TURQUIE. Mort suspecte d’un politicien kurde dans une prison turque

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TURQUIE – Un nouveau prisonnier politique kurde est mort de façon suspecte en prison. Il s’agit d’un cadre du parti DBP, Mehmet Candemir. Il aurait eu une crise cardiaque dans la prison de Giresun/Espiye. Ses proches déclarent qu’il s’agit d’un nouveau meurtre de prisonniers kurdes qui sont déguisés soit en suicide soit en crise cardiaque.

L’ancien coprésident provincial du Parti des régions démocratiques (DBP) et membre de l’Assemblée du parti Mehmet Candemir (60 ans) est décédé dans la prison fermée de type L de Giresun Espiye, où il était détenu. L’administration pénitentiaire, qui a appelé ce matin la famille de Candemir vivant à Batman, a affirmé que Candemir était décédé à l’hôpital où il avait été transporté suite à une crise cardiaque. Après avoir reçu la nouvelle, la famille de Candemir est partie pour Giresun ce matin. Candemir sera enterré au cimetière d’Asri à Batman. Son frère Ahmet Candemir a déclaré que son frère l’avait appelé pour la dernière fois vendredi et l’avait informé qu’il se portait bien.

Candemir, marié et père de 4 enfants, était en prison depuis 4 ans. Candemir a été coprésident du Parti des régions démocratiques (DBP) dans sa ville natale de Batman de 2014 à 2016. Parallèlement, il a été membre du conseil du parti du DBP. En septembre 2016, il a été arrêté au cours d’une opération policière à l’échelle de la province de Batman. Candemir a été accusé d’avoir participé à des commissions électorales prétendument « illégales » mises en place par le DBP et son parti frère HDP (Parti démocratique des peuples) à l’approche des élections législatives turques de 2015. En janvier 2017, il a été condamné à dix-sept ans et six mois de prison par un tribunal turc de Batman pour « appartenance » présumée au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et « soutien au PKK ».

Mehmet Candemir avait déjà été en prison en 2015. Au cours de sa détention provisoire de près d’un mois dans une prison de Kırıkkale, l’homme politique a été torturé par les gardiens.

87 prisonniers sont morts en un an

Des prisonniers politiques meurent presque chaque semaine dans des prisons en Turquie.« Suicide » ou « mort par maladie » sont les diagnostics donnés par la médecine légale turque. Mais il y a des doutes sérieux sur les causes de la mort. Les proches des victimes et les organisations de défense des droits humains ont rapporté à plusieurs reprises que la plupart des prisonniers décédés ont été soit exécutés, soit poussés au suicide par la torture et les menaces. Selon l’Association des droits de l’homme (IHD), 87 prisonniers sont morts dans les prisons turques entre 2021 et juillet 2022.

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