PARIS. Au Père-Lachaise, les Kurdes étaient bien seuls pour rendre hommage à Ahmet Kaya

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PARIS – Ce mardi 16 octobre, la famille d’Ahmet Kaya – musicien kurde mort en exil à Paris il y a exactement 21 ans – organisait la commémoration annuelle à laquelle ont participé des personnes issue de la diaspora kurde, des militants et quelques politiciens et académiciens kurdes exilés…
 
Alors qu’on s’attendait à voir quelques politiciens français parmi la foule suite à la profanation de la tombe d’Ahmet Kaya survenue il y a 3 jours, on a constaté avec tristesse que les Kurdes étaient bien seuls dans leur chagrin et leur colère devant un tel acte commis 21 ans après la mort d’Ahmet Kaya qui avait été persécuté de son vivant par le régime turc et ses sbires pour simplement avoir annoncé qu’il allait sortir un album en kurde ! Même 21 ans plus tard, la barbarie turque le hantait, à des milliers de km de sa patrie, en saccageant sa tombe. Hormis deux tweets d’élus municipaux parisiens et une gerbe à la cérémonie commémorative envoyée par le conseil municipal de Paris qui condamnait le « vandalisme haineux », la classe politique française ne s’est pas montrée aux côtés des Kurdes en ce triste jour devant la tombe d’Ahmet Kaya, au cimetière du Père-Lachaise.
 
Hommage en discours et en musique
 
La cérémonie de commémoration d’Ahmet Kaya a commencé à 13 heures, par une minute de silence. Ensuite, la veuve d’Ahmet Kaya, Gülten Kaya, le président de l’Institut Kurde de Paris, Kendal Nazan, l’ancien député du HDP actuellement vivant en exil à Londres, Osman Baydemir, un représentant du Gouvernement Régional du Kurdistan d’ « Irak » et des militants kurdes venus des 4 parties du Kurdistan ont pris la paroles pour saluer la mémoire d’Ahmet Kaya. 

Osman Baydemir, Gulten Kaya, Kendal Nazan
La veuve d’Ahmet Kaya, Gülten Kaya a pris la parole et a déclaré: « Je ressens ce que tout le monde ici ressent maintenant. Votre soutien me donne de la force, comme toujours. La solidarité avec Ahmet et le fait d’être ensemble me donne de l’espoir pour l’avenir. Nous pouvons continuer sur notre chemin si nous nous donnons mutuellement de la force. »
 
Le président de l’Institut Kurde de Paris, Kendal Nazan a rappelé brièvement les attaques racistes et le lynchage politico-médiatique dont Ahmet Kaya a été victime en Turquie en tant que musicien kurde bien qu’il chantait en langue turque et son exil forcé à Paris. Condamnant la profanation de la tombe de Kaya au coeur de Paris et les attaques visant les Kurdes sur leurs terres, Nazan a déclaré qu’on ne pouvait venir à bout de 40 millions de Kurdes en les tuant. 
 
Sylvie Jan, en rouge

La présidente de l’association France-Kurdistan, Sylvie Jan a également pris la parole pour condamner la profanation de la tombe d’Ahmet Kaya. Elle a également dénoncé sur son compte Facebook l’inaction des autorités françaises face à cet acte odieux, déclarant que « Les autorités françaises n’ont pas réagi, la France n’a pourtant aucun intérêt à ce que les forces d’extrême droite turques et ses Loups Gris, s’imposent dans la vie de notre pays. »

Berivan Firat

La porte-parole du Mouvement des femmes kurdes en France, Berivan Firat, a condamné la profanation de la tombe d’Ahmet Kaya, en déclarant que cela ne pouvait en aucun cas être l’œuvre de quelques individus qui auraient agi de manière isolée, mais plutôt un acte orchestré par des sbires du régime turc en France. Berivan Firat a également rendu hommage au leader de la révolte de Dersim, Seyid Riza et à ses compagnons pendus le 15 novembre 1937 par l’État turc.

Nûarîn et Frakin Azad

Après d’autres prises de paroles, deux membres du collectif culturel TEV-ÇAND Paris, Nuarîn et Farkin Azad ont également rendu hommage à Ahmet Kaya et ont clôturé la cérémonie en interprétant une chanson de Kaya et des chants révolutionnaires kurdes.

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