L’amertume après le verdict du procès Mawda dont le meurtre reste impuni

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BRUXELLE – Le 17 mai 2018, Mawda, une fillette kurde de 2 ans, était tuée par un policier belge lors d’une course-poursuite sur l’A42, près de Mons, en Belgique. Mawda Shawri se trouvait avec ses parents et d’autres migrants à l’arrière d’une fourgonnette. Son meurtre illustrait la chasse impitoyable faite aux migrants en Europe.

Le vendredi 12 février, le tribunal correctionnel de Mons a condamné Jargew D., le soi-disant conducteur de la fourgonnette à 4 ans de prison ferme pour « entrave à la circulation » et « rébellion armée ». Quand au policier, auteur du tir qui a tué Mawda, il a écopé d’un an avec sursis de trois ans et d’une amende de 400 euros. Un verdict qui a scandalisé les défenseurs des droits des migrants…

Max Ago, membre du Comité Mawda, a réagi violement au verdict dans le procès du meurtre de Mawda:

« Rien, non rien de compensera la perte de son enfant pour les parents, ni l’octroi de papiers permettant une régularisation en Belgique, ni la condamnation trop légère du policier cowboy qui a fait feu ce jour-là.

L’affaire autour des circonstances de la mort de la petite Mawda est malheureusement un bon exemple de ce qu’est la justice de classe hypocrite dans un pays gouverné par des politiciens qui versent de plus en plus dans la haine anti-migrants pour mieux diviser les travailleurs alors que ces mêmes politiciens laissent les entreprises belges vendre des armes à des pays qui les donnent à ou les utilisent dans des régions en guerre ce qui génère de l’instabilité politique et pousse davantage de migrants sur les routes. Tout cela pour ensuite les traquer comme des animaux et tenter de mettre sur le dos de ces malheureux contraints à l’exil, les problèmes d’une société capitaliste malade et en crise depuis trop longtemps maintenant. Crises auxquelles les gouvernements successifs répondent uniquement par l’augmentation de la brutalité policière et par des tentatives de banaliser des comportements autoritaires sur fond de corruption et de serrage de coudes dans le mensonge pour mieux couvrir les bavures et les manquements à la loi qui leur est pourtant taillée sur mesure.

Les zones d’ombres dans cette affaire sont aussi sombre que le trou qui se trouve à la place du coeur des politiciens racistes belges qui ont tenté de rejeter la faute sur la famille et les passeurs alors que ce sont leur politique impérialiste et leur soutient implicite à des régimes meurtriers qui sont la cause véritable de cette sinistre situation.

La commission parlementaire serait un bon début pour établir un commencement de vérité en mettant à nu les mensonges des policiers et les dysfonctionnements de la justice. Cela permettrait ensuite de relancer dans la société le débat des migrations forcées sur des bases plus claires pour combattre le racisme et faire naître une solidarité plus grande dans la classe des opprimés pour un jour mettre un terme à cette hypocrisie qu’est le fait de s’attaquer par la répression aux conséquences de mauvaises politiques au lieu d’en comprendre et de combattre les causes de cette deuxième pandémie qu’est le racisme structurel. » 

Le Comité Mawda Justice-Vérité dénonce le jugement rendu dans l’affaire Mawda et appelle à manifester le mercredi 24 février 2021, à Liège.

« Le meurtre de la petite Mawda a donné lieu à une séparation des dossiers entre un volet relatif à l’ « incident de tir » (Mons) et un autre relatif au « trafic des êtres humains » (Liège).

Ce procès aux responsabilités éclatées a semblé jusqu’ici principalement jouer en défaveur des jeunes kurdes irakiens poursuivis comme co-auteurs du meurtre. La seconde conséquence est la dilution des responsabilités judicaires et politiques dans les opérations de filature transfrontalière et les opérations Medusa.

Le tribunal de Mons a acquitté Rasol Diman Ahmed. Il a estimé qu’il n’existait pas assez d’éléments en droit pour dire que Rasol D.A. était co-auteur d’une entrave méchante à la circulation et de rébellion armée. Par contre Jargew Del a quant à lui été accusé d’être le chauffeur de la camionnette. Il a été condamné à une peine de 4 ans de prison ferme.

Nous serons présents à Liège ce 24 février pour soutenir les plaidoiries des avocats des kurdes irakiens. L’aide au passage ne peut être considérée comme un crime, pas plus pour Cédric Herrou, pour les hébergeurs que pour des migrants kurdes irakiens.

Stop Medusa !

Stop aux opérations de filature dans lesquels trop de migrants trouvent la mort !

La seule solution pour mettre fin à cette machine de mort : la régularisation des sans-papiers ! »

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