TURQUIE. Les Kurdes manifestent contre les attaques ciblant le Rojava

0
TURQUIE / KURDISTAN – Le DEM Parti a organisé des manifestations dans la capitale Ankara et dans la province kurde d’Urfa, à la frontière du Rojava.
 
Le DEM proteste contre l’offensive des mercenaires soutenus par la Turquie en Syrie

« Hier c’était l’EI, aujourd’hui c’est HTS ; le Rojava n’est pas tombé et ne tombera pas », « Vive la résistance du Rojava », « Le Rojava est notre ligne rouge », pouvaient-on lire sur des banderoles portées par les manifestants.
 
Le parti pro-kurde Égalité des peuples et de démocratie (DEM) a organisé une manifestation contre les récentes offensives en Syrie menées par l’Armée nationale syrienne (ANS / SNA) soutenue par la Turquie et le groupe djihadiste Hay’at Tahrir al-Cham (HTC / HTS).
 
La manifestation a eu lieu dans le district de Suruç, dans la province d’Urfa, près de la frontière avec la Syrie. Parmi les participants figuraient Meral Danış-Beştaş, co-porte-parole du Congrès démocratique des peuples (HDK) ; Çiğdem Kılıçgün Uçar et Keskin Bayındır, coprésidents du Parti des régions démocratiques (DBP) ; Tülay Hatimoğulları, coprésidente du parti DEM ; ainsi que des militantes du Mouvement des femmes libres (TJA) et plusieurs députés.
 
Le groupe s’est rassemblé dans le quartier d’Aligor à Suruç avant de marcher vers la frontière, scandant des slogans et applaudissant.
 
Avant la manifestation, le bureau du gouverneur a annoncé une interdiction de manifestations pendant deux jours dans toute la province.
 
Manifestation à Ankara
 
En plus de la manifestation à la frontière, les chefs de file du groupe parlementaire du parti DEM, Gülistan Kılıç Koçyiğit et Sezai Temelli, ainsi que plusieurs députés, ont organisé une manifestation devant le ministère de l’Intérieur à Ankara, la capitale. Ils ont protesté à la fois contre les récents développements en Syrie et contre la nomination récente par le gouvernement d’administrateurs (kayyum) à la place des maires des municipalités kurdes.
 
S’exprimant lors de la manifestation, Kılıç Koçyiğit a accusé le gouvernement de cibler les communautés kurdes et le parti DEM à travers ce qu’elle a décrit comme des « nominations d’administrateurs et des opérations politiques visant à l’anéantissement [du mouvement politique kurde] ».
 
 
« Ils essaient de nous dicter la voie à suivre par le biais d’administrateurs et de mesures de répression politique », a-t-elle déclaré. « Ils cherchent à nous réduire au silence dans les espaces politiques démocratiques tout en effaçant la résistance démocratique de notre peuple contre ce fascisme. Soyons clairs : ce problème ne peut pas être résolu par des plans élaborés derrière des bureaux. »
 
« Appeler à la paix tout en provoquant la guerre »
 
Kılıç Koçyiğit a également critiqué la rhétorique du gouvernement sur la paix, affirmant qu’elle contredisait ses actes. « Vous prétendez rechercher la paix, mais vous provoquez la guerre et aggravez les tensions dans le pays. Nommer des administrateurs qui ne tiennent pas compte de la volonté du peuple ne peut pas être qualifié de paix. Parler de paix tout en approfondissant l’isolement et en ciblant les communautés n’est pas un chemin vers la paix », a-t-elle déclaré.
 
Abordant la situation en Syrie, elle a condamné le rôle du gouvernement dans les récentes opérations militaires. « Des gens célèbrent les drapeaux turcs hissés à Alep. À qui appartient Alep ? À qui appartient cette ville ? La Turquie tente-t-elle d’occuper Alep et la Syrie ? », a-t-elle demandé.
 
Kılıç Koçyiğit a rappelé que plus de 300 000 personnes ont été déplacées rien qu’à Afrin lors des dernières offensives et a critiqué l’implication de la Turquie dans l’armement et le soutien de mercenaires responsables d’attaques contre les populations kurdes. « La Turquie porte la responsabilité de tous les massacres contre les populations de la région, en particulier les Kurdes. On ne peut pas feindre l’ignorance. Qui a des bases à Idlib ? Qui a protégé HTS là-bas ? Quels engagements avez-vous pris à Astana ? Répondez à ces questions ».
 
« Syrie est notre ligne rouge »
 
« Aujourd’hui, ces groupes armés se dirigent vers les zones kurdes, détruisant leurs maisons et leurs vies, tout en affirmant qu’il existe une distinction entre les Kurdes de Syrie et de Turquie. Ce monde n’existe pas. Suruç et Kobané ne font qu’un, séparés seulement par une frontière. Kamışlo et Nusaybin sont identiques. »
 
Kılıç Koçyiğit a promis de continuer à résister aux nominations d’administrateurs et aux actions de la Turquie en Syrie. « Nous condamnons la pratique des administrateurs et nous nous joindrons aux mouvements pro-démocratie pour exprimer notre opposition partout dans le monde. Nos coprésidents marchent aujourd’hui vers la frontière à Suruç. Je tiens à être claire : la Syrie est notre ligne rouge. Nous ne permettrons pas que des massacres soient perpétrés contre la population de ce pays. Nous ne resterons pas les bras croisés pendant que notre peuple est tué. Nous lutterons pour défendre l’intégrité territoriale de la Syrie, le droit de son peuple à déterminer son avenir et l’instauration de la paix dans la région », a-t-elle conclu. (Bianet)

TURQUIE. Des hommes ont tué au moins 32 femmes en novembre 2014

0
FEMINICIDES. Des hommes ont tué au moins 32 femmes en novembre 2024, en Turquie, y compris dans les régions kurdes du pays, 42 autres femmes sont mortes dans des circonstances.
 
Selon les informations compilées par Bianet à partir de journaux locaux et nationaux, de sites Internet et d’agences de presse, des hommes ont tué au moins 32 femmes et deux enfants en novembre. En outre, 42 femmes sont mortes dans des circonstances suspectes.
 
 
La violence masculine en 2024, 2023, 2022 et 2021
 
Au cours des 11 premiers mois de 2024, des hommes ont tué 359 femmes
 
Au cours des 11 premiers mois de 2023, les hommes ont tué 303 femmes
 
Au cours des 11 premiers mois de 2022, les hommes ont tué 308 femmes
 
Au cours des 11 premiers mois de 2021, les hommes ont tué 290 femmes

TURQUIE. Deux otages kurdes libérés après 32 ans passés derrière les barreaux

0
TURQUIE – Abdulkahhar Aksoy (62 ans) et Ahmet Özgen, prisonniers politiques kurdes détenus dans la prison de type T d’Izmir Ödemiş, ont été libérés. Ahmet Özgen a retrouvé sa liberté après 32 ans et Abdulkahar Aksoy après 31 ans passés en prison. Ils avaient été condamnés à la réclusion à perpétuité par la Cour de sûreté de l’État (DGM) pour « atteinte à l’unité et à l’intégrité de l’État ».
 
Les prisonniers libérés ont été accueillis par leurs familles, l’Association égéenne d’assistance et de solidarité avec les familles des détenus et des condamnés (EGE TUHAYDER) et les membres du parti DEM.
 
Özgen et Aksoy ont été accueillis par leurs familles vivant à Izmir dans leur quartier avec des applaudissements et des chants
 
32 ans de prison pour « atteinte à l’unité et à l’intégrité de l’État »
 
Abdulkahhar Aksoy a été détenu et arrêté à Izmir en 1993. Il a été condamné à la réclusion à perpétuité par la Cour de sûreté de l’État (DGM), où il a été jugé, pour « atteinte à l’unité et à l’intégrité de l’État ». Aksoy, qui devait être libéré le 1er novembre 2023, a vu son exécution prolongée à deux reprises de 6 mois chacune en raison des peines d’isolement qui lui avaient été infligées précédemment. Aksoy a été libéré suite aux recours de ses avocats.
 
Ahmet Özgen a été arrêté pour des accusations similaires à Izmir en 1992 et son exécution a été prolongée. Il a été libéré suite à des recours des ses avocats.

La Représentation du Rojava appelle aux dons pour les civils chassés de la région d’Alep

0
PARIS – La Représentation de l’Administration autonome du Rojava en Europe a lancé un appel urgent à l’aide aux Kurdes du Nord et de l’Est de la Syrie vivant en Europe, les invitant à participer à la campagne de dons lancée pour alléger les souffrances des déplacés et subvenir à leurs besoins fondamentaux.
 
La Représentation de l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie (AANES) en Europe a appelé les citoyens du Rojava/ Syrie du N-E vivant en Europe à faire des dons aux personnes déplacées de force d’Afrin-Shahba, de Nubl et de Zahraa, dans la campagne d’Alep.
 
L’appel urgent stipule : « L’attaque massive des factions armées sur les zones d’Alep a, comme on le sait, forcé des dizaines de milliers de familles kurdes de notre peuple à Afrin occupée, qui résidaient dans des camps dans la région de Shahba et Tal Rifaat, à partir vers les zones de l’Administration autonome.
 
Ces personnes déplacées, dont la majorité sont des enfants, endurent des conditions extrêmement difficiles en raison du froid glacial et du manque criant d’abris, malgré l’aide d’urgence apportée par l’AANES et les comités locaux de secours mis en place dans différentes localités pour les assister, dans la limite de leurs ressources et capacités disponibles.
 
C’est pourquoi, nous, le Bureau de Représentation de l’AANES en Europe, lançons un appel urgent à nos compatriotes en Europe pour qu’ils contribuent à la campagne de soutien que nous avons lancée pour alléger les souffrances des personnes déplacées et répondre à leurs besoins essentiels, en offrant toutes les formes de soutien matériel et moral ».
 
Vous pouvez faire un don pour le Rojava via ce compte :
 
Kreissparkasse Köln (Cologne)
Nom du compte : HSK Afrin
IBAN : DE 49 3705 0299 ​​0004 0104 81
BIC / SWIFT : COKSDE33XXX
 

Halte à l’asservissement des femmes !

0
  Il y a dix ans, les terroristes de DAECH attaquaient la région yézidie de Shengal où ils ont massacré les hommes et les vieillards tandis que les femmes et les enfants étaient capturés comme esclaves sexuelles ou futurs soldats d’Allah. L’humanité était face à un génocide ethnique couplé à un féminicide. Quelques années après le génocide yézidi*, le même scénario était mis en place dans le canton kurde d’Afrin par les mercenaires de la Turquie. L’ONU, HRW et d’autres ONG ont documenté d’innombrables crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis à Afrin, dans le Nord de la Syrie. En vain, la communauté internationale a regardé la Turquie orchestrer les génocide des Kurdes, avec la prise en otages des femmes et des fillettes devenues des esclaves sexuelles des mercenaires de la Turquie opérant sous le nom de l’Armée Nationale Syrienne devenue L’Armée Syrienne Libre…   Le silence complice des puissances mondiales devant les crimes de l’État colonialiste turc au Rojava, mais aussi au Kurdistan du Nord et du Sud, ont ouvert un grand boulevard dans la région d’Alep avec l’avancée des groupes jihadistes. Ainsi, on voit de nouveau des jeunes femmes capturées et exhibées comme des bêtes de foire par les islamo -fascistes que l’Occident tente de rendre présentables, comme il l’a fait avec les Talibans. Seuls les Kurdes, qui luttent pour un Moyen-Orient progressiste et pluralistes, n’ont pas trouvé de grâce aux yeux de l’Occident… Il faut que cela cesse ! *Le génocide yézidi en chiffre
-Plus de 5 000 Yézidis (en kurde êzdî) ont été tués
-6 417 femmes, enfants et hommes ont été kidnappés (Les femmes et fillettes ont été vendues comme esclaves sexuelles tandis que les garçons étaient enrôlés comme soldats)
-Des dizaines d’enfants et vieillards sont morts de soif sur le mont Sinjar lors de la fuite
-3 500 femmes et enfants ont été sauvés depuis et ont besoin de soins urgents 
-2 908 autres attendent d’être sauvés
-2 800 enfants sont devenus orphelins
-360 000 Yézidis ont fuit leurs terres et vivent dans des camps de réfugiés ou sont partis en Europe
-68 sanctuaires yézidis ont été détruits par DAECH
-80 fosses communes ont été découvertes jusqu’à présent -après la libération de Shengal (Sinjar)
– La ville de Shengal, détruite et minée par DAECH, attend d’être reconstruite. 
   

KURDISTAN. Un civil tué par une attaque turque à Duhok

0
IRAK / KURDISTAN – Un civil du nom Sebah Abdulstar a perdu la vie dans les tirs d’artillerie turque visant la province kurde de Duhok.

Une personne est morte et deux personnes ont été blessées lors de l’attaque d’artillerie turque aux frontières du village de Hirur, dans la ville de Duhok, au Kurdistan du Sud. Sebah Abdulstar (45 ans), un villageois a perdu la vie lors de l’attaque de l’invasion turque.

TURQUIE. La police confisque quatre livres à la Foire du livre d’Amed

0
TURQUIE / KURDISTAN – La police turque a confisqué 4 livres présentés à la 8e Foire du livre d’Amed, dans la province kurde de Diyarbakir. Un des livres raconte la résistance d’Afrin lors de l’invasion turco-jihadiste en 2018.
La 8e Foire du livre d’Amed a débuté en coopération avec la Chambre de commerce et d’industrie d’Amed (DTSO) et l’organisation de la foire TÜYAP. Au total, 216 maisons d’édition, dont 26 kurdes, ont participé à la foire, qui sera ouverte jusqu’au 8 décembre. La foire, qui se déroule au centre de congrès de Mésopotamie, accueille de nombreuses conférences, panels et séances de dédicaces, et verra la participation de nombreux auteurs.
La police a confisqué le livre « Journal de la Résistance d’Afrin » de Hatip Dicle Plusieurs livres ont été confisqués par la police. Tous provenaient du stand de la maison d’édition Aram. Mercredi, la police a confisqué le livre de Hatip Dicle, « Journal de la Résistance d’Afrin (Efrin Direniş Günlüğü) », qui relate les attaques d’invasion d’Afrin entre le 20 janvier 2018 et le 20 janvier 2019. La police a fouillé le stand, invoquant la décision du procureur comme base de la décision de saisie. Au total, 4 livres confisqués Depuis l’ouverture de la foire, la police a confisqué quatre livres de la maison d’édition Aram. Le 2 décembre, le livre en kurde « Dildarê Serkeftinê » de Mahmut Aba a été confisqué, tandis qu’hier, la police a saisi le livre « Un long chemin vers la liberté », qui comprend une traduction de l’autobiographie de Nelson Mandela et une préface du chef du PKK Abdullah Öcalan, ainsi qu’un livre qui compile les lettres de Mehmet Hayri Durmuş. Éditeurs : Nous travaillons pour le développement de la littérature kurde Les maisons d’édition qui ont participé à la Foire du livre qui s’est tenue à Amed ont fait une évaluation à l’ANF. Delîl Zengar (Maison d’édition Aram) : Nous avons participé à la foire avec plus de 100 auteurs et plus de 200 livres. Nous avons des livres écrits dans de nombreux domaines. Les livres de Kemal Pir et Hayri Durmuş, qui sont nos nouveaux livres, sont très populaires. La participation est assez bonne. Amed a de bons lecteurs et nous espérons que ce sera encore mieux. Jêhat Rojhilat (Maison d’édition Payîz) : En tant que maison d’édition, nous avons participé à la foire avec 35 de nos nouveaux livres. Nous organiserons des séances de dédicaces avec nos auteurs. Nous publions principalement en kurde. Nous travaillons pour le développement de la littérature kurde. Nous voulons transmettre notre littérature à la jeune génération. C’est pourquoi nous devons protéger la langue et la littérature kurdes. C’est pourquoi nous attachons de l’importance à de telles foires. Il y a de nouveaux livres en Kirmanckî Deniz Gündüz (Vete Publications) : En tant que seule maison d’édition en dialecte zazaki (kirmanckî), nous avons participé à la foire avec nos auteurs. Nous avons de nouveaux livres. Nous avons rencontré un grand intérêt de la part des amateurs de livres. Ces foires sont très importantes pour nous car elles nous permettent de rencontrer des lecteurs. Les salons du livre permettent aux lecteurs de rencontrer des auteurs Halil Samed (Pola Publications Group) : Il y a un public sympathique et un grand intérêt de la part des lecteurs. Le lecteur a la possibilité de trouver les livres qu’il aime et de rencontrer l’auteur qu’il aime. C’est pourquoi les salons du livre ont une telle importance.

SYRIE. Alep et le rêve impérialiste turc

0
SYRIE / ROJAVA – Dans l’article suivant, le journaliste Amed Dicle déconstruit la propagande turque autour de la nouvelle poussée turco-jihadiste dans les régions d’Alep, Hama… et le désir d’Erdogan de prendre le contrôle de la Syrie alors que sa priorité reste l’extermination des Kurdes du Rojava.
 
Voici le texte intégral d’Amed Dicle:
 
 
Quelques notes d’Alep, Til Rifat, Manbij, Hama…
 
La Turquie tente de présenter la situation à Tel Rifat [ou Tall Rifaat] comme une « victoire ». Mais c’est une distorsion loin de la réalité. Il n’existe aucun endroit où les groupes affiliés à la Turquie puissent prendre le contrôle du pays en affrontant les forces kurdes.
 
Pour comprendre la situation, il faut considérer la période de 6 ans. Lorsque la Turquie a envahi Afrin en 2018, elle a mis en œuvre la stratégie de dékurdification complète de la région. Après l’occupation, la population d’Afrin s’est installée à Shehba et a continué à résister dans des conditions de vie difficiles, sous siège et embargo. Le peuple a continué sa lutte pour la liberté de sa terre en y établissant les Forces de libération d’Afrin. C’est pour cette raison que l’État turc avait une hostilité particulière envers les Kurdes vivant dans la région.
 
Avec le siège d’Alep, la Turquie a transformé cette situation en opportunité et a tenté de soumettre la population au massacre. Cependant, l’Assemblée populaire a fait échouer ce plan en décidant d’évacuer la population. Cette décision d’évacuation a créé une base plus solide pour la résistance sur le plan militaire. En fait, depuis hier, des mouvements sérieux ont été réalisés en direction de ces groupes.
 
Il semble que le processus d’évacuation se soit déroulé dans le cadre d’un accord local et international. Pendant que les gens étaient évacués, certains groupes affiliés à la Turquie ont mené des attaques. Toutefois, d’autres groupes n’ont pas été impliqués dans ces attaques. En outre, la coalition internationale a contribué à assurer la sécurité en effectuant des vols de reconnaissance continus sur la ligne de passage. Au cours de ce processus, environ 200 000 personnes ont été protégées d’un grand massacre en étant placées dans différents camps.
 
Propagande et faits
 
La partie turque fait de la propagande noire comme si elle avait remporté une « victoire » par les combats. Cependant, hormis Tel Rifat, il n’existe aucun endroit où les forces kurdes se sont retirées. La Turquie tente de donner l’impression que les forces kurdes d’Alep et de Manbij vont se retirer. Ceci est incompatible avec les faits sur le terrain.
 
Alep
 
Les forces de défense kurdes et la population continuent de résister dans les quartiers de Cheikh Maqsud et d’Achrafiye à Alep. Ces quartiers sont organisés comme le Rojava dans tous les sens du terme depuis 2012 et disposent de leurs propres conseils et forces de défense. Cependant, bien que la région compte environ 200 000 habitants, les infrastructures ne sont pas à un niveau permettant de subvenir aux besoins d’un tel nombre de personnes. Il n’y a actuellement aucun conflit global dans la région. Cependant, après le départ de l’armée syrienne d’Alep, des groupes djihadistes ont assiégé deux quartiers, rendant la situation encore plus difficile. Un éventuel plan d’attaque de la Turquie pourrait rendre inévitable une guerre urbaine dans la région.
 
Les conflits entre groupes jihadistes sont un autre élément marquant. Selon l’accord conclu entre les groupes affiliés à la Turquie et le HTS (Heyet Tahrir al-Sham), le nord et l’est d’Alep restent sous le contrôle des groupes affiliés à la Turquie, tandis que les fronts sud et ouest sont confiés au HTS. HTS tente de s’étendre vers Idlib et Hama. Cependant, l’attitude prédatrice et agressive des groupes affiliés à la Turquie a dû perturber même HTS, car HTS a aliéné ces groupes sur certains points.
 
Manbij :
 
Türkiye se prépare à attaquer Manbij. Cependant, l’armée turque est consciente qu’elle aura des difficultés dans cette région sans l’aide du HTS. On affirme que s’il y a une attaque directe, une guerre difficile est inévitable. Les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont mené des opérations dans l’ouest de Jarablus et Manbij, perturbant les préparatifs des groupes affiliés à la Turquie.
 
Manbij est la première cible du projet visant à repousser les Kurdes à l’est de l’Euphrate. Les préparatifs insuffisants de la Turquie rendent difficile le lancement immédiat de l’opération. Il est possible d’évaluer la déclaration de Bahçeli « C’est au tour de Manbij », comme une tentative d’obtenir un rôle d’Erdoğan.
 
Hama et le Front Sud
 
Il est clair que si Hama tombe, Homs sera la prochaine. Homs est l’épicentre de l’armée syrienne. Si Homs tombe, la ligne Damas-Tarse sera également en danger. Pour cette raison, il est entendu que l’armée syrienne et ses alliés ne quitteront pas Hama facilement. Il est indiqué que dès le 4 décembre, les groupes HTS [islamistes radicaux de Hayat Tahrir Al-Cham – Organisation de libération du Levant, HTC ou HTS en anglais] ont été repoussés à Hama. Cela pourrait être le résultat des efforts de rétablissement de l’armée syrienne.
 
À quoi s’attendre ?
 
La progression de l’armée syrienne au sud d’Alep pourrait accroître la pression sur Manbij. Toutefois, dans les conditions actuelles, il ne semble pas possible pour l’armée syrienne de réaliser des progrès significatifs. Pendant ce temps, les FDS se préparent à une guerre majeure à Manbij et dans le bassin de l’Euphrate. Dans les prochains jours, Manbij et ses environs continueront de faire l’objet d’une intense attention des puissances régionales et internationales.

SYRIE. Les mercenaires de la Turquie décapitent une femme kurde à Tall Rifaat

0
SYRIE / ROJAVA – Les mercenaires de la Turquie ont décapité une femme kurde de 40 ans dans son domicile à Tall Rifaat, le 2 décembre dernier. Les terroristes ont également détenu plus de 50 civils kurdes dont le sort reste inconnu.
 
La nouvelle de l’exécution et d’arrestation des civils a été donnée par l’ONG de juriste Synergy – Hevdestî
 
 
Voici l’article de Synergy – Hevdestî qui a répertorié une partie des crimes commis par les mercenaires turco-jihadistes dans la région d’Afrin – Shahba:
 
Une tragédie qui perdure : les civils kurdes d’Afrin et d’Al-Shahba sont déplacés et victimes de violations
 
Dans le contexte d’escalade militaire en cours dans le Nort de la Syrie, les violations contre les civils kurdes se sont intensifiées après le lancement de l’opération « Aube de la liberté » par l’Armée nationale syrienne ( ANS / SNA ) sous commandement de la Turquie ciblant les zones d’al-Shahba dans la campagne nord d’Alep.
 
Vous trouverez ci-dessous quelques violations documentées signalées par l’ONG Synergy – Hevdestî le 3 décembre 2024 :
 
▪️ Exécution brutale : Amina Hanan, une femme kurde handicapée de 40 ans, a été exécutée par les forces de la SNA à son domicile lors de leur raid sur la ville de Tall Rifaat, au nord d’Alep, le 2 décembre 2024.
 
▪️ Arrestations massives : De nombreux civils, qui ont refusé d’être déplacés et ont choisi de rester chez eux dans les zones al-Shahba du nord d’Alep, ont été arrêtés.
▪️ Interrogatoire et vol : Les civils kurdes revenant à Afrin ont été soumis à des interrogatoires et leurs effets personnels ont été volés aux points de contrôle de la SNA, au passage des convois de personnes déplacées.
▪️ Détention de plus de 50 Kurdes : Plus de 50 Kurdes de retour à Afrin ont été arrêtés et leur sort reste inconnu.
▪️ Saisie de biens : saisie forcée des maisons de civils kurdes dans les villages et les villes occupés par les forces de l’ANS dans le nord d’Alep, accompagnée de menaces visant à contraindre les propriétaires à partir.
▪️ Menaces persistantes : des milliers de civils kurdes refusent d’abandonner leurs foyers malgré la menace d’attaques de la part des factions de l’Armée nationale kurde (ANS / SNA), qui ont un historique bien documenté de violations des droits de l’homme. Cette situation est aggravée par la circulation de vidéos montrant des détenus battus et humiliés, ainsi que d’autres vidéos incitant à une haine et une violence sans précédent contre les Kurdes en Syrie.
 
Ces violations horribles soulignent le ciblage continu des civils kurdes à Afrin et al-Shahba, aggravant leurs souffrances et mettant en péril l’avenir de coexistence dans la région. De tels crimes exigent une action internationale urgente pour assurer la protection des civils, mettre un terme aux violations et demander des comptes aux auteurs afin d’obtenir justice pour les victimes.
 
L’Association Synergie pour les Victimes (Synergy Associations for Victims) vise à fournir une plateforme permettant aux victimes de se représenter elles-mêmes et de revendiquer leurs droits.

SYRIE. Des réfugiés kurdes sont exécutés ou tués par le froid

0
SYRIE / ROJAVA – L’invasion de la région de Tall Rifaat (canton de Shahba) par des mercenaires de la Turquie a jeté sur les routes de l’exil près de 200 000 Kurdes qui avaient été chassés d’Afrin en mars 2018. On signale la mort de plusieurs enfants à cause du froid glacial tandis que plusieurs adultes, dont des jeunes hommes, seraient exécutés par les gangs de la Turquie.
 
Noah Muhammad Rasho, un bébé de 4 mois, est décédé à cause du froid alors que la famille fuyait la région de Shehba à cause de l’invasion turco-jihadiste.
 
 
La famille de Noah Muhammad Rasho avait été chassé d’Afrin et réfugiée dans le canton de Shahba. Le nourrisson est décédé dans le centre d’accueil du stade municipal de Raqqa, où sa famille avait trouvé refuge depuis hier.
 
La famille du nourrisson est originaire de la ville de Bulbula dans le canton occupé d’Afrin.
 
Des dizaines de milliers d’habitants d’Afrin, du canton de Shahba et d’Alep ont été déplacés de force vers Raqqa et Tabqa en raison de l’occupation de leurs zones par des mercenaires turco-jihadistes*.
 
L’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie (AANES) continue d’accueillir des familles déplacées d’Alep, Shahba et Afrin, les transférant vers des centres d’hébergement équipés des services nécessaires.
 
*Les islamistes radicaux de Hayat Tahrir Al-Cham (Organisation de libération du Levant, HTC ou HTS en anglais) et les mercenaires de l’Armée nationale Syrienne (ANS / SNA) dirigée par la Turquie ont pris le contrôle de la ville d’Alep et de Tall Rifaat il y a quelques jours. Les forces kurdes s’attendent à une attaque des mercenaires de la Turquie sur Manbij tandis que le HTC se concentre sur la région de Hama.