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Massacre ethnique : Une fosse commune découverte près d’Alep

SYRIE / ROJAVA – Lors de l’assaut de janvier 2026, les quartiers kurdes d’Achrafieh et de Cheikh Maqsoud à Alep ont été la cible d’attaques violentes et coordonnées menées par des groupes armés affilés à Damas et des gangs pro-Turquie. Bombardements, assauts terrestres, exécutions sommaires et enlèvements : quelques milliers de civils kurdes ont été tués ou portés disparus lors de cette campagne de nettoyage ethnique.

Les forces kurdes locales (Asayish et unités d’autodéfense) ont opposé une résistance acharnée, mais les milices, dont des anciens gangs de DAECH / ISIS, appuyées par des drones turcs, ont fini par prendre le contrôle des quartiers après plusieurs jours de combats intenses. Des hôpitaux ont été touchés, des familles entières décimées, et des milliers de civils ont été contraints de fuir.

Une découverte macabre vient aggraver l’horreur : une fosse commune contenant les corps de plus de 270 personnes a été mise au jour à Naqqarin, sur l’autoroute M4 dans l’est d’Alep. Il ne fait aucun doute qu’il s’agit de Kurdes exécutés par ces groupes turco-djihadistes. Cette macabre trouvaille s’ajoute aux massacres déjà perpétrés contre les Alaouites et les Druzes dans d’autres régions du pays.

Fosse commune découverte à Naqqarin, près de l’autoroute M4 à l’est d’Alep
Nesrin Silêman, la directrice de l’Association des Résidents Déplacés d’Afrin, a déclaré qu’ils n’avaient plus aucune nouvelle d’environ 3 000 personnes, ajoutant : « Des témoins oculaires nous ont dit qu’ils [les gangs de Damas] ont exécuté les personnes qu’ils ont capturées, et qu’ils en ont même brûlé certaines. Par exemple, une famille d’Afrin, qui a souhaité rester anonyme pour des raisons de sécurité, a décrit ce qu’ils ont vu dans une fosse commune lorsqu’ils sont allés récupérer le corps d’un être cher. Selon ces informations, il y a une fosse commune contenant plus de 270 corps dans un canal du quartier de Naqqarin, situé sur l’autoroute M4 à l’est d’Alep, en direction d’al-Bab. Nous pensons qu’il s’agit de nos personnes tuées lors de l’attaque d’Alep. »

Ce nouveau chapitre sanglant révèle un schéma clair : après avoir visé d’autres minorités, les forces du nouveau pouvoir de Damas s’en prennent désormais systématiquement aux Kurdes en raison de leur identité ethnique et de leur refus de se soumettre. Exécutions, tortures, enlèvements et déplacements forcés constituent des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.

Pourtant, sur la scène internationale, le silence domine. Pire : pendant que ces atrocités se déroulent, Ahmed al-Sharaa (anciennement connu sous le nom d’Abou Mohammad al-Jolani), chef du gouvernement de transition, est accueilli en Europe. Il se trouve actuellement à Berlin pour des entretiens officiels avec les autorités allemandes.

Cette légitimation politique contraste violemment avec la réalité sur le terrain, où les minorités syriennes continuent de payer un lourd tribut. Les Kurdes d’Alep, comme d’autres communautés avant eux, semblent sacrifiés sur l’autel des équilibres géopolitiques et des intérêts turcs.

Ces crimes ne peuvent rester impunis. La communauté internationale doit cesser de fermer les yeux et exiger des enquêtes indépendantes sur les massacres ayant ciblé les minorités ethniques et religieuses en Syrie.