SYRIE / ROJAVA – Les gangs affiliés à Damas et à l’État turc ont intensifient leurs attaques contre la ville kurde de Kobanê assiégée de toute part. Peu avant cette escalade, une délégation de l’état-major turc se trouvait à Suruç (Pirsûs), ville jumelle de Kobanê.
Les attaques contre la ville de Kobanê et ses environs se sont considérablement intensifiées ces dernières heures. Depuis plusieurs jours, des unités de la soi-disant armée syrienne, des milices pro-régime, des groupes islamistes alliés à la Turquie et les forces armées turques régulières bombardent des villages situés le long de l’autoroute stratégique M4. Une nette escalade est désormais manifeste, tant en termes d’intensité que de coordination des attaques.
Les villages de Cadê, Qubê et Hemdûn sont particulièrement touchés et subissent d’intenses bombardements. Ces villages appartiennent aux municipalités de Sarrin et Çelebiyê, situées à environ 50 kilomètres au sud et au sud-ouest de Kobanê. Parallèlement, de violents combats opposent les assaillants aux unités de défense des YPG, YPJ et SDF. Selon des sources locales, l’encerclement de Kobanê se resserre et la ville est de plus en plus encerclée.
Un élément particulièrement explosif : quelques heures seulement avant l’escalade des tensions, une délégation du ministère turc de la Défense se trouvait à Pirsûs (Suruç en turc), ville frontalière située juste en face de Kobanê, côté turc. Accompagnée de véhicules militaires, la délégation a inspecté pendant une demi-heure environ le tronçon de frontière faisant face à Kobanê. Le convoi a ensuite quitté la région.
Parallèlement, la situation humanitaire à Kobanê se détériore dramatiquement. L’approvisionnement en eau potable était déjà coupé dans une grande partie de la région depuis la veille. Depuis mercredi, l’électricité et internet sont également coupés. La ville est totalement isolée du reste du monde. Dans un reportage d’actualité, la journaliste Hêvîdar Heranî a déclaré : « La ville de Kobanê est totalement assiégée. L’eau, l’électricité, internet et les produits de première nécessité sont totalement coupés. » (ANF)