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TURQUIE. Commémoration du massacre de Suruç

TURQUIE / KURDISTAN – Ce 20 juillet, les Kurdes commémorent les victimes du massacre de Suruç qui a ciblé un convoi de jeunes en route pour apporter de l’aide aux enfants de Kobanê.

Le 20 juillet 2015, un attentat suicide revendiqué par l’État islamique (EI/DAECH) a frappé le jardin du Centre culturel Amara, dans le quartier de Pirsûs (Suruç), dans la province kurde de Riha (Urfa). Trente-trois jeunes, pour la plupart membres de la Fédération des associations de jeunesse socialiste (SGDF), y étaient rassemblés pour préparer un convoi humanitaire destiné aux enfants de Kobanê, ville kurde syrienne qui venait d’infliger à l’EI sa première grande défaite militaire. Plus de 100 personnes ont été blessées dans ce carnage.

Une lutte acharnée pour la vérité

Deux mois après le massacre, les familles ont créé l’Initiative Familles de Suruç. Depuis, elles participent à toutes les audiences, malgré les obstacles répétés, les humiliations et les intimidations. Elles ont suivi les débats depuis la prison de Curnê Reş (Hilvan) à Riha, été comme hiver, alors même qu’aucun des principaux accusés n’était physiquement présent dans la salle.

Lors de la 21ᵉ audience, tenue le 22 octobre 2022 devant la 5ᵉ Cour pénale lourde d’Urfa, neuf membres des familles ont même été poursuivis pour avoir exprimé leur colère et leur exigence de justice dans l’enceinte du tribunal.

Yasemin Boyraz, qui a perdu son fils Çağdaş Aydın dans l’attentat, déclarait :

« Les véritables auteurs sont protégés (…). »

Le verdict

Le seul accusé présent (et détenu), Yakup Şahin, a été condamné à 34 fois la réclusion à perpétuité aggravée, ainsi qu’à 1 890 ans de prison supplémentaires. Il a également écopé de 10 ans de prison et d’une amende de 40 000 livres turques pour possession d’explosifs. Les charges retenues incluent notamment la « tentative de renversement de l’ordre constitutionnel », « appartenance à une organisation terroriste armée », « meurtre avec préméditation » et « attentat à la bombe ».

Le procès se poursuit à l’encontre des deux principaux accusés en fuite : Deniz Büyükçelebi et İlhami Balık.