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SYRIE. Un soldat kurde décapité près de Serê Kanîyê

SYRIE / ROJAVA – Hier, des gangs islamistes ont décapité et criblé de balles un soldat kurde qu’ils ont enlevé à Hassaké. Ses ravisseurs ont filmé sa décapitation.

Le 10 septembre 2026, Sîpan Hiznî (également identifié comme Sami Şeyhmus Hasu ou Seban), combattant de la Brigade de Hassaké, a été enlevé puis décapité. Selon les informations locales, il a été enlevé depuis son domicile dans le quartier de Miftî à Hassaké par un groupe armé. Son corps a ensuite été retrouvé dans la zone de Serê Kanîyê (village d’Edlan/Adlani et environs).

Des membres du clan al-Bu Hassan de la tribu al-Bagara l’auraient localisé dans la province de Hassaké. L’homme, qui avait suivi une formation à Damas dans le cadre de la Brigade de Hassaké (formation issue de l’intégration des anciennes Forces démocratiques syriennes), aurait été conduit à Jabal Abdul Aziz, dans la campagne de Hassaké. Là, les gangs l’auraient décapité soi-disant par « vengeance ».

Le corps a été rapatrié à Hassaké, provoquant des rassemblements et des protestations dans plusieurs localités kurdes du nord-est.

Un crime qui s’inscrit dans un climat de violence persistante

Sîpan Hiznî appartenait à une unité intégrée dans les structures militaires syriennes après la dissolution formelle des Forces démocratiques syriennes (FDS) en août 2026. Son assassinat illustre la fragilité sécuritaire qui continue de régner dans la région de Hassaké et Serê Kanîyê, malgré les accords d’intégration. Les règlements de comptes tribaux, les rancœurs héritées des années de guerre et la présence de groupes armés locaux créent un terrain favorable à de tels actes.

Ces violences sont souvent associées à des gangs islamistes ou à des factions armées liées à l’ordre instauré depuis l’arrivée au pouvoir d’Ahmed al-Sharaa (ex-Jolani). Cet acte s’inscrit dans un contexte plus large où les communautés kurdes, comme d’autres minorités, se sentent exposées à l’insécurité et à l’impunité relative.

Le vice-ministre de la Défense Sîpan Hemo a condamné fermement ce « crime sauvage et sournois », présenté ses condoléances à la famille et affirmé que les autorités poursuivaient les responsables afin qu’ils soient jugés.

Au-delà du fait divers

Cet assassinat n’est pas un incident isolé. Il rappelle les risques concrets que font peser les exécutions extra-judiciaires et les logiques de vengeance dans une Syrie encore marquée par les fractures communautaires et tribales (Arabes sunnites vs Alawites, Kurdes, Druzes, chrétiens…). De telles pratiques, qu’elles soient le fait de « clans » ou de groupes armés, minent tout espoir de stabilisation et de justice.

La mémoire de Sîpan Hiznî, comme celle de milliers d’autres combattants et civils kurdes tués dans des circonstances similaires ces dernières années, exige non seulement des condamnations, mais une enquête transparente et des poursuites effectives. Sans cela, la violence continue de prospérer dans l’ombre de l’impunité.