*Depuis 30 ans, les mères du samedi demandent justice pour leurs disparu.e.s
Le samedi 27 mai 1995, les Mères du Samedi (en kurde: Dayikên Şemiyê, en turc: Cumartesi Anneleri) descendaient pour la première fois sur la place Galatasaray, à Istanbul, pour exiger la fin des disparitions forcées et demander qu’on leur rende leurs proches portés disparus.
Les « mères du samedi » reprochent à l’État turc de ne pas avoir enquêté sérieusement pour établir la vérité sur ceux qui ont disparu après leur mise en détention par les autorités turques.
Selon l’Association des droits de l’Homme (IHD), entre 1992 et 1996, 792 disparitions forcés et meurtres (de journalistes, syndicalistes, médecins, enseignants, enfants ou simples paysans) par l’État ont été signalés dans les régions kurdes de Turquie.
**Le 5 juillet 1991, Vedat Aydin, président de la section provinciale du Parti du Travail du Peuple (HEP) à Diyarbakir, a été arrêté à son domicile par trois membres du JITEM (service de renseignement de la gendarmerie turque), qui se sont présentés comme des officiers de police. Deux jours plus tard, le 7 juillet, son corps a été retrouvé dans le district de Maden, à Elazığ.
Arrêté dans la foulée du coup d’État militaire du 12 septembre 1980, le militant politique avait passé 4 ans en prison. Après sa libération, il avait participé à la fondation de l’Association des droits de l’homme (IHD) avec un groupe d’intellectuels kurdes. Le 28 octobre 1990, il a été arrêté et détenu pour avoir parlé en kurde lors de l’assemblée générale de l’IHD à Ankara.
Lors de son procès, Aydin s’était défendu en kurde. Libéré après quatre mois de détention, il avait assuré la présidence de la section de Diyarbakir de l’IHD, avant d’être élu à la tête du bureau provincial du HEP de Diyarbakir en juin 1991.
Le 10 juillet 1991, des centaines de milliers de personnes ont participé à la marche funéraire organisée à dans la capitale kurde pour rendre hommage au politicien. La répression de la manifestation par les forces de sécurité turques a fait une trentaine de morts et des milliers de blessés.
Selon les informations reçues par l’Organisation de défense des droits humains, Hengaw, le mardi 1er juillet 2025, les forces militaires et de renseignement du CGRI ont attaqué le village de Gonich. Khan-Bibi Bamari, une Baloutche de 40 ans, a été tuée par des tirs directs. Onze autres femmes ont été blessées, dont deux dans un état critique. Une femme enceinte, Reyhaneh Bamari, a fait une fausse couche à la suite de coups et de blessures par balles de fusil de chasse.
Selon la chaîne d’information Halvash, l’attaque a débuté à 5 heures du matin et visait le village de Gonich. Lali Bamari (40 ans) et Asra Bamari (18 ans) ont été grièvement blessées par balle et sont actuellement dans un état critique aux soins intensifs de l’hôpital Khomeini de Khash. Reyhaneh Bamari (21 ans), enceinte, a perdu son enfant suite à de graves agressions physiques et à des blessures par balle infligées par les forces de sécurité.
Identités des femmes blessées : Madineh Bamari, 24 ans ; Saba Bamari, 17 ans ; Asra Bamari, 18 ans ; Rahm-Bibi Bamari, 32 ans ; Sanj-Malek Bamari, 45 ans ; Asal Bamari, 20 ans ; Mohaddeseh Bamari, 16 ans ; Mahtab Bamari, 50 ans ; Fatemeh Bamari, 26 ans ; Lali Bamari, 40 ans ; et Reyhaneh Bamari, 21 ans.
Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent les forces militaires et de sécurité iraniennes utiliser de manière indiscriminée et illégale des munitions réelles et des plombs de fusil de chasse en plastique contre des femmes baloutches.
L’assaut a duré de 5 h à 10 h, apparemment pour arrêter des « éléments armés antigouvernementaux ». Durant cette période, tous les points d’entrée et de sortie du village étaient entièrement encerclés par des dizaines de véhicules militaires. Cependant, les habitants ont affirmé qu’aucun individu armé n’était présent dans le village.