SYRIE / ROJAVA – Les camps des Kurdes de Serê Kaniyê chassés par la Turquie en 2019 ont été inondés par les pluies torrentielles qui se sont abattues samedi. La plupart des tentes sont détruites en plein hiver alors que les familles manquent de tout : nourritures, couvertures, chauffage, médicaments…

Les réfugiés kurdes des camps de Serê Kaniyê et Washokani, situés dans la campagne d’Al-Hasakah (nord-est de la Syrie), subissent une crise humanitaire grave due à des pluies torrentielles qui frappent la région depuis samedi (14 mars 2026).

Ces intempéries ont provoqué des inondations massives : l’eau s’infiltre dans la plupart des tentes, en submergeant beaucoup et en en faisant s’effondrer des dizaines. Le mobilier (matelas, couvertures, vêtements) est emporté ou détruit par les eaux boueuses, aggravant la vulnérabilité des familles face au froid et à l’humidité, avec un risque élevé de maladies. Les équipes locales et municipales tentent de pomper l’eau, dégager les caniveaux, déplacer les biens et réparer ou remonter les tentes, mais leurs moyens sont très limités.
L’aide humanitaire est dramatiquement insuffisante : selon l’administration du camp (relayée par ANHA), elle ne couvre plus que 15% des besoins minimaux. Les tentes, installées en urgence fin 2019 après l’occupation de Serê Kaniyê (Ras al-Aïn) par la Turquie et l’« Armée nationale syrienne », n’ont jamais été remplacées en six ans : elles sont usées, déchirées et ne sont plus imperméables.
Chiffres clés :
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Camp de Serê Kaniyê : environ 2 574 familles (plus de 15 700 personnes).
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Camp de Washokani : environ 2 500 familles (près de 17 000 personnes).
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Au total, ces deux camps abritent près de 33 000 déplacés, presque tous originaires de Serê Kaniyê et empêchés de rentrer par l’occupation et l’insécurité persistante.
Le Comité pour les personnes déplacées de Serê Kaniyê a lancé un appel urgent hier pour une intervention immédiate : tentes neuves, kits d’urgence (chauffage, hygiène, nourriture), pompes et drainage. Des photos et vidéos publiées par ANHA, Ronahi TV et des activistes montrent des scènes dramatiques de tentes englouties et de familles en détresse sous la pluie battante.
Cette catastrophe hivernale s’inscrit dans des années de négligence : ces déplacés kurdes, victimes de l’offensive turque de 2019, survivent dans des conditions indignes sans perspective de retour sûr. Sans aide internationale renforcée (ONU, ONG), la situation risque de virer à une urgence sanitaire majeure.