SYRIE. « Al-Hol est une menace sans précédent pour le personnel humanitaire »

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SYRIE / ROJAVA – Après le meurtre récent d’un infirmer de l’ONG kurde Heyva Sor par deux terroristes de l’État Islamique dans le camp al-Hol abritant les familles des membres de l’EI, un responsable kurde a déclaré que le camp était devenue une menace sans précédent contre le personnel des ONG humanitaires.
 

Les dangers pesant contre les humanitaires qui opèrent dans le camp d’Al-Hol, dans le nord-est de la Syrie, constituent une menace sans précédent, a averti dimanche un responsable kurde, quelques jours après le meurtre d’un secouriste par des membres du groupe État islamique (EI).

« La situation sécuritaire au camp est volatile et des cellules de l’EI sont toujours présentes » à Al-Hol, a indiqué à l’AFP Chaykhamous Ahmed, un responsable de l’administration semi-autonome kurde qui contrôle le camp.

Mercredi, le Croissant-Rouge kurde avait annoncé la mort d’un de ses membres d’une blessure par balle « alors qu’il accomplissait son devoir humanitaire » au siège de l’organisation à Al-Hol.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), le secouriste a été tué par deux membres de l’EI, qui ont pu entrer dans le centre médical sous de fausses identités.

« La menace contre les organisations humanitaires et médicales constitue un précédent dangereux, » a souligné Chaykhamous Ahmed, ajoutant que ces organisations allaient poursuivre leur travail, « mais pas de la manière requise ».

Dans un communiqué conjoint diffusé mercredi, deux hauts responsables de l’ONU ont averti que les aides humanitaires dans le camp ne pourraient être délivrées efficacement que lorsque « des mesures seront prises pour résoudre les problèmes de sécurité persistants ». (AFP)

Le camp al-Hol est considéré comme un foyer de l’Etat islamique, avec 57 000 personnes de plus de cinquante pays différents qui y vivent actuellement, dont des milliers de familles de l’Etat islamique qui ont été appréhendées par les Forces démocratiques syriennes (FDS) après la capture du dernier bastion de l’Etat islamique, Baghouz, début 2019. Environ la moitié des familles ont en fait moins de 18 ans et beaucoup apprennent la doctrine de Daech. Cela augmente le risque de création d’une nouvelle génération de terroristes. La plupart des pays d’origine de ces mercenaires et de leurs familles refusent de reprendre leurs ressortissants et échappent ainsi à leur responsabilité.
 
Au moins 127 meurtres en 2021
 
 
Responsables de l’endoctrinement des enfants avec l’idéologie de l’Etat islamique sont les structures construites par les partisans de l’Etat islamique fidèles à la ligne dans le secteur des « Muhadjir» (des membres de DAECH venus d’autres pays). Ces femmes djihadistes ont également construit les troupes Hisba sur le modèle de la soi-disant brigade Al-Khansa (Liwa al-Khansa), la police religieuse de l’Etat islamique pour les femmes. Les femmes membres de HISBA commettent des atrocités contre des personnes qui n’adhèrent pas aux normes de l’Etat islamique. En 2021, il y a eu au moins 127 meurtres au camp al-Hol, qui seraient tous attribuables aux membres de Hisba et aux « Jeunes Lionceaux du Califat ». Un homme de 33 ans originaire d’al-Bab, dans le nord de la Syrie, a été retrouvé mort vendredi. Quelques jours plus tôt, des agents de sécurité ont découvert un tunnel souterrain utilisé pour la formation de l’organisation de jeunesse de DAECH / ISIS et comme cachette pour les jeunes tueurs.
 

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