AccueilMoyen-OrientIranLes Kurdes commémorent l’attaque chimique de Sardasht commise par Saddam en 1987

Les Kurdes commémorent l’attaque chimique de Sardasht commise par Saddam en 1987

IRAN / ROJHILAT – Ce 28 juin 2026 marque le 39e anniversaire de l’un des crimes les plus odieux de l’histoire contemporaine : l’attaque chimique perpétrée par le régime irakien de Saddam Hussein contre la ville kurde de Sardasht, située dans le Kurdistan oriental (Rojhilat) sous l’occupation iranienne.

Le 28 juin 1987, aux alentours de 16h30, l’aviation irakienne a largué une série de bombes contenant des agents chimiques, dont du gaz moutarde, sur cette ville paisible. Contrairement à de nombreuses attaques chimiques de la guerre Iran-Irak qui visaient des positions militaires, Sardasht était une ville civile sans défense. Ses habitants, en grande majorité kurdes, ont été directement ciblés.

Une première historique tragique

Cet acte constitue l’une des premières attaques chimiques délibérées contre une population civile dans l’histoire moderne. En quelques minutes, des milliers de personnes ont été exposées à des gaz toxiques. Les images et témoignages qui ont filtré à l’époque ont révélé l’horreur : civils brûlés, aveuglés, asphyxiés, enfants et personnes âgées touchés sans distinction. Les hôpitaux de la région, rapidement débordés, ont été témoins d’une souffrance indescriptible.

Selon les chiffres, environ 130 personnes ont été tuées immédiatement ou dans les jours qui ont suivi, tandis que des milliers d’autres ont été blessées, avec des séquelles physiques et psychologiques qui perdurent encore aujourd’hui. De nombreuses victimes souffrent, près de quatre décennies plus tard, de cancers, de problèmes respiratoires chroniques, de troubles de la vue et de maladies de peau.

Un crime sans justice réelle

Malgré l’ampleur du crime, les responsables de cette attaque n’ont jamais été véritablement jugés à la hauteur de leur responsabilité. Saddam Hussein, qui a utilisé à plusieurs reprises les armes chimiques contre les Kurdes (notamment lors de l’opération Anfal en 1988), a longtemps bénéficié d’une relative impunité de la part de la communauté internationale pendant la guerre contre l’Iran.

Aujourd’hui encore, les survivants de Sardasht et leurs familles réclament reconnaissance, justice et réparation. Chaque année, des commémorations sont organisées pour honorer la mémoire des victimes et rappeler que l’utilisation d’armes chimiques contre des civils constitue un crime contre l’humanité.

Mémoire et résilience kurde

Sardasht est devenue un symbole de la souffrance du peuple kurde, mais aussi de sa résilience. Malgré les bombardements, les persécutions et l’oubli international, les Kurdes continuent de porter cette mémoire collective avec dignité et détermination.

39 ans après, la plaie reste ouverte. Le 28 juin n’est pas seulement une date anniversaire : c’est un rappel douloureux que les armes chimiques ont été utilisées contre des innocents, et que la lutte pour la vérité et la justice doit se poursuivre.