IRAN. Le massacre des femmes en chiffres

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IRAN / ROJHILAT – Lors des manifestations de janvier 2026, au moins 250 femmes ont été tuées à travers le pays, y compris dans les régions kurdes (Rojhilat ou Kurdistan de l’Est). Par ailleurs, en 2025, 55 femmes ont été exécutées, 182 femmes ont été arrêtées et 80 autres ont été condamnées à des peines de prison, de flagellation ou de mort. À ces chiffres s’ajoutent 207 cas de féminicides enregistrés à travers le pays sur la même période.

Rapport Hengaw 2026 : Un bilan tragique pour les femmes en Iran

À l’occasion du 8 mars 2026, l’organisation de défense des droits humains Hengaw a publié un bilan statistique alarmant. Le rapport documente une répression d’État sans précédent et une persistance critique des violences de genre à travers tout l’Iran.

Un début d’année 2026 marqué par le sang

Les manifestations de janvier 2026 ont été violemment réprimées. Hengaw rapporte qu’au moins 250 femmes ont été tuées par balles, dont 25 adolescentes. À ce jour, l’identité de 204 victimes a été formellement vérifiée. Les provinces de Téhéran (61 tuées) et d’Ispahan (29 tuées) sont les plus endeuillées. Parmi les cibles identifiées figurent de nombreuses étudiantes, des enseignantes et du personnel médical.

2025 : Année record pour les exécutions

L’année 2025 a marqué un sombre record avec l’exécution de 55 femmes dans les prisons iraniennes, le chiffre le plus élevé de ces 25 dernières années.

  • Opacité judiciaire : Seules 7 % de ces exécutions ont été annoncées par les médias officiels, et plusieurs ont eu lieu en secret.

  • Minorités ciblées : Les femmes issues des minorités ethniques (Kurdes, Turques, Lors et Gilaks) sont particulièrement représentées parmi les condamnées.

Judiciarisation de l’activisme et féminicides

Le système judiciaire continue d’être utilisé comme un outil de pression politique. En 2025, 80 militantes ont été condamnées à des peines d’emprisonnement (totalisant plus de 354 ans), de flagellation ou à la peine de mort (notamment pour Nasimeh Eslamzehi et Zahra Shahbaztabari). Parallèlement, 182 arrestations arbitraires ont été recensées, touchant majoritairement des femmes baha’ies et kurdes.

Enfin, la violence domestique et sociale reste endémique avec 207 féminicides enregistrés en 2025. Le rapport souligne que 14,5 % de ces meurtres sont liés à des crimes dits « d’honneur », souvent perpétrés par des proches (époux, pères, frères) dans un contexte législatif qui peine à protéger les victimes.

Focus sur le Kurdistan

Au Kurdistan, la répression est double : au moins 24 femmes kurdes ont été tuées lors des manifestations de janvier (dont 3 mineures) et 50 autres ont été arrêtées. En 2025, 30 cas de féminicides ont également été documentés dans les provinces kurdes, témoignant d’une insécurité persistante tant politique que civile.

PARIS. Cortège féministe kurde lors du défilé du 8 mars

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PARIS — À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le mouvement des femmes kurdes a pris une place centrale dans la manifestation parisienne, reliant les revendications sociales hexagonales aux luttes de libération au Moyen-Orient.

Le Rojhilat en tête de cortège

Le défilé a été marqué par la présence massive des femmes originaires du Kurdistan d’Iran (Rojhilat), terre natale de Jina Mahsa Amini. En tête du cortège du Mouvement des femmes kurdes, elles ont défilé derrière une banderole affirmant une position politique claire :

« Rojhelat, le bastion de la révolution Femmes, Vie, Liberté »

 

Ce message fort rappelle que les soulèvements nés au Rojhilat ne sont pas de simples protestations, mais le socle d’une transformation philosophique et sociale mondiale.

Une chorégraphie contre l’obscurantisme

Le défilé a été rythmé par des chants de résistance et une performance artistique majeure. Les femmes kurdes ont réalisé une chorégraphie dénonçant l’obscurantisme djihadiste et les politiques militaires de Damas et de Turquie. Elles portaient des tissus (burqa) couvrant tout leurs corps dont elles s’en débarrassent à la fin et tressent leurs cheveux en criant « Jin, jiyan, Azadî ! »

En guise de conclusion symbolique, les participantes ont tressé leurs cheveux en public. Ce geste visait à honorer la mémoire des femmes kurdes assassinées par des gangs affiliés au régime syrien et à dénoncer l’injustice des massacres perpétrés à Alep, Raqqa et Kobanê depuis le début de l’année 2026.

Solidarité et revendications 

Aux côtés des organisations syndicales (CGT, FSU, Solidaires) et féministes, le cortège kurde, arborant les drapeaux des Unités de défense des femmes (YPJ) et les portraits des militantes assassinées à Paris et celle de Pakhshan Azizi condamnée à mort en Iran.

La mobilisation a dénoncé l’injustice d’un système précarisant les femmes et maintenant un écart salarial de 20 %, tout en alertant sur la menace conjointe de l’extrême droite européenne et des politiques militaristes au Moyen-Orient.

La marche, qui a rassemblé près de 70 000 personnes de Stalingrad à la place de la République, s’est achevée par des chants de résistance, réaffirmant que la lutte des femmes kurdes est indissociable du combat féministe universel.

La députée Danielle Simonnet était également présente aux côtés des femmes kurdes 

ALEP : Une famille kurde exécutée à son domicile

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SYRIE / ROJAVA – Le dimanche 8 mars 2026, une tragédie a frappé le quartier d’Al-Sabil, à Alep. Quatre membres d’une même famille kurde, dont deux enfants, ont été retrouvés assassinés dans leur appartement. Cet acte s’inscrit dans une vague de violences qui cible systématiquement les populations kurdes en Syrie.

Khaldoun Murad, sa femme et leur deux enfants, Elin et Ahmed 

L’alerte a été donnée par des proches de l’avocat Khaldoun Murad, originaire d’Afrîn. Inquiets par son silence prolongé, ils se sont rendus à son domicile situé au quatrième étage d’un immeuble résidentiel. Après avoir forcé l’entrée, ils ont découvert les corps sans vie de l’avocat, de son épouse et de leurs deux enfants.

Bien que les circonstances exactes de l’intrusion restent à éclaircir, la nature de l’exécution ne laisse que peu de doute sur le caractère ciblé de l’attaque.

Un contexte de nettoyage ethnique

Ce quadruple meurtre n’est pas un incident isolé. Il survient deux mois jour pour jour après le déclenchement, le 9 janvier 2026, d’une vaste offensive menée par des groupes armés et des milices soutenues par Damas et la Turquie.

Depuis le début de l’année, les rapports de terrain font état de :

  • Massacres de civils : Plusieurs milliers de Kurdes ont été tués dans les zones de combat ou lors d’exécutions sommaires.

  • Déplacements forcés : Des centaines de milliers de personnes ont dû fuir les régions d’Alep, de Raqqa et la campagne de Kobanê pour échapper aux persécutions.

  • Instabilité chronique : L’insécurité est devenue une réalité quotidienne pour les Kurdes vivant dans les zones sous contrôle des milices djihadistes ou des forces du régime.

L’impunité comme règle

L’assassinat de la famille de Khalil Abdo illustre l’absence totale de protection pour les civils kurdes. En s’attaquant à un avocat, symbole du droit et de la justice, les assaillants envoient un message de terreur à ceux qui tentent de maintenir une existence légale sur leur terre.

Tant que les instances internationales ne reconnaîtront pas l’ampleur de l’injustice et du nettoyage ethnique en cours au Rojava et dans le nord de la Syrie, la population kurde restera prise en étau entre des puissances régionales dont l’objectif commun semble être l’effacement de son identité.

Comment les États-nations ont entravé l’émancipation des femmes kurdes

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KURDISTAN – L’histoire contemporaine du Kurdistan est celle d’un paradoxe tragique. Alors que le mouvement de libération kurde actuel place la femme au sommet de son projet politique, il s’agit en réalité d’une reconquête d’une liberté ancestrale, étouffée par un siècle de découpages géopolitiques arbitraires.

L’héritage pré-moderne : Une liberté documentée

Au début du XXe siècle, les observateurs occidentaux notaient avec étonnement la distinction sociale des femmes kurdes par rapport à leurs voisines. Dans son ouvrage de 1914, G.E. Hubbard, alors secrétaire de la commission de délimitation de la frontière turco-persane, décrivait des femmes kurdes jouissant d’une liberté de mouvement et d’une influence sociale inhabituelles dans la région. Contrairement aux structures urbaines rigides des empires déclinants, les sociétés kurdes, souvent semi-nomades ou montagnardes, reposaient sur une forme de pragmatisme social où les femmes participaient activement à la vie publique, à la gestion tribale et, parfois même, au commandement militaire.

Le choc des États-nations : L’importation de l’oppression

Le redécoupage de la carte du Moyen-Orient après la Première Guerre mondiale a brisé cette trajectoire. En intégrant de force le Kurdistan dans les structures rigides de quatre États-nations (Turquie, Iran, Irak, Syrie), le peuple kurde a subi une double aliénation :

  • L’assimilation culturelle forcée : Les États occupants ont imposé des codes sociaux, juridiques et religieux souvent beaucoup plus conservateurs que les traditions kurdes originelles. Le patriarcat d’État, qu’il soit d’inspiration nationaliste ou fondamentaliste, a servi d’outil pour « dompter » la société kurde.

  • Le conservatisme comme refuge : Face à la menace de disparition culturelle et aux persécutions, certaines communautés kurdes se sont repliées sur des structures familiales rigides, utilisant le conservatisme comme un bouclier identitaire, au détriment direct de l’autonomie des femmes.

L’injustice du « modèle » voisin

L’influence des cultures dominantes des États voisins a profondément altéré le tissu social kurde. Là où la femme kurde était historiquement une figure de proue, elle est devenue, sous l’influence des politiques de Damas, de Téhéran ou d’Ankara, une cible privilégiée de l’oppression. Les structures de l’État-nation ont institutionnalisé une inégalité qui n’était pas la norme kurde.

Une lutte pour le retour aux sources

Aujourd’hui, le slogan « Jin, Jiyan, Azadî » (femme, vie, liberté) n’est pas une invention ex nihilo. Il s’agit d’une tentative de restaurer ce lien organique entre la femme et la vie, brisé par l’avènement de frontières qui n’ont pas seulement divisé une terre, mais ont également emprisonné une culture de la liberté. En luttant pour leur autonomie, les femmes kurdes ne cherchent pas seulement à acquérir de nouveaux droits, elles cherchent à panser la blessure d’une injustice séculaire et à retrouver la place qui était la leur avant que les cartes ne soient redessinées sans leur consentement.

Rouen : Sarya Nurcan Kaya porte la voix de « Jin, Jiyan, Azadî » au cœur de la cité normande

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ROUEN, France — À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, la ville de Rouen est devenue le théâtre d’une rencontre profonde entre la résistance kurde et la solidarité française. L’artiste et archiviste kurde en exil, Sarya Nurcan Kaya, invitée par le Parti Communiste Français (PCF), a livré un vibrant plaidoyer sur la genèse et la puissance universelle de la philosophie « Jin, Jiyan, Azadî » (Femme, Vie, Liberté).

Sarya Kaya offre à Valérie Gressus le slogan « Jin, jiyan, azadî » brodé sur du voile blanc encadré

Une philosophie née des montagnes et du sang

Dans son intervention intitulée « Une philosophie filtrée des montagnes : Jin, Jiyan, Azadî », Sarya Nurcan Kaya a tenu à rectifier une perception trop souvent superficielle : ces trois mots ne sont pas un simple slogan de manifestation, mais l’aboutissement de siècles de douleur, de résistance et d’espoir.

« Jin, Jiyan, Azadî est un appel viscéral à rétablir le lien brisé entre la femme et la vie », a-t-elle martelé.

Elle a rappelé que cette pensée a été forgée dans la rudesse des montagnes du Kurdistan par le mouvement de libération, avant de devenir le cœur battant de la révolution sociale au Rojava. Ce qui était à l’origine un cri de ralliement local face à l’oppression et à l’obscurantisme est aujourd’hui devenu un langage universel de dignité, porté aux yeux du monde lors des soulèvements de 2022 après l’assassinat de la jeune Kurde Jina Mahsa Amini.

Le voile blanc : Coudre la paix et la mémoire

L’émotion a atteint son comble lorsque l’artiste a présenté une œuvre hautement symbolique : un voile blanc (foulard traditionnel kurde) sur lequel elle a méticuleusement brodé l’inscription « Jin, Jiyan, Azadî ».

Pour Sarya Nurcan Kaya, le blanc du voile incarne la quête inlassable de paix des mères kurdes, tandis que chaque point de couture représente la patience et le travail invisible des femmes qui résistent. Offrir cette œuvre, c’est transmettre le fil de la mémoire kurde, une mémoire que les régimes oppresseurs de la région tentent d’effacer par la violence et l’injustice.

Une solidarité internationale renouvelée

La rencontre a été marquée par un échange chaleureux avec le public français. Les participants ont exprimé leur profonde gratitude envers le peuple kurde, dont le sacrifice en première ligne contre le fondamentalisme profite à l’humanité entière. En remerciant les Kurdes pour leur courage, les militants présents à Rouen ont réaffirmé que la lutte pour la liberté au Kurdistan est indissociable des combats féministes et progressistes mondiaux.

L’événement s’est conclu sur une certitude : si Sarya Nurcan Kaya vit aujourd’hui en exil, sa voix et son art continuent de prouver que les frontières ne peuvent emprisonner une idée dont l’heure est venue.

« Dire qu’autrefois nous encensions ces combattantes kurdes que nous laissons massacrer aujourd’hui »

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PARIS – Dans une tribune publiée par le site Le Monde à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, l’autrice Katell Faria dénonce l’abandon des combattantes des Unités de protections des femmes (YPJ) du Rojava, par l’Europe et les États-Unis alors qu’elles font face à l’offensive du régime islamiste syrien. Elle nous a autorisé à la publier également sur notre site.  

« Femme, vie, liberté ». Ce slogan, je ne l’ai pas découvert en 2022, après le meurtre de la jeune Kurde iranienne Mahsa Amini, assassinée par la police des mollahs pour avoir mal porté son voile. Je l’ai découvert en 2019, dans le nord-est de la Syrie, durant mon immersion au sein des Yekînen Parastina Gel (YPG) – les « unités de défense de la femme » –, aux côtés de combattantes kurdes qu’on appelle Yapaja. Quelques mois après la chute de l’organisation Etat islamique.

Pendant des semaines, l’été de cette même année, j’ai partagé le quotidien de ces femmes qui, avec leurs camarades masculins du YPG, avaient combattu Daech [l’acronyme arabe de l’organisation Etat islamique] et montré un héroïsme dont tous les médias occidentaux s’étaient, un temps, fait l’écho. Comme nous leur étions reconnaissants, alors, d’avoir lutté pied à pied contre les terroristes islamistes qui, de Rakka, nous avaient frappés jusque sur nos terrasses de café ! A cette époque, nous trouvions ces femmes admirables, et nous avions raison.

Non seulement elles avaient combattu au corps à corps nos ennemis, mais elles portaient, pour le nord-est de la Syrie, un projet de société inspiré de valeurs et de penseurs occidentaux : démocratique, laïque, socialiste, respectueux des minorités et, surtout, féministe. Ainsi, le Parti de l’union démocratique, dont elles sont le fer de lance, avait réussi à mettre en place, dans cette région minée par un patriarcat aussi brutal qu’implacable, des mesures telles que l’interdiction de la polygamie et des mariages forcés de mineures, mais aussi la possibilité, pour une femme, de demander le divorce et d’hériter.

« Femme, vie, liberté ». Ce slogan, mes camarades le prononçaient souvent. Avec force et conviction. Il résumait le combat qu’elles menaient en tant que Kurdes, mais aussi en tant que femmes : un combat pour ne plus vivre sous l’oppression, qu’il s’agisse de celle de Bachar Al-Assad, de Recep Tayyip Erdogan, de Daech ou du patriarcat. Le droit de vivre libres, elles l’avaient payé très cher, car nombre d’entre elles avaient péri dans la lutte contre le califat d’Abou Bakr Al-Baghdadi. Quant à celles qui avaient survécu, elles en étaient revenues tellement abîmées qu’à 30 ans à peine, elles semblaient en avoir 40, voire 50. Oui, leur liberté, elles l’avaient plus que méritée. Et pourtant, rien n’était gagné – elles le savaient. Sans doute pressentaient-elles que nous les trahirions un jour. Mais pas de manière si indigne…

Elles se battent encore

En effet, en décembre 2024, lorsque Ahmed Al-Charaa, soutenu par la Turquie, a chassé Bachar Al-Assad du pouvoir, c’est avec consternation qu’elles ont appris que les médias occidentaux applaudissaient ce remplacement d’un tyran raciste par un tyran djihadiste.

Puis, un an plus tard, en janvier, c’est avec écœurement qu’elles ont découvert que les gouvernements américains et français, qui les soutenaient autrefois, les abandonnaient totalement au profit du nouveau pouvoir syrien. En faisant ainsi, nos dirigeants donnaient à Al-Charaa – qui avait déjà massacré des milliers d’alaouites et de Druzes – le feu vert pour attaquer les Kurdes.

Ainsi, c’est le cœur serré que j’ai découvert, il y a quelques semaines, la vidéo sur laquelle les sbires de la nouvelle armée syrienne jettent la dépouille d’une Yapaja du haut d’un immeuble pendant les affrontements d’Alep ; celle où d’autres fracassent la statue d’une Yapaja au moment de la prise de la ville d’Al-Tabqa ; sans compter celle où une petite brute cruelle exhibe joyeusement une tresse de cheveux qu’il s’enorgueillit d’avoir découpée sur un cadavre. Comment pouvons-nous approuver une telle ignominie ? Dire qu’autrefois nous encensions ces femmes que nous laissons massacrer aujourd’hui. En les abandonnant ainsi, nous commettons une grave faute morale autant qu’une faute politique.

Mais il y a pire encore : il semble qu’à la trahison nous ajoutions désormais la calomnie. En effet, depuis quelques semaines monte une petite musique répétant que, finalement, les islamistes ne seraient pas si méchants, et les Kurdes ne seraient pas si gentils. Certains sous-entendent même qu’au fond les seconds ne vaudraient pas mieux que les premiers. On croit rêver, tant ce relativisme confine au cynisme. Non seulement nous avons réussi l’exploit, après des années de guerre contre le terrorisme islamiste, de laisser s’installer au pouvoir un ancien cadre d’Al-Nosra et fondateur de Hayat Tahrir Al-Cham ; mais en plus nous voudrions soulager notre culpabilité en faisant croire que nos alliés kurdes, qui nous ont défendus contre le mal absolu et ont porté des valeurs qui nous sont chères, ne valent pas mieux que nos ennemis ! Voilà qui manque cruellement de courage et de noblesse.

Une chose est sûre : Al-Charaa, le roi de la taqiya [l’art de la dissimulation], peut nous dire merci. En reprenant sa propagande, divulguée par ses affidés, nous lui rendons un grand service. La fin est proche, pour mes camarades Yapaja. Elles le savent. Et pourtant, elles se battent encore. Quant à leurs sœurs iraniennes, nul ne sait ce que l’avenir leur réserve. Pourtant, elles aussi se battent encore, à leur manière. Au cœur de l’horreur. En pleine tragédie. En cette Journée internationale des droits des femmes, j’aimerais que nous pensions à ces combattantes de la liberté : celles qui sont déjà mortes, celles qui vont bientôt mourir. Nous leur devons au moins ça.

Katell Faria est autrice engagée auprès des Kurdes de Syrie depuis 2018. Elle a publié notamment « L’appel du Rojava » dans l’ouvrage collectif « Femmes d’aventures » (Points, 2022).

#IRANWAR. Les bombardements déciment des familles entières au Rojhilat

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IRAN / ROJHILAT – Le Kurdistan iranien est une nouvelle fois transformé en champ de bataille sanglant. Alors que les tensions entre l’Iran et l’axe Washington-Tel Aviv s’intensifient, ce sont les civils kurdes qui paient le prix le plus lourd. En l’espace d’une semaine, plusieurs familles ont été anéanties à Divandarreh et Marivan, victimes collatérales de frappes aériennes ciblant les installations du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI).

Marivan : Une famille entière fauchée à la veille d’une naissance

Le lundi 2 mars 2026, l’horreur a frappé la ville de Marivan. Une frappe aérienne visant un bâtiment des Gardiens de la révolution a provoqué des explosions d’une telle violence que les habitations civiles voisines ont été soufflées.

Au cœur de ce drame, une famille a été décimée par une frappe aérienne :

  • Mitra Jalilavi, 30 ans, originaire d’Ahvaz, enceinte de neuf mois et sur le point d’accoucher.

  • Farzad Bazargan, 34 ans, son époux, originaire du village de Dari.

  • Karen Bazargan, leur enfant de seulement quatre ans.

Mitra se préparait à rejoindre l’hôpital de Sanandaj (Sînê) pour donner la vie ; elle a trouvé la mort sous les décombres de sa propre maison, située derrière la garnison militaire.

Divandarreh : Le lourd tribut des travailleurs et des villageois

La ville de Divandarreh a également été la cible de raids intensifs menés par l’aviation américaine et israélienne. Selon l’organisation de défense des droits humains Hengaw, quatre autres civils kurdes ont perdu la vie lors de ces bombardements :

  • Le dimanche 1er mars, Soleiman Mollaviseh, habitant du village de Zaki Beg, a été tué lors des premières frappes contre les sites militaires de la ville.

  • Le samedi 7 mars, vers 10h00, trois autres vies ont été fauchées lors du bombardement de la base du CGRI sur la 16e rue : Samira Shafiei (du village de Kani Sefid), Fereydoun Amini (du village de Cholbolagh) et Hamed Saeedi, un employé du bureau de poste local.

L’injustice d’un peuple pris en étau

Ces événements tragiques illustrent l’insécurité permanente et l’injustice historique subies par le peuple kurde. Occupé par le régime iranien qui installe ses bases militaires au cœur des zones résidentielles kurdes — utilisant de fait la population comme bouclier humain — le Rojhilat est aujourd’hui bombardé par des puissances étrangères sans aucune considération pour les vies civiles.

Les images documentées par Hengaw montrent des quartiers dévastés, des infrastructures électriques coupées et des familles endeuillées. Une fois de plus, le Kurdistan paie le prix d’une guerre dont il n’est pas l’acteur, mais la victime impuissante.

ROJAVA. Massacre des Kurdes d’Afrin occupée par la Turquie

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SYRIE / ROJAVA – Alors que les discours internationaux évoquent parfois un retour à la stabilité, la réalité sur le terrain dans le nord de la Syrie crie l’inverse. À Afrin, l’insécurité n’est pas une fatalité, mais une arme politique. Dans cette région occupée, le peuple kurde continue de subir un nettoyage ethnique silencieux, marqué par des enlèvements, des déplacements forcés et des assassinats perpétrés en toute impunité par les milices soutenues par la Turquie.

Des visages derrière les chiffres

Les victimes n’étaient pas des combattants, mais des travailleurs de la bijouterie locale :

  • Morad Hussein Aziz : originaire du village de Yalanqoz (district de Jinderes) et membre de la famille Itara.

  • Ahmed Barakat : orfèvre originaire de la campagne méridionale de Sefira (Jabal al-Hass).

  • Une troisième victime : également orfèvre dans le même atelier, dont l’identité reste encore à confirmer.

Ces hommes ont été abattus pour leur or et leur argent, mais surtout parce que dans l’Efrîn occupée depuis 2018, la vie d’un Kurde ne bénéficie d’aucune protection légale.

L’autonomie : un droit vital à la dignité

Ce drame rappelle pourquoi le peuple kurde ne cessera jamais de réclamer l’autonomie. L’autonomie n’est pas une simple ligne politique, c’est le droit fondamental de vivre sur sa terre ancestrale sans craindre d’être kidnappé, déplacé ou assassiné en toute impunité.

Depuis l’invasion, des milliers de Kurdes ont disparu dans les geôles des mercenaires de l’armée syrienne sous tutelle turque. Ce triple meurtre est le symbole d’un système qui utilise la terreur pour empêcher tout retour des personnes déplacées et pour achever la spoliation des richesses de la région.

Où sont les garanties ?

Parler du « retour des réfugiés » à Efrîn est un mirage criminel tant que les assassins de Morad et Ahmed circulent librement. Qui protégera les survivants ? Qui demandera des comptes aux bourreaux ? Sans une reconnaissance internationale de l’injustice subie par les Kurdes, le nettoyage ethnique se poursuivra sous le masque d’une stabilité de façade.

SYRIE. Quels sont les obstacles à l’intégration des YPJ ?

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SYRIE / ROJAVA – Alors que la Syrie entame une phase de transition politique complexe en 2026, l’accord d’intégration entre les Forces démocratiques syriennes (FDS) et le Gouvernement de transition syrien (GTS) se heurte à un obstacle idéologique majeur : la place des femmes au sein de la défense nationale. Dans cette analyse, la chercheuse Meghan Bodette explore les tensions entourant l’avenir des Unités de défense féminines (en kurde : Yekîneyên Parastina Jin, YPJ). Entre l’expertise militaire reconnue de ces combattantes kurdes et les réticences d’un nouveau pouvoir aux racines conservatrices, ce dossier révèle une profonde injustice : alors que les normes régionales évoluent, de la Jordanie à l’Arabie saoudite, les pionnières de la lutte contre Daech risquent d’être exclues de l’armée qu’elles ont contribué à rendre possible.

Les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, et le Gouvernement de transition syrien (GTS) œuvrent depuis près d’un mois à la mise en œuvre d’un accord d’intégration. L’intégration militaire s’avère être l’un des dossiers les plus difficiles à résoudre. Ce point crucial est encore compliqué par le désaccord entre les deux parties sur un principe fondamental : le droit des femmes à participer pleinement à la vie publique.

Depuis sa création, les Forces d’autodéfense syriennes (FAD) ont permis aux femmes d’occuper tous les postes militaires, y compris au combat en première ligne. L’une de ses composantes fondatrices était les Unités de défense féminines (YPJ), une force armée entièrement féminine dotée de sa propre structure de commandement autonome.

Le STG est dirigé par d’anciens membres de Hayat Tahrir al-Sham (HTS), un groupe islamiste radical. Les femmes n’ont pas servi dans les forces armées de HTS. Le groupe imposait des restrictions sévères aux droits et libertés individuelles des femmes lorsqu’il gouvernait la province d’Idlib avant décembre 2024.

Les dirigeants kurdes syriens souhaitent que les combattantes des YPJ soient autorisées à intégrer les quatre nouvelles brigades qui seront créées pour les anciens membres des FDS, conformément à l’accord d’intégration du 30 janvier 2026. Jusqu’à présent, le STG a rejeté cette demande.

L’intégration des YPJ est une priorité absolue pour les négociateurs kurdes et les communautés qu’ils représentent . Permettre aux femmes kurdes d’intégrer les forces armées favoriserait l’égalité des droits et constituerait un pas vers une armée représentative de toutes les composantes de la société syrienne. Cela permettrait également à Damas de tirer profit des partenariats internationaux et de l’expérience que les YPJ ont acquis au fil des années de collaboration avec la Coalition mondiale dirigée par les États-Unis.

LES YPJ 

Le premier bataillon des YPJ a été fondé en 2013 à Afrin, dans le nord-ouest de la Syrie. Elles comptent aujourd’hui environ 2 000 à 2 500 combattantes.

Le groupe affirme son engagement en faveur de la liberté des femmes et des droits des Kurdes. Nombre de ses membres ont été motivées à le rejoindre pour échapper aux normes sociales patriarcales en vigueur dans leur pays et pour résister aux crimes commis contre les femmes par des acteurs étatiques et non étatiques ciblant les Kurdes syriennes. Conformément au principe d’autonomie des femmes appliqué dans les structures militaires et civiles du nord-est de la Syrie, l’ensemble de la hiérarchie des YPJ était féminine. Bien que des unités mixtes existassent sur le terrain et que des commandants des deux sexes dirigeaient des opérations, toutes les décisions internes concernant les femmes étaient prises par des femmes.

Les combattantes des YPJ ont participé à toutes les batailles majeures contre Daech dans le nord-est de la Syrie. Leurs unités ont coopéré avec la Coalition mondiale contre Daech, dirigée par les États-Unis, et ont reçu une formation de sa part.

Pour faciliter l’intégration, les YPJ ont renoncé à leur structure de commandement autonome. Elles sont disposées à s’intégrer au sein des nouvelles divisions et brigades de l’armée syrienne qui seront créées conformément à l’accord du 30 janvier.

Cadres juridiques et institutionnels

La loi syrienne n’interdit pas explicitement aux femmes de s’enrôler dans les forces armées. Avant 2024, certaines femmes servaient dans l’armée syrienne, bien que cela fût culturellement déconseillé et que leur rôle fût généralement symbolique .

Depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement de l’État de Syrie (GST ou STG) n’a adopté aucune nouvelle loi visant à empêcher la participation des femmes dans l’armée. L’article 10 de sa déclaration constitutionnelle stipule que « tous les citoyens sont égaux devant la loi en droits et en devoirs, sans discrimination fondée sur la race, la religion, le sexe ou l’origine ». En théorie, cela pourrait constituer le fondement de la non-discrimination et d’un droit égal à participer aux institutions de l’État, y compris aux forces armées.

Les Kurdes syriens estiment que l’opposition à l’intégration des YPJ est largement liée à l’idéologie et à l’inertie institutionnelle. Les dirigeants du GST sont issus d’une tradition politique fondamentaliste où les femmes sont exclues de la vie politique et sécuritaire. La politique du STG en matière de droits des femmes est bien plus modérée que celle du HTS à Idlib, et quelques femmes ont accédé à des postes politiques à Damas. Cependant, le chemin est encore long avant d’atteindre une égalité totale, notamment dans des domaines comme la sécurité et la défense.

Comme l’explique l’Institut pour l’étude de la guerre, le gouvernement de transition syrien (GTS) « constitue une nouvelle armée syrienne à partir de la multitude de groupes armés islamistes et autres groupes d’opposition avec lesquels Shara s’est allié pour renverser le régime d’Assad. Cette nouvelle armée est principalement composée de factions ayant rejoint Hayat Tahrir al-Sham (HTS) au sein de la salle d’opérations Fateh al-Mubin qui a renversé Assad, d’une part, et de factions soutenues par la Turquie qui faisaient partie de l’Armée nationale syrienne (ANS) et de la salle d’opérations Fajr al-Hurriya, d’autre part. » Aucun de ces groupes armés n’acceptait les femmes. Certains sont dirigés par des hommes faisant l’objet de sanctions internationales pour une longue liste d’exactions, notamment des violences sexuelles et sexistes. Une armée composée de tels groupes a peu de chances, pour le moins, d’être institutionnellement préparée à travailler avec des femmes.

La taille des brigades à créer pour les anciens membres des FDS est un autre point de désaccord dans les négociations, ce qui complique l’intégration des femmes. Les brigades de l’armée syrienne comptent généralement entre 3 000 et 5 000 combattants. Le gouvernement aurait exigé que les nouvelles brigades soient encore plus petites, limitant ainsi le nombre total de militaires que les FDS peuvent intégrer. Il aurait également rejeté l’intégration des YPJ en tant que brigade distincte.

Sécurité militaire vs. sécurité intérieure : pourquoi cette différence ?

En novembre 2025, la Syrie a annoncé que ses forces de sécurité intérieure et sa police, placées sous l’autorité du ministère de l’Intérieur, seraient ouvertes aux femmes. Elle a également autorisé les femmes membres des Forces de sécurité intérieure (FSI), affiliées aux FDS, à s’intégrer dans les mêmes conditions que leurs homologues masculins. Comprendre les raisons de cette divergence peut contribuer à définir des cadres pour l’intégration des jeunes femmes dans les forces armées.

La nature des activités des deux institutions ne sera probablement pas le facteur déterminant. Le ministère syrien de l’Intérieur mène des opérations qui relèvent traditionnellement de l’armée, comme les missions de lutte contre Daech. Les unités antiterroristes des Forces de sécurité intérieure (FSI), composées d’hommes et de femmes et menant des missions similaires à celles des unités antiterroristes des Forces démocratiques syriennes (FDS), ont été aperçues assurant la sécurité du gouverneur de Hassaké, nommé par les FDS, ce qui laisse supposer qu’elles sont incluses dans le cadre de l’accord d’intégration de la sécurité intérieure.

Le ministère de l’Intérieur est une institution plus « modérée » que l’armée. La nouvelle armée syrienne est devenue le refuge des éléments les plus extrémistes de la coalition du président de transition Ahmed al-Charia, notamment des djihadistes étrangers et des chefs de guerre sanctionnés par les États-Unis. Certains de ces groupes et individus sont si hostiles aux minorités ethniques et aux femmes que la participation des YPJ à cette même structure militaire pourrait s’avérer dangereuse.

La communauté internationale est davantage impliquée auprès du ministère de l’Intérieur qu’au sein de l’armée. Toutes les missions conjointes syro-américaines de lutte contre Daech ont été menées par l’intermédiaire du ministère de l’Intérieur. Les dirigeants syriens pourraient donc privilégier les priorités internationales, telles que le pluralisme, au sein des forces de sécurité intérieure plutôt qu’au sein de l’armée.

Certaines propositions d’intégration suggèrent que les YPJ rejoignent le ministère de l’Intérieur, ce qui leur permettrait à la fois de poursuivre leurs missions de lutte contre le terrorisme, domaine dans lequel elles excellent, et de répondre aux préoccupations relatives aux droits des femmes en temps de paix, contrairement à l’armée. Bien qu’il puisse s’agir d’un compromis à court terme, les femmes kurdes qui souhaitent intégrer les forces de sécurité intérieure et la police gouvernementales peuvent déjà le faire. La participation des femmes aux forces armées est particulièrement importante pour les femmes des YPJ elles-mêmes, ainsi que pour diverses raisons de sécurité et de stabilité politique.

Normes régionales  

De nombreux pays arabes autorisent les femmes à servir dans les forces armées et prennent des mesures pour encourager une participation féminine encore plus importante. Ces exemples ne sont pas directement transposables à l’intégration des FDS à Damas : les YPJ sont des unités féminines pleinement constituées et aguerries au combat, qui demandent simplement à pouvoir poursuivre leurs activités au sein de l’armée nationale de leur pays. Cependant, les États de la région peuvent démontrer aux dirigeants syriens que la culture et la religion ne constituent pas un obstacle à l’intégration des femmes dans l’armée. Cela pourrait contribuer à atténuer l’opposition idéologique.

La Jordanie, le Liban et l’Irak, pays voisins, autorisent tous les femmes à servir dans les forces armées. La Jordanie a autorisé le recrutement de femmes diplômées de l’université comme officières pour des fonctions civiles en 1973 et a ouvert les postes opérationnels aux femmes en 2006. En 2022, les forces armées jordaniennes employaient 18 038 femmes, soit 17,4 % de leurs effectifs, même si la grande majorité occupait des postes médicaux ou administratifs. Elles se sont fixé un objectif de 3 % de participation féminine aux unités combattantes . Le Liban a autorisé les femmes à intégrer l’armée pour des postes non combattants dans les années 1990. En 2019, le pays s’efforçait d’ouvrir les postes de combat aux femmes. Cette année-là, environ 4 000 femmes servaient dans les forces armées libanaises, certaines étant déployées dans des zones de mission critiques.

La participation des femmes aux forces armées est également en hausse dans les pays du Golfe. Les Émirats arabes unis autorisent les femmes à intégrer leurs forces armées depuis 1990. Le pays abrite la première académie militaire féminine de la région, l’ école militaire Khawla bint Al Azwar, qui forme désormais des femmes d’autres pays arabes. En septembre 2014, Mariam al-Mansouri, pilote de chasse émiratie, a participé à des missions de combat contre Daech au-dessus de la Syrie. L’Arabie saoudite a elle aussi ouvert ses forces armées aux femmes en 2021, trois ans seulement après avoir accordé aux Saoudiennes le droit de conduire.

La Ligue arabe, dont la Syrie est membre, dispose d’un Plan d’action exécutif sur les femmes, la paix et la sécurité. Ce Plan d’action recommande aux États membres de « revoir les lois régissant les institutions militaires et les forces de police, ainsi que la mesure dans laquelle elles autorisent les femmes à y être affiliées » et de « promouvoir la participation des femmes aux forces armées, aux forces de police et aux forces de maintien de la paix des Nations Unies ».

Article d’origine à lire sur le site Kurdish Peace Institut « YPJ Integration: What are the Obstacles?«   

ROJAVA. Trois civils abattus dans le canton d’Afrin

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SYRIE / ROJAVA – Ce matin, l’horreur a de nouveau frappé Jinderes, un district d’Afrin. Trois civils kurdes — un bijoutier, un propriétaire de bureau de change et leur employé — ont été lâchement assassinés pour être dépouillés de leur argent et de leurs bijoux.

Cet acte criminel ne peut être dissocié du climat d’injustice absolue qui règne sur Afrin depuis son invasion en mars 2018. Occupée par des factions affiliées à la Turquie, la région est devenue le théâtre de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité systématiques.

L’assassinat de ces trois hommes illustre la vulnérabilité extrême d’un peuple dont la simple existence sur sa terre ancestrale est menacée par une politique délibérée de terreur et de spoliation. Alors que le monde détourne le regard, le peuple kurde continue de subir une oppression brutale visant à parachever un nettoyage ethnique par le sang et le pillage.