TURQUIE. Nouvelle rafle anti-kurde à Amed

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TURQUIE / BAKÛR – De nombreux politiciens et femmes militantes kurdes ont été arrêtés à Amed lors de raids policiers.
 
Le régime turc continue sa guerre anti-kurde en arrêtant à tour de bras les responsables politiques et associatifs kurdes, malgré l’épidémie du coronavirus, dans la province d’Amed (Diyarbakir).
 
Ce matin, Gülistan Nazlıer, membre de l’association de protection des femmes Rosa, a été arrêté dans la ville d’Amed. (Jin news)
 
La vieille (7 juin), Suzan İşbilen et Eşref Mamedoğlu, membres de l’Assemblée du Parti du Parti démocratique des peuples (HDP), Ramazan Dengiz, du Parti des régions démocratiques (DBP), et Hasan Hayri Eroğlu et Hasan Kale, membres de la Confédération des syndicats révolutionnaires des travailleurs (DISK) ont été arrêtés lors de raids policiers.
 
Depuis la nouvelle vague de répression frappant le mouvement politique kurde, dont le parti HDP et le mouvement féministe kurde payent le plus lourd tribut, depuis mars 2020, 13 autres municipalités du HDP ont été saisies et des gouverneurs nommés illégalement ont remplacé nos co-maires. Le nombre total de municipalités kurdes saisies a ainsi atteint 51 (sur les 65 remportées par le HDP en mars 2019).
 
Le 22 mai 2020, la police turque a arrêté 18 responsables politiques et activistes kurdes – 13 femmes et 5 hommes – à Amed. Cette opération visait principalement les femmes politiciennes kurdes et les activistes de l’Association des femmes Rosa (RKD), du Mouvement des femmes libres (TJA), du Parti des régions démocratiques (DBP) et du HDP. La police a également fait une descente dans le bureau du RKD et a confisqué leurs documents en l’absence de d’avocats. Le RKD avait été créé après que toutes les organisations de femmes de Diyarbakir aient été interdites et fermées en 2016. C’est la seule organisation de femmes de la ville qui s’implique dans le travail de soutien et les luttes contre les violences envers les femmes.
 
A l’heure actuelle, des dizaines de milliers de Kurdes, dont des députés, des maires, des activistes, des féministes, des journalistes, des musiciens, des avocats, des défenseurs des droits, des étudiants… sont tenus en otages dans les prisons turques, certains depuis 2015.
 
Fidèle à sa tradition anti-démocratique, le régime turc s’acharne à détruire le peuple kurde qui lutte de façon pacifique pour ses droits élémentaires. Mais l’Etat turc dénie le droit d’existence des Kurdes et veut les assimiler de force en interdisant leur langue, culture et en pillant leurs richesses naturelles, leur patrimoine, comme on l’a vu avec l’inondation d’Hasankeyf -ville antique de plus de 12 000 ans – sous les eaux du barrage Ilisu.

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