IRAN. Civils transformés en boucliers humains ?

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IRAN / ROJHILAT – Des centres militaires et de sécurité iraniens ont été déplacés dans des zones civiles, mettant ainsi la population en danger, alerte le site kurde Rojhilat Info.
Dans le contexte de l’escalade militaire actuelle opposant l’Iran aux États-Unis et à Israël, de nouvelles informations en provenance du Rojhelat (Kurdistan iranien, ou Kurdistan oriental) et d’autres régions du pays font état d’un déplacement massif de forces et d’infrastructures militaires vers des zones densément peuplées.Selon des sources locales relayées par des médias kurdes comme Rojhilat Info, Hengaw et l’agence ANF, ainsi que des témoignages circulant sur les réseaux sociaux et rapportés par des organisations de défense des droits humains, les Gardiens de la révolution islamique (Pasdaran/IRGC) et les forces Basij auraient transféré des troupes, du matériel militaire et parfois des centres de commandement vers des sites civils.

Parmi les lieux concernés figurent : des écoles (y compris des établissements primaires), des mosquées, des universités, des stades, certains bâtiments gouvernementaux non militaires.

Dans plusieurs villes frontalières du Rojhelat comme Sardasht, Piranshahr, Oshnavieh, mais aussi dans des centres urbains plus larges (Téhéran, Shiraz, Rasht, Ardébil), des vidéos et photos montrent des véhicules militaires, des motos, des membres des forces de sécurité et même des réunions officielles installés à l’intérieur d’écoles ou de mosquées. Le Conseil de coordination des syndicats d’enseignants iraniens avait déjà alerté, juste avant le début des frappes, sur la présence d’équipements militaires dans des établissements scolaires, qualifiant ces lieux de « boucliers mortels ».

On redoutes des conséquences humanitaires désastreuses 

Les analystes en sécurité et les observateurs internationaux soulignent que cette tactique, bien que visant potentiellement à protéger les installations militaires contre des frappes aériennes de précision, expose directement les populations civiles à un risque extrême. En plaçant des cibles militaires au cœur de quartiers résidentiels, d’établissements éducatifs ou religieux, le régime iranien augmente considérablement la probabilité de dommages collatéraux massifs en cas de nouvelles attaques.Cette pratique rappelle les accusations récurrentes portées contre les proxies iraniens (Hezbollah au Liban, Houthis au Yémen, milices en Irak et Syrie, Hamas à Gaza), régulièrement accusés d’utiliser des civils comme boucliers humains. Si elle est confirmée à grande échelle en Iran même, elle pourrait constituer une violation du droit international humanitaire, en particulier des principes de distinction et de proportionnalité (Protocole additionnel I aux Conventions de Genève).Dans certaines zones, des évacuations partielles d’habitations voisines ont été signalées, mais sans plan d’évacuation global ni mesures de protection apparentes pour les résidents restants, notamment les enfants scolarisés.
 
Contexte de l’escalade
 
Ces mouvements interviennent alors que les frappes américano-israéliennes visent prioritairement les infrastructures militaires, nucléaires et de commandement de l’IRGC, y compris dans le Rojhelat où de nombreuses bases ont déjà été touchées (Paveh, Mahabad, Sanandaj, Urmia…). Téhéran a riposté par des salves de missiles et drones contre des bases américaines et des sites civils dans plusieurs pays du Golfe, accentuant la crainte d’une spirale incontrôlable.
 
En l’absence de confirmation indépendante exhaustive (les accès aux zones concernées restant très limités), ces informations doivent encore être croisées et vérifiées. Elles soulèvent néanmoins une alarme légitime quant à la sécurité des civils iraniens, kurdes en particulier, pris en étau dans un conflit dont ils ne sont pas responsables.
La communauté internationale, les organisations humanitaires et les mécanismes de monitoring (ONU, FIDH…) appellent à la protection stricte des civils et à des enquêtes sur tout usage potentiel de boucliers humains.

#IranWar – Ankara et Bakou profitent de la guerre : Empêcher l’autonomie kurde à tout prix

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IRAN / ROJHILAT – Dans le contexte de la guerre actuelle opposant les États-Unis et Israël à l’Iran, deux voisins du nord de l’Iran – la Turquie et l’Azerbaïdjan – multiplient les signaux d’une possible intervention militaire qui inquiètent profondément les Kurdes d’Iran…

L’Azerbaïdjan accuse officiellement l’Iran d’avoir lancé une attaque de drones sur son enclave de Nakhchivan le 5 mars 2026 : un drone aurait frappé le terminal de l’aéroport international de Nakhchivan, un autre serait tombé près d’une école. Bakou a convoqué l’ambassadeur iranien, condamné l’acte comme une violation du droit international et « réservé le droit de mesures de représailles appropriées ». De plus, des renforts militaires azéris ont été signalés le long de la frontière iranienne, alimentant les craintes d’une escalade.
De son côté, la Turquie prépare depuis plusieurs jours des plans officiellement « pour gérer un afflux massif de réfugiés iraniens » mais en réalité pour contrer une éventuelles autonomie kurde.
 
Le ministre turc de l’Intérieur Mustafa Çiftçi a annoncé des mesures inquiétantes : des camps et une zone tampon à la frontière, voire intervention sur le sol iranien pour contenir « les flux à la source ». Officiellement présenté comme une mesure humanitaire, ce dispositif vise surtout à empêcher toute émergence d’une autonomie kurde dans le nord-ouest de l’Iran (Rojhelat / Kurdistan oriental), où les groupes kurdes pourraient profiter du chaos pour consolider leur contrôle.
 
Une intervention conjointe ou coordonnée turco-azérie dans le nord de l’Iran représenterait un danger existentiel pour les Kurdes d’Iran. Historiquement persécutés, privés de droits linguistiques et culturels, surreprésentés parmi les exécutés et les prisonniers politiques, les Kurdes risqueraient un nouvel épisode de répression massive – voire de nettoyage ethnique – sous couvert de « lutte antiterroriste » ou de « sécurisation des frontières ».
 
Alors que les Kurdes iraniens n’ont ni armée puissante ni allié direct capable de les protéger efficacement, une telle opération turco-azérie aggraverait leur isolement et leur vulnérabilité.
 
Les peuples kurdes, déjà divisés et opprimés dans les quatre pays qui se partagent leur patrie historique, méritent une reconnaissance internationale urgente : autonomie, protection des droits humains et, idéalement, une zone d’exclusion aérienne (no-fly zone ou no-flight zone en anglais) pour empêcher de nouveaux massacres.

Peuple colonisé, réalités contrastées : Les Kurdes face à quatre États

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KURDISTAN – Les Kurdes, peuple colonisé entre quatre pays (Turquie, Iran, Irak et Syrie), vivent des réalités contrastées : autonomie fédérale au Kurdistan d’Irak (KRG), mais persécution systématique et absence totale de droits en Turquie, Syrie et surtout en Iran, où la région kurde – Rojhelat (Kurdistan oriental) – est historiquement au cœur de la résistance nationale depuis la République de Mahabad (1946) jusqu’au soulèvement « Femmes, Vie, Liberté » déclenché par l’assassinat de Jina Mahsa Amini en 2022. Voici quelques points clés par la chercheuse kurdophone, Meghan Bodette, pour mieux comprendre la question kurde qui s’impose de nouveau sur la scène internationale à cause de la guerre Iran vs Etats-Unis et Israël :
Explication de la politique régionale kurde, par une personne qui vit dans la région et qui parle la langue.
 
1) Les Kurdes sont un groupe ethnique réparti entre la Turquie, l’Iran, l’Irak et la Syrie.
 
Ces pays présentent des structures politiques très différentes, tant à l’intérieur qu’entre eux.
 
2) Les Kurdes d’Irak bénéficient d’une autonomie dans le cadre du système fédéral irakien depuis 2003.
 
Il s’agit de la région du Kurdistan d’Irak (KRI) ou du gouvernement régional du Kurdistan (KRG).
 
Elle est dirigée par le Parti démocratique du Kurdistan (PDK) et l’Union patriotique du Kurdistan (UPK).
 
3) Les Kurdes de Turquie, de Syrie et d’Iran ne bénéficient d’aucun statut juridique officiel, de aucun droit ni d’aucune reconnaissance et sont persécutés par les gouvernements centraux de ces trois États. De nombreux mouvements de résistance ont vu le jour en réaction.
 
4) Les régions kurdes d’Iran, connues sous le nom de Kurdistan oriental ou Rojhelat (qui signifie « Est » en kurde), sont depuis des décennies le cœur de la lutte nationale kurde.
 
Le premier État kurde moderne, la République du Kurdistan, a été fondé à Mahabad en 1946 et écrasé par l’Iran la même année.
 
5) Les groupes kurdes se sont opposés à la monarchie en 1979 et ont ensuite été les derniers à résister à l’imposition de la République islamique dans les années 1980. Là encore, pendant un certain temps, les régions kurdes se sont gouvernées elles-mêmes jusqu’à ce que le gouvernement central parvienne à les réprimer.
 
6) Jina Amini, assassinée par la police des mœurs de la République islamique et à l’origine du soulèvement « Femmes, Vie, Liberté » de 2022, était une Kurde. Ce soulèvement, qui a débuté dans les régions kurdes, a engendré une répression d’État d’une violence inouïe depuis lors.
 
7) Aujourd’hui, en Iran, les Kurdes ne peuvent ni parler librement leur langue ni pratiquer leur culture. Ils représentent une part disproportionnée des prisonniers politiques et des personnes exécutées par rapport à leur poids démographique. Ils ne disposent d’aucun moyen démocratique d’exprimer leur désaccord.
 
8) Les groupes kurdes iraniens doivent donc opérer en exil. Cela signifie généralement au Kurdistan irakien.
 
Mais le Kurdistan irakien, petit territoire enclavé et entouré d’acteurs hostiles plus importants, ne peut se permettre de provoquer l’Iran.
 
9) Les groupes kurdes iraniens réclament l’autonomie et les droits des Kurdes en Iran et ont affronté l’État, parfois par la force, pour les obtenir.
 
Le Kurdistan irakien souhaite préserver son autonomie en Irak et ne provoquera pas les États voisins susceptibles de le menacer.
 
Des acteurs différents, des intérêts différents.
 
10) Nous avons maintenant établi que les Kurdes d’Irak et les Kurdes d’Iran ont des structures politiques, des objectifs et des relations différents avec leurs États centraux respectifs.
 
Nous avons également établi que les Kurdes d’Iran se battent depuis près d’un siècle, et pas seulement depuis cette année ou cette guerre.

IRAN. Diversion militaire et risque d’escalade pour les Kurdes

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IRAN / ROJHILAT – Alors qu’il y a une campagne de désinformation sans précédent concernant le rôle que les Kurdes vont jouer dans la guerre Iran vs Etats-Unis et Israël, la chercheuse Rojîn Mûkrîyan nous explique pourquoi les États-Unis et Israël pourraient avoir intérêt à ouvrir un front militaire à Rojhelat (Kurdistan de l’Est dans le nord-ouest de l’Iran) et les risques et avantages que cela impliquerait.
 

Voici l’analyse de Rojîn Mûkrîyan :

 
Quelques réflexions sur les raisons pour lesquelles les États-Unis et Israël pourraient vouloir ouvrir une ligne de front au Rojhelat (nord-ouest de l’Iran), région à majorité kurde :
 
Premièrement, les Kurdes sont mieux organisés, disposent de capacités militaires et font preuve d’une forte volonté de combattre le régime depuis sa mise en place. Mais ce n’est pas tout.
 
En ouvrant une ligne de front au Rojhelat, Israël et les États-Unis pourraient y gagner beaucoup.
Avant tout, ils pourraient utiliser la menace d’une intervention militaire kurde pour faire pression davantage sur la République islamique d’Iran et l’amener à négocier avec les États-Unis.
 
Ensuite, l’ouverture d’une ligne de front au Rojhelat pourrait circonscrire le conflit aux frontières iraniennes. Si la République islamique d’Iran devait faire face à des forces kurdes à l’intérieur de son territoire, elle serait contrainte de consacrer du temps et des ressources à les combattre. De ce fait, moins de missiles et de drones franchiraient la frontière, ce qui pourrait réduire la pression sur Israël et les pays du Golfe.
 
Et enfin, renverser le régime, s’il refuse finalement de se soumettre, exigerait des forces terrestres, et non pas seulement la supériorité aérienne. Dans ce contexte, les Kurdes pourraient se révéler particulièrement indispensables aux États-Unis et à Israël.
 
L’éventualité d’une implication des forces kurdes pourrait avoir de graves conséquences pour les Kurdes et les autres populations du Rojhelat. Le régime pourrait aisément lancer des missiles et des drones sans discernement et en toute impunité. Des milices chiites pourraient également appeler au djihad chiite et se mobiliser contre les Kurdes.
 
Il ne s’agit pas d’un argument contre l’action ou l’engagement. Au contraire, l’engagement et l’action kurdes doivent être réfléchis, plus prudents et opportuns.
 
Je suis certaine que les partis politiques kurdes feraient preuve de prudence dans leurs calculs politiques et ne mettraient pas en danger la vie des civils sans certaines garanties politiques.

KURDISTAN. Erbil secouée par de fortes explosions

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IRAK / KURDISTAN – Ce soir aussi, la ville kurde d’Erbil (Hewler) a été secouée par des explosions dues aux drones / ou missiles. On ne sait pas encore s’il s’agit d’attaques lancées depuis l’Iran ou par des milices chiites irakiens pro-Iran. De fortes explosions ont été entendues mercredi soir dans la ville kurde d’Erbil (Hawler). Un des cites ciblés est un grand complexe résidentiel du quartier chaldéen-syriaque-assyrien d’Ankawa, à Arab’ilo (Erbil) qui a été gravement endommagé cette nuit par des tirs de roquettes et/ou de drones. Auparavant, des factions chiites affiliées à la soi-disant « Résistance islamique » au sein des Forces de mobilisation populaire (FMP) avaient annoncé des attaques ciblant les intérêts américains à Hawler à l’aide de drones. Depuis plusieurs jours, les régions kurdes d’Irak sont la cible d’attaques iraniennes alors que la guerre entre l’Israël / Etats-Unis vs l’Iran fait rage dans tout le Moyen-Orient.  

SUISSE. Les femmes en campagne contre la guerre à la veille du 8 mars

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SUISSE – A l’approche de la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars, et face à la nouvelle l’escalade du conflit au Moyen-Orient provoquée par l’intervention américaine et israélienne en Iran, des militantes de différentes nationalités, dont des kurdes, ont lancé créé le collectif « Libérez toutes les femmes (Free all women) » et lancé une pétition du même nom contre les violences faites aux femmes en temps de guerre. Lancée en ligne sous le nom « Libérez toutes les femmes », la campagne se déroulera également physiquement dans cinq villes suisses le 7 mars. Les militantes ont déclaré : « Face à la reprise du chaos lié à la guerre, des femmes de diverses communautés se rassemblent à l’occasion de la Journée internationale des femmes, le 8 mars, pour s’unir contre les violences sexuelles utilisées comme arme de guerre. C’est un pas dans la bonne direction. Et pourtant, des femmes d’horizons différents – chrétiennes, laïques, kurdes, yézidies, musulmanes, juives – se tiennent consciemment côte à côte. » La violence sexuelle n’est pas un sous-produit de la guerre. Ce n’est pas un simple hasard ; c’est une arme de guerre délibérément utilisée à des fins de destruction, d’humiliation et d’intimidation.   En cette période de polarisation, les espaces d’empathie et de tolérance face à l’incertitude se font de plus en plus rares. Ce projet vise également à répondre à ce besoin.  En tant qu’État garant des Conventions de Genève, la Turquie a des obligations claires en vertu du droit international humanitaire et devrait jouer un rôle actif dans ces domaines.  Le samedi 7 mars, des signatures seront recueillies à des stands installés dans les principales villes de Suisse : Zurich, Berne, Bâle, Lausanne et Genève. Les signatures recueillies seront soumises au Parlement fédéral suisse. Les quatre principales revendications de la campagne sont : 1. Mise en œuvre contraignante et mesurable de la résolution 1325 de l’ONU ; objectifs transparents, rapports et actions concrètes.   2. Tenir l’auteur des faits responsable : coopération active avec la Cour pénale internationale de La Haye, sanctions, principe de compétence universelle et gel des avoirs.   3. Un soutien sûr et défini pour les victimes : financement spécifique, traitement des traumatismes et programmes de protection.   4. Pas de place pour le deux poids deux mesures en matière de diplomatie : une condamnation claire quel que soit l’auteur des faits et une politique étrangère cohérente.   La déclaration appelait également à ce que les violences sexuelles en temps de guerre soient considérées comme un crime de guerre, à la solidarité avec toutes les victimes et à une prise de position contre toutes les formes de discrimination et d’humiliation inhumaines.   Lieux où les signatures seront recueillies le 7 mars : 1- Zurich : Tessinerplatz (Bahnhof Enge) 15h-17h 2- Berne : Kornhausplatz 15h-17 3- Bâle : Tellplatz 15h-17h 4- Lausanne : Place des Pionnières 15h-18h 5- Genève : Place Molard-Fontaine 13h-17h La campagne peut être suivie sur le site Free All Women

IRAN. 2 400 morts en six jours de guerre

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IRAN / ROJHILAT – En six jours d’attaques israélo-américaines ciblant l’Iran, dont les régions kurdes, au moins 2 400 personnes (310 civils et 2 090 militaires iraniens) ont perdu la vie selon les statistiques de l’ONG hengaw.
Alors que la guerre entre les États-Unis, Israël et la République islamique d’Iran entre dans son sixième jour, les constatations et la documentation de terrain de l’organisation de défense des droits humains Hengaw se poursuivent, et selon les statistiques confirmées par Hengaw, au moins 2 400 personnes (310 civils et 2 090 militaires iraniens) ont perdu la vie jusqu’à présent.
 

Répartition des victimes et étendue géographique des attaques

 
D’après les statistiques de l’ONG Hengaw, entre le 28 février et aujourd’hui (4 mars), des centres militaires et gouvernementaux ont été la cible d’attaques aériennes et de missiles dans 163 villes réparties dans 24 provinces iraniennes. Parmi ces cibles figuraient des bases des Gardiens de la révolution, des centres du Bassidj, des aéroports militaires, des sites de missiles, des commissariats de police, des institutions judiciaires, des sièges de l’agence de renseignement, des casernes et des quartiers généraux d’unités spéciales.
 
Selon ce rapport, le plus grand nombre de victimes militaires a été enregistré dans les provinces suivantes :
 
– Province de Téhéran
– Province de Kermanshah (en kurde : Kirmaşan)
– Province du Kurdistan (Sanandaj, en kurde : Sinê )
– Province de l’Azerbaïdjan occidental (Urumiyah, en kurde: Wurmê)
– Province de l’Azerbaïdjan oriental
– Province du Sistan et Baloutchistan
– Province d’Ispahan
– Province d’Alborz
– Province d’Ilam 
 

Civils

 
Exprimant sa profonde préoccupation face aux pertes civiles, l’agence onusienne confirme que c’est dans la province d’Hormozgan que l’on déplore le plus grand nombre de victimes civiles. Selon les documents disponibles, une grande partie des victimes étaient des écolières de l’école primaire « Shajre Tayyiba ». Outre Hormozgan, des victimes civiles, dont plusieurs enfants et femmes, ont également été recensées dans les provinces de Téhéran, du Kurdistan, de Kermanshah, du Khorasan Razavi, de Qazvin, d’Alborz, d’Azerbaïdjan occidental (Urumieh) et d’Azerbaïdjan oriental. D’après le rapport, 310 civils ont été tués dans ces attaques à ce jour, soit 13 % du nombre total de victimes.
 
Et ce, malgré le fait que la République islamique n’ait pas évacué les zones résidentielles proches des institutions militaires et de sécurité et des casernes, malgré les conditions de guerre, et que les habitants tentent de sauver leur vie en évacuant et en se déplaçant vers des endroits relativement sûrs de manière spontanée et décentralisée.
 
L’Observatoire a également reçu de nombreux rapports indiquant que les forces militaires iraniennes ont quitté leurs sites militaires et se sont installées dans des écoles, des dortoirs scolaires et des mosquées situés dans des zones résidentielles civiles, ce qui pourrait alourdir le bilan des victimes civiles.
 
Depuis le début de la guerre, les familles des détenus et des prisonniers ignorent tout de leur situation, et les conditions de détention sont jugées dangereuses dans certaines zones. Selon Hengaw, les gardiens ont verrouillé les portes de plusieurs cellules de la prison de Qezl-e Hassar, les empêchant ainsi de se mettre à l’abri en cas d’urgence ou de frappes aériennes.
 
De plus, un grand nombre de prisonniers, y compris des prisonniers politiques, ont été libérés sous caution sur la base de cette résolution dans les villes de Marivan, Naqdeh, Salmas, Urmia, Sanandaj, Mahabad et Ilam.
 
 
 

Pertes massives des forces gouvernementales au Kurdistan et dissimulation des statistiques

 
Au cours des six derniers jours, et plus particulièrement lundi, mardi et mercredi, les avions de guerre israéliens et américains ont mené des attaques plus intenses contre des sites militaires et gouvernementaux, et au moins 109 bases militaires et centres de sécurité de la République islamique d’Iran ont été ciblés dans 30 villes des provinces d’Ilam, de Kermanshah, du Kurdistan et d’Azerbaïdjan occidental (Urumiyah).
 
Le suivi effectué par Hengaw montre qu’au cours des trois derniers jours, le nombre le plus élevé de soldats gouvernementaux tués a été enregistré dans ces quatre provinces, soit 400 personnes.
 
Près de 40 civils ont également été tués lors de ces attaques, la plupart ayant été recensées dans les villes d’Urmia, de Sanandaj et de Kermanshah.
 
Dans son précédent rapport, Hengaw affirmait que les services de sécurité refusaient de publier des statistiques précises sur les pertes militaires, notamment dans les villes du Kurdistan, et que, dans certains cas, ils avaient publié des chiffres bien inférieurs à la réalité. Hengaw insistait sur la nécessité de transparence quant à l’identification des victimes et sur l’importance de protéger la vie des civils dans les conflits armés, conformément aux conventions internationales.
 
Depuis le troisième jour de la guerre, l’accès à Internet en Iran est gravement et définitivement perturbé, et les canaux de communication sécurisés permettant aux citoyens iraniens d’accéder à l’information libre sont bloqués.
 
L’Organisation iranienne des droits humains, Hengaw appelle une fois de plus les organisations internationales à contraindre strictement les parties belligérantes à protéger la vie des civils en accordant une attention particulière aux victimes civiles, notamment au vu des politiques de dissimulation de la République islamique.

IRAN. Fin du régime iranien dans les régions kurdes ?

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IRAN / ROJHILAT – L’analyste en politique et en sécurité internationale, Ceng Sagnic déclare que les groupes kurdes vont prendre le contrôle des régions kurdes d’Iran dans les prochains jours, sans que le régime iranien s’y oppose…
 
 
Ceng Sagnic a écrit ce matin, sur son compte Twitter (X) que « Les forces de la Coalition des forces politiques du Kurdistan iranien [basés au Kurdistan d’Irak] traverseront le territoire iranien dans les prochains jours, non pas pour mener un soulèvement, mais pour prendre le contrôle de plusieurs villes et provinces de l’ouest d’Iran, également connu sous le nom du Kurdistan d’Iran.
 
Les forces du régime [iranien] ne résisteront pas. »
..
 

Les USA ont trahi les Kurdes, les Russes encore plus !

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KURDISTAN – En pleine guerre Iran vs USA et Israël, on reparle de la trahison américaine en Syrie où on a jeté en pâture les Kurdes (fer de lance de la coalition  internationale anti-EI) aux gangs de Damas qui ont écrasé l’autonomie du Rojava. Mais quid des trahisons russes envers les Kurdes qui sont pourtant plus anciennes et nombreuses que celles des USA ? Voici une liste de « trahisons russes » ayant ciblé les Kurdes depuis le XXe siècle.   La Russie, championne toutes catégories de la trahison kurde : de Mahabad au retrait de Qamishlo en 2026
Pendant que vous [Alexander Dugin, sociologue et politologue russe] versez des larmes de crocodile pour les « pauvres Kurdes » et leur prétendue « absence de réflexion stratégique » et leur « foi aveugle dans les trahisons américano-israéliennes », parlons plutôt du bilan impeccable de la Russie en matière d’utilisation des Kurdes comme pions jetables, puis de trahison à la moindre occasion.
 
Époque ottomane / Empire russe : Au XIXe siècle, la Russie tsariste courtisa les tribus kurdes, les étudiant avec une attention obsessionnelle (dont la kurdologie russe est issue), et encouragea les révoltes contre les Ottomans afin d’affaiblir Istanbul lors des guerres russo-turques à répétition. Certains groupes kurdes combattirent même pour la Russie. Mais l’indépendance ? Jamais. Les Kurdes n’étaient pour eux qu’un obstacle utile à l’expansion russe, jamais des partenaires potentiels pour la création d’un État.
 

1923–1930 : « Kurdistan rouge »

Les bolcheviks créèrent un véritable district autonome kurde (« Kurdistan Uezd » / Kurdistan rouge) au sein de l’Azerbaïdjan soviétique. Les Kurdes obtinrent leur propre territoire… jusqu’à ce que Staline le dissolve en 1929-1930, abolisse l’autonomie, assimile la population à l’Azerbaïdjan, puis déporte [plusieurs centaines de milliers] de Kurdes soviétiques en Asie centrale lors des purges de 1937. Quel bel exemple de « libération nationale » !
 

1946 : République du Kurdistan à Mahabad

Le summum de la trahison soviétique. Après la Seconde Guerre mondiale, alors qu’elle occupait le nord de l’Iran, Moscou créa la République du Kurdistan à Mahabad – la première république kurde de l’histoire moderne – avec Qazi Muhammad comme président et Mustafa Barzani comme ministre de la Guerre. Staline promit la lune aux Kurdes (« tant que l’Union soviétique existera, les Kurdes auront leur indépendance »).
Puis, après avoir obtenu des concessions pétrolières et subi les pressions de l’ONU et des États-Unis, l’Armée rouge se retira en décembre 1946. Quelques jours plus tard, les troupes iraniennes envahirent le territoire, exécutèrent publiquement les dirigeants et anéantirent la république. Une manœuvre russe classique : utiliser les Kurdes pour faire pression sur l’Iran, puis les abandonner comme une vieille chaussette une fois l’accord conclu.
 

Syrie / Rojava — les répétitions se poursuivent

La Russie a soutenu Assad, s’est coordonnée avec les Kurdes contre l’EI quand cela l’arrangeait, puis les a trahis à plusieurs reprises :
 
En 2018, la Russie a donné son feu vert à l’invasion d’Afrin par la Turquie, a ouvert son espace aérien et a permis à Erdogan de procéder à un nettoyage ethnique dans un canton kurde alors que les Kurdes combattaient encore Daech. Les commandants kurdes ont ouvertement dénoncé cette action comme une trahison de la Russie.
 
2024-2026 : La Russie a maintenu des bases au Rojava (Qamishli, etc.), promis sa protection, puis a discrètement retiré ses forces tandis que les nouvelles autorités syriennes (avec l’aval de la Turquie) s’activaient pour « rétablir l’intégrité territoriale ». Poutine lui-même a salué l’offensive contre les zones kurdes. Le même scénario se répète.
 
Les Kurdes n’ont pas d’État non pas parce qu’ils sont « mauvais en stratégie », mais parce que toutes les grandes puissances — les États-Unis, la Russie, la Turquie, l’Iran, Israël, les Arabes — les ont traités exactement de la même manière : des alliés utiles lorsqu’ils affaiblissent votre ennemi, une menace existentielle dès l’instant où ils réclament une véritable souveraineté.
 
La Russie a trahi les aspirations à l’indépendance des Kurdes avec plus de constance et de cynisme que quiconque aux XXe et XXIe siècles. Qu’elle ait au moins la décence d’admettre cela au lieu de donner des leçons de « réflexion stratégique » depuis Moscou.
 
Les Kurdes ont survécu aux empires, aux génocides et à de multiples trahisons de tous bords. Ils survivront à cette épreuve aussi.
 
Pauvres Kurdes ? Peut-être. Mais stratégiquement naïfs ? Regardez-vous dans un miroir, Monsieur Dugin. (Liste dressée par Selîm)

La Turquie fera tout pour écraser un soulèvement kurde en Iran

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IRAN / KURDISTAN – La Turquie suit de très près la guerre opposant les États-Unis et l’Israël à l’Iran et anticipe l’éventualité d’un soulèvement des Kurdes du Rojhilat (partie du Kurdistan colonisée par l’Iran) pour se libérer de la domination perse. Elle est prête à l’écraser dans le sang en mobilisant son armée et ses mercenaires basés notamment en Syrie. Que personne ne se persuade du contraire. Le plus grand ennemi des Kurdes est la Turquie colonialiste soutenue par l’Occident et pour ceux qui s’imaginent que les « relations » entre le clan des Barzanî et l’État turc pourraient jouer un rôle quelconque dans cette équation, lisez bien le poste suivant de Scharo Maroof.
 
 
« L’idée que la Turquie n’interviendra pas en *Iran* si les Kurdes se soulèvent et parviennent à libérer les zones kurdes d’Iran, en se basant sur la perception de relations amicales entre le PDK et la Turquie, relève du vœu pieux.
 
Le fait est que :
La Turquie s’est fortement ingérée dans le référendum d’indépendance kurde et le conflit de Kirkouk, appelant les Kurdes (Gouvernement régional du Kurdistan) à abaisser les drapeaux kurdes dans la ville de Kirkouk. Elle a déclaré considérer ce référendum et le contrôle kurde de Kirkouk comme une menace pour sa sécurité nationale.
Allant même jusqu’à laisser entendre, de manière vague, une possible intervention militaire si le gouvernement régional du Kurdistan ne renonçait pas à ses ambitions.
« Les Kurdes seront affaimés » est une déclaration célèbre d’Erdogan perçue comme une menace par le peuple du Kurdistan.
 
Partant de ce constat, il est tout à fait erroné de supposer que la Turquie n’interviendra pas dans les affaires du Rojhelat et de l’Iran pour freiner les aspirations kurdes ; les relations amicales avec la Turquie peuvent se rompre à tout moment, comme en témoigne le fait qu’elles se sont déjà rompues brutalement par le passé. »