humaines dramatiques.
 
 
La France a, une fois encore, démontré qu’elle pouvait jouer un rôle déterminant lorsqu’elle agit en cohérence avec ses principes et son histoire.
 
 
 
Pour autant, le CDK-F considère que cette implication ne doit pas s’arrêter à la conclusion de l’accord. La phase de mise en œuvre sera décisive. Nous appelons le Président de la République à suivre personnellement l’application concrète de cet accord, à veiller au respect de ses engagements et à œuvrer pour l’instauration de garanties politiques et internationales solides.
 
 
 
Le CDK-F insiste sur la nécessité d’une vigilance permanente, notamment concernant :
 
 
 
le respect effectif de l’identité, de la langue et des droits culturels du peuple kurde ;
la préservation des droits des femmes, pilier central du modèle politique construit au Rojava ;
la sécurité des populations civiles et la levée totale de toutes les formes de siège ;
la reconnaissance et la réparation des crimes de guerre commis par des factions djihadistes affiliées à Damas.
 
 
L’histoire récente de la Syrie impose la prudence. Trop souvent, des cessez-le-feu ont été utilisés pour consolider des rapports de force au détriment des peuples.
 
 
 
La paix ne pourra être durable que si elle repose sur la justice, l’égalité des droits et la reconnaissance politique pleine et entière du peuple kurde en Syrie.
 
 
 
Le Conseil démocratique kurde en France restera pleinement mobilisé et vigilant aux côtés du Rojava. »