TURQUIE / KURDISTAN – Au moins 239 enfants sont décédés de causes évitables en Turquie, y compris dans les régions kurdes du pays, pendant les mois de juin, juillet et août 2026, selon un rapport du Centre des droits de l’enfant FİSA.
Intitulée « Violations du droit à la vie des enfants en Turquie », cette note d’information a été établie à partir de médias locaux et nationaux en ligne, des bulletins du Centre de documentation de la Fondation des droits de l’homme de Turquie (TİHV) et des données de l’Observatoire de la santé et de la sécurité au travail (İSİG). Le rapport précise que le nombre réel de décès pourrait être supérieur à celui recensé.
Répartition des victimes
Parmi les enfants décédés, 174 étaient des garçons et 60 des filles. L’identité de cinq d’entre eux n’a pas pu être établie. Des décès ont été enregistrés dans 63 provinces. Les provinces kurdes d’Urfa, d’Antep et de Diyarbakır (Amed) comptent le plus grand nombre de victimes, avec respectivement 18, 12 et 10 enfants décédés.
Au moins 14 enfants sont morts dans des incidents liés à des institutions publiques ou aux actions et omissions de fonctionnaires : cinq lors de soins de santé, quatre pendant des activités sportives ou culturelles, trois en utilisant des services municipaux et deux en franchissant des frontières.
La FİSA a par ailleurs recensé au moins 225 autres décès dans des domaines où, selon elle, l’État n’a pas rempli son obligation de prévenir les violations du droit à la vie par une réglementation et un contrôle adéquats.
Principales causes de décès
Les accidents du travail ont fait 44 victimes. Parmi elles, 36 enfants travaillaient au moment de leur décès. Trois étaient élèves de lycée professionnel et deux suivaient une formation en entreprise dans un centre de formation professionnelle (MESEM). Cinq étaient des travailleurs agricoles saisonniers et au moins quatre des réfugiés. Huit autres enfants, non employés, sont morts dans des accidents survenus sur des lieux de travail dépourvus des mesures de sécurité nécessaires.
Quarante-six enfants sont décédés dans des incidents en milieu urbain et rural. Quarante-quatre se sont noyés dans des barrages, rivières, étangs, plans d’eau ou canaux d’irrigation, dont beaucoup sont gérés par la Société nationale des travaux hydrauliques (DSİ). Plusieurs de ces noyades ont eu lieu dans les canaux d’irrigation d’Adana, Urfa, Kahramanmaraş, Diyarbakır, Izmir, Van et Aydın.
Au moins 28 enfants sont morts à la suite de problèmes de sécurité physique à domicile ou d’accidents domestiques. Vingt d’entre eux sont décédés de chutes de hauteur, notamment depuis des fenêtres ou des balcons ouverts. Le rapport mentionne également des décès par électrocution, incendie et intoxication, ainsi que dix cas classés dans la catégorie « autres négligences », dont cinq survenus dans des établissements touristiques.
Les accidents de la route constituent l’une des principales causes recensées, avec 57 décès. Ces cas incluent des enfants heurtés par des véhicules, ainsi que des accidents impliquant des motos, des vélos, des tracteurs ou survenus à l’intérieur de véhicules.
Au moins huit enfants sont morts des suites de violences : cinq dans le cadre de violences entre pairs, deux dans des affaires d’infanticide et un en lien avec des violences sexistes. Ces faits se sont produits à domicile, entre pairs, dans des lieux publics ou dans d’autres contextes de la vie quotidienne.
La FİSA a également enregistré au moins cinq suicides, sur la base du nombre limité de cas rapportés dans les médias, ainsi que quatre décès liés à des armes à feu détenues à titre privé (tirs accidentels à domicile ou dans des lieux publics).
Enfin, le système de surveillance a recensé le décès d’au moins 19 enfants migrants et réfugiés : quatre dans des accidents du travail, trois dans des accidents de la route, trois dans des incidents domestiques, deux à l’extérieur et deux lors de passages de frontières. Les autres décès relèvent d’incendies, de morts suspectes, de catastrophes, d’accidents du travail ou de services des collectivités locales.