AccueilCultureWhitney Museum of American Art accueille l'artiste kurde d'Iran Morehshin Allahyari

Whitney Museum of American Art accueille l’artiste kurde d’Iran Morehshin Allahyari

Un événement artistique aura lieu au Whitney Museum of American Art de New York avec l’artiste kurde d’Iran Morehshin Allahyari, suivi d’une discution sur la révolution féministe en Iran.

Un événement artistique aura lieu le vendredi 21 avril au Whitney Museum NYC avec l’artiste kurde d’Iran Morehshin Allahyari. Dans l’histoire originale, une femme ressemblant à un serpent prend le contrôle d’une ville, tuant des animaux et des gens jusqu’à ce qu’un vieil homme reclus se présente pour raviver l’espoir avec une révélation: la seule façon de tuer le serpent est de tenir un miroir devant la femme-serpent. Lorsque celle-ci voit son reflet, elle se met à rire. Elle rit pendant des jours et des nuits jusqu’à ce qu’elle meure.

Pour son projet le Serpent Qui Rit (The Laughing Snake) de Morehshin Allahyari utilise le mythe d’un djinn – une créature surnaturelle ou une figure monstrueuse de la mythologie arabe – pour explorer le statut des femmes et le corps féminin au Moyen-Orient. Selon le mythe original apparaissant dans le manuscrit arabe des XIVe et XVe siècles Kitab al-bulhan ( Livre des merveilles), le serpent rieur avait pris le contrôle d’une ville, tuant ses habitants et ses animaux tandis que de nombreuses tentatives pour la tuer restaient infructueuses. Un vieil homme a finalement détruit le serpent en lui tendant un miroir, ce qui l’a fait rire si fort à son reflet qu’elle en est morte. Utilisant des images du serpent et du miroir, Allahyari nous emmène à travers un récit labyrinthique en ligne qui mélange des histoires personnelles et imaginaires pour aborder des sujets tels que la féminité, les abus sexuels, la moralité et l’hystérie. Le serpent apparaît comme une figure complexe, reflétant des visions multiples et parfois déformées de la femelle, et réfractant des images d’altérité et de monstruosité. The Laughing Snake fait partie du projet en cours d’Allahyari She Who Sees The Unknown(2017–), dans lequel elle étudie les déesses sombres et les figures féminines diaboliques d’origine moyen-orientale pour explorer comment les significations symboliques ancrées dans les traditions et les mythes font surface dans les formes contemporaines d’oppression. (Via Whitney Museum of American Art)

 

Après la lecture, Allahyari sera rejointe par l’universitaire kurde Ozlem Goner pour une conversation sur la révolution « Jin, Jiyan, Azadi » (Femme vie liberté) dans le mouvement kurde pour la liberté, depuis sa formation au Kurdistan du Nord (Bakur) dans les années 1970 jusqu’à la révolution féministe du Rojava en 2012 et celle actuellement en encours en Iran. Allahyari et Goner considèrent ces événements ensemble pour explorer ce que nous pouvons apprendre des luttes et des combats des femmes kurdes pour la liberté et à quoi pourrait ressembler la solidarité transnationale.

 

Morehshin Allahyari

Artiste kurde installée à New York, Morehshin Allahyari utilise la simulation 3D, la vidéo, la sculpture et la fabrication numérique comme outils pour refigurer le mythe et l’histoire. À travers des pratiques d’archivage et de narration, son travail tisse des contre-récits complexes en opposition à l’influence durable du colonialisme technologique occidental dans le contexte de l’Asie du Sud-Ouest et Afrique du Nord.

Ozlem Goner

Ozlem Goner est professeure associée au Département de sociologie et d’anthropologie du College of Staten Island and Middle Eastern Studies du Graduate Center de la City University of New York. Son livre, Turkish National Identity and its Outsiders: Memories of State Violence in Dersim, a été publié par Routledge en 2017. Elle a écrit des articles de revues universitaires et populaires sur la violence d’État, les mouvements sociaux, le genre et l’intersectionnalité, et l’autodétermination anticoloniale. Elle est membre du comité directeur du Comité d’urgence pour le Rojava.

ANF