IRAN / ROJHILAT – Cinq combattants peshmergas ont perdu la vie lors d’affrontements survenus dans la nuit de mercredi à jeudi entre des forces kurdes du Rojhilat (Kurdistan « iranien ») et les forces coloniales iraniennes.
Les combats entre les forces kurdes et les Gardiens de la Révolution (Pasdarans) iraniens ont éclaté dans les régions de Pîranşar (Piranshahr) et Serdeşt (Sardasht), dans la province iranienne d’Azerbaïdjan occidental. Selon les informations disponibles, les affrontements se sont déroulés notamment dans le village de Musalan à Serdeşt et dans la zone de Berî Mêrgan à Pîranşar. Des sources kurdes font également état de combats dans le quartier de Qizqapan à Pîranşar.
D’après Rojhelat Info, cinq peshmergas ont perdu la vie : Ebdulla Hacî Ebdulla, Karo Hormoziyarî, Tuwana Osmanî, Ferdîn Çengîzî et Mihemed Gergulî. Ces combattants appartenaient à des partis du Rojhilat Kurdistan (opposition kurde iranienne, notamment PDKI/KDPI ou groupes affiliés). Aucune information n’a été communiquée pour l’instant sur d’éventuelles victimes ou dégâts du côté iranien à Serdeşt, ni sur des pertes supplémentaires à Pîranşar. Aucune déclaration officielle n’a été publiée par les autorités iraniennes ni par les partis kurdes concernés au moment de la rédaction.
Contexte
Ces affrontements s’inscrivent dans une série récurrente de tensions, de vagues de répression et de affrontements armés imposés aux groupes kurdes iraniens (peshmergas du PDKI, Komala, PAK, etc.) contraints à l’exil dans le Kurdistan irakien face aux forces iraniennes, en particulier les Pasdarans. La région frontalière de Piranshahr-Sardasht demeure un point chaud historique témoignant de ces injustices.
Les groupes kurdes iraniens dénoncent systématiquement des opérations de répression féroce, des embuscades et des tentatives d’infiltration iraniennes. De son côté, le régime de Téhéran criminalise leur résistance en qualifiant ces combattants d’« éléments anti-révolutionnaires » ou « terroristes » pour justifier ses attaques sanglantes. Ces violents accrochages s’intensifient régulièrement en période de protestations internes en Iran (comme dans le sillage du mouvement « Femme, Vie, Liberté ») ou en raison de la présence de bases d’opposition dans le Kurdistan irakien voisin.