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Les menaces et les exécutions n’empêcheront pas les femmes kurdes de lutter pour la liberté

IRAN / ROJHILAT – La Commission des Femmes du Congrès national du Kurdistan (KNK) a publié une déclaration ferme dans laquelle elle dénonce la nouvelle condamnation à mort prononcée contre la prisonnière politique kurde Verisheh Moradi (aussi orthographiée Varisheh ou Wirishe) et appelle à la fin immédiate des exécutions ainsi qu’à la libération de toutes les prisonnières et prisonniers politiques en Iran.

Dans son texte, la commission dénonce les menaces et attaques croissantes contre le peuple kurde, la hausse des exécutions de jeunes et d’opposants politiques, ainsi que la répression systématique des femmes. Elle estime que la reconduction de la peine capitale contre Moradi et le traitement punitif infligé à Zeynab Jalalian s’inscrivent dans une politique délibérée d’intimidation visant spécifiquement les femmes kurdes.

« Les autorités iraniennes craignent la capacité des femmes à organiser les communautés et à mobiliser les populations, comme cela a été observé lors de l’insurrection “Femme, Vie, Liberté” », souligne la déclaration.

Qui est Verisheh Moradi ?

Âgée de 41 ans, originaire de Sanandaj (Sînê), Verisheh Moradi est une militante des droits des femmes et membre de la Société des femmes libres du Kurdistan oriental (KJAR). Arrêtée le 1er août 2023 par les services de renseignement, elle a d’abord été condamnée à mort en novembre 2024 par la 15e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran, présidée par le juge Abolghassem Salavati, pour « appartenance à un groupe rebelle armé » (baghy).

Cette première condamnation avait été annulée en décembre 2025 par la Cour suprême iranienne en raison de « déficiences dans l’enquête et de non-respect des procédures légales ». Pourtant, le 14 octobre 2026, le même tribunal, sous le même juge, a de nouveau prononcé la peine de mort sans, selon ses avocats, avoir procédé aux investigations complémentaires ordonnées par la Cour suprême. Moradi avait refusé de comparaître, estimant que le tribunal n’était pas légitime. Elle est actuellement détenue à la prison d’Evin. La nouvelle décision peut faire l’objet d’un appel dans un délai de 20 jours.

Ses avocats insistent sur l’absence de preuves suffisantes et rappellent que ses activités passées étaient liées à la lutte contre Daech en Syrie, notamment à Kobané.

Appel élargi à la libération de Pakhshan Azizi et Zeynab Jalalian

La Commission des Femmes du KNK demande également la libération immédiate de Pakhshan Azizi et de Zeynab Jalalian. Cette dernière, incarcérée depuis près de 18 ans, est devenue un symbole de la résistance des femmes kurdes en Iran. Pakhshan Azizi, humanitaire et militante, fait elle aussi l’objet d’une condamnation à mort dans le contexte de la répression post-2022.

La commission met en avant le rôle historique des femmes kurdes dans la lutte contre Daech en Syrie ainsi que dans les combats menés en Turquie et en Irak. Elle affirme que « les menaces et la répression ne briseront pas leur détermination à conquérir la liberté ».

Des exigences politiques plus larges

Au-delà des cas individuels, le texte appelle :

  • à l’arrêt de toutes les exécutions ;

  • à la libération de l’ensemble des prisonniers politiques ;

  • à la création de conditions permettant une transition démocratique en Iran ;

  • à la reconnaissance du droit à l’autodétermination du peuple kurde et des autres peuples d’Iran, présenté comme un élément essentiel de toute solution politique.

La déclaration se conclut par ces mots : « Les menaces et les exécutions ne peuvent empêcher les femmes kurdes de lutter pour la liberté. »

Cette prise de position intervient dans un contexte de forte hausse des exécutions en Iran. Selon des organisations de défense des droits humains, plus de 1 400 personnes auraient été exécutées entre octobre 2025 et octobre 2026, dont des dizaines de femmes.

La Commission des Femmes du KNK rejoint ainsi d’autres voix, notamment celles de la KJK (Communautés des femmes du Kurdistan), de KJAR et de plusieurs organisations de défense des droits humains, qui multiplient les appels à la mobilisation internationale pour sauver Verisheh Moradi et les autres prisonnières politiques.