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« Attaques contre les Kurdes : le mouvement ouvrier belge doit réagir ! »

BRUXELLES – Face aux attaques contre les Kurdes du Rojava, le mouvement ouvrier belge est invité à réagir par le site Révolution. Voici leur communiqué :

« Attaques contre les Kurdes : le mouvement ouvrier organisé belge doit réagir ! »

Depuis quelques jours, le gouvernement islamiste de Damas, qui s’en prend aux minorités ethniques de Syrie depuis son arrivée au pouvoir, attaque désormais sans vergogne la région autonome du Kurdistan de l’Ouest, le Rojava. Les troupes du « président de transition » syrien et ancien chef d’Al-Qaïda Al-Jolani (Ahmed al-Charaa) ont conquis la majeure partie du Nord et de l’Est de la Syrie jusque-là protégée par les FDS (Forces démocratiques syriennes). Rompant les accords antérieurs unilatéralement ainsi que les nombreux accords de cessez-le-feu, les milices islamistes d’Al-Charaa et les mercenaires à la solde des intérêts impérialistes turcs déchaînent une violence atroce contre les Kurdes et leur alliés pour tenter de mettre fin à la tentative de transformer la société dans cette région qu’est le Rojava. Le tout dans le silence assourdissant du camp impérialiste occidental et de ses médias.

La mobilisation de masse est la voie à suivre !

L’autonomie kurde a été conquise et défendue au cours des quinze dernières années dans une âpre lutte contre le régime d’Assad, contre les attaques constantes des milices islamistes de Daesh et contre les attaques incessantes de l’armée turque. Aujourd’hui elle risque d’être complètement détruite. Ces derniers jours, les masses kurdes ont démontré une nouvelle fois tout leur héroïsme en se mobilisant courageusement et en grand nombre contre la catastrophe imminente. Mais depuis la trahison de l’impérialisme américain, la situation se détériore rapidement.

En réaction à toutes ces attaques, des manifestations de soutien ont pris place un peu partout aux frontières du Rojava et à l’intérieur de celui-ci, ainsi qu’à l’étanger, principalement là où s’est exilée ce qui forme aujourd’hui la diaspora kurde. La communauté kurde dénonce les crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis en Syrie/Rojava par les gangs djihadistes de Damas, de Daech/ISIS et de Turquie, qui décapitent, tuent, violent, kidnappent les Kurdes (civils ou combattants) impunément ainsi que la libération d’anciens combattants de l’EI des prisons jusque-là sous contrôle des FDS.

Il faut être clair : les gangs de Damas et leurs alliés ne seront satisfaits que lorsqu’ils auront complètement conquis le Rojava, instauré leur régime meurtrier et oppressif et écrasé tous les droits démocratiques et l’autonomie kurde.

De leurs côtés, les médias pro-turcs publient un tas de fake news pour essayer de semer la confusion sur la situation réelle sur place.

Une répression qui s’abat jusqu’ici en Belgique !

En Belgique aussi des rassemblements ont eu lieu, notamment à Bruxelles (où nous étions présents) et Anvers ces derniers jours. Malheureusement ces rassemblements ont aussi été entachés de violences à l’égard des Kurdes. À Anvers, plusieurs hommes armés de couteaux se sont introduits parmi les manifestants et ont blessé 6 personnes dont plusieurs gravement. Quatre suspects ont été arrêtés. Le mouvement kurde organisé qualifie cet attaque d’acte terroriste. De toute évidence, il a effectivement pour but de terroriser les Kurdes et affaiblir la mobilisation.

Comme si cela ne suffisait pas, à Bruxelles c’est la police elle-même qui s’est mise à réprimer le mouvement de solidarité. Lors d’un rassemblement, elle est intervenue avec des gaz lacrymogènes, a nassé un groupe de manifestants et arrêté cinq d’entre eux.    

Le Rojava est en danger : concrétisons la solidarité internationale !

Certains à gauche se réjouissent ouvertement de la chute du Rojava en annonçant fièrement qu’ils « l’avaient prédit » et que les Kurdes n’auraient jamais dû momentanément recevoir le soutien militaire des USA durant la guerre qu’ils ont menée (et gagnée) contre l’Etat Islamique. Même si nous, communistes révolutionnaires de l’ICR, l’avons dénoncé aussi (de même que nous avons également dénoncé l’attitude d’Öcalan qui, il y a quelques mois, a demandé aux mouvements de libération kurde de Turquie de déposer les armes pour apaiser le gouvernement turc), il n’y a strictement aucune raison de se réjouir de ce nouvel échec pour les révolutionnaires.

Non seulement le Rojava représente objectivement une lueur d’espoir dans cet océan de souffrances et de malheurs qu’est la vie sous un capitalisme en proie à l’impérialisme dans la région du Moyen-Orient, mais les Kurdes (et leurs alliés) du Rojava sont également une des garanties que l’Etat Islamique ne ressurgira pas dans la région. Or, depuis l’avancée des troupes de Damas sur les territoires du Rojava, il est impossible de savoir ce qu’il adviendra réellement des prisons dans lesquelles des milliers de membres de Daesh sont, ou étaient, enfermés.

La tentative de préserver le Rojava par des accords avec les impérialistes, les chefs de tribus arabes riches et puissants, les grands propriétaires terriens et les capitalistes a échoué : les FDS sont de facto brisées après que les États-Unis et, avec eux, les chefs de tribus arabes réactionnaires ont changé de camp. Les nantis feront tout pour préserver leur richesse ! Les appels au droit international sont également inutiles : le droit international ne sert qu’à justifier les atrocités impérialistes de l’Occident.

Ainsi, nous appelons les organisations du mouvement ouvrier belge à relayer les appels des Kurdes et à soutenir le mouvement qui s’amorcent pour dénoncer et tenter d’empêcher ce qui risque probablement de se terminer par un nouveau génocide (un de plus), si nous ne faisons rien.

La lutte pour l’autodétermination du peuple kurde, la lutte pour une transformation de la société, là-bas ou ici, nous concerne tous, et au plus haut point. L’OCR réaffirme son soutien et sa solidarité avec les révolutionnaires du Rojava malgré les critiques que nous avons pu avoir sur les choix tactiques de ceux-ci.

La seule voie à suivre est la lutte contre le capitalisme et l’impérialisme en tant que tels, et ce à l’échelle internationale, du Kurdistan à la Palestine, de la Belgique aux États-Unis ou encore en Chine. Seule la lutte pour une révolution socialiste, pour un Kurdistan libre et socialiste au sein d’une fédération socialiste du Moyen-Orient, peut garantir aux Kurdes le droit à l’autodétermination.

La tâche de la classe ouvrière et de la jeunesse de Belgique est de mener cette lutte dans notre pays. Ici, cela signifie en particulier mettre un terme à la politique criminelle du gouvernement, qui divise les peuples sur des bases racistes et soutient le régime de Jolani ! L’Organisation Communiste Révolutionnaire se tient aux côtés des Kurdes du Rojava dans leur lutte pour l’autodétermination et tous les droits démocratiques. Nous nous opposons ouvertement à « nos » capitalistes, à « notre » gouvernement, ainsi qu’à l’impérialisme américain : ils sont les ennemis des Kurdes et de leur autodétermination ! »