IRAK / KURDISTAN – Ce matin, une attaque de drone iranienne ciblant un camp du parti kurde iranien basé au Kurdistan irakien a fait un mort et un blessé. Les populations kurdes des deux côtés des frontières coloniales qui morcellent le Kurdistan (entre l’Irak et l’Iran) sont les premières victimes de cette guerre opposant l’Iran aux États-Unis et à Israël.
Un Peshmerga du Parti Komala du Kurdistan iranien a été tué ce matin dans des attaques de drones menées par la République islamique d’Iran contre ses camps à Zargwezla (ou Zrgwezala/Zirgwezala), près de Sulaymaniyah. Selon des déclarations du parti et des informations relayées par l’organisation Hana Human Rights Organization, l’attaque s’est produite vers 07h30 et a impliqué plus de cinq drones – jusqu’à neuf selon certains rapports depuis le début de la matinée. Une autre personne a été blessée.

La victime a été identifiée comme Omid Veysi (ou Omid Veisi), originaire de Ravansar. Le Parti Komala a décrit ces frappes comme des actes « terroristes et désespérés » du régime iranien.
Il s’agit du troisième décès parmi les partis d’opposition kurdes iraniens suite à la récente vague d’attaques iraniennes contre leurs bases dans la région du Kurdistan. Jusqu’à présent, deux membres de Komala et un membre du Parti de la liberté du Kurdistan (PAK) ont été tués lors de ces frappes.
Cette opération fait suite à des attaques antérieures sur le même site : le 7 mars, un autre Peshmerga du Komala, Ismail (Ako) Rahimi (originaire de Saqqez), avait été tué par des missiles puis des drones. Les sources kurdes (dont des journalistes spécialisés et des médias locaux sur X) confirment l’utilisation de drones kamikazes iraniens ; des débris ont été récupérés sur place.
Contexte de la campagne iranienne
Depuis le 28 février 2026, déclenché par les frappes conjointes israélo-américaines sur l’Iran (visant des sites militaires, nucléaires, des infrastructures et la direction du régime), la République islamique et ses groupes alliés chiites en Irak (notamment des factions des Forces de mobilisation populaire) ont lancé plus de 210 drones et missiles sur la Région autonome du Kurdistan irakien (KRI). Les cibles prioritaires sont :
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Les bases des partis d’opposition kurdes iraniens en exil (Komala, PDKI, PAK…).
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Des infrastructures civiles, dont des tours de télécommunications (Korek Telecom et Asiacell sur les monts Shinrwe, Zmnako et Korek), provoquant des coupures importantes d’internet et de réseaux mobiles dans plusieurs zones frontalières et montagneuses.
Bilan global (au 11 mars 2026) : Au moins 4 morts parmi les Peshmergas et opposants kurdes iraniens (dont 2 du Komala et 1 du PAK), environ 19 blessés, et un civil tué (employé à l’aéroport d’Erbil). De nombreux dommages touchent des aéroports, hôtels, sites énergétiques et zones résidentielles. Les défenses américaines ont intercepté une partie des projectiles.
Les civils kurdes pris en étau
La coalition des forces politiques kurdes iraniennes dénonce ces frappes comme des actes aveugles et appelle à une réaction internationale. Les civils kurdes des deux côtés de la frontière – ceux du Kurdistan irakien (KRI) et du Kurdistan iranien (Rojhelat) – sont déjà les premières victimes de cette guerre initiée par les frappes conjointes des États-Unis et d’Israël contre l’Iran : débris de drones interceptés endommageant des habitations à Erbil, attaques sur des infrastructures civiles (tours télécoms, aéroports, quartiers résidentiels), et bombardements massifs en Iran occidental touchant des zones kurdes densément peuplées.
Au Kurdistan iranien, Hengaw rapporte au moins 21 civils kurdes tués (dont des enfants et une femme enceinte) dans des frappes sur des sites militaires proches de zones habitées. En KRI, les attaques iraniennes et de proxies chiites irakiens – menées en réponse aux opérations militaires américaines et israéliennes – ont causé des dommages directs à des civils, avec plus de 95 frappes sur des infrastructures non militaires selon Community Peacemaker Teams. Les populations kurdes, prises en étau entre les frappes iraniennes et le conflit régional impliquant directement les États-Unis et Israël, subissent les conséquences les plus lourdes de cette escalade.