PAYS-BAS – L’organisation faîtière kurde, KNK tient sa 24e Assemblée générale Venlo, aux Pays-Bas, avec la participation de 300 délégués de la diaspora et du Kurdistan.
Alors que les équilibres géopolitiques au Moyen-Orient connaissent des mutations rapides, la 24e Assemblée générale du Congrès national du Kurdistan (en kurde : Kongreya Neteweyî ya Kurdistanê, KNK) a ouvert ses travaux ce week-end à Venlo, aux Pays-Bas. Placée sous le slogan « Unité nationale démocratique », cette réunion de deux jours intervient à un moment particulièrement critique pour le peuple kurde.
Plus de 300 délégués participent à l’assemblée, venus des quatre parties du Kurdistan et de la diaspora. Des personnalités politiques, des représentants d’institutions kurdes, des intellectuels et des écrivains sont présents. Selon les responsables du KNK, près de 400 délégués étaient initialement attendus, mais de nombreux participants ont été empêchés de se rendre aux Pays-Bas en raison de refus de visa et d’obstacles administratifs.
La séance a débuté par le chant de l’hymne national kurde Ey Reqîb, suivi d’une minute de silence en hommage aux martyrs. Les coprésidents du KNK, Ahmet Karamus et Zeyneb Murad, ont ensuite prononcé les discours d’ouverture.
« Les positions fragmentées augmentent les risques »
La coprésidente Zeyneb Murad a souligné que les bouleversements régionaux en cours représentent à la fois des risques majeurs et des opportunités historiques pour le peuple kurde. Elle a mis en garde contre les dangers d’une fragmentation accrue, insistant sur la nécessité vitale d’atteindre une unité réelle au sein de chaque région du Kurdistan.
« L’objectif principal de cette assemblée est de prendre des décisions concrètes en vue de l’organisation d’un congrès et d’une conférence nationaux, et de bâtir un consensus solide alors que les revendications nationales kurdes deviennent de plus en plus pressantes », a-t-elle déclaré.
« Nous ne resterons pas sans statut »
De son côté, le coprésident Ahmet Karamus a rappelé le 27e anniversaire de la fondation du KNK et a souligné le caractère historique de cette assemblée. Il a dénoncé les forces qui cherchent à perpétuer l’esprit des accords Sykes-Picot et de Lausanne, dans le but d’effacer les acquis arrachés par le peuple kurde au prix de dizaines de milliers de martyrs.
« Qu’ils le sachent : les Kurdes ne sont plus ceux d’il y a cent ans. Notre peuple fera face à ces attaques avec une détermination inébranlable. Nous ne renoncerons ni à notre langue, ni à notre droit à l’éducation, ni à nos libertés. Nous n’entrerons pas dans le nouveau siècle sans statut et sans reconnaissance », a-t-il affirmé avec force.
Karamus a également insisté sur le fait que l’unité nationale n’est pas un choix, mais une nécessité existentielle. Malgré ses limites, a-t-il ajouté, le KNK porte une vision claire pour la défense des valeurs et des intérêts nationaux kurdes. Il a salué la résistance du Rojava comme un exemple et un message pour l’ensemble du Kurdistan, et a annoncé la mise en place d’une commission spéciale chargée de travailler dans les quatre régions.
S’adressant directement aux principaux acteurs politiques kurdes, il a déclaré :
« La convocation d’une conférence d’unité nationale est bien sûr une responsabilité première du KNK, mais elle constitue également un devoir historique pour MM. Barzani et Talabani. Nous appelons l’ensemble du peuple kurde à s’engager pour la tenue de cette conférence nationale et la réalisation de l’unité. »
Après les discours des coprésidents, un présidium composé de cinq membres a été élu à l’unanimité : Aziz Namli, Asrîn Qedrî, Zübeyde Zümrüt, Hoşeng Derviş et Canan Mecit. Les membres du présidium ont pris la parole, avant la projection d’une vidéo rétrospective sur les 27 années de lutte et d’action du KNK. (ANF)