« La Turquie lutte pour empêcher l’établissement d’un État kurde »

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TURQUIE – Une ministre turque a déclaré que les forces turco-jihadistes se battaient en Syrie pour empêcher l’établissement d’un État « terroriste » kurde. Elle a ajouté que c’est pour cette raison que la Turquie avait des réfugiés syriens sur son sol. Jolie tentative pour cacher la guerre colonialiste de la Turquie au Rojava où elle opère un nettoyage ethnique depuis des années…
 
La ministre turque de la famille et des services sociaux, Derya Yanık a tenu ses propos à un commerçant qui s’était plaint de la forte population syrienne dans le district de Yüreğir, dans la province d’Adana.
 
Derya Yanık a déclaré : « Les forces armées turques d’une part et l’armée syrienne libre [gangs islamistes à la solde de la Turquie] d’autre part se battent séparément pour empêcher l’établissement d’un État kurde là-bas. Établir un État kurde là-bas signifie couper la partie sud-est de la Turquie avec un couteau.
(…)
Notre président dit constamment à propos des Syriens, j’espère qu’une fois la sécurité établie, ces personnes aimeraient se rendre chez eux. de toute façon, nous aimerions y aller aussi, mais en ce moment nous voulons y aller. Il n’y a nulle part où envoyer. « Le problème n’est pas seulement de protéger la sécurité des Syriens, mais aussi de protéger notre sécurité transfrontalière. »
 
Indiquant que « les frontières de la Turquie sont protégées », Yanık a poursuivi ainsi :
 
« La Turquie s’occupe de 5 millions de Syriens par compassion, mais elle ne le fait pas seulement par compassion. Vous devez le savoir très bien. A travers la ligne d’Alep et la ligne des Turkmènes qui sont les personnes qui assurent la sécurité de notre frontière depuis 400 ans. Deuxièmement, ils essaient actuellement d’établir un État kurde dans le nord de la Syrie. Nous ne donnons pas tant de martyrs pour rien. Nous n’avons pas embrassé tant de personnes en Turquie pour rien. D’une part les TSK (forces armées turques] et l’Armée syrienne libre d’autre part se battent séparément pour empêcher l’établissement d’un État kurde là-bas. Établir un État kurde là-bas, c’est déchirer le sud-est de la Turquie comme avec un couteau. »
 
Yanik a déclaré que l’opposition turque passait sous silence l’établissement d’un État « terroriste kurde » dans le nord de la Syrie, ajoutant que la Turquie a mis fin aux actions terroristes sur son sol ces 10 dernières années en chassant de l’armée les membres de FETO, et asséchant le « terrorisme » à sa source avec des opérations transfrontalières au Rojava.
 
« Nous voyons très bien la dimension sociale de la question [des réfugiés syriens], mais si nous voulons toujours garder la Turquie dans son ensemble, si nous voulons assurer la sécurité de la Turquie dans son opération transfrontalière et empêcher l’établissement d’un État terroriste là-bas, nous supporterons un peu le prix », a déclaré Yanik.
 
Yanik, se référant au Rojava, a déclaré : « Il y a un combat contre une organisation terroriste [YPJ/YPG/FDS)] dans le nord de la Syrie. Une fois cet endroit nettoyé, les Syriens retourneront également chez eux. » (info via Rudaw)
 
Ce n’est pas la première fois qu’un.e responsable turc déclare ouvertement que la Turquie va remplacer les Kurdes syriens par des réfugiés syriens actuellement gardés sur le sol turc. D’ailleurs, à Serê Kanîyê et Afrin, il y a déjà des milliers de colons syriens qui ont remplacés les Kurdes chassés de leurs terres.

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