ROJAVA. « On ne renoncera pas aux acquis de la Révolution »

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SYRIE / ROJAVA – Alors qu’on s’apprête à célébrer le 13e anniversaire de la révolution du Rojava initiée par les Kurdes, les habitants de l’administration multiethnique du Nord-Est de la Syrie se disent déterminés à défendre les acquis de la révolution menacés par les gangs turco-djihadistes sous commandement de Damas qui massacres les minorités non arabo-sunnites, dont les Alaouites et les Druzes. La révolution du Rojava entre dans sa treizième année malgré toutes les attaques. Perwîn Yusif, coprésidente du PYD, a souligné que le gouvernement islamiste de Damas persiste dans sa politique de déni, mais qu’ils ne renonceront pas aux droits conquis pendant la révolution du Rojava. Suite à la guerre civile qui a éclaté en Syrie en 2011, la région a connu d’importantes transformations politiques, militaires et économiques. Des centaines de milliers de personnes ont perdu la vie et des millions ont été contraintes de fuir leurs terres. Des villes ont été réduites en ruines par le conflit, et la région est devenue le centre de conflits d’intérêts entre les puissances internationales et leurs organisations affiliées. Les zones qui ont survécu au long conflit avec des dégâts minimes et ont offert un refuge à la population étaient les villes à majorité kurde du nord du pays. Peu après le début du conflit entre Daech et le régime d’Assad, les populations du nord et de l’est de la Syrie ont choisi la troisième option, celle de se retirer de tout conflit. Le 19 juillet 2012, les forces du régime ont été évacuées de la ville de Kobané. Plus tard, le peuple a pris le pouvoir dans des localités telles qu’Afrin, Serêkaniyê, Dirbêsiyê, Amûdê, Dêrik, Girkêlegê, Tirbêspiyê et Til temîr. Le jour où les forces du régime ont été chassées de Kobanê a été reconnu comme le début de la « Révolution du Rojava ». Les Unités de protection du peuple (en kurde : Yekîneyên Parastina Gel, YPG) et les Unités de protection des femmes (en kurde : Yekîneyên Parastina Jin, YPJ) ont été créées le 12 mars 2004. Les femmes ont mené le processus révolutionnaire, connu dans le monde entier pour sa résistance contre l’État islamique. Alors que des unités d’autodéfense étaient formées, des efforts de construction ont été lancés dans toutes les zones sur la base de l’idéologie « libertaire, démocratique et écologique des femmes » du leader du peuple kurde Abdullah Öcalan. Tous les groupes ethniques et religieux de la région participèrent à l’administration, et toutes les forces militaires furent ensuite regroupées sous l’égide des Forces démocratiques syriennes (FDS). Des efforts furent entrepris pour répondre aux besoins de la population et résoudre ses problèmes sociaux, juridiques et économiques. Des conseils et des communes furent créés dans tous les domaines, de la santé et de l’économie à l’administration locale, en passant par l’éducation, la condition féminine, la jeunesse et les sports.
Après la perte de plusieurs villes par le régime d’Assad, l’EI a gagné en puissance et a rapidement ciblé la révolution du Rojava. En 2014, l’EI a lancé une attaque contre Kobanê, le centre de la révolution. L’EI a été vaincu et la résistance épique de Kobanê est entrée dans l’histoire. Après la défaite de l’EI, la Turquie a lancé des attaques. Pendant de nombreuses années, la Turquie a ciblé des villes du nord et de l’est de la Syrie, par voie aérienne et terrestre.
Malgré toutes les attaques, la révolution du Rojava n’a pas pu être anéantie. La vie reconstruite au cours des 13 dernières années a atteint un point qui redonne espoir aux habitants de la région.
Alors que la construction dans le nord et l’est de la Syrie se poursuivait malgré de lourdes attaques, un nouveau chapitre s’est ouvert en Syrie le 8 décembre 2024. Avec le soutien des forces internationales, Hayat Tahrir al-Sham (HTS) a renversé le régime d’Assad et pris le contrôle du pays.
Un accord en huit articles a été signé le 10 mars entre le commandant en chef des Forces démocratiques syriennes (FDS), Mazloum Abdi, et le président syrien par intérim Ahmed al-Shara. Cependant, les dispositions de cet accord n’ont pas encore été mises en œuvre. Le gouvernement intérimaire de Damas demeure récalcitrant dans son opposition à l’autonomie des populations du nord et de l’est de la Syrie.
Perwîn Yusif, coprésident du Parti de l’Union démocratique (PYD), l’un des principaux partis de la révolution, a évalué les développements à l’ordre du jour du 13e anniversaire de la révolution.
Perwîn Yusif a déclaré que les Kurdes se sont créés ex nihilo, dans des conditions difficiles d’assimilation et de déni. Soulignant que la lutte des Kurdes pour la liberté a jeté les bases de la révolution du Rojava, Perwîn Yusif a déclaré : « Le peuple kurde a apporté une dimension différente aux soulèvements par une lutte démocratique. Tous se sont soulevés et ont voulu renverser le pouvoir. Cependant, les soulèvements n’ont pas réussi à créer un système alternatif. Mais le peuple kurde l’a fait. Assad était le symbole d’un gouvernement chiite. Ils voulaient le renverser et construire une version sunnite du même système. Le peuple kurde, quant à lui, s’est organisé avec d’autres peuples de sa région. Ce système était celui du leader Abdullah Öcalan. Au lieu de se ranger du côté du régime ou d’une insurrection sans issue claire, les Kurdes ont choisi la troisième voie. » 
Perwîn Yusif, soulignant qu’elles ont construit leur propre système avec des assemblées et des communes, a noté : « Nous avons commencé à construire un système dans lequel les femmes auront leur mot à dire. Les femmes sont devenues les principales actrices pendant et après la révolution. » 
Perwin Yusif a déclaré : « Treize ans ont passé et nous sommes désormais les maîtres d’une véritable révolution. Nous avons commencé à la créer dans de minuscules salles de classe et dans nos maisons. Aujourd’hui, nous avons de nombreuses communes et académies. Les élèves reçoivent un enseignement dans leur propre langue. Les femmes ont leur mot à dire dans tous les aspects de l’administration autonome. Les révolutionnaires armés sont sur la défensive. Les YPG-YPJ sont ensuite devenus les FDS. Cette armée comprend de nombreux combattants arabes, assyriens, turkmènes et arméniens. »
Perwîn Yusif, affirmant que l’approche du gouvernement de Damas envers le nord et l’est de la Syrie n’a pas changé malgré 13 ans, a déclaré : « Comme auparavant, la politique de déni et de destruction est en vigueur. HTS exige la soumission comme s’il n’y avait jamais eu de révolution. C’est ce qui s’est passé lors des dialogues. Ils tentent de priver les femmes de leurs droits. Cependant, il n’est pas question de renoncer à ces droits. Nous ne pouvons l’accepter. L’existence des Kurdes est un symbole du peuple syrien. Nous ne voulons pas de division. Ceux qui la souhaitent sont ceux qui prônent une mentalité « moniste » et sèment la discorde au sein du peuple. » 
Perwin Yusif a déclaré que les revendications du peuple syrien ont été ignorées depuis l’arrivée au pouvoir de HTC, soulignant que tous les peuples et toutes les confessions ont voix au chapitre au sein de l’administration autonome. « Dans n’importe quelle institution de l’administration autonome, vous rencontrerez des personnes de toutes les nations. Vous y découvrirez la diversité de la Syrie. Le peuple kurde n’a pas fondé son existence sur l’élimination d’autres identités. Nous avons l’intention de créer une Syrie fondée sur la multiplicité. Car avec cette révolution, le peuple syrien s’est reconnu. Nos revendications et nos désirs ne font plus qu’un. Cela est vrai pour les habitants de Soueida et ceux des zones côtières. Nous savons qu’en nous unissant pour l’avenir du peuple syrien, nous pourrons vaincre ensemble ce système de déni. » 

« La Syrie ne se relèvera pas par la vengeance, mais par le dialogue »

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SYRIE / ROJAVA – Alors qu’on assiste à un massacre de masse ciblant les Druzes de Soueïda, le commandant général des forces arabo-kurdes (FDS), Mazloum Abdi a appelé à la fin des attaques ciblant les civils et a appelé à l’ouverture de couloirs sûrs pour les personnes déplacées, avertissant que les meurtres et les attaques continus contre les symboles religieux constituent une violation flagrante des valeurs humanitaires et nationales. « La Syrie ne se relèvera pas par la vengeance, mais par le dialogue »

Le commandant en chef des Forces démocratiques syriennes (FDS), Mazloum Abdi, a appelé à l’arrêt immédiat des attaques ciblant les civils dans le gouvernorat d’As-Suwayda, exigeant des couloirs de sécurité pour les personnes déplacées. Il a souligné que les meurtres de femmes et d’enfants et les attaques contre les symboles religieux constituent « un crime contre l’humanité et les valeurs syriennes ».

Dans une publication sur la plateforme X (ancien Twitter), Abdi a déclaré que de nombreux appels avaient été reçus de la part des habitants d’As-Suwayda, exigeant leur protection et la fin des violations en cours. Il a ajouté : « Le meurtre de femmes et d’enfants et les atteintes aux symboles religieux constituent un crime contre l’humanité et les valeurs des Syriens. Ces actes d’agression doivent cesser immédiatement et leurs auteurs doivent rendre des comptes. »

Il a souligné que ce que vit la Syrie après plus de 14 ans de guerre exige de dépasser la logique de la vengeance et des représailles et de recourir au dialogue et à la raison, affirmant : « Il est temps de mettre fin à l’effusion de sang. La Syrie ne se relèvera pas par la vengeance, mais par le dialogue et la raison. »

Le commandant en chef des FDS a conclu son message en soulignant que la question du peuple d’As-Suwayda est une « question nationale » et que sa solution doit se faire par le biais d’un processus constitutionnel et du dialogue. (ANHA)

SYRIE. Druzes, un massacre de trop !

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SYRIE / ROJAVA – Après avoir massacré délibérément les Alaouites sur la côte syrienne, les gangs djihadistes sous commandement de Damas ont massacré des centaines de civils druzes à Soueïda ces derniers jours. Comme sur la côte syrienne, un bain de sang vient d’être commis par des mercenaires islamistes, cette fois-ci à Soueïda. Comme dit l’expression française « jamais deux sans trois », faut-il que les gangs d’al-Sharaa massacrent ensuite les Kurdes du Rojava pourque la communauté internationale réagisse enfin pour rétablir un régime démocratique respectant les droits de toutes les composantes ethniques et religieuses de la Syrie qui ne peut être possible que par un système pluraliste décentralisé?
 
Comme le signale un activiste kurde, « il est désormais clair que les forces gouvernementales sont (…) capables de commettre des exactions contre les civils dans les zones où vivent des minorités. La ligne rouge des FDS doit être l’intégration des unités kurdes en bloc et l’autonomie kurde. L’entrée de ces forces [jihadistes] à Kobanê/Hassaké serait un désastre ». La communauté internationale doit mettre fin aux massacres ciblant les communautés non arabo-sunnites en Syrie, au lieu d’appeler les Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par les Kurdes de se rejoindre aux gangs djihadistes hostiles aux Kurdes.

Musa Anter et Hrant Dink : deux voix, une mémoire

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ALLEMAGNE – L’événement « Deux voix, une mémoire » explorera la mémoire, la diaspora et la paix à travers l’héritage des journalistes kurde et arménien Musa Anter et Hrant Dink. L’événement intitulé « Musa Anter – Hrant Dink : deux voix, une mémoire » (en kurde : « Musa Anter – Hrant Dink : Du deng, bîrek ») réunira des journalistes, artistes, académiciens et des activistes arméniens et kurdes dans la ville de Heidelberg, en Allemagne, du 17 au 19 juillet 2025. Le programme ne se contente pas de rappeler les traces du passé, mais met également à l’ordre du jour les thèmes de la paix, de la liberté d’expression et d’une vision partagée de l’avenir. En se concentrant sur l’héritage de la lutte du journaliste et écrivain kurde Musa Anter et du journaliste et éditeur arménien Hrant Dink, l’événement vise à ouvrir un espace artistique et intellectuel aux mémoires réprimées en Turquie, aux récits de la diaspora et aux efforts en faveur de la paix. L’événement a été préparé collectivement par une équipe multidisciplinaire sous la direction de Hogir Ar. Son objectif est de rendre visible une fois de plus les fondements du dialogue et de la solidarité ancrés dans la mémoire commune des communautés kurdes et arméniennes en suivant les traces d’Anter et Dink. Le programme souligne qu’un processus de paix ne peut se réduire au seul désarmement ; il doit également inclure la justice, la vérité et la réparation sociale. Il attire l’attention sur le rôle crucial de l’art dans ces processus sensibles, notamment pour favoriser la confrontation, construire une mémoire collective et contribuer à la concrétisation d’une culture de paix. Dans le cadre de l’événement, l’exposition intitulée « Formes de mémoire » de Hogir Ar explorera des thèmes tels que la mémoire, l’espace et la résistance à travers des sculptures, des vidéos et des installations. Par ailleurs, des journalistes, des universitaires et des artistes de Turquie, du Kurdistan, d’Arménie et de la diaspora se réuniront pour partager leurs points de vue lors d’une série de tables rondes. Le programme sera également ouvert à la participation en ligne. L’événement met non seulement en lumière les souffrances du passé, mais souligne également la possibilité de construire un avenir commun fondé sur la vérité, la résistance et le dialogue. Détails de l’événement et coordonnées : Lieu : Collegium Academicum, Mendelejewplatz 1, 69126 Heidelberg Dates : du 17 au 19 juillet 2025 Contact : erinnerungskollektiv@gmail.com / Contact par ZOOM Instagram : @hrantdinkmusanter ANF

TURQUIE. Destruction d’un site renfermant les fosses communes des génocides arménien et kurde

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TURQUIE / KURDISTAN – Le régime turc veut détruire le site renfermant les fosses communes des génocides arménien, chaldéen et kurde de la province de Siirt avec des projets urbains. L’administration de la municipalité de Siirt, nommée par le gouvernement, a rouvert au développement une zone connue sous son nom kurde, Newala Qesaba*, ou « Vallée / Ruisseau des Bouchers », un site de fosses communes. Le site, d’une superficie d’environ 50 hectares, abrite les restes d’Arméniens enterrés en 1915 et de Kurdes enterrés dans les années 1980. Le secrétaire de la section de Siirt de l’Union des chambres des ingénieurs et architectes turcs (TMMOB/UCTEA), Fırat Şimşek, a vivement critiqué cette décision. Il a déclaré que les plans d’urbanisme révisés menacent d’effacer la mémoire collective associée à la zone. À la suite des élections locales de 2024, le conseil municipal nouvellement élu, où le parti pro-kurde Égalité et démocratie du peuple (DEM) était majoritaire, avait annulé une décision antérieure prise sous le régime des fiduciaires, annulant les plans d’ouverture de la zone à la construction le 7 juin 2024. Cependant, après que la municipalité a été à nouveau placée sous tutelle en janvier, cette décision a été annulée. Lors d’une réunion du conseil tenue en avril, les plans de zonage ont été modifiés pour autoriser la construction d’immeubles jusqu’à huit étages.

« Un lieu de mémoire »

Le 26 juin, les conseils de coordination provinciaux du TMMOB ont publié une déclaration soulignant que la zone devait être préservée et non développée. Şimşek a décrit le site comme un symbole puissant de la mémoire locale : « Des chansons, des poèmes et des livres ont été écrits sur Kasaplar Deresi. C’est un lieu qui a profondément marqué la mémoire collective. On ne peut construire la paix sociale sans affronter le passé. » Notant qu’un hôpital public de 400 lits est déjà en construction dans la région, Şimşek a déclaré : « Les rapports géotechniques indiquent clairement que le terrain présente des cavités et des couches argilo-calcaires fracturées. Malgré cela, le ministère de la Santé a choisi d’intervenir sur le terrain plutôt que de déplacer l’hôpital. » Cette intervention a coûté environ 400 millions de livres turques et a nécessité la pose de 1 169 pieux forés. La bonne décision aurait été de déménager l’hôpital ailleurs. Şimşek a également déclaré que TMMOB a déposé une objection formelle aux révisions de zonage auprès de la municipalité de Siirt et a également demandé à un tribunal de Diyarbakır d’arrêter la mise en œuvre du projet. « Nos objections ont été rejetées, mais la procédure judiciaire se poursuit », a-t-il déclaré. « Un administrateur a été nommé à la municipalité de Siirt, et le conseil actuel ne peut prendre aucune décision. Cela invalide de fait la volonté du peuple. »
*Newala Qesaba transformé en charnier depuis le génocide des Arméniens de 1915
 
Newala Qesaba ou Nevala Kasaba, dans la région de Bitlis / Mutki, signifie la vallée des bouchers en kurde car elle contient des charniers abritant des corps des Arméniens tués lors du génocide du 1915 et ceux de centaines de Kurdes tués par le JİTEM turc (service de renseignements et antiterrorisme de la gendarmerie) dans les années 1990.
 
Newala Qesaba n’était pas seulement utilisée comme fosse commune depuis les années 1980. En 1915, les corps des Arméniens qui ont été assassinés lors du génocide des Jeunes-Turcs des peuples chrétiens de l’Empire ottoman y ont été enterrés. On ne sait pas combien de personnes ont été enterrées sur le site pendant le génocide. Plus récemment, la zone a été utilisée comme décharge.

Des centaines de civils et de membres du PKK ont été enterrés dans des fosses communes de la région de Botan après avoir été massacrés par des organes non officiels de l’État tels que JİTEM (unité de renseignement et antiterroriste de la gendarmerie) à partir des années 80.

IRAN. Cinq autres prisonniers politiques condamnés à mort

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IRAN – Le tribunal d’Ahvaz de la République islamique d’Iran a condamné à mort cinq prisonniers politiques, signale l’ONG kurde Hengaw. Le tribunal d’Ahvaz de la République islamique d’Iran a condamné cinq prisonniers politiques — dont deux prisonniers arabes et un prisonnier Lor — à un total de six peines de mort et 30 ans de prison pour des accusations telles que « corruption sur terre » (fasad-fi al-ard), « appartenance à des groupes d’opposition » et « propagande contre l’État ».  Selon les informations reçues par l’ONG de défense des droits humains, Hengaw, Farshad Etemadifar, un homme de Lor de la province de Kohgiluyeh et Boyer-Ahmad, ainsi que deux Arabes d’Ahvaz – Masoud Jamei (Bavi) et Alireza Mordasi (Hamidawi) – ont été chacun condamnés par la première branche du tribunal révolutionnaire d’Ahvaz, présidée par le juge Adibimehr, à deux peines de mort et à un an de prison. Dans la même affaire, deux autres accusés — Saman Hormatnejad et Davoud Hormatnejad — ont été condamnés respectivement à 12 et 15 ans de prison. Masoud Jamei, un Arabe de 47 ans, a déjà été jugé aux côtés de sa femme, Zeinab Hezbapour, et de leurs enfants Nahid, Dalal et Roghieh, par le tribunal révolutionnaire du comté de Bavi. Souffrant de graves problèmes de santé, notamment d’une maladie du foie et d’un cancer de l’estomac, Jamei a subi des mois de tortures physiques et psychologiques intenses lors de sa détention au Département du renseignement avant d’être transféré à la prison de Sheiban à Ahvaz. Les cinq prisonniers ont été arrêtés en 2023 par les forces de sécurité iraniennes et soumis à de graves tortures et à des aveux extorqués. Leurs procès ont été entachés de violations flagrantes des normes d’équité, notamment le refus de représentation juridique et d’intenses pressions sécuritaires.

IRAN. Une adolescente kurde recherchée à cause des poèmes kurdes

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IRAN / ROJHILAT – Les services de renseignement ont arrêté Araz Salehi, le père de Kezhal Salehi, une adolescente kurde de 14 ans, après une descente au domicile familial à Bojnord, dans la province du Khorasan du Nord. Cette descente visait à arrêter Kezhal après ses récitations publiques de poèmes kurdes (kurmanji) louant le Kurdistan. Selon les informations reçues par l’ONG de défense des droits humains, Hengaw, le mardi 15 juillet 2025, les services de renseignement ont pris d’assaut le domicile de la famille Salehi dans le village de Naveh, à Bojnord. Alors que Kezhal a réussi à s’échapper, son père, Araz Salehi, a été arrêté et transféré vers un lieu tenu secret. Des sources proches de la famille ont rapporté que lors de la descente, les agents des services de renseignement ont confisqué tous les téléphones portables et appareils électroniques appartenant aux membres de la famille. Les agents ont également ordonné à toute la famille de se présenter au département des renseignements le lendemain pour un interrogatoire plus approfondi. Kezhal Salehi, une adolescente kurde de 14 ans, a récemment interprété plusieurs récitations patriotiques et culturelles en kurde lors d’événements culturels locaux. Ses prestations ont suscité un vif intérêt auprès des participants et sur les réseaux sociaux.

SYRIE. Les gangs jihadistes commettent des massacres de masse à Soueïda

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SYRIE – Les affrontements se poursuivent dans la ville druze de Soueïda où les gangs djihadistes syriens commettent des crimes de guerre, notamment des exécutions extrajudiciaires, des démolitions de maisons et des attaques contre des églises, des symboles et des personnalités nationales, signale l’agence kurde ANHA. Les combats ont repris mardi dans la ville de Soueida, dans le sud de la Syrie, quelques heures seulement après l’annonce d’un cessez-le-feu. Des témoins ont rapporté que des factions armées locales ont lancé une contre-attaque à l’intérieur de la ville, reprenant des positions stratégiques autour de l’hôpital national, du marché central et de la place Tichrine, ainsi que dans d’autres quartiers. Selon certaines sources, le calme qui a suivi l’accord de trêve a été de courte durée, les affrontements ayant repris en raison de graves violations commises par les forces du gouvernement de transition. Ces violations comprenaient des meurtres, des exécutions sur le terrain, des démolitions de maisons et des pillages de magasins. Ces sources ont confirmé que certains groupes locaux, auparavant restés neutres, ont repris les combats après la diffusion d’images vidéo inquiétantes montrant des exactions horribles contre des civils. Parmi les violations les plus notables, on peut citer l’assassinat du Dr Faten Hilal alors qu’elle tentait de rejoindre l’hôpital national, et l’exécution de 15 personnes à l’intérieur de la maison d’hôtes Al-Radwan. Une autre vidéo montrait un agent de sécurité insultant un cheikh âgé. Ces scènes ont suscité une indignation générale et ravivé le conflit, aggravant les affrontements. Des sources ont indiqué que les violations ont commencé lorsque les forces gouvernementales ont pris d’assaut le village d’Al-Dour, à l’ouest de Sweida, détruisant des habitations, pillant des biens et incendiant plusieurs maisons, répétant les mêmes tactiques utilisées dans les villages voisins. Des exécutions sommaires de civils non armés ont également été signalées dans plusieurs villes. Un militant politique de la province a déclaré qu’un accord avait été conclu entre les notables de Sweida et le gouvernement de transition. Il prévoyait le retrait des forces militaires de la ville en échange de l’entrée de forces de sécurité sous certaines conditions. Cependant, les forces gouvernementales ont violé cet accord et ont pris d’assaut le rond-point d’Omaran, commettant des violations généralisées, ce qui a entraîné l’échec de l’accord et la reprise des combats. Le même militant a souligné que les forces du gouvernement de transition ont détruit une statue du combattant de la liberté Hussein Murshid, symbole de la Grande Révolte syrienne de 1925, sous prétexte de « briser un symbole d’idolâtrie ». Cela a provoqué un ressentiment général, notamment après que des images du sultan Pacha al-Atrash auraient été défigurées. Pendant ce temps, la ville est plongée dans l’obscurité totale depuis quatre jours consécutifs en raison d’une panne de courant, de coupures d’eau et de perturbations des lignes de communication. Dans un contexte similaire, l’Observatoire syrien des droits de l’homme a rapporté que, mardi soir, le bilan des morts dépassait les 200 personnes, dont 71 habitants de Soueïda (parmi lesquelles des femmes et des enfants), 111 des forces du gouvernement de transition et 21 civils exécutés sur le terrain. La zone a été témoin de l’arrivée de nouveaux renforts militaires du ministère de la Défense dans les faubourgs de la ville, tandis que des convois militaires ont été observés se déplaçant de Hama et Homs vers Damas, au milieu de rapports faisant état de forces gouvernementales assiégées à l’intérieur de Sweida. Selon l’Observatoire, les habitants ont signalé la présence de combattants étrangers parmi les assaillants, qui seraient des Ouïghours, des Ouzbeks et d’autres nationalités non syriennes, faisant écho à des scènes similaires observées dans les zones rurales de Damas et dans les régions côtières ces derniers mois. Des violations visant des lieux de culte, notamment l’église Saint-Michel dans le village d’Al-Surah Al-Kabirah, ont également été signalées, dans un contexte d’accusations selon lesquelles les forces du gouvernement de transition auraient humilié publiquement les habitants de la ville pour des motifs sectaires. Dans le même ordre d’idées, des avions de combat israéliens ont mené des frappes aériennes visant des positions du gouvernement de transition sur la route Shaqrawiya-Thaala dans la campagne de Sweida et sur la base de la 52e brigade dans la région de Harak dans la campagne de Daraa, faisant des victimes parmi les forces gouvernementales. Des sources de sécurité ont indiqué à l’Observatoire que les frappes israéliennes s’étendaient jusqu’aux environs du siège de la police à Sweida. Jusqu’à tard dans la nuit de mardi à mercredi, la ville de Sweida a continué d’être le théâtre d’affrontements dans sa périphérie ouest, avec des tirs de roquettes des forces gouvernementales ciblant certaines parties de la ville.

ROJAVA. La Turquie a asséché le barrage de l’Euphrate

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SYRIE / ROJAVA – La région du Nord – Est de la Syrie sous contrôle des forces arabo-kurdes est au bord d’une catastrophe humanitaire, sanitaire et écologique à cause du niveau de barrage de l’Euphrate qui a baissé dangereusement à cause de la rétention de l’eau du fleuve par la Turquie colonialiste grâce aux barrages construits en amont.

Le niveau de l’Euphrate continue de baisser de 2 cm par jour, menaçant directement le barrage et exposant ses blocs de béton à l’érosion et aux facteurs climatiques. Plus de 6 millions de mètres cubes du réservoir du lac Euphrate ont été perdus, et le débit du canal d’irrigation a chuté à 20 mètres cubes par seconde.

Imad Obeid, administrateur de l’Administration des barrages du nord et de l’est de la Syrie, a déclaré à l’agence ANHA que le volume maximal du lac Euphrate est de 14 milliards de mètres cubes, mais que son niveau actuel atteint moins de 297 mètres au-dessus du niveau de la mer, soit moins que le niveau maximal de 304 mètres. Cela représente une perte de plus de 7 mètres du « niveau effectif » utilisé pour la production d’électricité. Irrigation et eau potable

Obeid a souligné que cette crise sans précédent a eu un impact direct sur le fonctionnement du barrage de l’Euphrate et les secteurs qui en bénéficient. Il a expliqué que la baisse du niveau du lac a exposé les blocs de béton qui forment la pente du barrage, menaçant ainsi sa stabilité structurelle. Il a également souligné les efforts continus visant à combler les lacunes avec des matériaux bitumineux isolants.

Obeid a également mis en garde contre le « niveau mort » du barrage, qui empêche le fonctionnement des turbines, des turbines verticales nécessitant une pression d’eau d’au moins 40 mètres pour fonctionner efficacement. Il a expliqué que toute baisse supplémentaire de quelques centimètres pourrait mettre le barrage hors service, temporairement ou définitivement, selon le débit.

Il a souligné que le débit actuel ne dépasse pas 250 m³ par seconde, soit moins de la moitié du volume convenu dans les accords entre la Syrie, l’Irak et la Turquie. Il a nié la véracité des informations circulant sur les réseaux sociaux concernant une augmentation du débit, les qualifiant de « rumeurs infondées ».

Afin de rationaliser l’utilisation de l’eau, le débit des deux vannes d’irrigation a été réduit de 90 à 70 m³ par seconde. Les heures de production d’électricité ont également été réduites afin de préserver les réserves d’eau restantes.

Bien que le barrage de l’Euphrate dispose de quatre de ses huit groupes électrogènes opérationnels, chacun d’une capacité de 110 mégawatts (MW), avec une capacité combinée de 440 MW pour les quatre turbines opérationnelles, leur production actuelle réelle ne dépasse pas 60 à 65 MW en raison de la forte baisse du niveau des eaux.

Obeid a conclu en rappelant une expérience similaire au barrage de Tishrin, qui avait été précédemment hors service pendant une semaine en raison du faible niveau d’eau avant d’être partiellement remis en service après que la pénurie ait été compensée. (ANHA)

SYRIE. Les YPJ saluent la résistance druze face aux gangs djihadistes

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SYRIE / ROJAVA – Les unités de protection des femmes (en kurde : Yekîneyên Parastina Jin, YPJ) ont condamné les attaques des forces jihadistes de Damas ciblant les Druzes de Soueïda et ont salué la résistance de la population druze. Voici le communiqué des YPJ condamnant le massacre des Druzes par les gangs affiliés à al-Sharaa (Jolani) : « Nous suivons de près les récentes attaques menées par les gangs du gouvernement intérimaire syrien contre notre peuple druze. Nous condamnons fermement ces agressions illégales, contraires à l’éthique humaine, car elles visent des civils, notamment des femmes et des enfants. Parallèlement, ces attaques effrénées visent à piller des villages, à porter atteinte à la dignité humaine et à détruire la culture du peuple druze. La culture ancienne et riche de la communauté druze est indissociable de la mosaïque patrimoniale diversifiée de la Syrie. Suite à ces agressions brutales, les populations locales ont cherché à préserver leur culture et leur dignité. Ce faisant, elles ont exercé leur droit légitime à l’autodéfense, ce qui a donné lieu à des affrontements dans plusieurs régions. De nombreuses personnes profondément ancrées dans leur terre ont perdu la vie lors de ces affrontements. Nous, les Unités de protection des femmes (YPJ), présentons nos plus sincères condoléances aux familles des victimes et souhaitons un prompt rétablissement aux blessés. Nous considérons ces attaques comme une grave menace pour la construction d’une Syrie démocratique, garante de l’unité de tous ses peuples et de toutes ses composantes. Ces agressions découlent d’une mentalité patriarcale dominante et représentent un grave danger pour toutes les communautés de la région. Il est indéniable que les responsables tentent de justifier ces actes sous couvert de sécurité régionale, mais ce faisant, ils compromettent la sécurité de la Syrie sur la scène internationale et mettent en péril la paix et la stabilité de toute la région. Face à cette situation, notre peuple druze continue de résister et d’exercer légitimement son droit à l’autodéfense. Aucun problème, quelle qu’en soit la nature, ne saurait justifier de telles attaques barbares. Au nom de la paix et de la sécurité régionales, nous appelons toutes les forces syriennes à résoudre leurs différends par le dialogue. Pour ouvrir la voie à un tel dialogue, il est essentiel d’unifier le front des femmes et des peuples. Par conséquent, nous appelons une fois de plus toutes les parties à œuvrer ensemble pour résoudre les problèmes syriens et construire une Syrie démocratique. Dans le village d’Al-Dour, dans la province de Soueïda, de nombreuses vies ont été perdues suite aux attaques incessantes et aux violents affrontements. Plusieurs femmes ont également été enlevées par les assaillants. Parmi celles qui ont subi ces brutales agressions, la Mère Fouziya Fakhr Al-Din Al-Sharani a adopté une position honorable et courageuse. Elle a défendu sa dignité et sa volonté, protégeant son quartier et son village de ces gangs barbares. Cette guerrière rebelle et féroce a tué six membres de gangs lors des affrontements et s’est battue jusqu’à la dernière balle. La prise de position de cette mère est un appel à toutes les composantes du peuple syrien, et en particulier aux femmes, pour qu’elles se protègent et s’organisent. Sans légitime défense, il ne saurait être question d’une vie libre, sûre et digne. Nous nous inclinons avec révérence et respect devant l’immortelle martyre Fouziya Fakhr Al-Din Al-Sharani, honorant sa mémoire avec la plus profonde gratitude. Des martyrs comme la Mère Fouziya éclairent notre chemin et nous guident sur notre chemin vers une Syrie démocratique. » Commandement général des unités de protection des femmes (YPJ), 17 juillet 2025