Pétition pour une Kurde d’Allemagne tenue en otage en Turquie

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TURQUIE – Senem Kartal, une femme germano-kurde atteinte d’une maladie grave, est interdite de quitter la Turquie depuis le mois d’octobre 2019 où elles s’était rendue pour les funérailles d’un oncle. Ces proches et amis travaillent pour que l’interdiction de quitter la Turquie pour des raisons humanitaires et médicales soit levée immédiatement.
Ils ont également lancé une pétition appelant à son retour immédiat en Allemagne avant que son état de santé s’empire.
 
Qui est Senem Kartal ?
 
« Senem Kartal est âgé de 57 ans et est Kurde. Elle vit à Nuremberg depuis 47 ans et n’a que la nationalité allemande.
 
Senem est mariée et a deux enfants adultes. Pendant de nombreuses années, elle a été une syndicaliste active pour IG Metall, une déléguée syndicale et une conseillère d’entreprise. Après une grave maladie, elle est maintenant handicapée à 80% et en préretraite. En raison de sa maladie chronique, elle a un besoin urgent de traitement médical et d’une surveillance constante.
 
Senem s’est engagée depuis des années en faveur des droits des femmes et est également actif dans la politique locale. Elle est candidate aux élections municipales de Nuremberg au printemps 2020.
 
Arrestation en Turquie
 
Le 05.10.2019 Senem s’est rendue aux funérailles de son oncle en Turquie. Lors de l’escale à Istanbul, elle a été arrêtée par les forces de sécurité turques. Deux jours plus tard, elle a été emmenée dans une prison à Ankara. Après plusieurs interrogatoires pour « propagande terroriste » présumée, le ministère public a demandé sa mise en détention provisoire. Cependant, le juge de la prison a rejeté cette demande. Elle a ensuite été relâchée en détention après un total de cinq jours. Le ministère public a toutefois imposé une interdiction de quitter le pays combinée à une obligation quotidienne de se présenter aux autorités.
 
Senem vit actuellement chez des proches à Antalya. Le 18 décembre, l’obligation d’enregistrement a été levée – un soulagement, car le trajet quotidien jusqu’au poste de police prenait plus d’une heure et demie. Son état de santé se détériore de plus en plus, car aucun soin médical adéquat ne peut être garanti en Turquie.
 
Les accusations
 
Les accusations de la justice turque sont radicales, comme dans de nombreux cas similaires : L’adhésion à une « organisation terroriste [kurde] », à la « propagande terroriste » ainsi que le partage de contenu critiquant Erdoğan sur Facebook.
 
Le rôle de l’ambassade d’Allemagne
 
Le fils de Senem a contacté l’ambassade allemande à plusieurs reprises et a demandé le soutien de sa mère. Senem lui-même a également visité la représentation allemande à Antalya et a demandé de l’aide. Là, on lui a dit que c’était « une affaire pour les autorités turques » et qu’il n’était pas possible d’intervenir.
 
Ce n’est pas un cas isolé
 
Le Senem Kartal n’est pas un cas isolé. Il y a actuellement six cas similaires confirmés en Bavière et dans le Bade-Wurtemberg, exclusivement des Kurdes ayant un passeport allemand. Le 17.12.2019, le journal Die Welt rapporte : « 74 cas sont connus dans lesquels des citoyens allemands sont soumis à une interdiction de quitter le pays en Turquie. [1]
 
Après le début de l’offensive militaire de l’Etat turc sur le Rojava (nord-est de la Syrie), les cas de refus d’entrée, d’emprisonnement et d’interdiction de sortie contre les Kurdes ont augmenté. C’est le cas de Gönül Dilan Örs (Cologne), fille de la chanteuse Hozan Canê, Nebahat Yıldırım (Hambourg), l’épouse de Bekir Topgider (Cologne), le président de la Communauté kurde d’Allemagne et membre du conseil d’administration fédéral de l’Association des clubs du Kurdistan en Allemagne. Ils sont tous touchés par des arrestations arbitraires avec toujours les mêmes accusations.
 
La responsabilité du gouvernement fédéral allemand 
 
Le Senem est une citoyenne allemande, et pour cette seule raison, le gouvernement fédéral est responsable. En outre, le scandale des données qui a été récemment mis au jour a considérablement contribué à mettre en danger les opposants au régime turc. Après l’arrestation des avocats de confiance de l’ambassade allemande en Turquie, des milliers de dossiers de demandeurs d’asile se sont retrouvés entre les mains des services secrets turcs [MIT]. En coopérant avec les autorités d’un État qui a perdu tout État de droit, le gouvernement allemand est en partie responsable du sort des personnes qui sont tombées dans les griffes de l’administration turque.
 
La pression que l’administration turque exerce sur les Kurdes en Allemagne est tolérée par le gouvernement allemand. Le droit fondamental à la liberté d’expression – aboli depuis longtemps en Turquie – est également limité ou suspendu pour les opposants au régime vivant en Allemagne. Avec l’aide de l’application pour smartphone « EGM Mobil », les Turcs fidèles au gouvernement sont appelés à signaler les critiques de Erdoğan directement aux autorités turques. 2] Les accusations portées, comme « l’insulte au président » ou les accusations de « terrorisme », sont généralement absurdes, mais dans certains cas, elles peuvent détruire la vie des personnes touchées lors de leur prochaine visite familiale.
 
Demandes 
 
Nous exigeons que, pour des raisons médicales et humanitaires uniquement, Senem Kartal soit autorisé à quitter la Turquie immédiatement. Le ministère fédéral des Affaires étrangères doit faire pression sur le gouvernement turc pour qu’il lève immédiatement toutes les interdictions de sortie. »
 
Pétition à signer ici : Libérez Senem Kartal
 
 
 

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