Plus de 200 drones et missiles ont ciblé le Kurdistan d’Irak en 10 jours de guerre
LONDRES. Des partisans de Reza Pahlavi attaquent un journaliste kurde
L’Iran est en guerre contre les Kurdes d’Irak
- Le gouverneur de Slemani, Haval Abubakir, a confirmé l’attaque par drone vers 22h10 environ (heure locale), précisant qu’elle n’a causé aucune victime et n’a pas visé directement des institutions civiles.
- L’ONU en Irak a rapidement démenti tout dommage ou implication de ses installations : « Aucune de nos bureaux n’a été affecté ou impliqué dans les incidents récents à Sulaimani. »
- Des médias comme Reuters et The Jerusalem Post ont évoqué un impact sur un bâtiment lié à l’ONU, dans un contexte de tensions accrues depuis des offensives kurdes d’opposition iranienne près de la frontière.
- Des explosions ont été entendues dans la zone de Soran (administration de Soran), près de la base.
- Des vidéos circulant sur les réseaux (Rudaw, comptes locaux) montrent des systèmes de défense antiaérienne (notamment le C-RAM américain) interceptant et détruisant des drones au-dessus d’Erbil. Un drone abattu a causé une explosion due à ses débris tombant au sol.
- La « Résistance islamique en Irak » (coalition de milices pro-iraniennes) a revendiqué une frappe « directe » sur la base de Harir le 9 mars.
- Aucun bilan humain précis n’a été confirmé pour cet incident spécifique de la nuit dernière, mais la région a connu des attaques répétées ces derniers jours/semaines, avec des débris causant parfois des dommages civils ou des blessés.
COLONIALISME. La Turquie occupe des villages du Kurdistan d’Irak
ROJAVA. Un ressortissant suédois meurt en détention à Qamishlo
Arrestation arbitraire et disparition forcée
Alaa Al-Amin s’était rendu à Al-Qamishli en septembre 2025 pour préparer son mariage et finaliser des démarches de regroupement familial. Le 20 octobre, il est arrêté sans mandat lors d’une perquisition au domicile de son père par les forces de sécurité locales (Asayish). Maintenu au secret pendant des mois, il a été victime d’une disparition forcée, sa famille étant privée de tout contact ou information sur son lieu de détention.
La découverte du corps et les preuves de torture
Après des mois d’incertitude, la famille a été contactée ce dimanche pour récupérer le corps de leur fils à la morgue de l’hôpital national d’Al-Hasakah. Le rapport du médecin légiste est accablant :
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Le décès remonterait au début du mois de janvier 2026, soit deux mois avant la remise du corps.
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Des signes de fracture du crâne ont été constatés, suggérant des actes de violence durant sa détention.
Les FDS promettent une enquête approfondie et indépendante
Face à l’indignation provoquée par ce meurtre, Sipan Hamo, membre du commandement général des Forces Démocratiques Syriennes (FDS), a annoncé :
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Le lancement d’une enquête approfondie et indépendante.
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La volonté de traduire les responsables en justice pour qu’ils subissent les peines maximales.
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L’engagement à prendre des mesures pour éviter que de tels drames, qu’il attribue à des « mains perfides » agissant contre les valeurs de la société, ne se reproduisent.
IRAN. Les frappes israélo-américaines tuent 21 civils kurdes, dont des enfants
IRAN / ROJHILAT – Le conflit opposant l’Iran à l’axe israélo-américain transforme le Kurdistan en un champ de tir où les civils paient le prix fort. Des deux côtés des frontières divisant le Kurdistan entre l’Iran et l’Irak, les Kurdes sont devenus les premières victimes d’une guerre qu’ils n’ont ni provoquée, ni demandée.
Selon les informations recueillies par l’organisation de défense des droits humains Hengaw, au moins 21 civils kurdes, dont des enfants et une femme enceinte, ont été tués lors des dernières frappes aériennes. Pris entre les fronts de cette guerre qu’ils n’ont ni provoquée ni demandée, les Kurdes sont les premières victimes des bombardements visant les infrastructures militaires du régime de Téhéran.
Un bilan humain accablant au Rojhelat
Les frappes de la coalition ciblent les garnisons du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) et les sites de sécurité stratégiquement implantés au cœur des zones résidentielles. Cette imbriquement délibérée des forces iraniennes dans le tissu civil transforme chaque foyer en cible potentielle. L’identité des victimes confirmées par Hengaw illustre la brutalité de ces « dommages collatéraux » :
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Paveh : Asaad Mohammadi (60 ans), vendeur de fruits, tué lors du bombardement du commissariat.
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Kamyaran : Mahan Zarei (14 ans), collégien, mort lors de l’attaque d’un poste de police.
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Ravansar : Hasti Mohammadi (16 ans), tuée par des éclats lors de frappes sur des sites de sécurité.
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Zones rurales : Shaho Bahrami a perdu la vie dans le village de Dezli suite à des frappes visant une base du CGRI.
Ces noms s’ajoutent aux 10 autres civils précédemment recensés à Divandarreh, Marivan et Bukan.
Le Kurdistan attaqué par l’Iran et ses proxis
IRAK / KURDISTAN – Alors que les tensions entre l’Iran et Israël s’exportent au Moyen-Orient, le Kurdistan irakien subit une agression d’une violence inouïe. Depuis le début du mois de mars 2026, Téhéran et les milices chiites irakiennes multiplient les tirs de missiles et de drones contre Erbil et les zones frontalières, transformant le territoire kurde en un champ de bataille.
Une pluie de missiles et un sabotage des communications
Le 1er mars 2026 a marqué le début d’une offensive d’une intensité rare. Plus de 70 missiles et drones ont visé la capitale, Erbil, en seulement trois jours. Au-delà des zones résidentielles, une nouvelle stratégie d’isolement a été mise en place : l’Iran cible désormais les infrastructures vitales. Ce matin même, huit drones ont frappé les tours de télécommunications sur la montagne Zimnako, près de Darbandikhan. Ces attaques systématiques contre les sommets montagneux visent à couper le Kurdistan du reste du monde.
Le silence complice de Bagdad et de la communauté internationale
Le plus tragique reste l’absence totale de réaction concrète. Le gouvernement de Bagdad assiste à la violation systématique de sa souveraineté sans lever le petit doigt, laissant le Kurdistan seul face aux proxis irakiens de l’Iran qui opèrent pourtant sur son propre sol.
De son côté, la communauté internationale se mure dans un silence assourdissant. Entre condamnations de pure forme et passivité diplomatique, aucune mesure n’est prise pour stopper les Gardiens de la Révolution. Les Kurdes sont les victimes oubliées d’un conflit régional global, leur sécurité sacrifiée sur l’autel des intérêts géopolitiques des grandes puissances.
Un peuple sans protection
Cette impunité totale permet à l’Iran d’utiliser le Kurdistan comme un exutoire. Faute de protection internationale et de soutien de l’État irakien, le peuple kurde paie le prix fort pour des tensions coloniales dont il n’est pas l’acteur.
Afrin : Début du rapatriement pour 400 familles déplacées
SYRIE / ROJAVA – Ce 9 mars marque une étape important pour les Kurdes d’Afrin. Environ 400 familles, réfugiées à Qamishlo et Hassaké, entament leur retour vers les districts de Shiyeh, Jindires et Mobata, dans le canton d’Afrin. Ce premier convoi massif, organisé par le Conseil des personnes déplacées d’Afrin-Shahba, mobilise des dizaines de bus et de camions pour ramener les citoyens sur leurs terres.
Cependant, ce retour s’effectue dans un climat de tension extrême. Bien que les familles aspirent à retrouver leurs foyers, la région d’Afrin reste sous le contrôle de milices affiliées à la Turquie. Ces groupes armés continuent de faire peser une menace constante sur les populations kurdes, entre arrestations arbitraires, massacres et spoliations, rappelant l’injustice persistante subie par les habitants de ce canton occupé.
IRAK. Des milices pro-iraniennes menacent le Kurdistan du Sud
L’ombre de Téhéran
Ces menaces font suite aux accusations portées par les milices contre les autorités kurdes, soupçonnées de soutenir les groupes d’opposition du Kurdistan oriental (Rojhilat). Selon le communiqué des paramilitaires, ces opposants bénéficieraient d’un appui logistique pour mener des opérations en territoire iranien, une allégation fermement rejetée par Erbil.
Une escalade régionale
Ce nouveau palier dans l’agression contre le peuple kurde s’inscrit dans un contexte de guerre régionale impliquant l’Iran et ses relais. Depuis février, Erbil et Souleimaniye subissent déjà des frappes régulières de drones. En visant désormais l’économie et les structures civiles, la « Résistance islamique » cherche à asphyxier une région déjà éprouvée par l’instabilité, illustrant une fois de plus l’injustice systémique dont souffre le Kurdistan face aux puissances régionales.
ISTANBUL. Marche féministe contre le patriarcat et la guerre
Un cri de ralliement transfrontalier
Au rythme des sifflets et des chants, le slogan « Jin, Jiyan, Azadî » a résonné aux côtés de « Le féminicide est politique ». Le cortège a manifesté une solidarité active avec la révolution des femmes au Rojava, liant le sort des femmes turques à celui de leurs sœurs kurdes et dénonçant l’injustice de la guerre qui ravage la région.
Contre l’instrumentalisation des droits des femmes
Lors du rassemblement à Cihangir, une déclaration trilingue (kurde, turc, arabe) a fermement condamné les politiques géopolitiques actuelles :
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Refus du « fémonationalisme » : Les militantes ont rejeté la légitimation des interventions militaires, que ce soit en Iran ou par Israël, lorsqu’elles sont menées au nom de la « libération des femmes ».
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Solidarité régionale : Un hommage a été rendu aux femmes palestiniennes et syriennes subissant les violences de guerre.
« Ce système va changer »
Le manifeste final a ciblé l’impunité des auteurs de violences patriarcales et la remise en question constante des droits fondamentaux (divorce, avortement, pensions). En proclamant « Notre libération réside dans le féminisme », les participantes ont rappelé que seule la solidarité internationale permettra de construire un monde fondé sur l’égalité et la paix. (ANF)