IRAN. Un prisonnier politique kurde exécuté et enterré dans un lieu secret

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IRAN / ROJHILAT – Le 10 juin, la famille du prisonnier politique kurde Hedayat Abdollahpour apprenait que leur fils avait été pendu il y a 20 jours. Comme tous les Kurdes exécutés par le régime iranien, le corps* d’Abdollahpour n’a pas été remis à sa famille mais enterré dans un lieu secret.
 
Le père d’Hedayat Abdollahpour a appris hier l’exécution de son fils. Ni sa famille ni son avocat n’ont été informés de l’exécution et n’ont pas eu la «dernière visite» habituelle avec leur proche.
 
Hedayat Abdollahpour**, qui se trouvait dans le quartier des condamnés à mort de la prison centrale d’Urmia, dans la province de l’Azerbaïdjan occidental, depuis 2017, a été transféré dans un lieu tenu secret le 9 mai 2020.
 
Sa famille en détresse a demandé des informations sur son sort auprès des autorités iraniennes. Cependant, elles ont tous refusé de leur fournir des informations sur le sort de leur fils.
 
Les Kurdes victimes de la guerre des cadavres
 
*Les Kurdes du Rojhilat, le Kurdistan de l’Est sous l’occupation iranien, sont discriminés, condamnés à la pauvreté et privés de leurs droits élémentaires en tant que peuple et sont punis de toutes les manières. Une des punitions que le régime iranien leur impose est le refus de remettre aux familles les corps des Kurdes exécutés en les enterrant dans des lieux tenus secrets. Ainsi, le régime sanguinaire des Mollahs continue à « punir » les familles en deuil, en les privant du corps de leurs défunts, pour lesquels on ne peut faire de cérémonies mortuaires, ni même avoir un lieux de recueillement. Ce refus de rendre le corps d’un prisonnier exécuté plonge ses proches dans une détresse sans fin, spécialement les mères, qui jusqu’à leur mort, restent tourmentées par l’absence de cet être chéri qu’on leur a arraché et que personne ne peut les aider alors qu’elles hurlent de douleur et de désespoir devant de telles cruautés.
 
Mort pour avoir voulu vivre libre

 

**Hedayat Abdollahpour a été arrêté avec au moins six autres Kurdes dans un village près de la ville d’Oshnavieh, dans la province de l’Azerbaïdjan occidental, le 15 juin 2016. Les sept détenus ont été accusés d’avoir fourni de la nourriture et un abri aux combattants du Parti démocratique du Kurdistan d’Iran (PDKI) lors d’affrontements avec les Pasdarans (les Gardiens de la révolution).

Hedayat est le seul de ces détenus à avoir été condamné à mort pour « rébellion » à la suite d’une plainte des Gardiens de la révolution et d’un jugement de la 1ère branche du Tribunal révolutionnaire islamique d’Oroumieh.

Sa condamnation a été annulée par la 47e chambre de la Cour suprême et renvoyée devant la 2e chambre du tribunal révolutionnaire islamique d’Oroumieh pour être réexaminée. Hedayat a de nouveau été condamné à mort par cette branche, et la condamnation a finalement été confirmée par la 47e branche de la Cour suprême.

Il y a eu une forte augmentation des exécutions en prison dans les zones kurdes ces derniers mois. La mise en œuvre des peines infligées aux prisonniers dont les affaires sont soumises à la Commission d’amnistie et de grâce est illégale, mais pas sans précédent. Ramin Hossein Panahi, un prisonnier kurde, a été exécuté à la prison de Rajaï Chahr à Karaj le 8 septembre 2018, alors que son affaire était toujours à la Commission d’amnistie et de grâce.
 

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