TURQUIE / KURDISTAN — La mort suspecte de Rojwelat Kızmaz, une étudiante kurde de 26 ans, continue de soulever de nombreuses questions et relance les interrogations sur l’affaire Gülistan Doku, disparue depuis 2020. Le rapport d’autopsie fait état d’un ADN masculin détecté sur le corps de Rojwelat Kızmaz.
Disparue le 9 février 2024 de son domicile à Batman, Rojwelat Kızmaz a été retrouvée morte trois jours plus tard dans le réservoir du barrage d’Ilısu. Alors que l’enquête avait initialement conclu à un suicide, le rapport d’autopsie contredit cette thèse : selon le médecin légiste, le corps n’était pas resté longtemps dans l’eau et le décès serait survenu seulement quelques heures avant la découverte du corps. Cela signifie que Rojwelat Kızmaz était vraisemblablement encore en vie au cours des deux premiers jours suivant sa disparition.
Des indices troublants dans le rapport d’autopsie
L’agence de presse JINNEWS a révélé le contenu du rapport d’autopsie, qui contient plusieurs éléments inquiétants :
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La présence d’un profil ADN masculin (Y-STR) sous l’ongle de la main gauche de Rojwelat, indiquant un faible niveau de matériel génétique d’origine masculine. Aucune enquête n’a été ouverte pour identifier à qui appartient cet ADN.
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L’absence totale de détermination de l’heure exacte du décès.
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Aucun élément permettant d’étayer clairement la thèse du suicide.
L’enquête, initialement classée sans suite (« non-lieu »), a été rouverte début avril 2024 à la demande de la famille, qui a fourni de nouveaux éléments de preuve.
Lien avec l’affaire Gülistan Doku
Cette affaire intervient alors que persistent de lourds soupçons autour de la disparition de Gülistan Doku, étudiante kurde et amie proche de Rojwelat Kızmaz disparue le 5 janvier 2020 à Dersim. Six ans après les faits, son corps n’a toujours pas été retrouvé.
La députée de DEM parti, Adalet Kaya a déposé une motion parlementaire demandant l’ouverture d’une commission d’enquête sur les liens possibles entre les deux affaires.
Dans sa motion, la députée souligne « la grave négligence » dans les enquêtes, le manque de transparence, la disparition de certaines preuves (notamment des relevés téléphoniques) et les soupçons croissants d’un lien entre les deux cas. Elle évoque notamment les dessins retrouvés sur le téléphone de Rojwelat et les aveux publics qui alimentent les interrogations.
« Faire la lumière sur la vérité et identifier les responsables, le cas échéant, est une obligation fondamentale de l’État », affirme la motion.