SYRIE / ROJAVA – La ville kurde de Kobanê est face à un drame humanitaire et sécuritaire plus dangereuse que lors de l’attaque de DAECH / ISIS en hiver 2014/15. En effet, les gangs de Damas et de la Turquie frappent la ville assiégée et privée d’eau, de nourriture, d’électricité ou encore de médicaments en plein hiver.
Des sources fiables de de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH ou SOHR) ont confirmé que la situation sanitaire et médicale dans la ville d’Aïn al-Arab (Kobani) est devenue catastrophique en raison du siège étouffant, des opérations de combat en cours et des bombardements systématiques.
Selon des sources de l’OSDH, la population civile de la ville est confrontée à une grave crise humanitaire, caractérisée par une pénurie de médicaments pour les maladies chroniques telles que le diabète, l’asthme et les maladies du foie, ainsi que par une pénurie aiguë de médicaments en général. Des sources médicales ont confirmé que tous les médicaments et le lait infantile seront épuisés d’ici deux jours si le siège étouffant se poursuit.
Par ailleurs, des militants de l’OSDH ont signalé que de nombreux patients et blessés ont besoin d’interventions chirurgicales urgentes, alors que tous les efforts déployés pour les envoyer dans des hôpitaux ou des centres médicaux situés en dehors de la ville de Kobani ont échoué.
Par ailleurs, l’OSDH a reçu plusieurs appels de détresse d’hôpitaux de Kobani, où le personnel administratif a confirmé que les capacités hospitalières ne permettent pas de faire face à l’afflux croissant de patients et de blessés provenant des villages environnants. Ce personnel a également confirmé que les ambulances tentant de secourir les blessés et les malades sont attaquées ; sans parler des difficultés de communication avec les équipes médicales dues à l’interruption persistante des télécommunications.
L’Observatoire syrien des droits de l’homme renouvelle son appel aux autorités compétentes afin qu’elles interviennent immédiatement pour sauver les patients, fournir les médicaments nécessaires et faire pression sur les parties au conflit pour qu’elles cessent d’attaquer les hôpitaux et les ambulances. L’OSDH demande également la fin des combats et des bombardements injustifiés, ainsi que le respect des trêves déclarées.