IRAK / KURDISTAN – Depuis fin février 2026, dans le contexte de la guerre opposant Israël et les États-Unis à l’Iran, la Région du Kurdistan d’Irak (KRI), et particulièrement sa capitale Erbil, subit une campagne intensive d’attaques aux missiles balistiques et drones lancés par l’Iran (via les Gardiens de la Révolution – IRGC) et par les milices chiites irakiennes pro-Iran (sous l’égide des Forces de Mobilisation Populaire – PMF).
Selon les données disponibles début avril 2026, plus de 650 attaques ont visé le Kurdistan irakien en un peu plus d’un mois. La grande majorité (près de 80 %) a frappé la province d’Erbil. Les cibles incluent :
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Les bases américaines et la nouvelle annexe du consulat américain à l’aéroport international d’Erbil
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Les positions des Peshmerga (forces armées du Gouvernement Régional du Kurdistan)
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Les quartiers généraux des groupes d’opposition kurdes iraniens en exil
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Des infrastructures énergétiques (comme le champ gazier de Khor Mor)
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Des zones résidentielles et des sites civils
Ces frappes ont causé des victimes : au moins 2 civils kurdes tués et plusieurs blessés au total, dont une attaque particulièrement meurtrière le 24 mars 2026 qui a tué 6 Peshmerga et blessé plus de 20 autres dans la région de Soran, au nord d’Erbil. D’autres incidents ont touché des soldats de la coalition (dont un soldat français tué).
Dindar Zebari, responsable de la coordination internationale du Gouvernement Régional du Kurdistan (GRK), a réagi avec fermeté :
« En tant qu’État souverain, l’Irak porte la responsabilité première de protéger ses citoyens. Les attaques en cours affectant Erbil et la région du KRI mettent en évidence des violations du droit international humanitaire et la nécessité urgente de protéger les civils et d’assurer la responsabilité. »
Les autorités kurdes soulignent que Bagdad semble incapable – ou peu disposé – à contrôler ces milices pro-iraniennes qui opèrent depuis le territoire irakien fédéral. Les interceptions par les systèmes de défense antiaérienne américains ont limité les dégâts, mais les explosions nocturnes, les sirènes et les débris tombant sur les quartiers résidentiels (comme Ankawa) ont plongé la population d’Erbil dans une tension permanente.
Cette escalade place le Kurdistan irakien dans une position particulièrement vulnérable : il est frappé à la fois par l’Iran et ses proxies, alors même que la région accueille une importante présence américaine et sert de refuge à des opposants kurdes iraniens.