Trump confie à Jolani les terroristes de l’État islamique emprisonnés au Rojava

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MOYEN – ORIENT – Aujourd’hui, le président américain Donald Trump a rencontré l’islamiste al-Sharaa en Arabie saoudite. Trump lui a demandé de signer les « Accords d’Abraham » avec Israël, chasser les « terroristes palestiniens » de la Syrie et de prendre le contrôle des centres de détention des membres de DAECH actuellement gérer par l’administration kurde du Rojava…
 
Hier, le président américain Donald Trump avait annoncé son intention de lever les sanctions américaines imposées à la Syrie. Aujourd’hui, il a rencontré Ahmad al-Sharaa (alias Jolani), ancien chef d’al-Qaida qui a pris le pouvoir en Syrie, à Riyad, en Arabie saoudite. Trump a notamment demandé au chef islamiste de gérer les membres de l’État islamique (DAECH / ISIS) actuellement détenus dans des centres gérés par les forces kurdes au Rojava. Il semble que Trump ait décidé de « gérer » le dossier du Moyen-Orient selon les souhaits du Qatar et qu’importe si la région sombre de nouveau dans la terreur islamiste !
 
La rencontre entre Trump et al-Sharaa s’est déroulée en marge de la participation de Trump au Forum d’investissement saoudo-américain 2025, organisé la veille à Riyad.
(…)
 
Lors de la rencontre d’aujourd’hui, Trump aurait demandé au président syrien de :
 
1. Signer les accords d’Abraham avec Israël
2. Expulser tous les terroristes étrangers de la Syrie
3. Expulser les terroristes palestiniens
4. Aider les États-Unis à empêcher la résurgence de l’État islamique
5. Assumer la responsabilité des centres de détention de l’EI dans le nord-est de la Syrie.

SYRIE. Des groupes soutenus par la Turquie arrêtent et extorquent des civils (HRW)

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SYRIE / ROJAVA – Torture, kidnappings, extorsion… les groupes armés sous commandement de la Turquie continuent à commettre des crimes de guerre et crimes contre l’humanité dans le canton kurde d’Afrin qu’ils occupent depuis mars 2018. Un récent rapport de l’ONG HRW décrit en détail certains des crimes des gangs commis envers les civils d’Afrin. Dans le rapport suivant de HRW, Adam Coogle, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch (HRW), a déclaré qu’« Alors que le gouvernement de transition syrien intègre dans ses rangs des factions de l’ANS et d’autres groupes armés, il doit exclure les membres de l’ANS responsables d’abus et les traduire en justice. À défaut, le peuple syrien ne pourra plus faire confiance à ses forces armées et sera exposé à de nouvelles exactions ». Les factions de l’Armée nationale syrienne (ANS) qui ont combattu le gouvernement Assad avec le soutien de  la Turquie continuent de détenir, de maltraiter et d’extorquer des civils dans le nord  de la Syrie, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui. Ces combattants sont intégrés aux forces armées syriennes, et leurs commandants sont nommés à des postes clés au sein du gouvernement et de l’armée, malgré leur implication passée dans de graves exactions. Le gouvernement de transition syrien devrait s’efforcer de mettre fin aux exactions en cours, d’enquêter sur celles-ci et d’exclure des forces de sécurité syriennes les personnes ayant commis des abus. « La chute du gouvernement abusif d’Assad a mis fin à des décennies d’atrocités commises par ce gouvernement », a déclaré  Adam Coogle, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à HRW. « Mais les factions de l’Armée nationale syrienne continuent de détenir, d’extorquer et de torturer des habitants en toute impunité. » Parmi les commandants impliqués dans des abus passés et qui occupent désormais des postes influents dans la nouvelle armée syrienne figurent  Mohammad al-Jassem (Abu Amsha)  à la tête de la 62e division ;  Saif Boulad (Saif Abu Bakr)  à la tête de la 76e division ;  Fehim Isa en tant qu’assistant du ministre de la Défense  pour les affaires du Nord ; et plus récemment,  Ahmed al-Hais (Abu Hatem Shaqra)  à la tête de la 86e division dans la région orientale.  Un rapport de Human Rights Watch de février 2024  a documenté les atrocités commises par l’ANS de 2018 à 2023. Les principales cibles étaient les Kurdes et les personnes liées aux Forces démocratiques syriennes (FDS), que la Turquie considère comme faisant partie du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui  a annoncé sa dissolution le 12 mai. Human Rights Watch a interrogé deux civils kurdes détenus par des factions pro-turques et trois dont les proches ou voisins ont été détenus autour de la chute du gouvernement Assad en décembre 2024. Les chercheurs se sont également entretenus avec un chercheur syrien spécialisé dans les droits humains qui surveille les abus dans la région, un journaliste et un travailleur humanitaire dans le nord d’Alep. Le 1er décembre 2024, enhardie par les opérations militaires de Hay’et Tahrir al-Sham, la coalition islamiste à la tête du gouvernement de transition, l’ANS a lancé sa propre offensive. Son objectif était de s’emparer du nord d’Alep, notamment de Shahba, une zone qui avait largement servi de refuge aux Kurdes  déplacés lors de la prise d’Afrin par la Turquie en 2018.  Le 3 décembre, les forces de l’Armée nationale libyenne (SNA) ont perquisitionné le domicile d’une habitante de Shahba, de son mari et de ses trois enfants. Ils ont arrêté son mari, un ouvrier du bâtiment de 42 ans, sans explication. Quarante jours plus tard, a-t-elle déclaré, un proche l’a retrouvé à l’hôpital d’Afrin : « Ils lui avaient arraché de force les ongles des mains, des pieds et des dents, et il portait des marques de brûlures aux pieds… Il m’a raconté que les services de renseignement turcs et la police militaire de l’ANS l’avaient torturé à la prison de Maarata et l’avaient forcé à avouer qu’il construisait des tunnels pour les FDS [Forces démocratiques syriennes]. Ils l’ont ensuite emmené à l’hôpital et l’y ont abandonné. Quelques jours après son retour, il a été victime d’un accident vasculaire cérébral et ne peut plus parler du tout. » Des habitants d’un village d’Afrin ont décrit les extorsions continues perpétrées par la division Sultan Suleiman Shah de Mohammad al Jassem, qui, selon eux, impose des taxes aux oléiculteurs et des amendes de 2 000 à 5 000 dollars aux familles de retour. Entre décembre 2024 et janvier 2025, les combattants ont arrêté neuf habitants, les accusant de ne pas payer d’impôts et exigeant jusqu’à 3 800 dollars chacun pour leur libération. Le 10 janvier, quatre hommes armés et masqués ont fait irruption au domicile d’une femme, l’ont emmenée à leur quartier général et lui ont réclamé 850 dollars sous la menace de violences, a-t-elle déclaré. Elle a promis de payer et a été libérée, mais a fui la zone. Le lendemain, des voisins lui ont raconté que les combattants étaient revenus chez elle à trois reprises, avaient menacé des invités lors d’un enterrement familial, avaient battu sa nièce et avaient arrêté le mari de celle-ci, ne le libérant qu’après que la famille eut versé 450 dollars. Elle a toujours peur de rentrer, décrivant cela comme un « cauchemar sans fin ». Un homme de 61 ans est rentré dans son village d’Afrin en novembre 2024, huit ans après son départ. Le 2 décembre, des membres armés de la division Hamzat de Saïd Abou Bakr l’ont enlevé, frappé à coups de bâton et de fouet, et confisqué son téléphone et son argent. Accusés de liens avec les FDS, ils l’ont ensuite transféré à Afrin, le frappant en chemin. Il a été détenu pendant deux jours jusqu’à ce que son cousin verse 1 500 dollars pour sa libération.  Une semaine plus tard, a-t-il déclaré, il a demandé un document d’habilitation de sécurité à la police militaire de l’ANS pour minimiser le risque d’être à nouveau détenu, mais a été détenu et interrogé par des agents des services de renseignement et de la police militaire turcs pendant six jours, et a dû payer 1 500 dollars américains pour sa libération.  Un homme de 37 ans, originaire de Nairibiyah, dans l’est d’Alep, a déclaré que la faction Sultan Suleiman Shah de l’ANS avait pris le contrôle du village en décembre 2024. Le 14 janvier 2025, des membres armés sont arrivés à bord de quatre pick-up, ont tiré en l’air, ont frappé des villageois, dont des hommes âgés, et ont volé leurs biens. Ils ont arrêté sept jeunes hommes sous prétexte de chercher des armes, a-t-il précisé. Deux d’entre eux étaient toujours en détention début mai.  Un  rapport récent de l’association de défense des droits humains Syrians for Truth and Justice (STJ) a recensé 41 arrestations par des factions de l’ANS et la police militaire affiliée en janvier et février. Dix d’entre elles ont eu lieu après l’entrée des forces de sécurité générale, nouvellement formées par le gouvernement intérimaire syrien, dans les villes du nord d’Alep le 6 février, à la suite d’un accord apparent visant à prendre le contrôle de la ville. Malgré la suppression de la plupart des postes de contrôle de l’ANS, des sources à Afrin et ailleurs indiquent que les factions continuent d’opérer depuis leurs anciennes bases. Qussai Jukhadar, chercheur pour STJ, a indiqué que les arrestations ont diminué en mars, mais que des centaines de personnes restent détenues dans des prisons gérées par l’ANS et supervisées par la Turquie.  Le 15 février, le président syrien par intérim, Ahmed al-Sharaa,  s’est rendu à Afrin,  s’engageant à étendre l’autorité gouvernementale sur le nord de la Syrie et à rétablir les droits des habitants. Le 10 mars, un accord clé a été  signé entre al-Sharaa et le commandant des FDS, Mazloum Abdi, portant sur l’intégration dans l’armée syrienne, notamment pour le retour des déplacés internes originaires de zones comme Afrin. Les autorités syriennes sont responsables des exactions commises par les forces intégrées à l’armée, ainsi que de la prévention des exactions et de la responsabilisation. La Turquie, qui supervise toujours les anciennes factions de l’ANS et continue de leur fournir armes, salaires, formation et soutien logistique, porte également la responsabilité de leurs exactions et de leurs potentiels de crimes de guerre. Le gouvernement syrien de transition devrait de toute urgence unifier son armée sous un commandement responsable, sous contrôle civil, et garantir le respect des normes internationales en matière de droits humains. Il devrait prendre des mesures pour prévenir de nouvelles exactions contre les Kurdes et autres habitants du nord de la Syrie, garantir la libération de toutes les personnes détenues arbitrairement et enquêter sur les exactions passées dans le cadre de procédures judiciaires équitables. La Turquie devrait cesser de soutenir les commandants et les factions responsables des exactions et accorder réparation aux victimes.  Le gouvernement de transition devrait créer les conditions d’un retour sûr, volontaire et digne des personnes déplacées et accorder aux observateurs indépendants un accès sans restriction à tous les centres de détention, y compris ceux gérés par les anciennes factions de l’ANS et les forces turques.  D’autres pays devraient fournir une assistance technique et financière pour garantir que les nouvelles forces de sécurité protègent les civils et respectent l’état de droit, notamment en soutenant un système judiciaire indépendant pour garantir la détention et le traitement légaux des détenus. « Alors que le gouvernement de transition syrien intègre dans ses rangs des factions de l’ANS et d’autres groupes armés, il doit exclure les membres de l’ANS responsables d’abus et les traduire en justice », a déclaré Coogle. « À défaut, le peuple syrien ne pourra plus faire confiance à ses forces armées et sera exposé à de nouvelles exactions. » 

Pourquoi Erdogan ne peut pas écraser les Kurdes

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En 1978, une poignée d’étudiants en sciences politiques kurdes se sont réunis dans un village obscur du sud-est de la Turquie, fondant ensemble un parti militant marxiste-léniniste. Un demi-siècle plus tard, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et ses affiliés ont contrôlé un territoire allant des montagnes reculées du Zagros en Iran, à travers le désert irakien jusqu’à l’ancienne capitale syrienne de DAECH / ISIS, Raqqa. Les affiliés du PKK ont gagné une influence et une sympathie mondiales grâce à leur lutte célèbre, dirigée par des femmes, contre DAECH / ISIS, même si le PKK lui-même reste une organisation terroriste répertoriée en raison de son conflit en cours avec la Turquie — elle-même un allié clé de l’OTAN.
 
La direction supérieure du PKK s’est récemment réunie dans les réseaux de grottes où elle se protège des incessantes frappes aériennes turques, et lors d’une conférence au ton sombre, a proposé de mettre fin au conflit qui a coûté 40 000 vies, selon les rapports . La plupart des morts étaient des civils kurdes tués par la brutale contre-insurrection turque, un fait souvent négligé lorsque ce sinistre statistique est évoqué. Et, certainement, la technologie des drones d’Ankara et son pouvoir géopolitique croissant ont fait pencher la balance contre le PKK, les dirigeants exilés et assiégés du groupe ne négociant guère depuis une position de force.
 
Cependant, les rumeurs sur la disparition du PKK sont souvent grandement exagérées. Le mouvement révolutionnaire kurde sophistiqué et tentaculaire est une hydre à plusieurs têtes, et un recul pour les forces de guérilla stationnées dans les montagnes irakiennes pourrait bien s’accompagner de gains ailleurs dans les régions à majorité kurde en Turquie, en Syrie et en Iran. Que le PKK abandonne en réalité les armes reste une question ouverte. Quoi qu’il arrive ensuite, le Kurdistan demeure un champ de bataille géopolitique crucial, et le mouvement du PKK continuera de jouer un rôle essentiel dans un conflit s’étendant de Gaza à Téhéran et au-delà.
 
« Les rumeurs sur la disparition du PKK sont souvent grandement exagérées. »
Il est difficile de concilier les images familières de stations balnéaires méditerranéennes étincelantes — avec leurs rangées de « dents turques » tout aussi brillantes — avec la guerre de guérilla sauvage à l’extrémité de l’Anatolie. Mais la violence est très réelle. L’Occident choisit de voir la Turquie comme une démocratie parlementaire fonctionnelle mais imparfaite. Mais avec des dizaines de milliers de politiciens, députés, maires et activistes kurdes détenus ces dernières années, cette définition semble être une faible excuse pour éviter de provoquer un allié profondément autoritaire.
 
Quant au PKK lui-même, le groupe est souvent dépeint comme un retour anachronique à une époque disparue de lutte anti-coloniale, commençant son combat pour un État kurde indépendant et socialiste « tard » dans le 20ème siècle. Pourtant, le groupe a évolué avec son temps. Les années 90 ont été une période de profonde crise, alors que le parti faisait face à l’effondrement de l’URSS en tant que sponsor potentiel des aspirations nationales kurdes. La délégitimation idéologique plus large du communisme n’a pas non plus aidé. Ces défis existentiels ont été aggravés par la capture en 1999 de la figure politique et intellectuelle du PKK, Abdullah Öcalan, qui est resté détenu depuis lors sur l’île-prison d’Imrali, où son isolement presque total inspire des comparaisons fréquentes avec Nelson Mandela.
 
Réagissant à ces développements, Öcalan en est venu à considérer les États-nations communistes et capitalistes comme intrinsèquement répressifs — un message réitéré par des banderoles ornant la conférence souterraine de désarmement du PKK. Au lieu de cela, Öcalan plaide désormais pour une fédération décentralisée basée sur la gouvernance municipale, la représentation des minorités, l’autonomie des femmes et l’écologie. Ce départ inattendu de l’orthodoxie communiste et nationaliste a presque déchiré son parti. Pendant une période de réforme allant de 1999 à 2003, le PKK a brièvement changé de nom, a cherché à se réorganiser en une fédération civile et politique désarmée, et a engagé des négociations secrètes avec Ankara. Aucune de ces étapes n’a provoqué l’effondrement du PKK, et en effet, elles sont effectivement répétées dans cette dernière détente.
 
En effet, ces bouleversements internes ont aidé le PKK à retrouver sa force, diversifiant ses tactiques et construisant un soutien de plus en plus large dans la société civile kurde. Les partis sympathiques à la vision d’Öcalan ont réalisé des gains sans précédent au parlement turc, parallèlement à de nouvelles négociations de paix entre la Turquie et le PKK. En même temps, le mouvement révolutionnaire kurde a acquis une renommée mondiale. L’ISIS balayait l’Irak et la Syrie, et seul le PKK se tenait sur leur chemin, repoussant le génocide jihadiste des Yézidis et menant des milliers de membres de la minorité religieuse kurde vers la sécurité — tout cela dans une coordination inattendue sur le champ de bataille avec les États-Unis. Les affiliés syriens du PKK sont allés encore plus loin, remportant le soutien d’une « Coalition mondiale dirigée par les États-Unis pour vaincre l’ISIS », alors que ses unités kurdes entièrement féminines ont dirigé une campagne réussie de plusieurs années pour éradiquer le califat.
 
Des millions de personnes vivent désormais sous un régime inspiré par le PKK dans et autour du Kurdistan syrien, protégé par la présence de troupes américaines. Des dizaines de milliers de femmes ont pris les armes et beaucoup d’autres ont rejoint une révolution de la société civile, alors que les Kurdes célébraient des libertés sans précédent et que les communautés locales exploraient l’autonomie au milieu du chaos de la guerre civile syrienne. Öcalan a dû se frotter les yeux en voyant sa vision utopique prendre forme dans une zone croissante d’influence du PKK atteignant presque la Méditerranée.
 
Presque, mais pas tout à fait. Alors que l’EI était vaincu, la Turquie a réagi violemment aux gains domestiques, transfrontaliers et internationaux du mouvement kurde. Les pourparlers de paix ont échoué au milieu d’un conflit civil amer et renouvelé en Turquie, tandis que les opérations militaires transfrontalières contre les régions kurdes syriennes ont tué des centaines de personnes et déplacé des centaines de milliers d’autres. Les rêves des Kurdes syriens de reconnaissance internationale pour leur enclave assiégée ont disparu. Pourtant, comme le montre cette histoire résumée, l’histoire du PKK est celle d’une survie tenace et d’une flexibilité organisationnelle, adaptant ses tactiques et même son idéologie pour répondre à des défis du genre qui ont écrasé de nombreux autres mouvements révolutionnaires en devenir. La dernière annonce de désarmement fait également partie de cette évolution stratégique continue.
 
Car Recep Tayyip Erdoğan a aussi ses propres problèmes. La Turquie est confrontée à la fois à Israël et à l’Iran, plaçant Ankara sur une trajectoire de collision inconfortable avec les deux blocs de pouvoir du Moyen-Orient. Ces tensions ont atteint un point de rupture suite au renversement inattendu en décembre 2024 du dictateur syrien Bachar al-Assad par des forces islamistes militantes ayant des liens profonds et croissants avec Ankara. L’Iran a été le grand perdant alors que la Turquie étendait son influence en Syrie, tandis qu’Israël ne tolérera pas la présence de bases militaires turques et d’anciens affiliés d’al-Qaïda près de sa propre zone d’occupation croissante dans le sud de la Syrie.
 
Entre-temps, les affiliés syriens du PKK continuent de contrôler un tiers du territoire du pays, sa richesse pétrolière et sa plus grande force armée unique dans les Forces démocratiques syriennes (FDS). Les FDS, formées par les États-Unis et très efficaces, gardent des dizaines de milliers d’affiliés de l’EI au nom de leurs alliés occidentaux, et les Américains n’ont aucun désir de voir les islamistes légèrement moins radicaux qui gouvernent désormais Damas prendre le contrôle de ces installations. Si la Turquie et le jihadiste devenu homme d’État Ahmed al-Sharaa de Syrie souhaitent que les puissances occidentales poursuivent leur normalisation rapide du nouveau régime, il leur serait conseillé de continuer leur stratégie actuelle et d’éviter de provoquer un conflit avec les FDS. Au contraire, une forte pression américaine a abouti à un accord de paix précaire entre les FDS et Damas, en tandem avec l’accord PKK-Ankara. Pour l’instant, les frappes aériennes turques contre les régions kurdes syriennes ont diminué.
 
Les dirigeants kurdes syriens sont donc silencieusement confiants, émettant des demandes maximalistes visant à préserver leur fédération multiethnique dirigée par les Kurdes et son aile militaire, même s’ils se préparent à l’évacuation potentielle de commandants militaires formés par le PKK de Syrie et s’inquiètent d’un futur affrontement indésirable avec Damas. Un certain degré d’autonomie kurde syrienne sera certainement préservé, bien que la mesure dans laquelle cela ressemblera à la vision radicale et démocratique directe d’Öcalan soit une autre question.
 
De l’autre côté de la frontière, il est moins clair ce que le PKK obtiendra de son propre accord avec Ankara — au-delà d’une amnistie envisagée pour la majorité de ses combattants guérilleros et d’un transfert vers un pays tiers nominalement sûr pour les commandants supérieurs. Une écoute attentive du discours de « désarmement » rend clair que le PKK ne déposera les armes que si ses demandes sont satisfaites, y compris la libération d’Öcalan comme première étape non négociable. Ankara doit donc franchir la prochaine étape : une amnistie véritablement surveillée au niveau international serait un bon point de départ.
 
Il y a de nombreux obstacles avant une transition pacifique, chacun présentant une opportunité pour le PKK et la Turquie d’abandonner à nouveau le processus. Ankara possède plus de 100 bases militaires profondément dans le territoire kurde irakien, des points de passage pour sa guerre contre le PKK. Cette occupation de facto peu connue est liée à la soi-disant « Route du développement » de la Turquie. Un projet de 17 milliards de dollars, il reliera Bagdad à l’Europe via le Kurdistan irakien et la Turquie, offrant une troisième voie au-delà de la mer Rouge bloquée par les Houthis et d’une route alternative proposée reliant l’Inde à l’Europe à travers les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite et Israël, mais contournant inacceptablement la Turquie. Alors que la Turquie cherche à s’aligner comme un partenaire régional clé, Ankara sera donc réticent à abandonner son point d’appui irakien au nom d’un accord de paix. À ce jour, les frappes aériennes turques continuent de frapper les positions du PKK dans le Kurdistan irakien.
 
Entre-temps, les vétérans aguerris du PKK peuvent se demander si leurs sacrifices sont justifiés par les gains kurdes au parlement turc ou en Syrie, et continuer leur lutte sous un autre nom. Fait intéressant, la période de cessez-le-feu de 1999 à 2004 a vu le PKK changer son attention de sa lutte de longue date contre la Turquie pour soutenir ses affiliés kurdes iraniens ciblant le régime iranien tout aussi répressif. Aujourd’hui, l’éradication par Israël de l’« Axe de la Résistance » dirigé par l’Iran soulève la possibilité d’une future déstabilisation dans la République islamique. Le PKK, ou ses organisations successeurs, pourrait bien être entraîné dans un tel conflit futur. Pendant ce temps, Israël a fait des avances aux Kurdes syriens, au risque d’aliéner leurs alliés arabes et leurs soutiens internationaux.
 
Le Kurdistan peut rester formellement divisé entre la Turquie, l’Iran, l’Irak et la Syrie, mais il se trouve à un carrefour géostratégique de plus en plus crucial — non seulement entre les blocs de pouvoir en guerre du Moyen-Orient, mais aussi sur les routes d’infrastructure, de pétrole et même d’eau. Ces militants kurdes fatigués et aux cheveux gris n’ont jamais terminé leurs diplômes en sciences politiques, mais ils ont appris des leçons précieuses au cours de 50 ans de conflit. Alors que le pouvoir de l’État décline, la technologie des drones devient moins chère, et les ressources deviennent de plus en plus rares à travers le monde, des groupes armés non étatiques astucieux comme le PKK et les Houthis peuvent et joueront un rôle croissant au cours des prochaines décennies. Le PKK peut changer de stratégie encore une fois, mais sa longue lutte est loin d’être terminée.
 
Par Matt Broomfield, journaliste indépendant, chercheur en doctorat, cofondateur du Rojava Information Center et auteur de Hope Without Hope: Rojava and Revolutionary Commitment (2025).

TURQUIE. Elle risque plus de quatre ans de prison pour avoir brandi une pancarte « dictateur Erdoğan » lors d’une manif

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TURQUIE – Esila Ayık est maintenue en détention provisoire depuis plus d’un mois malgré des problèmes de santé chroniques. Trois étudiants d’une université d’Istanbul risquent une peine de prison pour avoir brandi une pancarte qualifiant le président Recep Tayyip Erdoğan de « dictateur » lors d’une manifestation de jeunes le 8 avril. Les procureurs ont déposé hier un acte d’accusation contre Esila Ayık et deux autres personnes, demandant une peine comprise entre un an et deux mois et quatre ans et huit mois pour insulte au président. Ayık a été arrêtée le 9 avril, au lendemain de sa participation à la manifestation « Scène de solidarité des jeunes » dans le quartier de Kadıköy à Istanbul. Cet événement, qui a rassemblé des milliers d’étudiants, s’inscrivait dans une vague de protestations plus large déclenchée par l’arrestation du maire d’Istanbul, Ekrem İmamoğlu, en mars. Les manifestants avaient réclamé la libération de centaines de jeunes arrêtés lors des protestations. Ayık a été arrêtée lors d’une descente à son domicile aux premières heures du 9 avril et a ensuite été officiellement arrêtée et envoyée à la prison pour femmes de Bakırköy. Selon l’acte d’accusation établi par le parquet d’Istanbul Anadolu, Ayık et deux autres personnes, identifiées comme A.Ö. et MEE, ont été photographiés tenant des pancartes au contenu présumé criminel lors de la manifestation. L’une des pancartes représenterait la silhouette d’Erdoğan accompagnée de phrases considérées comme insultantes. Ayık, qui souffre de maladies cardiaques et rénales chroniques, a été hospitalisée le 23 avril après une détérioration de son état de santé en détention. Malgré son état, un tribunal a rejeté sa demande de levée de détention provisoire le 26 avril. (Bianet)

Le groupe de travail kurde du Parlement européen exige de la Turquie la garantie des libertés fondamentales

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STRASBOURG – Le groupe de travail kurde du Parlement européen a déclaré que la Turquie devrait saisir cette opportunité en prenant les premières mesures pour mettre fin aux opérations militaires, libérer les prisonniers politiques et garantir les libertés fondamentales. Le groupe de travail kurde du Parlement européen a salué la décision du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) de dissoudre sa structure organisationnelle et de mettre fin à la lutte armée. Il a souligné que cela marque la fin d’une époque, mais aussi le début d’une nouvelle lutte démocratique pour la paix. Le groupe a appelé le gouvernement turc à saisir cette opportunité historique au profit des Kurdes et des Turcs. Dans sa déclaration, le groupe a souligné que la Turquie devait mettre en œuvre des réformes juridiques et politiques pour faciliter un processus de résolution pacifique. Il a insisté sur la nécessité de garantir les libertés fondamentales afin de permettre la résolution démocratique des différends politiques et, dans un premier temps, de libérer tous les prisonniers politiques et de mettre fin à la pression politique sur le pouvoir judiciaire. Le groupe a souligné que cette décision intervient à un moment où la démocratie en Turquie est gravement menacée et s’est félicité du soutien apporté au processus de paix par divers partis politiques. Il a insisté sur la nécessité pour le Parlement turc d’être pleinement impliqué dans ce processus, qui devrait servir de fondement à une société nouvelle, démocratique et pacifique. Un avertissement a également été lancé : la paix ne doit être accaparée par aucune structure politique ni instrumentalisée à des fins politiques. La déclaration souligne que ce congrès crucial du PKK s’est déroulé dans des conditions difficiles, malgré la déclaration de cessez-le-feu de l’organisation, tandis que les opérations militaires turques contre les bases militaires se poursuivaient. La Turquie a été exhortée à cesser les attaques et à mettre en place les garanties et mécanismes de sécurité nécessaires à un processus de paix complet. Il a également été déclaré que ce processus devrait contribuer au retrait de la présence militaire croissante de la Turquie dans la région du Kurdistan irakien et assurer le retour en toute sécurité des villageois déplacés. Dans le contexte syrien, il a été noté que la Turquie a utilisé ses prétendus liens avec le PKK comme prétexte pour ses attaques et occupations contre l’Administration autonome du nord et de l’est de la Syrie. Soulignant que l’Administration autonome n’a jamais représenté une menace réelle pour la Turquie, le communiqué a déclaré qu’avec la dissolution du PKK, ces justifications ne sont plus valables, que les attaques doivent cesser et que les forces turques doivent se retirer de la région. Enfin, un appel a été lancé aux institutions européennes pour qu’elles usent de leur autorité afin de fournir le soutien et la pression nécessaires pour transformer ce moment historique en le début d’un véritable changement démocratique. (ANF)

Le CDK-F vous invite à la 4e édition du Festival culturel kurde de Paris

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PARIS – Le Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F) vous invite à la quatrième édition du Festival culturel kurde de Paris, qui se tiendra du 17 au 23 mai 2025. Cet événement, organisé en collaboration avec la Fondation Danielle Mitterrand, la Mairie de Paris, la Mairie du 10e arrondissement, la Mairie de Montreuil, l’Association de Solidarité France-Kurdistan, l’Institut de Réflexion et d’Études sur le Kurdistan (IREK) et l’association Arts et Culture du Kurdistan (ACK), promet une semaine riche en découvertes et en émotions.
 
 
Ce festival unique en France se déroulera à Paris et dans plusieurs villes d’Île-de-France, offrant une immersion dans la richesse du patrimoine culturel kurde. Il vise à partager, promouvoir et préserver cette culture menacée, tout en célébrant l’un des peuples les plus anciens de Mésopotamie. C’est une occasion authentique de découvrir la diversité culturelle et de rappeler l’importance de protéger ces trésors.
 
 
Au programme : des spectacles, des dégustations culinaires, des animations pour les enfants et des expositions. Le clou du festival sera un concert mémorable le dernier jour, avec la participation d’artistes kurdes renommés, dont le collectif Koma Ma , un groupe jeune et dynamique originaire de Diyarbakir, au cœur du Kurdistan.
 
 
Ne manquez pas cette opportunité de plonger dans l’une des plus anciennes cultures de la Mésopotamie. Venez nombreux célébrer et découvrir la richesse du patrimoine kurde lors de cette quatrième édition du Festival culturel kurde de Paris!
 
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Programmation
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DÉFILÉ FOLKLORIQUE
Samedi 17 mai, 13h – CDK-PARIS (16 Rue d’Enghien 75010 Paris)
 
Le Festival s’ouvrira en beauté avec un défilé haut en couleurs entre le 16 rue d’Enghien et la Mairie du 10e arrondissement. Au rythme entraînant du Govend (danse traditionnelle kurde) et des mélodies folkloriques, la parade promet une ambiance festive et vibrante. Pour immerger pleinement dans l’esprit du Kurdistan, les tenues traditionnelles kurdes sont les bienvenues !
 
 
Venez nombreux célébrer cette ouverture musicale et dansante, symbole de la joie et de la richesse culturelle kurde.
 
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CÉRÉMONIE D’INAUGURATION
Samedi 17 mai, 15h – Mairie de Paris 10 (72 rue du Faubourg St-Martin 75010 Paris)
 
La cérémonie d’inauguration se déroulera dans le majestueux hall de la Mairie du 10e arrondissement. Elle commencera par un discours de bienvenue, suivi d’un spectacle enchanteur mêlant rythmes vibrants et danses traditionnelles, une véritable fête pour les sens.
 
 
Ce sera l’occasion de découvrir la performance impressionnante des jeunes talents du groupe de Govend (danse folklorique) de Paris, Govenda Rojbîn, dont l’énergie et la grâce captiveront le public. Une ouverture en beauté pour ce festival !
 
ENTRÉE LIBRE
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BRUNCH KURDE

Dimanche 18 mai, 12h – Café A (148 rue du Faubourg St-Martin 75010 Paris)
 
La deuxième journée du Festival culturel kurde de Paris sera dédiée à l’art culinaire kurde. Nous vous invitons au Café A pour déguster de délicieux mets kurdes revisités par un chef étoilé.
 
 
Cette expérience gastronomique inédite sera relevée par les chants des célèbres Dengbêj, ces bardes kurdes gardiens d’une littérature orale ancestrale.
 
 
Tout en se délectant du brunch, l’on pourra parcourir une exposition sur la langue kurde.
 
 
Ne manquez pas cette opportunité de découvrir un patrimoine culinaire riche et varié, dans une ambiance conviviale et festive réchauffée par les voix des Dengbêj.
 
RÉSERVEZ VOTRE TABLE SUR UN DES CRÉNEAUX DU 18 MAI
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STAND-UP DE MURAT BATGÎ
Lundi 19 mai, 19h – CDK-Paris (16 rue d’Enghien 75010 Paris)
 
L’humoriste Mûrat Batgî, reconnu comme le pionnier du stand-up kurde, fait son grand retour sur scène après une absence de plus de dix ans, avec un spectacle intitulé « Matruşka« . Ce spectacle dévoile des récits imbriqués les uns dans les autres, ainsi que des émotions profondément liées aux événements qu’il partage avec son public.
 
 
Originaire de la capitale kurde d’Amed (Diyarbakır), Mûrat Batgî a mené, entre 1992 et 2010, diverses activités théâtrales, linguistiques et comiques au sein du Centre culturel de Mésopotamie (NÇM). C’est en 2002 qu’il a initié le stand-up en langue kurde. Sa pièce « Zimandirêj » a été jouée plus de 500 fois. L’humoriste est également scénariste, ayant notamment écrit le script du film « Yangın Var ». Depuis 2016, il réside au Canada.
 
ENTRÉE LIBRE
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SOIRÉE MUSICALE & BUFFET
Mardi 20 mai, 19h – Salle des Fêtes de la Mairie de Montreuil (1 Place Jean Jaurès, 93100 Montreuil)
 
Chaque année, nous sommes ravis de faire revivre le Festival dans la ville de Montreuil. Une soirée musicale mémorable vous attend dans l’élégante salle des fêtes, animée par les performances captivantes du chanteur Azad Bedran et du groupe Ethnic Band.
 
 
Nous sommes impatients de vous y retrouver pour partager un moment de divertissement et de convivialité dans ce cadre unique.
 
 
Et avec le buffet spécialement préparé pour l’occasion, soyez certains que vous repartirez le cœur et l’estomac comblés !
 
ENTRÉE LIBRE – BUFFET 10€
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JOURNÉE ANIMATIONS ENFANTS
Mercredi 21 mai, 11h – CDK-Paris (16 rue d’Enghien 75010 Paris)
 
Le festival propose également une programmation riche et adaptée aux plus jeunes, alliant plaisir et apprentissage. Dans les locaux du CDK-Paris, des animations spécialement conçues pour eux les inviteront à explorer la langue kurde de manière ludique, à découvrir des jeux traditionnels captivants, et à s’initier avec enthousiasme à la musique, à la danse et aux arts plastiques.
 
 
Ces ateliers, animés avec passion et expertise par le collectif Zarok Ma, venu de Diyarbakir, offrent une expérience à la fois éducative et divertissante.
 
 
Au programme : des jeux de présentation pour briser la glace, des animations linguistiques interactives, des contes enchanteurs, des ateliers de musique et de création pour stimuler l’imagination, ainsi que des séances de govend (danse folklorique) pour bouger et s’amuser. Et bien sûr, une pause déjeuner conviviale pour recharger les énergies ! Une occasion unique d’apprendre en s’amusant !
 
ENTRÉE LIBRE
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SOIRÉE CINÉMA AVEC LE FILM « ROJBASH »
Mercredi 21 mai, 19h30 – Cinéma Le Brady (39 Bd de Strasbourg 75010 Paris)
 
Rojbash, un film d’Özkan Küçük
 
 
SYNOPSIS
Rojbash raconte l’histoire émouvante d’un groupe d’acteurs kurdes qui se retrouvent pour remonter une pièce de théâtre vieille de 25 ans. Leur parcours oscille entre les répétitions, leurs rêves et la réalité qui les entoure.
 
 
Pour Kemal, qui a dédié sa vie au théâtre kurde, la situation politique actuelle de la langue kurde est plus précaire que jamais. Face à ce constat, il décide de rassembler ses anciens compagnons de scène, dispersés aux quatre coins du monde, pour redonner vie à leur pièce mythique, Rojbash.
 
 
Le film plonge le spectateur dans des journées intenses, où la vie quotidienne se mêle aux répétitions, révélant les défis personnels et collectifs auxquels ces artistes font face. À travers cette histoire, Rojbash aborde la pression exercée par les autorités turques sur la culture et la langue kurdes depuis des décennies. Malheureusement, en octobre 2024, le film est interdit par le ministère de la Culture et du Tourisme, qui lui refuse un visa d’exploitation.
 
 
Rojbash est une œuvre poignante qui mêle art, résistance et mémoire, portée par la vision engagée d’Özkan Küçük.
ÖZKAN KÜÇÜK
BIOGRAPHIE
Né à Dersim, une province kurde de Turquie, Özkan Küçük est un cinéaste engagé et passionné. Diplômé d’un master en radio-télévision-cinéma à l’université de Marmara, il a rédigé un mémoire intitulé « Le cinéma turc dans les années 90 ».
 
 
De 1997 à 2009, il a été membre actif du collectif cinématographique Mezopotamia et a publié des articles dans divers journaux et revues. Il est également l’un des fondateurs du Conservatoire d’art Cegerxwin, Académie du cinéma, où il a enseigné et partagé son expertise dans différents domaines des études cinématographiques.
 
 
Özkan Küçük est à l’origine du Festival du film documentaire Filmamed et des journées du film Kısa Dalga (Onde courte), témoignant de son engagement envers le cinéma indépendant et engagé.
 
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EXPO-DESSINS
Jeudi 22 mai, 19h – CDK-Paris (16 rue d’Enghien 75010 Paris)
 
Cette édition du Festival met en lumière plusieurs artistes dessinateurs kurdes. Détails de l’événement bientôt disponibles sur notre site !
 
ENTRÉE LIBRE
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GRAND CONCERT FINAL
Vendredi 23 mai, 18h30 – Salle Gaveau (45 rue La Boétie 75008 Paris)
 
La clôture du Festival culturel kurde de Paris s’annonce comme un moment exceptionnel, avec un grand concert mettant en lumière des artistes kurdes renommés, issus de traditions musicales variées.
 
 
Cette année, nous avons l’honneur d’accueillir le collectif Koma Ma, venu tout droit d’Amed, au cœur du Kurdistan, ainsi que la chanteuse Nûarîn, une figure bien connue du public kurde en Europe.
 
 
Ce sera une occasion unique de célébrer la richesse culturelle de la communauté kurde à travers un spectacle musical mémorable. Venez nombreux pour vivre cette expérience inoubliable et vous laisser emporter par la passion et l’énergie de ces artistes talentueux !
 
 
Koma Ma, pilier du centre *Ma Music*, fait résonner la richesse des dialectes kurdes, transformant les mélodies traditionnelles en créations résolument modernes. Leur musique, à la fois enracinée et avant-gardiste, dessine un pont entre les siècles passés et notre époque contemporaine.
 
Dans un contexte où l’expression culturelle kurde fait face à l’oppression, Koma Ma incarne une résistance artistique vibrante. Leur engagement se manifeste par la préservation méticuleuse des instruments traditionnels et la défense passionnée d’un patrimoine musical trop souvent réduit au silence.
 
 
Leur parcours scénique, déjà marqué par des prestations électrisantes à travers plusieurs pays, témoigne de leur pouvoir rassembleur. Avec trois singles percutants accompagnés de clips évocateurs, et de multiples collaborations artistiques à leur actif, le groupe ne cesse d’élargir son horizon musical.
 
 
Aujourd’hui, l’aventure se poursuit avec l’élaboration minutieuse de leur premier album, annonçant un nouveau chapitre de leur odyssée artistique. Une occasion unique de découvrir l’évolution d’une formation qui réinvente sans cesse l’âme de la musique kurde.
 
 
Nûarîn, chanteuse kurde mêlant tradition et modernité, est une artiste émergente reconnue pour ses performances émouvantes et sa capacité à transmettre l’âme de son peuple à travers une musique puissante et intemporelle.
 
 
Originaire de Mardin, elle s’est forgé un style unique en puisant dans les mélodies ancestrales du stran (chant) tout en explorant des influences modernes. Sa voix captivante et ses paroles poétiques touchent un large public, qu’elle invite à découvrir les richesses de la culture kurde.
 
 
À l’occasion du grand concert final de la 4e édition du Festival culturel kurde de Paris, Nûarîn promet une prestation inoubliable. Ne manquez pas cette artiste au talent authentique et à l’émotion sincère.
 

Karayılan : L’État turc doit adopter de toute urgence des lois pour faire avancer le processus

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KURDISTAN – Murat Karayılan, membre du comité exécutif de la guérilla kurde, a déclaré que l’État turc devait procéder de toute urgence à des changements juridiques pour qu’ils puissent déposer les armes concrètement. Le 12e Congrès du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) s’est tenu du 5 au 7 mai dans les zones de défense de Medya. La déclaration finale et les décisions du congrès ont été rendues publiques hier. Murat Karayılan, membre du comité exécutif du PKK, a prononcé le discours d’ouverture du congrès. Il a déclaré que la fin de la lutte armée n’était pas une fin en soi, mais un nouveau départ. L’agence ANF a publié des extraits de l’intervention de Karayılan. Le président Öcalan n’a jamais renoncé à la transformation et au changement Le premier cessez-le-feu fut déclaré en 1993, mais des éléments de l’État profond intervinrent. Turgut Özal, Eşref Bitlis et toute leur équipe furent éliminés. Dès les années 1990, le président Abdullah Öcalan chercha à initier le changement. Malgré quelques changements politiques, tous ses efforts pour mettre en œuvre une transformation organisationnelle se heurtèrent aux attaques de l’État. Les tentatives de 1995 et 1996 échouèrent également. Des lettres furent échangées avec Necmettin Erbakan, mais celui-ci fut lui aussi finalement mis à l’écart. Comme chacun sait, le cessez-le-feu déclaré en 1998 fut suivi de la Conspiration internationale le 15 février 1999, lorsqu’Öcalan fut enlevé au Kenya. Néanmoins, le président Öcalan resta inébranlable dans son engagement en faveur de la transformation. Il ne renonça jamais. En 1999, le conflit armé prit fin et en 2002, le PKK fut dissous. L’objectif était la transformation, le début d’une nouvelle phase. Cependant, cette transformation se heurta à une intervention plus large, à des tentatives de liquidation et à de graves menaces contre le mouvement, tant internes qu’externes. Une nouvelle phase du complot fut alors mise en œuvre. Tout comme ils cherchèrent à détruire le mouvement en capturant le président Öcalan le 15 février 1999, ils tentèrent plus tard d’atteindre le même objectif par une liquidation interne. Leur objectif était de couper le mouvement de la ligne du président Öcalan et de l’éloigner de sa vision. En conséquence, le président Öcalan fut une fois de plus contraint de reconstruire le PKK. C’est dans ces circonstances qu’est né le Comité pour la reconstruction du PKK. Son objectif était de proposer une solution à la crise actuelle et d’éliminer les éléments liquidateurs. Parce que tous les efforts de transformation, de changement et de résolution avaient été contrés par des approches liquidatrices, l’initiative historique du 1er juin 2004 fut lancée. Les efforts ultérieurs, entre 2009 et 2013-2015, ont également été la cible d’attaques de la part du gouvernement du Parti de la justice et du développement (AKP) et de l’État. De ce fait, la transformation que le président Öcalan avait prévue dans les années 1990 n’a pas pu être réalisée. La principale raison en était les attaques de l’État. Ce dernier a utilisé ces phases de transformation et de changement comme des occasions de liquider le mouvement. La deuxième raison, c’était nous-mêmes. Nous n’avons pas non plus été en mesure de répondre aux efforts de transformation et de changement du président Öcalan comme il l’avait envisagé. Nous avons tout laissé inachevé et n’avons pas mené à bien la transformation nécessaire. Nous aussi, nous nous sommes retrouvés dans cette impasse. Voici les principales raisons. Le plan visant à forcer la reddition n’était pas seulement celui de la Turquie, l’OTAN le soutenait également Naturellement, toutes les questions non résolues du socialisme ont été examinées à travers l’expérience du PKK et de la cause kurde. Cela a conduit à l’élaboration d’une nouvelle ligne idéologique. Entre 2003-2004 et la Cinquième Phase de Défense en 2010-2011, le président Öcalan a élaboré un nouveau paradigme : la construction d’une modernité démocratique contre la modernité capitaliste, et l’instauration d’une nation démocratique et d’un social-socialisme contre le socialisme d’État-nation. Cette nouvelle ligne ne pouvait plus être défendue sous l’influence du socialisme réel. Au cours des dix dernières années, notamment après le processus d’Imralı, précédé des négociations d’Oslo, qui ont duré deux ans et demi à trois ans, un consensus avait déjà été atteint. Bien que les protocoles aient été rédigés et présentés à l’État, le gouvernement turc a refusé de les accepter ou d’y répondre. L’accord de Dolmabahçe a ensuite connu le même sort. Au lieu de cela, l’État a lancé son soi-disant « plan de capitulation forcée ». Mais ce plan n’a pas été conçu par la seule Turquie. Bien que l’État turc l’ait développé, il a bénéficié du soutien de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Finalement, avec l’implication de l’OTAN, ils ont également créé une faction kurde collaborationniste. Après la résistance pour l’autonomie démocratique en zone urbaine et la résistance historique de 2016, et avec l’intervention extérieure, de nouvelles vagues de résistance ont eu lieu entre 2017 et 2019. De lourdes pertes ont été subies. L’ennemi a tenté de nous vaincre grâce à une technologie militaire supérieure. En réponse, nous avons développé nos propres techniques pour égaler sa puissance. Parmi les guérilleros du Kurdistan, un esprit de sacrifice s’est manifesté, accompagné d’une transformation des méthodes et des tactiques. En conséquence, l’État turc s’est retrouvé bloqué et n’a pas atteint ses objectifs. Leur objectif était l’anéantissement total, qu’ils avouaient ouvertement. Ils voulaient crier victoire pour le centenaire de la République, mais ils ont échoué. C’est pourquoi, au nom de l’État, Devlet Bahçeli a lancé un appel. Ils ont été contraints de chercher une autre voie. Le président Öcalan prônait depuis longtemps la transformation. Il a lui-même déclaré y avoir consacré une attention particulière au cours des dix dernières années. Il était prêt au changement. Suite à la déclaration de Bahçeli, le président Öcalan a vu cela comme une opportunité et a cherché à l’utiliser pour lancer le processus qu’il préparait depuis longtemps. Une résistance historique a été menée et nous avons subi de lourdes pertes. La dissolution du PKK est apparue dans ce contexte. Le président Öcalan a développé une nouvelle ligne, promouvant le concept de nation démocratique aux côtés du socialisme démocratique et social. Sur cette base, une transformation était nécessaire. Le PKK devait évoluer. Il en allait de même pour ses méthodes de lutte. La lutte armée a été menée officiellement pendant 41 ans. Du camarade Haki à Sara, en passant par Delal, Atakan, Adil, Nûda, Reşit, Rojin, les camarades Fuat et Rıza, et plus récemment nos camarades Gabar, Besê et Mitra, tombés au combat, nous avons subi de lourdes pertes. Une résistance historique a été menée. Près de 35 000 cadres et combattants de la guérilla sont tombés en martyrs. En comptant les civils et les patriotes, le nombre de martyrs atteint 45 000 à 50 000. Un esprit de résistance unique s’est développé, rarement observé au monde. Nous savons qu’il n’a pas d’équivalent dans la région ni au Moyen-Orient. Lorsque Daech est apparu, les États l’ont fui, mais cet esprit, cette ligne de sacrifice, a vaincu Daech. Il a détruit sa prétendue capitale. À commencer par Kobanê, ils ont vaincu Daech partout où il est apparu. La lutte armée a laissé un héritage immense, une histoire légendaire écrite en lettres d’or. Elle est entrée dans l’histoire du Kurdistan et de l’humanité. Telle fut la résistance déployée. La guérilla et le PKK ont remporté des succès, même dans les années 1990. Plus tard, l’ennemi a tenté de les détruire, mais sans succès. Le PKK a prouvé son invincibilité. C’est une force invincible. Mais l’invincibilité seule ne suffit pas ; il faut aussi réussir. Ce stade n’est pas encore atteint. Cette guerre a eu de nombreux résultats. Surtout, elle a mis fin au génocide et a fait naître le peuple kurde. Elle a créé un peuple capable de lutter avec la philosophie de la nation démocratique et du socialisme. C’est sa plus grande réussite. Elle a également ouvert la voie à une solution politique. Sans le PKK, la guérilla, la résistance à Zap, la résistance apoïste et les travailleurs de toutes les régions du Kurdistan, sans les sacrifices de notre peuple et de nos amis, sans l’unité autour du président Öcalan, l’État se serait-il adressé à lui ? Cela n’aurait pas été le cas. C’est la position ferme, insistante et résistante du président Öcalan, la résistance de la guérilla et le sacrifice du peuple qui ont contraint l’État à se tourner vers lui. L’appel du président Öcalan est un appel à construire la lutte d’une nouvelle ère Devlet Bahçeli a fait cette déclaration au nom de l’État, ou du moins d’une branche de celui-ci. Il a déclaré : « Une menace plane sur la Turquie, nous devons donc garantir la paix à l’intérieur. » L’appel du président Öcalan du 27 février est un appel historique, qui marque le début d’une nouvelle ère. Il marque une nouvelle phase. C’est un appel à la transformation du socialisme d’État-nation et à la promotion de la nation démocratique et du social-socialisme ; c’est un appel à une évolution vers le confédéralisme démocratique et le socialisme démocratique. Nous devons comprendre l’appel du président Öcalan et y répondre dans cet esprit. C’est un appel à développer le combat d’une nouvelle ère. Je sais que beaucoup de camarades abordent ce moment avec émotion, mais comme je l’ai dit, nous avons vécu ces tournants de la même manière par le passé. Pourtant, avec le temps et la progression de la lutte, nous avons constaté que les propos du président Öcalan étaient justes. Il en va de même aujourd’hui. Le président Öcalan constate que la situation actuelle a dépassé ses limites. Il se concentre intensément sur cette base et prend des mesures concrètes. Cet appel et ce processus marquent une nouvelle ère. Et cet appel revêt une signification historique non seulement pour le Kurdistan, mais pour l’humanité tout entière. Il dépasse désormais les frontières du Kurdistan. Pour que la modernité démocratique triomphe de la modernité capitaliste, nous devons maintenant nous libérer des chaînes qui nous entravent, celles qui nous limitent à une voix au Kurdistan. Le président Öcalan nous le demande. C’est ainsi que nous devons comprendre la dissolution du PKK. S’ils parlent de paix, ils doivent mettre fin à l’hostilité Il ne fait aucun doute que la création d’un paradigme plus large et d’un social-socialisme ne peut plus se faire aujourd’hui par la force des armes comme par le passé. Nous comprenons et reconnaissons la nécessité d’un changement de notre côté. Comme l’a déclaré le président Öcalan, en réalité, le PKK a pris fin dans les années 1990. La récente déclaration de Devlet Bahçeli a suscité des doutes, mais les efforts du président Öcalan, de notre vénéré martyr Sırrı Süreyya Önder et de la délégation d’Imralı, ainsi que leurs rencontres avec des représentants de l’État, des acteurs politiques et des organisations de la société civile, ont jeté les bases de cette transformation. Le changement est une nécessité ; il est inévitable. Ce congrès marquera des décisions historiques. La décision de dissolution sera probablement prise. Nous en sommes fermement convaincus. Pour que la décision de mettre fin à la lutte armée soit mise en œuvre, des réformes juridiques sont nécessaires. Comme l’a écrit de sa propre main notre martyr Sırrı Süreyya Önder et l’a lu à haute voix lors de la conférence de presse historique du 27 février, l’existence de droits politiques légaux et démocratiques est essentielle. Ce mouvement s’est défendu pendant des années par la lutte armée, mais il doit aussi en venir à croire aux lois, aux droits et à la Constitution. Par conséquent, des mesures juridiques concrètes doivent être prises et des réformes doivent être mises en œuvre. S’ils parlent de paix intérieure, ils doivent également mettre fin aux hostilités. Pourtant, les attaques se poursuivent. Les attaques chimiques se poursuivent. Les camarades Besê et Mitra ont été martyrisés le 11 avril à Girê Cûdî, dans la région de Zap, par des armes chimiques. Ces attaques persistent malgré notre cessez-le-feu déclaré. Il faut un changement dans la politique de déni et d’annihilation de l’État. Sans changement de mentalité, sur quelle base la paix intérieure sera-t-elle établie ? Ceux qui prétendent rechercher la paix doivent d’abord abandonner cette mentalité de déni et d’annihilation. Une véritable paix intérieure est nécessaire. Les lois existantes sont hostiles ; elles rejettent le peuple et la société kurdes. Par conséquent, seule une réforme juridique et constitutionnelle de l’État permettra à ce mouvement de mettre en œuvre le désarmement. Sinon, ce sera extrêmement difficile. Pour que nous déposions les armes, il faut aussi que l’État inspire confiance L’objectif premier de tous, et en particulier des guérilleros engagés dans la lutte armée, est la libération physique du président Öcalan. Il est vrai que le président Öcalan nourrit certaines attentes à notre égard en ce moment, et nous lui faisons pleinement confiance. Cependant, pour que nous puissions véritablement déposer les armes, nous devons également pouvoir faire confiance à l’État. À l’heure actuelle, l’approche de l’État turc n’inspire guère confiance. Nous n’abordons pas cette question de manière étroite, rigide ou perpétuellement méfiante ; nous adoptons une position honnête et sincère. Par-dessus tout, des réformes juridiques sont nécessaires. Comme je l’ai mentionné précédemment, les bases ont déjà été en partie posées grâce aux efforts du président Öcalan, au combat de la délégation et aux sacrifices du mouvement. C’est pourquoi notre congrès peut prendre certaines décisions, même face à la position actuelle de l’État, où certains signaux sont négatifs et d’autres positifs. Ceux qui veulent continuer la guerre doivent savoir qu’ils ne nous vaincront jamais. L’État cherche à tirer profit de la guerre, à la soutenir et à atteindre ses objectifs par son intermédiaire. Mais, une fois de plus, je dois le dire : la guerre ne lui permettra pas de réussir. Pourquoi ? Parce que nous aussi, nous avons 41 ans d’expérience. Nous avons développé de nouvelles tactiques. Nous avons mené la guerre sous terre, à la surface et dans les airs. Ils ne peuvent nous vaincre. Ils ne peuvent nous éliminer. La résistance, fondée sur la nouvelle doctrine de guerre établie lors de la réunion du Conseil de commandement des Forces de défense du peuple (HPG), est invincible. Même si un siècle plus tard, le résultat sera le même. C’est pourquoi notre analyse est pertinente et notre leadership est juste. Si cela continue, ils ne pourront pas nous vaincre. Ils ont tenté de nous dominer par la technologie, mais nous avons maintenant développé nos propres technologies en réponse. Les enfants et les amis de ce peuple ont non seulement fait preuve d’un esprit de sacrifice, mais ils ont également développé des techniques avancées. Et notre peuple est à nos côtés. Alors, à ceux qui persistent dans la guerre, nous disons une fois de plus : vous ne nous vaincrez jamais. Ce mouvement a prouvé son invincibilité, tout comme ce peuple. Sous la direction du président Öcalan, notre peuple est lui aussi prêt à la paix. Réellement prêt à instaurer la paix intérieure. L’approche de l’État doit refléter cette réalité. L’idée selon laquelle « Nous pouvons les éliminer par la force, nous les avons déjà affaiblis, nous vaincrons par des opérations et des attaques » n’est pas une approche résolue. Ce n’est pas une approche judicieuse. La guérilla peut poursuivre la lutte selon les méthodes et les exigences de notre époque et démontrer une fois de plus son invincibilité. Mais comme l’a également souligné le président Öcalan, cette époque est révolue. Un changement est donc nécessaire, et nous y croyons. Nous pensons que la stratégie de la guerre armée doit cesser. Cependant, si l’État refuse de l’accepter et ne met pas en œuvre les changements juridiques nécessaires, il sera impossible de concrétiser cet objectif. Ce n’est pas une fin, c’est un début. Un nouveau départ pour la liberté, pour le mouvement apoïste, pour notre peuple et pour les peuples de la région. Nous devons l’aborder avec cette compréhension. Pour que notre congrès réussisse et produise des résultats significatifs, dans la lignée du président Öcalan, chaque camarade doit se considérer comme responsable et agir avec ce sens du devoir. Nous sommes engagés sur la voie des martyrs et du président Öcalan. Nous sommes les représentants des martyrs. Des centaines de camarades sont tombés à nos côtés. C’est une responsabilité profonde et lourde. Nous ne pouvons l’aborder à la légère. Nos responsabilités sont immenses. Ce qui compte pour nous, c’est notre réaction à la vérité du président Öcalan, la manière dont nous représentons l’héritage des martyrs. Je suis convaincu que chaque camarade participera à ce congrès avec cette émotion et ce sens des responsabilités. Notre congrès réussira dans le cadre de la perspective du président Öcalan. Dans cet esprit, je souhaite plein succès à tous les camarades. (ANF)

SYRIE. Mazloum Abdi salue la levée des sanctions américaines contre la Syrie

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SYRIE / ROJAVA – Le commandant kurde, Mazloum Abdi salue la levée des sanctions américaines contre la Syrie annoncée aujourd’hui par le président américain Donald Trump à Ryad, en Arabie Saoudite, où il se trouve dans le cadre de sa tournée au Proche-Orient. Dans un message publié sur la plateforme X (ancien Twitter), le commandant en chef des Forces démocratiques syriennes (FDS), Mazloum Abdi, a exprimé sa gratitude au président américain Donald Trump pour avoir levé les sanctions américaines contre la Syrie. Abdi a souligné que la décision de lever les sanctions américaines sur la Syrie aura un impact positif sur le pays. Le commandant en chef des FDS a exprimé son espoir que cette mesure servira à soutenir la stabilité et la reconstruction, garantissant un avenir meilleur à tous les Syriens. Il a conclu : « La Syrie mérite toujours le meilleur. » Lors d’un discours prononcé dans la capitale saoudienne, Riyad, le président américain Donald Trump a annoncé aujourd’hui sa décision de lever les sanctions contre la Syrie. Par ailleurs, on annonce que Trump rencontrera demain le président syrien Ahmed Al-Charaa, toujours à Ryad…

TURQUIE. Une prisonnière kurde innocentée après 26 ans de captivité

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TURQUIE – IZMIR – Azime Işık, prisonnière politique kurde emprisonnée depuis 26 ans, a été acquittée dans l’affaire Mavi Çarşı lors d’un nouveau procès.
 
 
Azime Işık, détenue à la prison pour femmes de Şakran depuis 26 ans, a été acquittée dans l’affaire de l’attaque de Mavi Çarşı (Marché Bleu) d’Istanbul. Suite à cette décision, Azime Işık a été libérée.
 
Azime Işık a été arrêté en lien avec l’attaque du Mavi Çarşı à Kadıköy, Istanbul, le 13 mars 1999, au cours de laquelle 13 personnes ont perdu la vie. Le 7 mai 2007, la 11e Haute Cour pénale d’Istanbul a condamné Azize Işık à la réclusion à perpétuité pour notamment « atteinte à la souveraineté de l’État ».
 
Dans le même dossier, Engin Atabey, Abdullah Günay et Metin Yamalak ont ​​été condamnés à la réclusion à perpétuité aggravée. Ces décisions ont été approuvées par la Cour de cassation (Yargıtay).
 
L’affaire a ensuite été portée devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Suite à la décision de la CEDH de procéder à un nouveau procès, l’affaire a été renvoyée devant la Cour constitutionnelle (AYM). Conformément à la décision de la Cour constitutionnelle, le dossier a été transmis au tribunal local.
 
Lors de l’audience tenue aujourd’hui à la 11e Haute Cour pénale d’Istanbul, Azime Işık a été acquittée.

TURQUIE. Prolongation de captivité d’une otage kurde emprisonnée depuis 30 ans

TURQUIE / KURDISTAN – La prisonnière politique kurde, Ardıl Çeşme ne sera pas libérée avant la fin de sa peine de 30 ans. Le conseil pénitentiaire a ordonné de prolonger de six mois supplémentaire la captivité d’Ardıl Çeşme.

 

 

La députée du DEM Parti, Newroz Uysal a soumis une question parlementaire au Parlement concernant la prisonnière politique kurde Ardıl Çeşme, dont la libération a été reportée.

La libération d’Ardıl Çeşme, une prisonnière malade de la prison pour femmes d’Erzincan, a été reportée à trois reprises par décision du Conseil d’administration et d’observation pénitentiaire (İGK). Contre la décision de l’IGK, la députée du parti DEM Newroz Uysal a soumis une question parlementaire à la présidence de l’Assemblée, demandant une réponse du ministre de la Justice Yılmaz Tunç. Newroz Uysal a également porté l’affaire devant la Commission d’enquête sur les droits de l’homme (İHİK).

 

« Basé sur un jugement arbitraire »

La partie justification de la requête comprenait les déclarations suivantes : « Il existe de graves allégations selon lesquelles les décisions de reporter l’exécution d’Ardıl Çeşme prises par le Conseil d’administration et de surveillance pénitentiaires sont clairement arbitraires, contradictoires et constituent une violation des droits humains. La libération de la détenue, qui devait être libérée le 15 novembre 2024, a d’abord été reportée au 9 mai 2025, puis au 31 octobre 2025 « pour réévaluation » par décision du Conseil du 29 avril 2025. Les expressions utilisées dans les justifications de ces décisions sont loin d’être objectives, abstraites et sujettes à interprétation. Par exemple, des justifications telles que « attitude coercitive lors des perquisitions internes », « niveau modéré de motivation de développement », « non-renforcement des relations familiales affaiblies » ne sont pas fondées sur des critères mesurables et contrôlables, mais plutôt sur des jugements personnels. De plus, le refus de la condamnée de plaider coupable et de défendre son innocence est « jugé comme manquant de conscience du crime ». Le motif du report avancé constitue une violation de la liberté d’expression et du droit à un procès équitable. La décision du comité précisait notamment que la demande de la détenue de participer aux cours et activités ne pouvait être satisfaite en raison d’un « quota insuffisant », et l’accusation de « faible motivation » portée contre la détenue constitue un parfait exemple des contradictions internes de la décision du comité. »

Les questions auxquelles le ministre Yılmaz Tunç est invité à répondre dans la proposition sont les suivantes :

« *Sur quels critères objectifs et vérifiables se fondent les raisons de la décision de reporter la libération d’Ardıl Çeşme données par le Conseil d’administration et de surveillance de la prison fermée pour femmes d’Erzincan ?

*Sur quels critères scientifiques se basent les évaluations telles que « l’attitude coercitive dans les recherches internes » et « le niveau modéré de motivation au développement » dans la décision du Conseil ? Comment le contenu de telles déclarations est-il normalisé ?

* Dans les cas où les demandes des prisonniers ne peuvent être satisfaites en raison de quotas insuffisants de cours et d’activités sociales, pourquoi cette déficience est-elle utilisée comme excuse contre le prisonnier ?

*Pourquoi le refus du condamné d’admettre sa culpabilité ou sa affirmation continue d’innocence est-il considéré comme un « manque de conscience du crime » et utilisé comme justification pour reporter l’exécution ? Cette approche n’est-elle pas contraire à la CEDH et au droit à la liberté d’expression et à un procès équitable garantis par la Constitution ?

*Sur quels critères juridiques ou administratifs les dates de « réévaluation » (telles que 3 mois, 6 mois, 1 an) sont-elles déterminées par l’administration pénitentiaire et les conseils de surveillance ? Existe-t-il un système standard utilisé pour déterminer ces périodes ?

*Votre ministère a-t-il effectué des inspections concernant des allégations d’arbitraire et de contradiction quant au langage et au contenu utilisés dans les décisions du Conseil ?

*Votre ministère a-t-il mené un examen, une réglementation ou un plan de réforme concernant la structure, le fonctionnement et les processus décisionnels des conseils d’administration et de surveillance ? »

JinNews