Paix au Kurdistan interpelle le ministre britannique des affaires étrangères

0
348

LONDRES – Alors que la Turquie a envahi en avril une grande partie du Kurdistan d’Irak où elle a vidé de nombreux villages kurdes, l’initiative La Campagne pour la Paix au Kurdistan a adressé une lettre ouverte au ministre britannique des Affaires étrangères et du Commonwealth, Dominic Raab MP, au sujet du silence britannique devant cette invasion. 

« Le 23 avril 2021, l’État turc a lancé l’opération «Griffe d’aigle». Il s’agit d’une attaque militaire intense contre des zones à prédominance kurde dans le nord de l’Irak. La date choisie pour l’attaque coïncide avec l’anniversaire du début du génocide arménien commencé en 1915, au cours duquel 1,5 million d’hommes, de femmes et d’enfants ont été tués par les forces turques ottomanes.

Après un mois de combats des forces armées turques contre les guérilleros kurdes, qui résistent à l’invasion, il est clair que le gouvernement turc est déterminé à anéantir les Kurdes, en utilisant des troupes terrestres, des bombardements lourds et des armes chimiques.  Cette expédition militaire s’accompagne d’un assaut contre la représentation démocratique des Kurdes au sein même de la Turquie: le Parti démocratique du peuple (HDP) fait face à une interdiction pure et simple, bien qu’il soit le troisième parti du pays avec une représentation parlementaire et municipale et ses députés, co-maires  et les fonctionnaires sont jugés et emprisonnés en vertu de lois destinées à fournir une couverture de propagande pour le renvoi de critiques et d’opposants indésirables. Tout cela se passe sans censure et sans commentaire de la part des gouvernements britanniques ou européens. 

Cela fait un siècle que la Conférence du Caire a débattu du Moyen-Orient post-ottoman. Lors de cette conférence, le secrétaire aux Colonies de l’époque, Winston Churchill, prévoyait qu’un destin tragique pourrait s’abattre sur les Kurdes si leurs sentiments et leurs intérêts étaient pris en compte.  Le traité de Lausanne de 1923 a ignoré les souhaits et les droits des Kurdes et ils ont été partagés entre la Turquie, l’Iran, l’Irak et la Syrie et ont souffert depuis et en particulier se sont vu refuser la représentation démocratique et les droits culturels.  Les gouvernements britanniques ont toujours maintenu le statu quo d’après 1923 et ont apporté un soutien diplomatique et militaire aux gouvernements turcs successifs alors qu’ils réprimaient les Kurdes.

Aujourd’hui, la Turquie a l’intention d’établir des bases militaires permanentes en Irak et d’assujettir les Kurdes et les autres peuples qui vivent dans le territoire qui a été occupé.  Des centaines de personnes sont tuées, y compris les soldats turcs.  La Turquie ne pourrait pas agir de cette manière sans l’accord du Royaume-Uni et d’autres gouvernements, y compris ceux des États-Unis et de l’Union européenne.

Rien ne justifie que le gouvernement de Sa Majesté garde le silence sur ce qui se passe en Irak, en Syrie, en Iran et en Turquie aux Kurdes et sur ce qui se transforme en une politique d’extermination.  La Grande-Bretagne a une responsabilité historique et morale dans le sort enduré par le peuple kurde.  Ses représentants doivent dénoncer la tentative d’imposer une solution militaire à la question kurde et des négociations en vue d’une résolution pacifique du conflit. Ne pas le faire équivaut à une complicité dans le déroulement des atrocités.»

ANF

REPONDRE AU COMMENTAIRE

Veuillez entrer votre commentaire !
Veuillez entrer votre nom ici