TURQUIE. La police attaque une marche organisée par les femmes kurdes
TURQUIE / KURDISTAN – À Van, la police turque a attaqué une marche organisée par le Mouvement des femmes kurde TJA et détenu au moins 18 personnes.
Le Mouvement des femmes libres (TJA) a organisé une manifestation dans la province kurde de Van sous le slogan « Femmes en marche vers la liberté ».
Des centaines de femmes, dont la coprésidente du Parti des régions démocratiques (DBP), Çiğdem Kılıçgün Uçar, se sont rassemblées dans la rue Sanat de la ville, pour marcher jusqu’au bâtiment provincial du DBP.
Pour tenter d’empêcher la marche, la police a violemment attaqué le groupe et blessé de nombreuses femmes, dont des parlementaires. Au moins 18 manifestants ont été traînés au sol et placés en garde à vue. Les personnes détenues sont Helin Demirtepe, Zeynep Tağtekin, Gülcan Bedirhanoğlu, Selamet İnedi, Evin Babur, Yıldız Tuncer, Zahide Kutlu, Meryem Ürgül, Mizgin Kaya, Zeynep Sayıner, Delil Aksoy, Veysi Şen, Hekim Karşin, Muhammed Orhan, Hazar Çelik, Neçirvan Kaya, Ertuş Kaya et Necdet Sadat.
Les riverains du quartier ont réagi à la violence policière avec des slogans et ont commencé un sit-in de protestation dans la rue centrale Cumhuriyet.
Après le sit-in, qui a duré près d’une heure, des députés et des citoyens ont manifesté dans la rue en guise de protestation. Des jeunes ont également défilé dans de nombreuses rues, scandant des slogans.
Après l’attaque de la police, une foule a commencé à se former devant le bâtiment provincial du DBP. (ANF)
Amnesty International demande une action urgente pour empêcher l’exécution imminente d’une travailleuse humanitaire kurde
Réagissant aux informations selon lesquelles la Cour suprême d’Iran a rejeté la demande de réexamen judiciaire de la déclaration de culpabilité et de la condamnation à mort de Pakhshan Azizi, 40 ans, travailleuse humanitaire issue de la minorité ethnique kurde opprimée en Iran, Diana Eltahawy, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International, a déclaré :
« La communauté internationale doit immédiatement exhorter les autorités iraniennes à renoncer à l’exécution de Pakhshan Azizi, travailleuse humanitaire détenue arbitrairement et condamnée à mort à l’issue d’un procès manifestement inéquitable devant un tribunal révolutionnaire l’année dernière.
Pakhshan Azizi a été arrêtée uniquement en raison de ses activités pacifiques en faveur des droits humains et de ses activités humanitaires, notamment l’apport d’un soutien humanitaire à des femmes et des enfants dans le nord-est de la Syrie ayant été déplacés à la suite d’attaques menées par le groupe armé État islamique. Au lieu de la menacer d’une exécution imminente, il faut la libérer immédiatement et sans condition.
La décision de la Cour suprême de rejeter sa demande de révision judiciaire montre une fois de plus que les autorités iraniennes restent fermement décidées à employer la peine de mort comme outil de répression politique afin de répandre la peur au sein de la population. Dans un entretien accordé aux médias, l’un des avocats de la jeune femme, Amir Raesian, a déclaré que la décision lui avait été notifiée le 5 février, ajoutant que l’exécution pouvait désormais avoir lieu à tout moment. Il a également souligné que des erreurs choquantes commises dans l’affaire par la juridiction inférieure ont été répétées dans la décision de la Cour suprême.
La peine de mort est un châtiment odieux en toutes circonstances, mais l’imposer à l’issue d’un procès manifestement inique devant un tribunal révolutionnaire, au cours duquel les allégations de Pakhshan Azizi concernant des actes de torture et d’autres mauvais traitements, notamment des violences liées au genre, n’ont fait l’objet d’aucune enquête, rend son application arbitraire et illustre une fois de plus le mépris éhonté des autorités iraniennes pour le droit à la vie. Les gouvernements du monde entier doivent s’élever avec force contre cette injustice, afin d’empêcher l’exécution de Pakhshan Azizi avant qu’il ne soit trop tard. »
Complément d’information
La 26e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran a condamné Pakhshan Azizi à mort en juillet 2024. Elle a été déclarée coupable de « rébellion armée contre l’État » (baghi) uniquement en raison de ses activités pacifiques en faveur des droits humains et de ses activités humanitaires. Par exemple, entre 2014 et 2022, elle a participé à la prestation d’un soutien humanitaire à des femmes et des enfants déplacés à la suite d’attaques du groupe armé État islamique et hébergés dans des camps dans le nord-est de la Syrie et dans la région du Kurdistan irakien. Début janvier 2025, la Cour suprême a confirmé sa déclaration de culpabilité et sa condamnation à mort. La neuvième chambre de la Cour suprême a ensuite rejeté sa demande de révision judiciaire. Le 4 août 2023, des fonctionnaires du ministère du Renseignement ont arrêté Pakhshan Azizi de manière arbitraire à Téhéran et l’ont transférée à la section 209 de la prison d’Evin à Téhéran, qui est sous le contrôle du ministère du Renseignement, puis l’ont maintenue à l’isolement prolongé pendant cinq mois sans qu’elle ne puisse voir un avocat ni sa famille. Selon des sources informées, Pakhshan Azizi a été soumise à la torture et à d’autres mauvais traitements durant les interrogatoires. Des fonctionnaires lui ont dit à plusieurs reprises qu’elle n’avait pas le droit de vivre et ont menacé de l’exécuter. Ils l’ont également soumise à des violences liées au genre afin de la contraindre à « avouer » entretenir des liens avec des groupes d’opposition kurdes, ce qu’elle a nié à plusieurs reprises. Début décembre 2023, elle a été transférée dans le quartier des femmes de la prison d’Evin, où elle est toujours détenue. Amnesty International s’oppose catégoriquement à la peine de mort dans tous les cas et en toutes circonstances.PARIS. Projection de « La révolution par les femmes »
PARIS – Le 14 février prochain, l’association Germinal organise une soirée de projection / débat autour du documentaire « La révolution par les femmes » à la bibliothèque associative de Malakoff, en région parisienne. La projection sera suivie d’un débat en présence de la réalisatrice Mylène Sauloy et d’un buffet partagé.
Synopsis:
« Coincé entre une Turquie agressive, une dictature syrienne qui renaît de ses cendres, et des factions djihadistes criminelles éparses, le petit Rojava – récemment rebaptisé Fédération démocratique du Nord Syrien – mène vaillamment sa révolution féministe. Au beau milieu du chaos syrien, quatre millions de Kurdes, Arabes, Syriaques et autres peuples y vivent en bonne entente. »
Pour le buffet, tout le monde est invité à y contribuer en apportant quelque chose.
RDV le vendredi 14 février à 19h30, à la Bibliothèque associative de Malakoff
14 Impasse Carnot
92240 MALAKOFF
Démocratie radicale et autonomie: des peuples du Sud réunis pour une alternative à la démocratie libérale
Du 2 au 6 février, les peuples autochtones et les mouvements sociaux du Sud global se sont réunis pour une conférence inspirante sur la démocratie radicale en Afrique du Sud.
Du 2 au 6 février, Durban, en Afrique du Sud, est devenue un important centre de discussion pour les voix qui militent en faveur du changement, alors qu’un groupe diversifié de peuples autochtones et de mouvements sociaux du Sud global se sont réunis pour une conférence inspirante sur la démocratie radicale, organisée par la Global Tapestry of Alternatives et le Comité local de crise d’Amadiba (mouvement social basé dans la région d’Amadiba du Pondoland dans le Cap oriental formé en 2007 par des villageois de Xolobeni et des environs pour lutter contre un projet de mine de titane dans leur région), Abahlali Basemjondolo (Les habitants des cabanes).
Cette rencontre organisée par l’Académie de la modernité démocratique (en anglais: Academy of Democratic Modernity – ADM) et le centre Jineoloji, a posé une question cruciale : des communautés aux luttes très différentes peuvent-elles s’unir pour trouver de véritables solutions aux crises mondiales auxquelles nous sommes confrontés aujourd’hui ?
Les participant.e.s représentaient une riche mosaïque de cultures et d’histoires, notamment les Abahlali Mjondolo d’Afrique du Sud, les Ogiek du Kenya, les Dzomsa d’Inde, la communauté Cheran du Mexique, les Mizak de Colombie, la nation zouloue locale et des activistes kurdes membres de la jineoloji (science des femmes), militant.e.s du Kurdistan, du Myanmar, du Panama, de Taiwan, des Philippines et d’autres pays. Chaque groupe a apporté des perspectives uniques façonnées par ses expériences distinctes, mais tous partageaient un objectif commun : explorer les principes de la démocratie radicale et la manière dont ils peuvent être appliqués pour défendre leurs terres et leurs droits. (ANF)
ROJAVA. Un bébé tué par un drone turc
SYRIE / ROJAVA – Une fillette de deux ans blessée lors d’une attaque de drone turc d’hier ciblant le canton de Kobanê a perdu la vie.
Un drone appartenant à l’État turc a ciblé samedi après-midi le village d’Aşmê dans le canton kurde de Kobanê.
Au total, 9 personnes, dont 7 enfants et bébés, ont été blessées dans l’attaque.
La petite Ceylan Hemo, âgée de 2 ans et grièvement blessée lors de l’attaque, n’a pas pu être sauvée. Elle est décédée des suites de ses blessures à l’hôpital de Kobanê. (ANF)
IRAN. Un Kurde abattu par les forces de sécurité à Qasr-e Shirin
IRAN / ROJHILAT – Mohammad Azizi, un jeune Kurde de Kirmaşan, a été abattu par les forces de sécurité à Qasr-e Shirin.
Mohammad Azizi, un Kurde de 34 ans de Qasr-e Shirin, province de Kermanshah (Kermashan), a été abattu par les forces spéciales de la police (Yegan-e Vizhe) et les forces spéciales des « Gardiens des juristes islamiques » (NOPO) au marché frontalier de Parvizkhan. Il a été tué à bout portant.
Selon les rapports reçus par l’ONG de défense des droits humains, Hengaw, à 23 heures le dimanche 5 janvier 2025, les forces de police spéciales et le NOPO ont pris d’assaut le marché frontalier de Parvizkhan à Qasr-e Shirin et ont tiré sur Mohammad Azizi avec une rafale de balles, le tuant sur le coup.
Un proche de Mohammad Azizi a déclaré à Hengaw : « Il a été touché par trois balles dans la poitrine et l’abdomen avec un fusil Kalachnikov, et il est mort sur le coup. »
Hengaw a appris que Mohammad Azizi avait eu une altercation avec des agents des forces de l’ordre la semaine précédente. La nuit de l’incident, les forces de sécurité ont fait une descente au marché frontalier de Parvizkhan dans l’intention de l’arrêter. Lorsqu’il a refusé de se rendre, ils l’ont mortellement abattu de trois balles.
Les forces ont agi dans le cadre d’une directive de tirer pour tuer émise par Ali Rostami, le procureur de Qasr-e Shirin, dans le but de l’appréhender. (Hengaw)
Mohammad Azizi, un Kurde de 34 ans de Qasr-e Shirin, province de Kermanshah (Kermashan), a été abattu par les forces spéciales de la police (Yegan-e Vizhe) et les forces spéciales des « Gardiens des juristes islamiques » (NOPO) au marché frontalier de Parvizkhan. Il a été tué à bout portant.
Selon les rapports reçus par l’ONG de défense des droits humains, Hengaw, à 23 heures le dimanche 5 janvier 2025, les forces de police spéciales et le NOPO ont pris d’assaut le marché frontalier de Parvizkhan à Qasr-e Shirin et ont tiré sur Mohammad Azizi avec une rafale de balles, le tuant sur le coup.
Un proche de Mohammad Azizi a déclaré à Hengaw : « Il a été touché par trois balles dans la poitrine et l’abdomen avec un fusil Kalachnikov, et il est mort sur le coup. »
Hengaw a appris que Mohammad Azizi avait eu une altercation avec des agents des forces de l’ordre la semaine précédente. La nuit de l’incident, les forces de sécurité ont fait une descente au marché frontalier de Parvizkhan dans l’intention de l’arrêter. Lorsqu’il a refusé de se rendre, ils l’ont mortellement abattu de trois balles.
Les forces ont agi dans le cadre d’une directive de tirer pour tuer émise par Ali Rostami, le procureur de Qasr-e Shirin, dans le but de l’appréhender. (Hengaw)
TURQUIE. Libération des journalistes du site Birgun
TURQUIE – Le régime turc continue à bâillonner les médias d’opposition et kurdes.
Les coordinateurs de publication de Birgun.net, Uğur Koç et Berkant Gültekin, ainsi que le rédacteur en chef de birgun.net, Yaşar Gökdemir ont été libérés après avoir été entendus par le procureur.
Uğur Koç, Berkant Gültekin et Yaşar Gökdemir avaient été arrêtés à leurs domiciles le samedi 8 février.
Le coordinateur de la publication du journal Birgün, İbrahim Varlı, a confirmé dans une déclaration publiée sur les réseaux sociaux que les coordinateurs de la publication du journal, Uğur Koç et Berkant Gültekin, ainsi que le responsable de birgun.net, Yaşar Gökdemir, avaient été arrêtés.
Les trois journalistes avaient été arrêtées suite après avoir diffusé une information faisant état de la visite du journaliste du journal Sabah au procureur général d’Istanbul Akın Gürlek. Selon İbrahim Varlı, les journalistes de Birgun ont été arrêtés à cause d’« un reportage sur la visite du journaliste pro-gouvernemental Sabah à Akın Gürlek. Nous soulignons que Sabah et le journaliste pro-gouvernemental ont parlé de cette rencontre entre eux. »
TURQUIE. Un jeune Kurde attaqué par la police à Diyarbakir se trouve aux soins intensifs
TURQUIE / KURDISTAN – Vedat Özer, un jeune souffrant d’épilepsie blessé lors de l’attaque policière contre le rassemblement « Liberté » organisé hier par les partis politiques kurdes qui s’est tenu hier à Diyarbakir (Amed), se trouve aux soins intensifs dans un état critique.
Organisé par le Parti des régions démocratiques (DBP) et le Parti de l’égalité des peuples et de la démocratie (DEM), le rassemblement « Liberté pour la paix » a eu lieu hier sur la place de la gare dans le quartier de Yenişehir à Amed avec la participation de milliers de personnes. Blessé lors de l’attaque policière qui a suivi le rassemblement, Vedat Özer, membre de l’Assemblée des jeunes du parti DEM, a été transporté aux soins intensifs à l’hôpital universitaire de Dicle pour y être soigné. Bien que l’état de santé d’Özer serait stable, on rapporte que sa vie est toujours en danger.
Le député du Parti DEM, Serhat Eren, qui s’est rendu à l’hôpital, a déclaré : « Le médecin a dit que 3 gouttes de sang avaient coulé au cerveau de Vedat et que sa vie était toujours en danger. Des radiographies ont été prises le matin. « Le médecin donnera des informations détaillées dans l’après-midi », a-t-il déclaré. Eren a déclaré qu’Özer, qui souffre d’épilepsie, est tombé au sol après que la police l’a attaqué avec du gaz poivré, et qu’ils suivront le processus de près. (Mezopotamya)
ROJAVA. Un drone turc tue un enfant dans la campagne d’Ain Issa
SYRIE / ROJAVA – Un adolescent de 15 ans a été tué lors d’une attaque de drone menée par la Turquie dans la campagne d’Ain Issa. Depuis décembre 2025, des dizaines de civils, dont des enfants, ont été tués par les attaques turques ciblant les régions syriennes contrôlées par les forces arabo-kurdes.
Le village de Sakiro dans la campagne orientale d’Ain Issa a été bombardé par des drones turcs, ce qui a conduit au martyre de l’enfant Salah Khalaf Al-Salamah (15 ans). (ANHA)
TURQUIE. Attaques racistes contre un club kurde de football
TURQUIE / KURDISTAN – Le samedi soir, le car transportant les joueurs du club de football kurde Vanspor a été attaqué par des fascistes turcs à deux reprises après le match joué contre Elazığspor. Plusieurs joueurs et entraîneurs ont été blessés lors des attaques sous le regard complice de la police turque. La kurdophobie a toujours été présente chez les hooligans turcs qui attaquent régulièrement les équipes et les supporters des clubs kurdes qui sont également victimes de racisme sur le terrain…
En compétition dans le groupe rouge de la 2e Ligue de la Fédération de Turquie de football (TFF), le Vanspor FK affrontait Elazığspor en déplacement. Vanspor a été attaqué après le match. Les assaillants ont ciblé le car de Vanspor avec des pierres après son départ. Des joueurs, des membres de l’équipe technique et des dirigeants du club ont été blessés dans l’attaque.
Des équipes médicales ont été dépêchées sur les lieux et les blessés ont été transportés à l’hôpital.
Les joueurs, qui ont attendu des heures sur le terrain, sont ensuite partis. Le car de l’équipe, à 25 kilomètres de Xarpêt, a été une nouvelle fois attaqué. Les vitres du car ont été brisées et plusieurs personnes ont été blessées. Les joueurs et l’équipe technique ont réagi à la police qui n’a pas empêché l’attaque.