PARIS – Alors que le processus de paix engagé entre la Turquie et le Mouvement kurde se poursuit, André Métayer de l’association Amitiés kurdes de Bretagne écrit que « les intérêts, même contradictoires, des uns et des autres rendent possibles des accords « historiques » en faveur de la reconnaissance du peuple kurde, de ses droits politiques et culturels ».
Dans un article publié le 17 août 2026 sur le site Amitiés kurdes de Bretagne, Métayer revient sur l’actuel processus de paix turco-kurde.
André Métayer déclare notamment que :
« Dans ce jeu complexe, l’Etat turc joue une grosse partie, mais n’a pas toutes les cartes en main. Les Kurdes sont comme dans une combinaison bien connue des joueurs d’échecs : ” le pion imprenable”, cette pièce, cernée de toute part, est isolée, attaquable, prenable mais le joueur qui l’élimine perd la partie.
Autrement dit, aujourd’hui, les partis de gouvernement, hostiles aux Kurdes, ont besoin de s’en faire des alliés ou du moins de les neutraliser, à défaut de pouvoir les anéantir. Le CHP, laïc et nationaliste, principal parti d’opposition, a aussi besoin des voix kurdes. Les ambitions régionales et internationales de la Turquie ont besoin d’une paix durable avec les Kurdes.
Personne n’est naïf, mais les intérêts, même contradictoires, des uns et des autres rendent possibles des accords ‘’historiques’’ en faveur de la reconnaissance du peuple kurde, de ses droits politiques et culturels. La reconnaissance de la langue kurde comme langue officielle est posée. Le Président Recep Tayyip Erdoğan a la chance d’avoir en face de lui, en la personne d’Abdullah Öcalan, un négociateur charismatique qui a la confiance de tout un peuple. Saisira-t-il cette chance ? Les Kurdes ont leur ‘’Mandela’’. Erdoğan sera-t-il le Klerk d’une Turquie qui aura ‘’renforcé la solidarité nationale et la cohésion sociale’’ ? »