IRAN / ROJHILAT – Hejar Berenji, membre du PDK-I (Parti démocratique du Kurdistan d’Iran), réfute l’idée d’exclure les Kurdes de la guerre et de l’avenir de l’Iran. Les Kurdes ont rejeté le régime islamique dès 1979 et continuent d’être ciblés par ses attaques transfrontalières, y compris pendant les cessez-le-feu. Selon lui, l’Iran n’est pas réformable : seule une transition vers un Iran démocratique, pluraliste et fédéral, avec une pleine participation kurde, peut apporter la stabilité.
Dans un texte publié en réponse à l’article « Keep the Kurds Out of the Iran War (Gardons les Kurdes hors de la guerre en Iran) » hier soir sur son compte X (Twitter), Hejar Berenji écrit :
Les Kurdes ne sont pas des acteurs extérieurs à l’avenir de l’Iran : nous en faisons partie intégrante. Toute tentative de nous en exclure repose sur une lecture erronée de la réalité historique et politique.
Dès 1979, nous, Kurdes, avons compris la nature profonde de la République islamique et l’avons rejetée, alors que beaucoup croyaient encore possible une réforme du système. Ce régime ne se réforme pas : il s’adapte uniquement pour survivre.
Même lorsque les Kurdes restent en dehors des grands conflits régionaux, le régime continue de les frapper. Les attaques transfrontalières iraniennes contre nos positions au Kurdistan irakien se poursuivent, y compris pendant les cessez-le-feu.
L’inaction n’a jamais protégé personne. Le silence et l’indifférence n’ont fait qu’aggraver notre marginalisation et intensifier les pressions que nous subissons.
Les Kurdes ont pleinement le droit de lutter pour leur liberté, leur dignité et leur représentation politique. Nous ne cherchons pas à être instrumentalisés, mais à défendre nos intérêts légitimes et à devenir des alliés dans la construction d’un avenir stable.
La réalité est claire : la République islamique est irréformable. Sa survie menace non seulement le peuple iranien, mais aussi la stabilité de toute la région et l’ordre international.
La seule issue durable passe par un Iran démocratique, pluraliste et fédéral, où toutes les nations composant le pays jouissent de droits égaux et où tout retour à la dictature devient impossible.
Aujourd’hui, les Kurdes iraniens sont plus conscients politiquement et plus unis que jamais. Notre identité repose sur les droits nationaux, la dignité humaine et un projet d’avenir collectif.
Le rôle des Kurdes dans le changement en Iran n’est pas une option : il est essentiel. Il n’existe aucune voie réaliste vers la stabilité, ni en Iran ni dans la région, sans une participation pleine et entière du peuple kurde.