- les infrastructures énergétiques (champs pétroliers et gaziers),
- les bases des forces américaines stationnées dans la région,
- ou encore certaines factions kurdes.
KURDISTAN. L’Iran a ciblé un hôtel à Erbil
ROJAVA. Les familles kurdes exigent la libération des otages
- La libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers civils et combattants kurdes détenus arbitrairement ;
- L’application effective des conventions internationales sur les droits humains et les prisonniers de guerre ;
- L’ouverture d’enquêtes indépendantes par des commissions internationales (ONU, Croix-Rouge) sur les conditions de détention, les tortures et les exécutions extrajudiciaires ;
- L’élucidation du sort des disparus et la restitution des corps aux familles pour des funérailles dignes.
Revendiquer l’unification du Kurdistan n’est pas du « séparatisme » !
- Au XVIIe siècle, le traité de Qasr-e Shirin (1639) entre l’Empire ottoman et l’Empire safavide (persan) trace une première ligne de partage approximative, coupant le Kurdistan en deux zones d’influence ottomane et persane.
- Après la Première Guerre mondiale, l’effondrement de l’Empire ottoman ouvre une fenêtre historique. Le traité de Sèvres (1920) prévoit explicitement un Kurdistan indépendant ou autonome (articles 62-64). Mais Mustafa Kemal Atatürk, à la tête du mouvement national turc, rejette ce traité. Le traité de Lausanne (1923) l’annule purement et simplement : aucune mention du Kurdistan, et les territoires kurdes ottomans sont intégrés à la nouvelle République de Turquie.
- Parallèlement, les accords secrets Sykes-Picot (1916) entre la France et le Royaume-Uni découpent les territoires arabes ottomans (Syrie, Irak, Liban, Palestine), intégrant les régions kurdes du sud (actuel Kurdistan irakien et syrien) dans des mandats britanniques et français. Ces frontières artificielles, dictées par les intérêts coloniaux (pétrole de Mossoul, contrôle stratégique), ignorent totalement les réalités ethniques.
- Kurdistan du Nord (sous l’occupation de la Turquie) : environ 15-20 millions de Kurdes, assimilés de force sous le label « Turcs des montagnes ».
- Kurdistan du Sud (sous l’occupation d’Irak) : région autonome depuis 1991, avec un gouvernement régional (KRG) et un référendum d’indépendance en 2017 (92 % pour le « oui », mais bloqué internationalement).
- Kurdistan de l’Est (ou Rojhilat, sous l’occupation iranienne) : réprimé sous la République islamique, avec des soulèvements récurrents (comme après la mort de Jina Mahsa Amini en 2022).
- Kurdistan de l’Ouest (ou Rojava, sous l’occupation syrienne) : administration autonome depuis 2012, modèle démocratique confédéral, mais menacée par les invasions turques.
- Les Kurdes ne cherchent pas à se séparer d’une entité homogène qu’ils auraient quittée ; ils demandent la réunification d’un peuple et d’un territoire artificiellement divisé par des puissances extérieures et par les nationalismes étatiques post-ottomans.
- C’est une forme classique d’irrédentisme (revendication de territoires « non-rédemptés » ou « perdus »), comparable à d’autres cas historiques (comme l’Alsace-Lorraine pour la France après 1871, ou certaines revendications pan-arabes ou pan-iraniennes).
- Les États turc, persan et arabe (dans leurs versions nationalistes) ont intégré des territoires kurdes majoritaires par la force ou par des traités coloniaux, puis imposé une assimilation culturelle (interdiction de la langue kurde à certaines époques, déportations, etc.). Ils sont donc les « séparatistes » au sens où ils ont séparé une nation préexistante.
- La géopolitique régionale (opposition farouche de la Turquie, l’Iran et souvent l’Irak).
- Le manque d’unité kurde interne (divisions entre partis comme KDP, PKK, PYD).
- L’absence de soutien international fort (les puissances occidentales préfèrent des alliés kurdes tactiques contre Daech ou l’Iran, sans reconnaître un État indépendant).
Qui sont les Kurdes ? demandent les Américains
1. Au Bashur (Kurdistan d’Irak) : L’effondrement brutal
Pour les Kurdes d’Irak, les conséquences furent immédiates et catastrophiques.
-
L’arrêt du soutien logistique : Du jour au lendemain, le Chah a fermé la frontière et coupé l’approvisionnement en munitions et en vivres. La CIA, qui finançait également le mouvement via l’Iran, a cessé toute aide.
-
L’effondrement de la révolte (Aylul) : La résistance de Mustafa Barzani, qui contrôlait de vastes zones, s’est écroulée en moins de deux semaines. Le mouvement a dû ordonner l’arrêt des combats pour éviter un massacre total.
-
Déportations et Arabisation : Libéré de la menace militaire kurde, Saddam Hussein a intensifié sa politique de « ceinture arabe », déportant des milliers de Kurdes vers le sud de l’Irak et remplaçant les populations locales par des colons arabes, notamment autour de Kirkouk.
-
Scission politique : L’échec de 1975 a provoqué une rupture majeure dans le mouvement kurde, menant à la création de l’UPK (Union Patriotique du Kurdistan) par Jalal Talabani en 1975, marquant le début d’une rivalité historique avec le PDK.
2. Au Rojhilat (Kurdistan d’Iran) : Le gel et la surveillance
Contrairement au Bashur, il n’y avait pas de conflit armé de grande ampleur au Rojhilat en 1975, mais l’accord a verrouillé la région.
-
L’Irak s’est engagé à ne plus soutenir les groupes d’opposition iraniens (dont les Kurdes du PDKI). Le Chah a pu ainsi concentrer la redoutable SAVAK (police secrète) sur la surveillance interne du Rojhilat.
-
Plus de 100 000 Kurdes du Bashur ont fui vers l’Iran. Le Chah les a parqués dans des camps sous contrôle militaire, craignant que leur idéologie nationaliste ne « contamine » les Kurdes d’Iran.
-
La trahison du Chah a poussé une partie de l’intelligentsia kurde d’Iran à se détourner de la diplomatie régionale et à se rapprocher des mouvements de gauche clandestins, ce qui préparera le terrain pour la révolte de 1979.
#IRANWAR. Le Kurdistan agressé de toute part
KURDISTAN – Le Kurdistan agressé de toute part incarne une nouvelle tragédie dans une histoire déjà trop longue de promesses trahies et de pressions écrasantes.
En ce début mars 2026, alors que la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran fait rage depuis plusieurs jours, la Région autonome du Kurdistan irakien se retrouve une fois de plus au cœur d’un étau mortel. D’un côté, l’Iran – via ses Gardiens de la Révolution et ses proxies – multiplie les frappes de missiles et de drones sur Erbil et ses environs, ciblant explicitement les bases et quartiers généraux de groupes kurdes iraniens exilés (Komala, PDKI, PAK et autres). Téhéran justifie ces attaques en accusant ces mouvements d’être des « séparatistes terroristes » soutenus par les « ennemis américain et sioniste », et en affirmant vouloir empêcher toute incursion transfrontalière. Des dizaines de ces bombardements ont déjà eu lieu depuis fin février, touchant parfois des zones civiles et semant la peur dans une population qui n’a rien demandé. De l’autre côté, les États-Unis – sous la présidence Trump – exercent une pression croissante sur les autorités kurdes irakiennes (KRG) pour qu’elles s’alignent plus activement dans le conflit contre l’Iran. Des appels directs ont été rapportés entre Donald Trump et des leaders comme Masoud Barzani ou Bafel Talabani. Washington et la CIA explorent ouvertement l’idée d’armer et de soutenir des groupes kurdes iraniens basés en Irak pour ouvrir un nouveau front terrestre, étirer les forces iraniennes et peut-être déclencher une révolte interne. Certains rapports évoquent même un possible soutien logistique ou aérien américain à une telle opération. Le résultat ? Les Kurdes d’Irak se retrouvent coincés entre deux feux : les représailles iraniennes qui les bombardent pour les punir d’abriter (ou de tolérer) des opposants iraniens, et les demandes américaines qui les somment de choisir un camp – au risque de perdre leur fragile autonomie, leur stabilité relative et les acquis arrachés depuis 1991. Les autorités kurdes irakiennes, par la voix de Masrour Barzani notamment, ont tenté de proclamer une neutralité, mais dans ce genre de guerre régionale, la neutralité n’existe presque plus.On empêche les Kurdes d’avoir leur libre arbitre, comme toujours…
Cette situation n’est pas nouvelle. Elle répète un schéma tragique : les Kurdes sont courtisés quand ils peuvent servir d’alliés tactiques contre un ennemi commun (Saddam hier, Daech plus récemment, Téhéran aujourd’hui), puis abandonnés ou punis quand les priorités géopolitiques changent. Leur aspiration à l’autodétermination – ou même simplement à la sécurité – est systématiquement instrumentalisée, jamais réellement respectée. Aujourd’hui, le Kurdistan irakien paie le prix de sa position géographique stratégique, de ses ressources pétrolières et de son rôle de refuge pour les opposants kurdes iraniens. Mais au fond, ce sont les civils kurdes – à Erbil, Sulaymaniyah ou ailleurs – qui subissent les conséquences : sirènes, explosions, infrastructures touchées, avenir incertain. Le hashtag #IranWar résume une escalade où les grandes puissances jouent aux échecs avec des peuples entiers. Pour les Kurdes, c’est une énième démonstration que leur sort dépend rarement d’eux-mêmes, mais presque toujours des calculs et des rivalités des autres. Espérons que cette fois, la voix kurde – trop souvent réduite au rôle de pion – parviendra à s’imposer comme sujet et non comme simple objet de la géopolitique régionale.#IranWar. Plus de 125 cibles frappés au Rojhilat

-
Kermanshah : 35
-
Kurdistan : 30
-
Azerbaïdjan occidental : 35
-
Ilam : 25
Principaux types de cibles
-
bases militaires
-
bases frontalières et points de contrôle
-
Infrastructure logistique
-
Centres de sécurité et de police
-
Systèmes radar
-
Postes de police et de sécurité
SYRIE. Attaque armée contre des travailleurs humanitaires près de Raqqa
ROJAVA. Bloqués par les gangs de la Turquie et les menaces sécuritaires : les Kurdes d’Afrin ne peuvent retourner chez eux
Govend comme expression de la mémoire collective kurde
Espace de réseautage dans la diaspora
Les Journées culturelles des femmes kurdes se considèrent comme une plateforme de visibilité culturelle, d’éducation politique et de réseautage de solidarité au sein de la diaspora kurde. La série d’événements est soutenue par plusieurs organisations, dont le Conseil des femmes Dest Dan e.V., Hunera Mizgîn, Jinên Koma Feraşîn û Delîl Çiyager, Jinên Ciwan Berlin, KJAR et le Bureau des femmes kurdes pour la paix – Cênî e.V. Le vendredi 6 mars aura lieu une soirée de chants classiques kurdes, « Dengbêj û Siyaçemane Hewreman ». La série se termine le 7 mars avec une soirée cinéma mettant en vedette les œuvres de Hêvî Nîmat Gatar et Bêrîvan Saruhan. Ce programme marque la fin de la série avant que les organisateurs ne tournent leur attention vers la Journée internationale des droits des femme, le 8 mars. (ANF)