Un Kurde du Rojava menacé d’exécution en Iran

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IRAN / ROJHILAT – Amnesty International a lancé un appel urgent pour sauver la vie d’un Kurde du Rojava emprisonné et torturé en Iran par des agents des services de renseignement.
 
Kamal Hassan Ramezan Soulo, un Kurde syrien détenu arbitrairement à la prison centrale d’Ourmia, dans la province d’Azerbaïdjan occidental, est sous la menace d’une exécution depuis 2017 car des agents du ministère du Renseignement refusent de reconnaître sa véritable identité. Ils le soumettent à la torture et à d’autres mauvais traitements pour le contraindre à « avouer » sa participation à une attaque armée avec laquelle il n’a rien à voir. Amnesty International a appris qu’il avait récemment été torturé et maltraité après son transfert, le 13 juin 2020, dans un centre de détention du ministère du Renseignement, où il a été maintenu au secret pendant six jours.
 
Les agents du ministère du Renseignement affirment à tort que Kamal Hassan Ramezan Soulo est « Kamal Soor », un autre homme condamné à mort par contumace en novembre 2011 pour une attaque armée commise en juillet 2006, que les autorités iraniennes ont attribuée au Parti pour une vie libre au Kurdistan (PJAK), un groupe d’opposition kurde en Iran. Or, la première chambre du tribunal révolutionnaire d’Ourmia a conclu à deux reprises, en septembre 2017 puis en juin 2020, que Kamal Hassan Ramezan Soulo n’était pas « Kamal Soor ».
 
Malgré ces décisions de justice, les agents du ministère du Renseignement continuent, de façon cruelle, à réclamer son exécution. Selon les informations recueillies par Amnesty International, au cours des trois dernières années, les autorités ont régulièrement soumis Kamal Hassan Ramezan Soulo à des périodes de détention au secret et à la torture ou à d’autres mauvais traitements, tels que des coups de pied, de poing et de câble, dans le but de lui faire « avouer » qu’il était bien « Kamal Soor ».
 
Kamal Hassan Ramezan Soulo a été arrêté le 28 août 2014 en bordure des Monts Qandil, près de la frontière irano-irakienne. En août 2015, la deuxième chambre du tribunal révolutionnaire d’Ourmia l’a condamné à 10 ans d’emprisonnement – peine réduite par la suite à sept ans et demi – sur des accusations liées à la sécurité nationale découlant de son appartenance au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), groupe d’opposition kurde en Turquie.
 
En mai 2017, alors qu’il purgeait sa peine de prison, les autorités pénitentiaires lui ont soudainement annoncé qu’il se trouvait sous le coup d’une condamnation à mort car les autorités pensaient qu’il était « Kamal Soor ». Kamal Hassan Ramezan Soulo aurait dû être remis en liberté en octobre 2019 après avoir bénéficié d’une grâce dans l’affaire qui le visait à l’origine. Cependant, le ministère du Renseignement continue de bloquer illégalement sa libération.
 

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