TURQUIE. Mort suspecte d’un prisonnier politique kurde

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TURQUIE / KURDISTAN – Le prisonnier politique kurde détenu dans une prison de Diyarbakir, Mehmet Selim Onğulu est mort de manière suspecte le 7 octobre 2023. Sa famille qui ne croit pas à la thèse de la crise cardiaque demande une enquête sérieuse sur les raisons ayant causé la mort d’Onğulu. En Turquie, ces deux dernières années, plusieurs dizaines de détenus kurdes sont morts dans des circonstances suspectes. Les autorités turques ont qualifié une partie de ces morts de « suicides » tandis que les autres étaient seraient dues à des crises cardiaques ou autres « maladies ». Les défenseurs des droits des prisonniers et les familles des victimes accusent les autorités pénitentiaires turques d’être responsables de la mort des prisonniers kurdes / malades, soient en empêchant leur libération pour avoir accès à des soins, soit en les tuant sous la torture.

MARSEILLE. Débat: La lutte kurde n’est pas un crime

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MARSEILLE – Le Collectif internationaliste Marseille-Kurdistan, membre du réseau Serhildan, organise une discussion sur la criminalisation du mouvement kurde partout dans le monde et notamment en Europe où de nombreuses personnes prennent de la prison pour ce motif. La s’ouvrira avec une discussion autour de la répression du mouvement kurde en général, mais aussi au sujet des supposés motifs de l’inscription du PKK sur les listes terroristes de l’UE, les enjeux géopolitiques de cette liste et la troisième voie théorisée par Abdullah Öcalan. Partout dans le monde elles et ils sont vus comme des terroristes,réprimé.es de toutes les manières possibles, à l’image d’Abdullah Ocalan emprisonné depuis 1999 en Turquie et dont personne n’a de nouvelles, ni sa famille ni ses avocats depuis près de 3 ans. Dans ce contexte répressif on ne peut oublier le sacrifice des kurdes dans la lutte contre DAECH comme nous ne pouvons passer à côté de la révolution en cours au Rojava. Cette société basée sur la démocratie par la base, la libération des femmes et l’écologie sociale. Rendez vous le vendredi 27 octobre, à 19h, à la DAR centre social. Collectif internationaliste Marseille solidarité Kurdistan (CIMK)

« Ceux qui ont du sang kurde sur les mains instrumentalisent la lutte palestinienne »

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TURQUIE / KURDISTAN – S’exprimant lors du congrès de son parti, le coprésident du DBP, Keskin Bayındır, a rappelé les attaques de la Turquie contre le Rojava et a déclaré que ceux qui ont du sang kurde sur les mains instrumentalisent la lutte palestinienne. Le 1er Congrès ordinaire du Parti des régions démocratiques (DBP) s’est tenu à Bingöl (Çewlig) avec pour devise « Pour un avenir libre, pour un pays libre, pour un avenir libre avec une société organisée pour briser l’isolement ». Le coprésident du DBP, Keskin Bayındır, et de nombreux citoyens ont assisté au congrès tenu dans la salle de conférence de la municipalité de Bingöl. Après la minute de silence à la mémoire de ceux qui ont perdu la vie dans la lutte pour la liberté et la démocratie, le coprésident du DBP, Keskin Bayındır, a prononcé un discours. Déclarant que le DBP est la continuation de 30 ans de tradition politique kurde, Bayındır a déclaré : « Aujourd’hui, alors que tout autour de nous est transformé en une zone de guerre, de conflit et de mort par les forces dominantes, il est de notre devoir de organiser le DBP pour un avenir libre, une société démocratique et la construction d’un pays libre (…). » L’hypocrisie de l’AKP-MHP Déclarant que l’AKP-MHP et les forces dominantes élaborent des plans stratégiques pour les Kurdes, Bayındır a déclaré : « Aujourd’hui, on veut transformer la géographie du Moyen-Orient, de la Palestine au Kurdistan, en une zone de guerre et de conflit. Cependant, face à cela, les peuples du Moyen-Orient, en particulier le peuple kurde et le peuple palestinien opprimés, se battent et résistent sans relâche pour la liberté. Les États souverains, mondiaux et régionaux, en particulier l’État turc, ont toujours abordé de manière hypocrite la lutte pour la liberté du peuple kurde, du peuple palestinien jusqu’à nos jours. La nature pacifique de cet État, qui prônent la paix et la justice en Palestine, s’est transformée en une machine à tuer à la frontière du Kurdistan. Nous refusons cela. » La résistance palestinienne est instrumentalisée Déclarant que le pacifisme de tous ceux qui en Turquie se disent démocrates et défenseurs des droits de l’homme s’étend uniquement à la frontière du Kurdistan, Bayındır a poursuivi : « Lorsqu’il s’agit des massacres et des morts auxquels les Kurdes sont confrontés dans la géographie où ils vivent, tout le monde se cache la tête sous le sable. Par conséquent, la lutte du peuple kurde et la géographie du Kurdistan servent de test décisif pour tout le monde. Le vrai visage de chacun se révèle dans la géographie où vivent les Kurdes. Nous connaissons l’hypocrisie de ceux qui ignorent la lutte [légitime] du peuple kurde, mais qui deviennent des défenseurs de la paix, de la démocratie et de la justice quand il s’agit de la lutte palestinienne. » Ce sont les Kurdes qui comprennent le mieux la lutte du peuple palestinien « Aujourd’hui, des marches et des déclarations globales ont lieu dans toutes les villes du Kurdistan pour soutenir la lutte et la cause du peuple palestinien. Les gouverneurs et les gouverneurs de district interviennent durement et interdisent même les plus petites déclarations à la presse contre ce qui se passe au Rojava et en Palestine. Aujourd’hui, des marches et des rassemblements ont lieu au Kurdistan sous la direction d’une organisation meurtrière qui exploite la lutte palestinienne sous le nom de soutien à la Palestine et qui a commis des massacres contre le peuple kurde d’hier à aujourd’hui. Nous voyons clairement comment la cause palestinienne est exploitée sous la direction d’une organisation comme le Parti de la Cause Libre [le parti islamiste turc HUDAPAR], qui a été un assassin de Kurdes d’hier à aujourd’hui, et comment la juste lutte palestinienne est exploitée par l’AKP-MHP [alliance gouvernementale turque composée du parti islamiste AKP et l’ultranationaliste MHP]. Nous savons tous très bien qu’aujourd’hui, nous sommes ceux qui comprennent le mieux la juste lutte du peuple palestinien pour la liberté. C’est le peuple kurde qui le défend le plus sincèrement. » Ils tentent de mettre fin à la présence kurde « Nous le disons très clairement au Kurdistan. Le peuple kurde poursuivra sa lutte pour la liberté, quel qu’en soit le prix. Il continuera à soutenir la lutte des peuples avec lesquels il vit et de ses voisins au Moyen-Orient, comme il l’a fait par le passé. Mais il continuera ainsi, non pas en l’instrumentalisant, mais de la manière la plus authentique, la plus humaine, la plus consciencieuse et la plus morale. Cependant, le gouvernement AKP-MHP, les puissances régionales et en particulier l’État turc veulent transformer toutes les zones géographiques où vivent aujourd’hui les Kurdes en une zone de guerre. Nous sommes confrontés à la réalité d’un gouvernement dont tout l’investissement et l’existence reposent sur le déni des Kurdes, la liquidation des Kurdes et de leur lutte pour la liberté. Du Rojava au Kurdistan du Sud en passant par le Kurdistan de l’Est (Rojhilat), partout où il y a un gain kurde, une présence ou une structure institutionnelle kurde, ils tentent de la liquider et de la disperser. C’est comme s’ils transformer en enfer nos espaces de vie réclamaient. Nous rejetons l’enfer que vous voulez créer. » La vraie solution est à Imrali « Nous l’avons vu, et eux aussi l’ont vu, les conséquences de l’intensification de la guerre et de la violence dans la solution du problème kurde depuis un siècle. Même les plus aveugles de notre histoire vieille de plusieurs siècles peuvent voir que la solution au problème kurde ne peut être obtenue par la guerre et la violence, qu’il n’y a aucune solution d’aucune façon et que ce peuple n’a pas reculé d’un pouce dans sa lutte pour liberté. (…) L’acteur de la solution à la question kurde, la véritable solution à la question kurde, est M. Abdullah Öcalan, qui se trouve à İmralı. Un chemin qui n’a jamais été essayé ou emprunté auparavant s’ouvre à nous. Malgré toutes ces pressions, toutes ces violences, malgré ces politiques d’assimilation, malgré ces méthodes de destruction et de liquidation, nous, en tant que peuple kurde, en tant qu’institutions qui mènent une lutte démocratique et politique, l’exprimons clairement ; Tout comme nous ne nous soumettons jamais à vos méthodes et à vos pressions, nous montrons également la voie à suivre pour résoudre la question kurde. Nous réaffirmons une fois de plus que l’insistance sur l’absence de solution et l’insistance sur la guerre ne garantissent ni avenir ni profit à personne. Il est donc temps de trouver une solution. Il est temps de résoudre la question kurde, de faire preuve de volonté sur cette question et de reconnaître la juste cause du Kurdistan. (…) »

Retour à « La Solitude Précieuse » de la diplomatie turque

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« Ankara voulait profiter des contradictions entre les parties en conflit pour s’ériger en intermédiaire valable mais devant l’intensité de la polarisation la diplomatie turque n’est plus prise au sérieux par les forces en guerre. Après l’échec en Ukraine maintenant le problème Palestinien désavoue les initiatives astucieuses et rusées du régime d’Erdogan »? écrit le journaliste Ragip Duran alors que tout le Moyen-Orient est au bord de la IIIe guerre mondiale avec les attaques turques et iraniennes ciblant les Kurdes en Syrie et en Irak d’une part et le conflit israélo-palestinien de l’autres… Voici la suite du texte de Duran:  

« Le Président turc se nourrit de conflits. Que ce soit sur le plan national ou régional et international, s’il n’y a pas de conflit, Erdogan est très habile d’en inventer. Il croit qu’il peut toujours tirer des profits de tout conflit. Ce qui n’est pas le cas dans tous les exemples.

Sa politique extérieure est qualifiée de ‘’flexible’’  par ses partisans, mais les observateurs indépendants et les opposants déclarent qu’il s’agit purement et simplement d’une politique ‘’opportuniste, sans principe voire sans perspective’’.

Erdogan, qui avait déjà de bonnes relations avec et Moscou et Kiev, voulait poursuivre ses liens avec les deux capitales. Poutine était son ‘’frère’’ et il vendait des drones à Zelenski. Mais quand la contradiction entre la Russie et l’Ukraine  était devenue antagoniste voire inconciliable, les deux capitales ont commencé à se méfier d’Ankara. On ne pouvait pas être simultanément pro-russe et pro-ukrainien.

Quant au conflit Israélo-Arabe le problème est encore plus compliqué car la très grande majorité de la population turque est du coté de la Palestine, certains pour des raisons religieuses et d’autres par sympathie politique. Cette même majorité déteste Israël, certains par antisémitisme d’autres pour des raisons politiques.

Erdogan a une mission très difficile à remplir: Il doit paraître anti-américain, anti-occidental et contre l’État d’Israël pour répondre aux attentes de son électorat. Mais il est par ailleurs obligé de poursuivre de bonnes relations avec Washington et Bruxelles car la Turquie est membre de l’OTAN et de plus candidat pour devenir membre à part entière de l’Union Européenne. Les contraintes économiques et financières obligent la Turquie a maintenir des relations au moins normales avec le monde occidental.

Le Président turc avait promis, tout de suite après sa victoire électorale du 14 mai 2023, d’améliorer les relations politico-diplomatiques avec l’Europe. Les relations diplomatiques avec Tel-Aviv devraient être renouvelées. Mais ces promesses n’ont pas été du tout réalisées. Car le régime du Monarque insiste toujours à violer les règles fondamentales de la démocratie et des Droits de l’Homme en Turquie. Par ailleurs il continue à soutenir Hamas et critique sévèrement, de plus avec un ton antisémite, l’Israël. Ce dernier a récemment retiré d’Ankara l’ensemble de ses diplomates et tous les citoyens d’Israël en Turquie sont appelés à rentrer immédiatement au pays.

Les turcs, en particulier les musulmans, les islamistes et les gens de la gauche continuent à manifester en masse leur colère  devant les bâtiments diplomatiques d’Israël et des États Unis. Celui qui avait proposé dès le premier jour du conflit  ses services d’intermédiaire entre Tel Aviv et Hamas n’est plus considéré comme un correspondant neutre et valable par Israël. Les Palestiniens ne comptent plus sur Erdogan qui n’avait pas cessé  d’encourager le développement des relations économiques entre la Turquie et Israël.

M.Ibrahim Kalın, ancien porte parole du Président Erdogan, aujourd’hui chef des services de renseignement (MİT) avait inventé en 2013 la formule de ‘’Solitude Précieuse’’ pour qualifier la diplomatie d’Ankara, quand cette dernière était isolée à la fois du monde occidental et  du Moyen-Orient. Les opérations diplomatico-politiques voire militaires du régime d’Erdogan n’ont pas pu briser cette isolation malgré toutes les initiatives abracadabresques en Irak et Syrie, dans les Caucase, dans la mer Égée et en Libye.

Faut-il aussi remarquer que l’engagement aveugle du coté d’Israël des principales forces du monde occidental, à commencer par celui de Washington, de Londres, de Berlin… renforce indirectement le Monarque turc.

‘’La Turquie, un pays musulman, ancien super puissance du Moyen Orient, désire en même temps faire partie du monde occidental, mais elle n’est pas arrivé à maintenir ni sa position dans le monde islamique ni à s’intégrer dans le cercle des pays civilisés’’  constate un professeur de droit en exil en Belgique. ‘’La solitude précieuse de la diplomatie d’Ankara n’a désormais rien de précieux’’ conclut-il. »

L’Iran à la tête d’une guerre régionale au Moyen-Orient

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En parallèle à son soutien actif au Hamas dans le conflit israélo-palestinien, le régime iranien mène une guerre anti-américaine en Syrie et en Irak via les groupes armés chiites pro-Iran. Des mercenaires sous commandement iranien basés en Syrie ont fait exploser jeudi un gazoduc dans le nord-est de la Syrie, sous contrôle kurde, a rapporté l’Observatoire syrien des droits de l’homme, alors que les tensions régionales s’accentuaient suite à la guerre entre Israël et le HAMAS à Gaza. Des groupes soutenus par l’Iran ont fait exploser le gazoduc près de l’installation gazière de Conoco, a déclaré le directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH ou SOHR), Rami Abdel Rahman. L’explosion se serait produite à proximité d’une base américaine. Les forces de la coalition dirigée par les États-Unis, entrées en Syrie en 2014 pour combattre le groupe État islamique, ont installé plusieurs bases en Syrie, notamment dans le champ pétrolier d’Al-Omar, le plus grand du pays. Ils sont également déployés sur le champ gazier de Conoco, et tous deux se trouvent en territoire contrôlé par les forces arabo-kurdes. Des flammes se sont élevées du site de l’explosion, a rapporté l’observateur britannique disposant d’un vaste réseau de sources en Syrie. Mais il n’y a eu aucune victime, selon le communiqué. Mercredi, le CENTCOM a déclaré avoir abattu deux drones et en avoir endommagé un troisième en Irak au cours des dernières 24 heures, les troupes alliées ayant subi des « blessures légères » lors d’un incident. Il n’a pas précisé qui a lancé les drones, mais des groupes pro-iraniens ont menacé d’attaquer les troupes américaines en Irak, y compris au Kurdistan irakien, en raison du soutien de Washington à l’Israël dans sa guerre contre le Hamas.

TURQUIE. Arrestation des mères du samedi

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TURQUIE. Plusieurs Mères du Samedi et des militants des droits humains réunies à Istanbul, qui voulaient marcher sur la place Galatasaray au cours de la 969e veillée hebdomadaire pour exiger le sort de leurs proches disparus en détention, ont été attaqués par la police qui a détenu 26 personnes menottés dans le dos. Aujourd’hui, les mères/personnes se sont rassemblées pour la 969ème fois sur la place Galatasaray pour s’enquérir du sort de leurs proches disparus et assassinés en détention et pour exiger que les coupables soient jugés. Plusieurs membres des partis politiques, dont les partis « por-kurde » HEDEP et HDP, la présidente de l’Association des droits de l’homme (IHD), Eren Keskin, et d’autres défenseurs des droits humains ont participé à la veillé des Mères du Samedi. Depuis 28 ans, les mères du samedi s’arment d’œillets contre la police turque Il y a 28 ans, les Mères du Samedi (en kurde: Dayikên Şemiyê, en turc: Cumartesi Anneleri) descendaient pour la première fois sur la place Galatasaray, à Istanbul, pour exiger la fin des disparitions forcées et demander qu’on leur rende leurs proches portés disparus. Les « mères du samedi » reproche l’État turc de ne pas avoir enquêté sérieusement pour établir la vérité sur ceux qui ont disparu après leur mise en détention par les autorités turques. Selon l’Association des droits de l’Homme (IHD), entre 1992 et 1996, 792 disparitions forcés et meurtres (de journalistes, syndicalistes, médecins, enseignants, enfants ou simples paysans) par l’État ont été signalés dans les régions kurdes de Turquie. Le 25 août 2018, les autorités turques ont annoncé que le gouvernement avait interdit la réunion. Suite à cette annonce, lors de leur 700ème manifestation pacifique, les mères de samedi ont subi des violences policières et plusieurs des participants ont été arrêtés, dont Emine Ocak, une mère de plus de 80 ans. Par la suite, la cour constitutionnelle turque a déclaré que la police avait violé le droit de manifester des Mères du Samedi, en les arrêtant, mais manifestement la police d’Erdogan refuse de se conformer aux lois de son propre pays. Le 5 mai dernier, la commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe dénonçait les violations des droits en Turquie, en attirant l’attention sur les violences subies par les Mères du Samedi : « Les autorités ne respectent toujours pas le droit à la liberté de réunion pacifique des « Mères du samedi » et des autres personnes qui manifestent ce jour-là pour demander que la lumière soit faite sur la disparition de leurs proches, alors que la Cour constitutionnelle turque a déjà conclu deux fois à la violation de leur droit de manifester. Les membres de ce groupe font même l’objet d’une procédure pénale, engagée tout récemment, pour avoir exercé ce droit. La manière dont sont traitées les « Mères du samedi » est une illustration supplémentaire des risques inhérents à un contexte dans lequel les droits humains ne sont pas protégés de manière effective. »

AFRIN. Les colons des Kurdes solidaires des Palestiniens…

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SYRIE / ROJAVA – Récemment, dans le canton kurde d’Afrin occupé par la Turquie, les colons installés dans les maisons des Kurdes chassés ou tués par les forces turco-jihadistes depuis mars 2018, ont protesté contre l’Israël en solidarité avec les Palestiniens de Gaza qui vivent le martyr depuis 7 octobre 2023, le jour où le Hamas a massacré des centaines d’Israéliens. Au Moyen-Orient, on assiste chaque jour aux actions hypocrites des dirigeants d’États ou simples citoyens – qui souhaitent ou œuvrent à l’anéantissement de tous les peuples (Kurdes, Arméniens, Assyriens…) ou adeptes des religions non-islamiques (yazidisme, alévisme, christianismes…) – mais qui versent des larmes de crocodile quand les mêmes crimes sont commis par un État non musulman.

Un survivant du génocide yézidi dénonce la discrimination ethnique et religieuse au Moyen-Orient

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Wahhab Hassoo est un survivant du génocide yézidie commis par le groupe État islamique à Sinjar, dans le Nord de l’Irak, en août 2014. Réfugié au Pays-Bas, il milite pour les droits des Yézidis et s’est engagé dans la politique locale. Il vient de réagir sur la mobilisation massive au Moyen-Orient en faveur des Palestiniens de Gaza qui vivent le martyr depuis le 7 octobre, le jour où le Hamas a massacré des centaines d’Israéliens. Une mobilisation qu’on n’a pas vue quand DAECH a massacré les Yézidis à Shengal en 2014, ni quand les États colonialistes de Turquie, d’Irak, d’Iran et de Syrie massacraient ou massacrent encore les Kurdes dans les quatre parties du Kurdistan. Pire, une bonne partie des citoyens des pays du Moyen- Orient soutiennent ouvertement le génocide des Kurdes, même si ces derniers sont majoritairement de confession musulmane… Wahhab Hassoo rappelle qu’en plus du génocide yézidi, DAECH a kidnappé des milliers de femmes, fillettes et garçons yézidis en août 2014. Il souligne que près de 3000 femmes et filles yézidies captives sont toujours réduites à l’esclavage sexuel. (Les garçons yézidis ont été formés pour devenir des djihadistes capables de décapiter le premier « mécréant » venu…) Wahhab Hassoo a écrit sur son compte X (ancien Twitter): « La réalité tragique des plus de 2 800 femmes yézidies toujours retenues captives par l’État islamique mérite notre attention urgente. En Syrie et dans les régions avoisinantes, elles sont contraintes à une vie d’esclavage et d’abus, voire à se prostituer dans les États lointains du Golfe. Cette histoire poignante [la guerre à Gaza] jette un regard douloureux sur la façon dont l’origine, l’identité de groupe et la religion en Irak – et ailleurs dans cette région – peuvent déterminer le sort des gens. Pour ceux qui n’appartiennent pas au « bon » groupe, il semble parfois qu’ils n’ont pas d’importance. Il est important d’avoir le droit d’utiliser la grande situation de plus de 2800 femmes yézidies en 2014 (…)! Les deux questions ont une grande importance et méritent une certaine dévotion. En réalité, il est favorable à ce que plusieurs hommes de la rue sont à Bagdad car il est inscrit dans un groupe spécifique. Cela devrait permettre de regrouper l’identité dans l’arène politique dans le monde entier, et ce changement peut être effectué de la manière dont les hommes réagissent dans diverses situations. »

Où est Varishe Moradi, militante kurde arrêtée par les mollahs iraniens ?

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Varishe Moradi, une défenseuse des droits des femmes et membre de la communauté des femmes libres du Kurdistan oriental (Komelgeha Jinên Azadiya Rojhilat, KJAR), a été enlevée par les forces de sécurité iraniennes le 1er août 2023, à Sanandaj (Sînê), alors qu’elle se rendait de Marivan à Sanandaj. Depuis, sa famille n’a plus de nouvelles d’elle tandis que des témoins font état de torture de la militante kurde gravement malade. KJAR a organisé une manifestation à Stockholm et à Bruxelles pour dénoncer l’enlèvement de sa militante, Werîşe Muradî [Varisheh ou Warishe Moradi], par le régime iranien il y a près de 3 mois. La manifestation a été organisée au centre de Stockholm et de Bruxelles en présence de dizaines de militants, hommes et femmes, au cours de laquelle les participants portaient des photos des militants et scandaient des slogans dénonçant les pratiques du régime iranien à l’encontre des militants civils et politiques. Ils ont également appelé le rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l’homme en Iran et les organisations internationales de défense des droits humains à agir d’urgence face à l’enlèvement de Warisha Moradi.

TURQUIE. 23 arrestations lors d’un mariage kurde

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La police turque a arrêté 23 personnes pour avoir chanté une « chanson de propagande terroriste » lors d’un mariage kurde dans la province d’Eskisehir. En Turquie, c’est soit les chansons kurdes, soit les « couleurs kurdes » qui provoquent les arrestations lors de mariages kurdes. 23 personnes, dont deux chanteurs de mariage, ont été arrêtées à Eskisehir, en Turquie, après qu’une information ait indiqué qu’elles avaient déclaré que leurs chansons « glorifiaient les organisations terroristes ». Une célébration de mariage kurde a pris une tournure sombre dans la province turque d’Eskisehir lorsque 23 personnes, dont deux chanteurs de mariage, ont été arrêtées sur la base d’allégations de promotion du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) et des YPG (Unités de protection du peuple) pendant l’événement. Selon les informations de l’agence officielle Anadolu, la gendarmerie a lancé vendredi une opération dans le village rural de Kirec, district d’Odunpazarı, à la suite d’informations concernant la « propagande du PKK et des YPG » lors du mariage, qui a eu lieu en août. L’enquête repose sur l’accusation selon laquelle quatre chansons interprétées par les chanteurs du mariage étaient « de nature à glorifier ces organisations ». En conséquence, 23 personnes, dont les deux chanteurs de mariage, ont été inculpées de « propagande pour une organisation terroriste armée ». Le traitement de ces 23 personnes, dont l’identité n’a pas encore été révélée, se poursuit au commandement provincial de la gendarmerie d’Eskisehir.