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IRAN. Rejet du projet de loi permettant l’enseignement dans les langues nationales

IRAN – Le Parlement iranien a rejeté le projet de loi qui prévoyait l’enseignement des langues nationales et locales (kurde, arabe, turkmène…) dans les écoles.
 
 
Le Parlement iranien a voté hier lors de sa session un projet de loi qui permettrait aux écoles d’enseigner la littérature dans les langues nationales et locales. Le projet de loi a été rejeté par les membres du Conseil consultatif iranien.
 
 
Le projet de loi a été élaboré dans le cadre de l’article 15 de la Constitution iranienne. Elle n’a cependant pas été acceptée avec 130 voix qui ont dit « Non » contre 104 voix s’exprimant en faveur du « Oui ».
 
 
En Iran, les individus issus d’identités ethniques non perse, comme les Kurdes, les Baloutches, les Arabes et les Turkmènes, réclament depuis des années l’apprentissage de leur langue maternelle. Cependant, cette demande n’a pas été acceptée et, au contraire, dans de nombreuses régions d’Iran et du Rojhilat (Kurdistan de l’Est), les enseignants kurdes bénévoles en particulier sont confrontés à d’intenses pressions et menaces. Le régime iranien a jusqu’à présent condamné des dizaines d’enseignants kurdes à des peines de prison dans le cadre de sa politique de linguicide.

 

Selon, l’ONG de défense des droits humains, Hengaw, en Iran, on assiste à des « violations systématiques des droits linguistiques ». (lire l’extrait du texte de Henwag publié lors de la Journée internationale de la langue maternelle)

 

Violations systématiques des droits linguistiques en Iran

L’Iran est l’un des pays les plus diversifiés au monde sur le plan linguistique. On y trouve des locuteurs de kurde, de turc, d’arabe, de baloutche, de turkmène, de luri, de gilaki et d’autres langues. Cependant, les politiques de la République islamique d’Iran sont en contradiction directe avec les principes des droits de l’homme susmentionnés. Le gouvernement a systématiquement violé les droits linguistiques dans le cadre d’une campagne plus vaste visant à réprimer les identités non persanes.

1. Refus de l’enseignement dans la langue maternelle

L’article 15 de la Constitution iranienne mentionne la possibilité d’utiliser des langues autres que le persan dans les médias, mais limite strictement l’enseignement officiel dans les écoles et les universités au persan. Cette politique discrimine systématiquement des millions d’enfants qui ne parlent pas le persan, les obligeant à étudier dans un environnement où leur langue maternelle est réprimée, dépréciée ou ignorée. Cette exclusion viole le droit à l’égalité d’accès à l’éducation et à la non-discrimination dans l’accès aux opportunités éducatives.

2. Suppression culturelle et criminalisation de l’activisme linguistique

Les écrivains, les journalistes et les activistes culturels qui promeuvent les langues maternelles sont confrontés à l’emprisonnement et à une répression sévère.
Les restrictions strictes imposées à la publication de livres, aux médias indépendants et aux productions culturelles dans des langues autres que le persan ont conduit à une censure généralisée.

Les interdictions officieuses d’enregistrer des noms d’enfants non persans constituent une forme d’ingénierie identitaire culturelle visant à affaiblir les liens linguistiques.

3. La menace d’extinction linguistique en Iran

Les politiques de la République islamique d’Iran ont gravement mis en danger la diversité linguistique du pays, poussant plusieurs langues largement parlées vers l’extinction. Le manque de soutien institutionnel, l’utilisation restreinte dans les espaces publics, les restrictions de publication et l’imposition d’un système éducatif monolingue ont affaibli la transmission intergénérationnelle de ces langues, les exposant au risque d’une extinction progressive.

La discrimination linguistique comme oppression structurelle

Le déni des droits linguistiques n’est pas seulement un problème culturel ou éducatif : c’est un outil de domination, de suppression de l’identité et de discrimination systémique en Iran. Les conséquences de ces politiques sont les suivantes :
• Inégalité d’accès aux opportunités économiques et sociales : les enfants privés d’éducation dans leur langue maternelle ont plus de difficultés à trouver un emploi et à poursuivre des études supérieures.
• Aliénation et crises d’identité : l’imposition d’une langue autre que la langue maternelle crée des divisions générationnelles et un profond sentiment de dépossession au sein des communautés linguistiques.
• Marginalisation dans la vie politique et sociale : l’exclusion des langues non persanes des espaces publics limite la participation politique et sociale des minorités linguistiques aux processus de prise de décision.

Le rôle de la communauté internationale et des organisations de défense des droits de l’homme

La répression linguistique en Iran constitue un génocide culturel et une violation systématique des droits de l’homme qui ne doit pas être ignorée par la communauté internationale. (…)